31/8/2015 Grand sud : Poussées de cèpes

Publié le 30/08/2015 à 09:52  | La Dépêche du Midi |  Rémi Rivière

Ariège : La chasse aux cèpes ouverte

La sortie aux champignons, une sorte d'évasion pour Alain. / Photo DDM, Rémi Rivière

Les champignons ont fait leur apparition dans les forêts ariégeoises. Alain, résident de la vallée de Saurat, est un habitué des cueillettes. Reportage dans son petit coin de paradis.

«Hier, j'ai récupéré 5 kilos de cèpes. Espérons que la journée d'aujourd'hui soit aussi fructueuse !» Un chapeau de randonneur vissé sur la tête, bâton de berger dans la main droite, panier en oseille dans la main gauche, Alain part pour son activité favorite : la cueillette des champignons. Adoubé par un ami qui, en 1986, lui a donné «quelques indications sur son coin favori», il arpente depuis les fougères et pierres mousseuses de ce lieu. Un morceau «de paradis» qu'il tient secret, pour éviter de «se faire piquer ses gisements. La seule chose dont je sois sûr, c'est que nous sommes dans la Haute-Ariège !», lance-t-il, tout en débutant l'ascension. Si cette passion est bien un sport, et non un simple passe-temps, c'est bien parce que le moindre gramme de cèpe ne se récolte qu'au prix de précieux efforts.

«Une sorte d'évasion»
Grâce aux récentes pluies et à la chaleur étouffante qui a dominé l'Ariège cette semaine, les premiers cèpes ont émergé, peu à peu. «Mais il est un peu tôt, en effet. Je ne promets rien.» Les rochers humides et glissants dessinent une ébauche de chemin, qu'Alain grimpe sans relâche. «Si on se perd, il n'y a qu'à suivre le bruit de l'eau», désignant de son bâton la rivière qui coule non loin de là. «Tu longes le ruisseau, et tu ouvres les yeux.» Les mots de son mentor trouvent un nouvel écho, aujourd'hui. Le bruit de l'eau s'intensifie, la lumière douce filtrée par les arbres caresse l'humus sec. «C'est apaisant, d'être ici. C'est une sorte d'évasion.» Les hectomètres défilent. Pas question de rentrer bredouille. Derrière un rocher, un premier cèpe tombe dans son escarcelle. Enfin !

«Ce qui est important, c'est de recouvrir l'endroit, pour ne pas attirer l'attention.» À peine découpé — à la base et avec un couteau, jamais arraché —, Alain se met en quête de ses frères. Satisfait, mais pas rassasié. «Quand il y en a un, les autres ne sont jamais loin.» Un deuxième, puis un troisième, non loin. Quelques mètres en contrebas, encore, deux autres se cachent, sous un tapis de feuilles. «Le plaisir, c'est de les trouver, de les mériter. Quand il y en a trop, c'est presque écœurant.» Recouvert de fougères, son panier renferme désormais cinq précieux cèpes. «Maigre récolte, mais je suis venu hier. La pousse n'a pas encore eu lieu.», justifie-t-il, évasif. L'esprit revanchard, Alain rebrousse chemin, vers l'aval du ruisseau. Il reviendra, c'est certain.

Conseils élémentaires
«Les champignons qu'on ne (re)connaît pas, il ne faut surtout pas y toucher. Parfois, un simple contact suffit à avoir des irritations», explique Alain. La consigne est donc claire : ne pas tenter le diable. À ce propos, un des dangers porte son nom : le bolet de Satan. N'apparaissant que par fortes chaleurs, il ressemble à s'y méprendre avec un cèpe. «Il n'est pas mortel mais diarrhéique. A éviter.» Quant aux règles, à noter que certaines communes exigent une carte donnant accès la cueillette. De plus, la limite est fixée à 3 kg de champignons par personne et par jour.



Publié le 29/08/2015 à 11:16  | La Dépêche du Midi |   Jean-Luc Collongues

Hautes-Pyrénées : Il n'y a pas que les Bretons à aimer les chapeaux ronds


Tout bon cueilleur doit dater et localiser son «trophée» en le posant sur l'édition du jour du journal du terroir. / Photo DDM

En plaine comme en montagne, le champignon est roi dans les Hautes-Pyrénées. Rencontre avec l'un de ses plus fidèles «sujets» : le Tarbais Olivier Ducastaing.

La semaine est «bien remplie», entre l'agence de travail temporaire et le bénévolat auprès des jeunes rugbymen du BALS. Alors, «je vais aux champignons, pour décompresser, en haute montagne». Le Tarbais Olivier Ducastaing est tombé dans le cageot quand il était petit. «À 12-13 ans, je l'attachais sur le vélo et je partais aux alentours de Tarbes : Souyeaux, le bois du Commandeur, ceux de Labarthe… Des fois, même, ma mère me déposait à Lanespède tôt le matin et me récupérait entre 12 heures et 13 heures. Au début, je ne cueillais que des cèpes, faciles à identifier : partir sur des oronges (pourtant, pour moi ce sont les meilleurs) ou autres champignons, ce n'aurait pas été prudent.»

Cet art de la cueillette, Olivier le tient de son père. Le proverbe dit : «Quand le chasseur rentre avec des champignons, on ne lui demande pas des nouvelles de sa chasse». M. Ducastaing père possédait une palombière dans laquelle il faisait grimper sa progéniture. «Et quand il n'y avait pas de passage de palombes, on descendait pour chercher des champignons.»

Les années passées, Olivier a élargi sa quête à d'autres espèces : «le pied-de-mouton, les trompettes-de-la-mort pour les sauces et les pâtés, et, quand je vais à la pêche, je regarde au bord des ruisseaux si je ne vois pas quelques morilles».

Son espace d'exploration, aussi, a changé. «En plaine, c'est devenu trop compliqué avec les nouvelles lois : les bois communaux avec carte, les privés avec autorisation préalable… Enfin, cela dit, c'est normal : il existe des règles, il faut les respecter. Alors qu'en haute montagne, il n'y a quasiment que des domaniales… Et puis, le cerf que l'on dérange au Sarrat-de-Gaye, la vue sur le pic du Midi depuis le bois de Lesponne, les superbes balades à Beyrède, au Peyras, la mer de nuages… C'est quand même autre chose, là-haut. La technique de cueillette, aussi, est différente : en plaine ,on fait des ronds, alors qu'en montagne, on monte et on descend. C'est bon pour brûler des calories !» Lesquelles sont vite récupérées. «J'ai toujours ma canne à mouche dans le sac. Avec les copains, quand en descendant du lac, on trouve des champignons en traversant le bois de La Mongie, on s'arrête à l'auberge d'Éric Abadie. Et là, il passe à table avec nous : c'est côte d'agneau et cèpes, au menu.»

Une communauté 65 sur Facebook
Les passionnés se retrouvent sur une page communautaire du réseau social en ligne (Cueillette des champignons hautes-pyrénées). «L'idée de contribuer m'est venue alors que je prenais des photos avec le Smartphone. C'est un bon moyen d'alerte et d'informations. Pas sur les coins (1), mais, grâce aux photos, on voit si c'est en montagne ou en plaine, si c'est un début ou une fin de pousse. Les feuilles au sol, aussi, donnent une indication.»/
(1) NDLR : la page compte presque autant de contributeurs que de visiteurs déçus de ne pas obtenir de réponse quant à la localisation.


Publié le 27/08/2015 à 08:12  | La Dépêche du Midi |  O.A.

Des cèpes à 5 € le kilo sur les marchés !


Une pousse exceptionnelle en ce moment pour les cèpes, mais attention la fin est proche./ Photo DDM

Les cèpes débarquent sur nos marchés. Si la récolte s'avère fructueuse dans certains départements, les cèpes ne sont pas au rendez-vous partout.

Les cèpes sont déjà bien arrivés et les marchés sont en ébullition. Philippe Navarro, revendeur sur le marché du Cristal à Toulouse, est le premier à en témoigner (lire ci-dessous). Mais cette pousse exceptionnelle touche d'autres départements. Ainsi, le marché aux cèpes de Vaïssac (Tarn-et-Garonne) en a vu passer des tonnes depuis le début de la semaine. Cette grande offre permet d'afficher des prix exceptionnellement bas (jusqu'à 5 euros le kg !) sans que la qualité n'en soit affectée.

Mais le Tarn-et-Garonne n'est pas le seul département concerné, les cèpes étaient en effet aussi abondants sur le marché de Cahors (Lot) où ils se vendaient aux alentours de 15 euros. Le département de l'Aude vient aussi de connaître une période très faste pour la cueillette des champignons. Le Lot-et-Garonne est également servi. Dans ce département, depuis une semaine, les chercheurs se bousculent et se vantent de cueillettes exceptionnelles allant parfois jusqu'à 200 champignons récoltés. Mais un vieux cueilleur, rodé à ces récoltes, annonce que la fin de cette miraculeuse pousse est proche avec l'apparition des premiers orages. Selon lui, il faudrait d'autres pluies pour que la production du Lot-et-Garonne soit stimulée. Ses prédictions sont pour le moment en train de se vérifier. Il en est de même pour la Haute-Garonne où la saison serait déjà même un peu passée.

Quant à l'Ariège, les amateurs de cèpes viennent tout juste de reprendre le chemin des sous-bois. Jeanine, passionnée de champignons, a déjà trouvé son bonheur à Foix : «Cette accumulation de pluies et de grosses chaleurs annonce une saison formidable pour l'automne ! Nous en avons déjà trouvé beaucoup en montagne, il y a 3 jours. Mais il faut crapahuter !»

Cette poussée ne concerne malheureusement pas tous les départements. Dans le Gers, la saison n'est pas encore très favorable aux champignons. Denis Brulefert, vice-président de la société gasconne de la mycologie, indique : «C'est un peu tôt, même s'il peut y avoir une poussée dans certains bois, après un orage.» Il ajoute en souriant : «On est bien loin de 2006, quand il y avait des cèpes partout !» La pousse est également plus mitigée en Aveyron.

Seuls les Villefranchois ont vraiment trouvé leur bonheur lors de la récolte. Mais les marchés aveyronnais ne sont pas en reste puisqu'ils commercialisent à 15 euros le kg les cèpes de leur voisin lotois.

La saison commence également tout juste dans le Tarn. Dans les monts de Lacaune, véritable terrain de prédilection, les cueilleurs de champignons sont à l'affût. Ils ne se bousculent cependant pas encore mais les prochains jours devraient s'avérer prometteurs selon les connaisseurs.

Les amateurs de champignons doivent cependant rester prudents dans leurs cueillettes . L'an dernier, les gendarmes avaient verbalisé des «chercheurs» dans le Tarn qui avaient fait une récolte sur des terrains privés. En effet la loi reste stricte et protège le propriétaire de la forêt (voir encadré).


Des règles à respecter avant de cueillir / Photo DDM, MS

Sans accord, gare aux amendes !

Normalement, avant de partir en forêt avec votre panier ramasser des champignons, vous devriez vous renseigner pour savoir qui est le propriétaire de ces bois : l'Etat, une collectivité locale, ou un particulier (75 % des forêts françaises sont privées). Car la règle n'est du coup pas la même.

Forêts privées :
- A l'inverse du gibier, les champignons sauvages appartiennent de plein droit au propriétaire du sol. La jurisprudence est claire à ce sujet : sans accord du propriétaire, la cueillette est interdite. Même s'il n'existe aucune clôture ni panneau d'interdiction. La tolérance, de mise jusqu'à un certain seuil, n'est plus valable depuis la révision du code forestier en 2012.
- Si vous êtes pris sans autorisation, vous risquez une amende maximale de 750€ jusqu'à 10 litres de champignons, et jusqu'à 45 000 € d'amende et 3 ans d'emprisonnement au-delà de 10 litres (on considère que 5 litres correspondent à un panier plein).

Forêts publiques :
Selon le code forestier, «dans les bois et forêts relevant du régime forestier, sauf s'il existe une réglementation contraire, l'autorisation est présumée lorsque le volume prélevé n'excède pas 5 litres». Au-delà de 5 litres, la règle est la même qu'en forêt privée. Des arrêtés préfectoraux peuvent interdire la cueillette, dans des lieux précis, certains jours, ou à certaines heures.

Forêts communales :
La cueillette des champignons sur ces terrains constitue un droit acquis à tous les habitants de la commune. Pour les autres, il faut se référer aux arrêtés municipaux afférents.


Publié le 27/08/2015 à 08:01

«Ceux que j'ai achetés hier étaient excellents»


Hier [mercredi] matin sur le marché du Cristal à Toulouse./Photo DDM

Philippe Navarro est présent chaque matin, comme depuis 30 ans maintenant, pour vendre ses cèpes sur le marché du Cristal à Toulouse. La foule se presse autour de son étal. Certains touristes, étonnés, vont même jusqu'à prendre des photos. Et pour cause, il est assez inhabituel de voir des cèpes aussi tôt dans l'année. Ce commerçant précise que, d'habitude, «on attaque la saison en septembre. Mais, là, on ne pouvait pas laisser nos ramasseurs en panade avecleurs cèpes sur les bras».

La cause de cette pousse anticipée ? Des pluies suivies du soleil. Pour lui, «en août, c'est tout bénef' pour le consommateur. Ce sont les mêmes que l'on achètera en septembre, sauf qu'on les paiera plus cher car ils seront gorgés d'eau qu'ils perdront finalement à la cuisson».

Un raisonnement que ne contrediront pas ses habitués. Une de ses fidèles clientes revient le voir car «ceux que j'avais achetés hier étaient excellents». Mais son étal attire également de nouveaux clients, ces vacanciers repartent avec un cageot plein : «On vient de Toulon et, vu qu'on aime les cèpes, on en profite pour faire le plein car il n'y en a pas chez nous».

Les prix sont là aussi pour satisfaire tout le monde : de 24 euros le kg pour le cèpe blanc (plus ferme qui peut être conservé jusqu'à 5 jours) jusqu'à 14 euros le kg pour le cèpe vert (plus mûr, consommable dans les 48 heures). Pour ceux qui souhaitent en faire des conserves ou les congeler, les cèpes sont aussi disponibles en cageot au prix attractif de 12 euros le kg. Pour ce vendeur presque à la retraite, les prix n'ont pas beaucoup évolué au cours des années : «Quand j'avais 25 ans, on les vendait 130 francs le kg» (environ 20 euros). Cependant il alerte : «Les petits producteurs français ce sont nous, consommateurs, qui les avons tués à vouloir toujours tirer sur les prix.» Lui a décidé de privilégier des produits locaux, fournissant ainsi à des retraités du Lot un complément de retraite. Ce n'est pas le cas de tous. Un autre revendeur a préféré se tourner vers l'importation roumaine, proposant alors des cèpes au prix de 12,90 euros !


Publié le 24/08/2015 à 07:43  | La Dépêche du Midi | 

Hier, entre 600 kilos et une tonne de cèpes sur le marché

La pousse est abondante, il faut convaincre maintenant ! / Photo DDM

Les dernières pluies abondantes ont donné un véritable coup de fouet aux champignons… en particulier aux cèpes qui ont animé le traditionnel marché…

Malgré la saison encore estivale, les têtes noires sont sorties dans les sous-bois de la région de Vaïssac mais aussi dans d'autres points du département. Hier, le marché aux cèpes ouvrait ses portes pour la seconde fois, mettant en relief la cueillette de la matinée. Elle s'avérait riche en quantité et qualité, la présence de vingt deux propriétaires et leurs étals donnant corps à cette vente régie par la commune de Vaïssac. 

Francis Delmas, maire de la localité nous déclare : «Il s'agit ici d'une pousse exceptionnelle, les 90 millimètres enregistrés lors des dernières pluies sont le facteur déclenchant de cette situation. Vaïssac est renommé pour ses cèpes, il est vrai que le terroir et la constitution de la forêt jouent un rôle majeur autant dans la beauté que dans la saveur des champignons. C'est pour cette raison qu'un label de qualité a été créé afin de valoriser le cèpe de Vaïssac. D'autres producteurs sont aussi présents ce jour, venus d'autres communes du département, je pense entre autres à Lafrançaise.» 

De son côté, Sylvie Debayle, secrétaire de l'association des Propriétaires nous rappelle quelques extraits du règlement concernant la cueillette des cèpes : «Ce marché s'ouvre exclusivement aux propriétaires de bois qui sont les seuls habilités a vendre le produit de leur propriété. L'association qui couvre plusieurs communes du secteur, dans un large rayon allant de La Salvetat-Belmontet jusqu'à Nègrepelisse en passant par Monclar, Puygaillard de Quercy, Genebrières etc... a le devoir de veiller sur le respect de la propriété privée. Des gardes assermentés suivent de près le bon déroulement tout au long des saisons».

Entre 20 et 10 euros... le cours de ce dimanche où l'offre était nettement supérieure à la demande. Un couple de retraités venus spécialement de Beaumont de Lomagne nous déclaraient avoir acheté cinq kilos au prix de 14 euros, une bonne moyenne au cœur d'une exposition de près d'une tonne de marchandise remarquable par sa fraîcheur et son aspect on ne peut plus soigné.
Le marché se poursuivra jusqu'à la fin de la pousse, chaque jour à 16 heures, près de la salle des fêtes.


Publié le 28/08/2015 à 08:38  | La Dépêche du Midi | 

La belle trouvaille de Nounours


«Nounours» de Villemur sur Tarn / Photo DDM

Ils sont au rendez-vous : pluie et chaleur, il n ‘en faut pas plus pour faire de belles rencontres. C'est avec une évidente satisfaction que «Nounours» bien connu dans le monde du rugby villemurien et associatif, a trouvé en sortant du travail et à quelques centaines de mètres de son domicile, de beaux spécimens.

Pour la recette il se tient à disposition, et il en connaît un brin sur l ‘art et la manière de cuisiner les premiers cèpes, «les meilleurs de l ‘année, fermes et plein de senteurs des bois «ajoute-t-il avec un brin de malice. Comme d'habitude il ne donnera pas l endroit exact de sa trouvaille.


Publié le 26/08/2015 à 07h54 | Sud-Ouest | par Thomas Mankowski

Les cèpes en Dordogne : entre fièvre et poussées

Ils se multiplient depuis quelques jours. Sur les étals, les quantités surprennent, autour de 10 € le kilo

Mardi, à Ligueux. Les amateurs ou professionnels sont nombreux à avoir déjà fait le plein / Photo Sud-Ouest
© ARNAUD LOTH

Plus qu'un champignon, c'est le centre du monde. Que vous l'aimiez ou pas, force est de tirer le constat : cette semaine, le cèpe monopolise tout. Les discussions, les esprits, les assiettes. On en connaît qui ont posé la journée pour le traquer, et, sur les bords des routes, on devine les récolteurs acharnés au nombre de voitures garées devant les forêts… Même les gendarmes sont aux aguets. Pas tant pour remplir le panier à salade de cueilleurs indélicats que pour s'assurer qu'il n'y en a pas un qui passera la nuit à la belle étoile. Le cèpe, sorte de messie des bois, s'est multiplié cette année comme les petits pains, profitant des généreuses pluies qui sont venues rafraîchir une terre bien chaude. Dans ces conditions optimales, les quantités sont pantagruéliques.

Officiellement ouvert ce week-end, le marché de Villefranche-du-Périgord a mis en vente 7 tonnes de cèpes depuis dimanche. Et hier, contrairement aux deux autres jours, il y avait plus d'acheteurs que de vendeurs pour prendre possession des 2 tonnes de champignons proposés autour de 10-12 euros. Hier encore, à Mussidan, l'autre marché labellisé « Cèpes du Périgord », c'est plus d'une tonne qu'on trouvait sur les étals. À Saint-Saud-Lacoussière, le marché n'a pas encore ouvert, mais les choses se profilent et sous les meilleurs auspices.

Deux ans de vaches maigres
Le sacro-saint bolet se trouve de Vergt à Monpazier, de Saint-Sulpice-de-Roumagnac au Bugue. Les quantités semblent hors normes - surtout après deux années de vaches maigres -, mais elles ne le sont pas tant que ça. La dernière fois que le Périgord s'est vu aussi bien servi, ce n'était pas plus tard qu'en 2011. Les acheteurs en profitent : le kilo est tombé à 8-10 euros. Qu'ils soient amateurs ou professionnels, ils sont nombreux à avoir déjà fait le plein. Les cèpes remplissent les poêles, les bocaux ou les congélos (pour la petite histoire, il y en a même qui en font de la glace, c'est de saison).

Saturation redoutée
Le cru 2015 répond présent en termes de qualité. Les arbres avaient besoin d'eau. Lorsque celle-ci leur a été fournie, ils ont parfaitement réagi. Au doigt mouillé, les amateurs éclairés supposent que les bois ont encore une semaine de pousses à offrir. Alors que l'on craint chaque été de ne pas en avoir assez, cette année c'est une situation de saturation qui est redoutée.

« Il faudra qu'on tire des leçons pour à l'avenir mieux absorber de telles quantités », glisse Emmanuelle Chignat, présidente de l'Association des cèpes du Périgord. Les projets (laboratoire, conserverie) sur le point de voir le jour en Dordogne pourraient devenir de précieux appuis. L'essentiel des étals s'emplit de cèpes d'été mais des cèpes de Bordeaux seraient déjà sortis de terre. « À la prochaine lune, on pourrait encore avoir une très belle poussée », espère Janine Barrateau, présidente de la Confrérie du cèpe et du veau. Sous réserve que le ciel se montre alors aussi clément que ces derniers jours.


Publié le 25/08/2015 à 08h10 | Sud-Ouest |  par Sandrine Alglave-Castagné

Trois tonnes de cèpes tous les jours

La folie des cèpes reprend.
/ Photo Sud-Ouest © PHOTO S. A.-C.

Comme dans tout le département depuis jeudi, les cèpes sont arrivés à Monpazier. D'après la mairie, le marché va ouvrir rapidement. En attendant, les vendeurs de cèpes sont présents sous la halle tous les après-midi.
Plus de trois tonnes par jour sont proposées à la vente. 


Publié le 24/08/2015 à 08h39  | Sud-Ouest |  par Daniel Conchou

Les cèpes sortent enfin du bois

Les champignons sont nombreux, ce qui n’est pas le cas des acheteurs pour le moment. 
/ Photo Sud-Ouest © PHOTO DANIEL CONCHOU

Après la pluie, le beau temps. La circulation est plus dense sur les routes forestières du Villefrancois et les bois se peuplent : voilà que les cèpes ont fait leur apparition.
Jeudi, 15 kg ont été apportés sous la halle de Villefranche-du-Périgord, mais pas assez pour ouvrir le marché officiel. Vendredi, on pouvait trouver 150 kg de cèpes.

Le marché officiel a finalement ouvert samedi à 16 heures avec quelque 800 kg de champignons. À noter qu'il s'est tenu exceptionnellement dans la rue Notre-Dame en raison du Salon des antiquaires, tout comme hier où 1,5 tonne a été proposée. Mais, pour le moment, les acheteurs ne se bousculent pas trop. Le prix au kilo va de 10 à 15 euros.


Publié le 24/08/2015 à 23h04  | Sud-Ouest | 

Les cèpes sont là


Mardi 25 août, entre 2 t et 2 t 5 de cèpes ; les beaux plateaux se sont vendus entre 8 et 10 € de moyenne / Photo 
Sud-Ouest © DANIEL CONCHOU

Les dernières pluies abondantes ont donné un véritable coup de fouet aux champignons… en particulier aux cèpes qui animent le traditionnel marché… Malgré la saison encore estivale, les têtes noires sont sorties dans les sous-bois de la région du Pays du Châtaignier mais aussi dans d'autres points du département et des départements limitrophes. Le marché aux cèpes a ouvert ses portes sous la Halle désormais à 15 heures mettant en relief la cueillette de la matinée. Elle s'avérait riche en quantité et qualité, la présence de nombreux propriétaires. 

Il s'agit d'une pousse exceptionnelle, la centaine de millimètres enregistrés lors des dernières pluies sont le facteur déclenchant de cette situation. Le territoire de Villefranche du Périgord est renommé pour ses cèpes, il est vrai que le terroir et la constitution de la forêt jouent un rôle majeur autant dans la beauté que dans la saveur des champignons. Le marché règlementé de Villefranche s'ouvre exclusivement aux propriétaires de bois qui sont les seuls habilités a vendre le produit de leur propriété.


Publié le 30/08/2015 à 07:30  
| La Dépêche du Midi |  Emmanuelle Rey

Champignons : mangez les bons !

Le centre antipoison traite régulièrement des cas d'intoxication aux champignons./Photo DDM Pauline Amiel

Comme tous les ans, les amateurs de champignons courent les sous-bois. Comme tous les ans, le centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) de Midi-Pyrénées enregistre de nombreux appels, plusieurs dizaines depuis la fin du mois de juillet, Haute-Garonne et Ariège en tête. «Et comme tous les ans, les intoxiqués ont mangé des cèpes ! », plaisante le docteur Noël Amouroux, pharmacien attaché au CAPTV qui ne relève aucun cas mortel cette année. «Nous retrouvons deux types d'intoxiqués, ceux qui ne connaissent pas du tout les champignons et qui croient que tout ce qui est naturel est bon, et les habitués, tellement attachés à leur lieu de cueillette qu'ils ne regardent plus ce qu'ils ramassent. La majorité mange des bolets de satan en les prenant pour des cèpes », ajoute Noël Amouroux qui rappelle quelques conseils.

La cueillette.
En cueillant un champignon entier, en bon état, on peut mieux l'identifier. Ramassé trop jeune, un champignon qui n'a pas terminé son développement peut ressembler à un autre. Ce qui est comestible pour une limace ne l'est pas forcément pour l'Homme.

Le transport.
Privilégier le panier ou le sac en papier. Le sac plastique modifie l'aspect du champignon, accélère sa décomposition et donc la fabrication de toxines.

Conservation et cuisson.
La congélation ne tue pas les toxines, pas plus que la cuisson. Il vaut mieux ne pas mélanger des espèces différentes de champignons, un seul morceau toxique contamine tout le plat. Ne pas consommer les champignons crus et rester raisonnable sur la quantité : on peut se rendre malade en mangeant trop de cèpes, riches en cellulose, tous les jours.

L'achat.
Les champignons achetés en magasin ou sur le marché ne sont soumis qu'à un contrôle de radioactivité, rien ne garantit leur comestibilité.

Se renseigner.
En cas de doute, mieux vaut se renseigner dans une pharmacie ou auprès d'une association de mycologie.
Pour que la cueillette de champignons ne se termine pas à l'hôpital, mieux vaut prendre quelques précautions. Conseils avec le centre antipoison et de toxicovigilance au CHU de Toulouse.

Centre antipoison
Le centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) de Midi-Pyrénées a été créé en 1968. Basé au pavillon Louis Lareng de l'hôpital Purpan (CHU), sous la responsabilité du docteur Nicolas Franchitto, il assure la régulation médicale 24h/24h pour le diagnostic et la prise en charge thérapeutique des intoxications. Une unité de toxicovigilance recueille les informations sur les accidents chimiques et la pollution de l'environnement. Pour consulter le CAPTV, Tel. 05 61 77 74 47 ; mail : cap.reg@chu-toulouse.fr.
En cas d'urgence, on peut également composer le 15.

Bolet de satan, Amanite tue-mouches, Lépiote : attention aux confusions

Amanite tue-mouches / Photo DDM, SIPA

Le bolet de satan
Il est toxique. Souvent confondu avec le cèpe, il provoque d'importants signes digestifs pouvant aller jusqu'à la diarrhée sanglante. La toxicité se manifeste rapidement, quelques heures après l'ingestion.

L'amanite tue-mouches
Il est toxique. Elle est parfois confondue avec l'amanite des césars (oronge), surtout quand les flocons blancs de son chapeau sont peu nombreux. La toxicité ne crée pas de signes digestifs, plutôt une excitation, une impression de planer.

Le clitocybe de l'olivier
Souvent confondu avec la girolle, il est toxique. Il pousse en touffe sous les feuillus. A la différence de la girolle, ses lamelles se détachent. Son ingestion provoque des troubles gastro-intestinaux et des vertiges.

La lépiote brun rose
Elle est mortelle. On peut la confondre avec la lépiote élevée (coulemelle). Elle ne dépasse pas 6-7 cm et son anneau est à peine visible contrairement à la coulemelle. Comme l'amanite phalloïde, elle attaque le foie et les reins.

L'amanite des Césars ou oronge vraie
Comestible, on la reconnaît à sa volve en sac blanche au pied.

La girolle ou chanterelle
Un comestible très recherché !

La lépiote élevée ou coulemelle
Comestible, son pied peut atteindre 30 cm de haut tout comme le diamètre de son chapeau.

Sélection d'articles réalisée à partir des sites : http://www.ladepeche.fr et http://www.sudouest.fr

 
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