Rugby : Les Spanghero

10/10/2021


Publié le 01/10/2021 à 16:29  | La Dépêche du Midi |  Justine Bonnery

Les Spanghero, dans l'œil de l'aîné


Laurent Spanghéro, l’aîné de la célèbre fratrie sur le foirail de Parthenay, dans les Deux-Sèvres, en 1971 / DDM, DR.

La fratrie Spanghero est unique en France. Elle a l’accent qui roule les R, des épaules à décorner les bœufs, des origines italiennes, une identité profondément Lauragaise, et bien sûr : une carrière sportive plus que légendaire.



Souvenirs : Gilbert, Claude, Laurent, Walter, Jean-Marie et Guy. / Photo Ind.

Roméa et Fernand, alias Féruccio, sont les prénoms des parents de cette fratrie de mastodontes bramais aux origines italiennes. « Notre famille est originaire d’Udine, dans l’Italie du Nord. Mon grand-père et mon père ont immigré en Normandie comme première tentative, puis suite à la galle du ciment de mon père maçon, ils ont décidé d’aller dans le Sud », rembobine l’aîné Laurent Spanghero. 


C'était peu avant les années « 80 », Ferrucio-Dante porté ici par cinq de ses fils rugbymen (il manque Gilbert). / Photo DDM.

C’est donc à Bram que la famille s’installe avec parents, frères et sœurs et fait naître une des fratries les plus célèbres de France de 1939 à 1958. Ils écloront tous à la maison, tantôt à Bram, tantôt à Payra-sur-l’Hers, dans l’ordre : Laurent, Annie, Walter, Jean-Marie, Claude, Maryse, Guy puis Gilbert. Chacun des enfants du couple hérite des larges épaules et des lourdes paluches du père, « mais aussi de maman, ils étaient costauds des deux côtés ». 



Les frères Spanghero réunis à Narbonne : on allait inévitablement parler du passé ! / Photo Ind.

À la maison, les premiers nés parlent le frioulan en famille, un dialecte italien. « J’ai appris le français lorsque je suis allé à l’école à Villeneuve-la-Comptal », se souvient Laurent, qui se souvient avoir été la cible de moqueries. « À l’école, on nous traitait de macaroni ou de rital. Lorsque mes parents sont arrivés on n’avait pas de sous, ma mère nous partageait une pomme en deux quand il y avait un dessert. Nous avons vraiment vécu un ascenseur social. »


Quatre des six frères Spanghero étaient présents à Mazamet au vernissage de "Rugb'Images" (mars 2020) / DDM.

Six frères sur le terrain
Dès 1957, Laurent le premier se tourne vers le rugby à l’AS  Bram, suivi de Walter, « les autres sont allés directement au Racing Club Narbonnais ». Seule Maryse se tourne vers l’athlétisme et devient championne régionale de lancer de poids. Des frères, aucun ne dépasse les frontières de l’Occitanie. 

« À l’époque on jouait beaucoup plus à l’échelle locale, il y avait moins de transferts et on était amateur, on n’était pas payés. Aujourd’hui ils sont payés pour jouer, ils changent facilement de club en fonction de la rémunération. L’état d’esprit n’est plus le même, avant porter le maillot avait une valeur différente d’aujourd’hui. » 


Walter Spanghero / DDM, Afp

Laurent est 2e ligne au Racing Club Narbonnais (RCN), au Rugby Olympique de Castelnaudary (ROC) et au Sporting Club de Pamiers. 
Walter est capitaine de l’équipe de France en 3e ligne centre au RCN et au Stade Toulousain. 
Jean-Marie est 2e ligne au RCN et au ROC. 
Claude est 2e et 3e ligne en équipe de France et au RCN. 
Guy est talonneur puis surtout 3e ligne au ROC, au RCN et à l’US Carcassonne.
Enfin, Gilbert est pilier au Sporting Club Graulhétois, au RCN et au ROC.


Les joueurs de la génération Spanghero réunis pour la photo de famille 'Narbonne, mai 2016) /  Photo DDM, J.-M.G.

« Une fratrie de six qui joue au rugby, il n’y a pas d’équivalent en France. Ça crée beaucoup d’entraide et de fierté », déclare Laurent en mentionnant des particularités : « Claude, Walter et moi nous avons été capitaine du Racing Club Narbonnais, ça veut dire que pendant une quinzaine d’années, un Spanghero a été capitaine. En 1969, nous nous sommes retrouvés quatre frères au RCN, et en 1974 les cinq frères étaient en finale ! Trois à Narbonne qui ont perdu contre Béziers, et deux à Castelnaudary qui ont été champions de France. C’est le seul titre de champion de France de Castelnaudary depuis 50 ans ! »



Guy Spanghero, directeur d'un hôtel Ibis à Castelnaudary, rugby au coeur / Photo Ind.


Les Spanghero sont fiers d'être Frioulans / DDM
 

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