23/10/2014 Terroirs : Vagabondages tarnais (automne 2014)

Terroirs : Vagabondages tarnais (automne 2014)



Publié le 07/09/2014 à 08:50  | La Dépêche du Midi |  Grégory Andres

Castres : François Lenglart, un féru sachant ferrer

François Lenglart, jeune maréchal-ferrant totalement passionné par son métier. /Photo DDM, G.A.

Tandis que le concours de saut d'obstacles organisé par les cavaliers de Castres Montagne Noire entame sa dernière journée de compétition, François Lenglart est toujours fidèle à son poste : maréchal-ferrant.

Stationnée à l'ombre d'un imposant arbre du domaine de Gourjade, une remorque pourvue de tiroirs recelant des outils peu courants intrigue les néophytes tout autant qu'elle rassure les habitués des concours hippiques. Cet étrange attelage est en effet celui de François Lenglart, maréchal-ferrant de son état. À 23 ans, le jeune Mazamétain a été invité pour la première fois, par les organisateurs du concours de saut d'obstacles de Gourjade, à mettre son savoir-faire au service des concurrents. François est avant tout présent pour pallier les incidents de parcours rencontrés par les montures et auxquelles les écuries ne peuvent elles-mêmes répondre.

Ayant toujours eu envie de pratiquer une activité professionnelle en rapport avec le monde du cheval et lui permettant de se mettre à son compte, François Lenglart a définitivement trouvé sa voie lors d'un essai en maréchalerie. «J'ai tout de suite accroché», explique le jeune homme qui peut aujourd'hui s'appuyer sur quatre années d'expérience malgré ses seulement 23 printemps. Chaque cheval ayant son caractère, François doit s'adapter aux circonstances et notamment aux jeunes chevaux parfois apeurés par la fumée s'échappant du fer chaud. «Il faut les connaître et savoir analyser les signes pour faire ce métier, car on est sous le cheval et on subit de suite», indique François. Et de commenter : «Comme un coureur de fond mal chaussé, un cheval mal ferré ne sortira pas indemne de ses efforts et pourra présenter des problèmes de tendinites.» Un sujet que François connaît aussi grâce à sa pratique du horse-ball notamment. Preuve qu'un bon maréchal-ferrant peut parfois se trouver sous le sabot d'un cheval !

François :«Des fers orthopédiques»
«Mon métier consiste à entretenir le sabot en posant un parage, une ferrure classique ou sport. On gère tout ce qui est locomotion du cheval. En collaboration avec le vétérinaire, on va pouvoir faire des fers orthopédiques et des ferrures en fonction de l'animal, de la discipline et de l'attente du cavalier. On dit qu'un cheval bien dans ses pieds est un cheval qui va bien. C'est très important pour un cheval de 600 ou 700 kg qui a beaucoup de charges sur quatre pieds d'avoir notamment de bonnes ferrures antérieures», explique François Lenglart, dont le souci premier est confort de l'animal.


Publié le 10/09/2014 à 07:41   | La Dépêche du Midi |  M.L

Albi : Un drive fermier pour acheter en ligne 100% local

Véronique Barrieu, vice-présidente de l'association, livrera vendredi les premiers clients du collectif, près du petit chalet vert et blanc installé à l'arrière du restaurant et de l‘enseigne Gifi des Portes d'Albi./Photo DDM DR

Une vingtaine de producteurs fermiers du Tarn se sont associés pour lancer un site commun de vente en ligne, avec livraison en drive aux Portes d'Albi

Une vingtaine de producteurs fermiers, adhérents de «Bienvenue à la ferme», lancent leur premier drive fermier. Sur leur site de vente en ligne www.drive-fermier.fr/albi, ils proposent leur production 100 % locale, fruits et légumes de saison, farines et légumes secs, charcuterie, volailles ou foie gras. Les producteurs actualisent leur stock, indiquent les prix, et l'acheteur n'a plus qu'à faire son marché et régler en ligne, jusqu'au mercredi minuit.

Demain jeudi, pour la première fois, la vingtaine de producteur va découvrir ses commandes. La journée de jeudi leur permettra de préparer les cagettes avant la première livraison, vendredi de 13 h à 19 h

Un chalet aux Portes d'Albi
Pour récupérer leur commande, les acheteurs ont rendez-vous sur le site commercial Les portes d'Albi, à l'arrière du restaurant de l'hypermarché (entrée rue de Bourdès ou par le parking principal). Le point de retrait sera signalé par la présence d'un petit chalet de bois vert et blanc, où les producteurs se relaieront chaque semaine pour les livraisons.

«C'est aussi intéressant pour les gens pressés que pour ceux qui ont envie de parler avec les producteurs» explique Carole Bou, chargée des circuits courts à la chambre d'agriculture du Tarn. «On a le gage de la fraîcheur et on sait qu'on peut rencontrer les producteurs. C'est l'esprit marché mais en plus pratique», ajoute Véronique Barrieu, productrice de Parisot membre du collectif. Pour elle, pas de soucis, «dans une autre vie, j'ai fait de l'informatique». Pour les autres, la Chambre d'agriculture, qui accompagne le projet, a assuré plusieurs formations à l'informatique, et incité les producteurs à pratiquer «des prix cohérents». Le tout en accord avec la grande surface voisine. «Ils nous ont facilité la tâche. C'est un complément par rapport à leur drive, et pour nous aussi» estime Véronique.

Le chiffre : 20 producteurs > associés. vendent désormais leurs produits frais sur www.drive-fermier.fr/albi

Déjà une trentaine de commandes
«J'avais déjà un site de vente en ligne et j'ai eu un temps une loge au marché couvert d'Albi. Mais ça n'avait pas porté ses fruits. Le drive est en rapport avec les modes de vie d'aujourd'hui», explique Véronique Barrieu, productrice depuis 2004 de farines, huiles et légumes secs, à la ferme des Bouvier de Parisot. Vice-présidente de cette nouvelle association, elle sera sur le point de vente vendredi dès 9 h pour préparer les commandes que les clients récupéreront à partir de 13h. «C'est aussi une aventure humaine. ça demande à être développé mais ça commence bien, on a déjà une trentaine de commandes».


Publié le 11/09/2014 à 08:10    | La Dépêche du Midi |

Carmaux : Benoît et Cédric Barria, des agriculteurs à l'ancienne

Le choix d'un élevage respectueux et à taille humaine pour Benoît et Cédric Barria. / Photo DDM

Depuis 2008, Benoît et Cédric Barria ont repris ensemble l'exploitation familiale. Elle est toujours axée sur l'élevage ovin et bovin, les ruches pour le miel, la crème et confiture de châtaignes et la polyculture (céréales et pois pour l'alimentation de leurs animaux).

«Notre travail est diversifié et c'est cela qui est agréable. Nous avons augmenté le nombre de ruches et produisons du miel toutes fleurs et de châtaignier plus fort en goût. Le miel, c'est la nourriture des abeilles et c'est le surplus de leur production que nous récoltons, indique Benoît Barria. Connu par nos ancêtres depuis des siècles, c'est un aliment riche en minéraux, aux vertus préventives et curatives.

Le terme «marron» désigne à la fois certaines variétés améliorées de châtaignes et les marrons d'Inde qui ne sont pas comestibles. Transmises par leurs grands-parents, les recettes de crème et confiture de châtaigne, au goût suave et délicat, sont à déguster nature ou pour préparer de délicieux desserts. «Concernant l'élevage, nous avons fait le choix d'un petit nombre d'animaux pour privilégier une certaine éthique et respecter l'environnement. Nos brebis et nos vaches sont nourries avec nos pois et nos céréales et du foin à volonté. Elles font l'objet de toute notre attention et cela fait une différence dans l'assiette» poursuit l'éleveur.

Les deux frères ont fait le choix d'une exploitation à taille humaine, ce qui leur permet aussi de maintenir une qualité de vie : voir les enfants grandir et prendre une semaine ou deux de vacances par an. Ils espèrent pouvoir continuer à travailler dans des conditions correctes étant dépendants des aides PAC (politique agricole commune) et aussi des conditions météo plutôt instables par les temps qui courent. Livraison à domicile (miel, crème et confiture de châtaigne, colis de viande par 5kg : agneau et veau), ainsi qu'à la coopérative agricole de Carmaux pour la crème de châtaigne.
Tél 05.63.76.94.83 — mail : boucles-du-viaur@orange.fr


Publié le 16/09/2014 à 07:58   | La Dépêche du Midi |

Gaillac : Le musée vinaire de Théo gagne sa première notoriété

Théo Elzinga devant sa collection d'alambics : des grosses pièces aux plus petites, tout un univers vigneron et une page d'histoire à découvrir. / Photo DDM

«Aucun vigneron, à part mon voisin Robert Plageoles, n'est encore venu visiter la collection». Théo Elzinga s'en étonne quand même un peu, car les 8 000 outils, rangés avec cohérence, qu'il a installés depuis 2011 à Tres Cantous, sont un hymne à l'intelligence des humbles et un long retour sur images. «Les gens doivent se dire : un musée de plus, bof!». Un de plus, certes, mais quel musée (entrée : 8€) ! Il n'en porte d'ailleurs pas le nom. Théo, un homme d'affaire hollandais venu dans le Muscadet, a commencé sa collection là-bas. Il s'y est pris d'une passion dévorante et chineuse, qui l'a conduit dans toutes les bourses, salles de ventes ou hangars de fermes.

«On m'a donné beaucoup d'outils» concède-t-il. La rencontre avec François Rouillard, qui a longtemps tenu le Musée des Métiers Anciens à Vindrac, l'a décidé à poser ses valises dans le Gaillacois. Au prix de 55 voyages en fourgon depuis Nantes, il a déménagé sa collection, baptisée inVincible Vigneron. «Car c'est un métier qui a résisté à toutes les catastrophes, le phylloxéra, l'oïdium, le mildiou...». Théo continue ses prospections et trouve des «bijoux» comme cette canne dite «de Lautrec» contenant une réserve pour insérer l'absinthe et, dans son pommeau dévissable, un minuscule verre à pied» qui entretient un alcoolisme nomade.

Vivants et drôles
La verve de Théo fait vivre ces milliers d'outils «parce qu'il faut bien rire dans un musée, sinon on se fatigue». Les 400 machines à greffer, les béquilles et sabots à planter, la cisaille à 5 lames qui coupe plus vite, les pièces monumentales (alambics de cuivre), minuscules (petits tonneaux à jouer aux dés) ou insolites, comme le berceau de bois qui suivait la jeune maman dans la vigne, tous prennent vie. Ils célèbrent l'ingéniosité des vignerons. «Ces petits exploitants compensaient leurs faibles moyens par de l'astuce. Ils adaptaient leurs outils, en inventaient d'autres». Le 3e vendredi du mois, Théo accueille des nocturnes :les bouchons sautent autour du buffet (17€). La veillée se prolonge. Le Livre d'Or est au superlatif, le bouche-à-oreille fonctionne : inVincible Vigneron n'est plus introuvable.


Publié le 05/10/2014 à 09:56  | La Dépêche du Midi |  P.B.

Lavaur : Foire commerciale, Bertrand et Catherine, bons vins et gastronomie

Bertrand et Catherine Denizot, l'accord parfait entre bons vins et bonne chère. / Photo DDM

Bertrand et Catherine Denizot travaillaient en région parisienne avec l'envie de changer de cap et de s'installer dans le Sud Ouest. Il y a quelque temps, une opportunité s'est produite et ces amoureux du bon vin et de la bonne chère se sont installés à Lavaur où, en novembre 2013, ils ont ouvert «L'accord parfait», restaurant et cave à vins, avenue Georges Sabo.

Bertrand a découvert véritablement le vin, il y a une dizaine d'année : «Lorsque j'ai découvert le vin et les vignerons, cela a été un véritable choc. Tous les week-ends avec Catherine on faisait les vignobles et plus je découvrais les vignes, les vignerons, plus j'étais passionné. Par exemple, je suis un amoureux du chenin, avec lequel on produit des vins secs, ½ secs ou doux et qui peut prendre des goûts multiples en fonction des sols et des expositions». Bertrand poursuit : «Je connais tous les vignerons des vins que je vends, je défends le vin de terroir, le vin d'auteur, le vin d'artisan. J'ai l'amour des bons produits, des producteurs, c'est pour cela que notre restaurant et cave à vins s'appelle «L'accord parfait», il y a un lien très fort entre bons vins et gastronomie. 

Avec notre chef, nous revendiquons une cuisine du marché inventive à base de produits frais et de saisons. Régulièrement nous proposons des soirées dégustation où nous apprenons à goûter et à marier les produits». Pour Bertrand, sa présence à la foire commerciale est toute naturelle : «Nous voulons vivre avec les acteurs locaux et nous impliquer dans le tissu économique de la ville. C'est aussi l'occasion de se retrouver avec Patrick Laprade, «Poissonnerie des Halles», avec qui nous organisons nos soirées dégustation. Et puis, la foire commerciale, c'est l'opportunité de rencontrer de nouveaux partenaires potentiels afin de développer de futures coopérations».


Publié le 16/10/2014 à 07:37   | La Dépêche du Midi |  E.R.

France 3 filme les croquants de Cordes

Yves Thuriès confectionne ses célèbres croquants sous les yeux de Francette, guide de l'émission “Le village préféré des Français, pour la caméra./ Photo DDM,Jean-Marie Lamboley.

Cordes est à nouveau sous les feux des projecteurs ! Quelques mois après être devenue «Village préféré des Français», la cité médiévale a vu le retour des caméras de télévision ce mercredi. Une équipe de France 3 a en effet fait le déplacement pour réaliser un reportage qui sera diffusé d'ici la fin de l'année dans l'émission «Météo à la carte» diffusée du lundi au vendredi à 12 h 55 et présentée par Laurent Romejko. Au programme, le Jardin des Paradis, des maisons d'hôtes mais aussi et surtout, les croquants de Cordes, remis au goût du jour par Yves Thuriès. Plusieurs séquences ont été filmées au musée Les arts du sucre et du chocolat et notamment dans la cuisine.

Yves Thuriès a ainsi réalisé ses célèbres croquants sous l'œil attentif des caméras et en compagnie de Francette Salingardes, bien connue des spectateurs de France 2, puisqu'elle était le fil conducteur de l'émission «le village préféré». «Ce tournage est très intéressant pour notre marque et la notoriété de nos produits», commente Yann Fourtet, directeur du musée. «Nous sommes contents de voir un produit typiquement cordais remis en avant sur une chaîne de télé nationale. Cela met en valeur notre savoir-faire.» Contacté par la production de l'émission, il a été plus que ravi de pouvoir accueillir le tournage. «C'est un gain économique pour nous mais aussi pour le village et pour tout le nord du département.»

Les ventes de croquants explosent
En effet, le succès de l'émission de France 2 n'est plus à démentir. Si les touristes ont été plus nombreux à passer par Cordes cet été (68 % en plus en août et 37 % en septembre), ils ont aussi été plus nombreux à acheter des croquants. Les ventes ont ainsi progressé de près de 60 % par rapport à l'année dernière. «L'émission a beaucoup aidé mais nous avons aussi fourni un gros travail commercial» précise Yann Fourtet. «Ce type d'émission est très porteur et a un énorme impact mais c'est aussi à nous d'être au niveau pour entretenir cette nouvelle visibilité dont nous profitons.»

Il y a fort à parier que cette nouvelle émission donnera un nouveau coup de pouce au commerce cordais mais aussi ailleurs. En effet, Cordes n'est pas le seul coin du département à avoir été filmé. Si l'équipe de France 3 a également rendu visite au chef Claude Izard pour découvrir l'une de ses recettes de lapin, elle s'est aussi rendue du côté de Gaillac plus tôt dans la semaine. Le Tarn a décidément le vent en poupe !


Publié le 16/10/2014 à 03:48  | La Dépêche du Midi |

Viane : Des meubles aux poulets, un itinéraire audacieux

Kristel et Serge ont ouvert leur rôtisserie du Chickenman!/Photo DDM A. F.

Dans notre montagne et ses spécialités de charcuterie, un curieux animal vient tout juste de débarquer : le poulet rôti ! C'est un pari audacieux, et risqué, qui a conduit deux nouveaux Vianais, d'origine flamande, à tenter l'aventure du Chickenman, le nom de leur enseigne. Après avoir longtemps effectué d'incessants trajets entre les Monts de Lacaune et la périphérie de Bruxelles, Serge Czvek et Kristel Vangrunderbeek ont décidé de quitter leur terre natale pour définitivement habiter dans leur maison de La Rabaudié, acquise il y a 17 ans ! Quoi de plus normal, dans ces conditions, de tenter également d'importer, dans le village de leur cœur, l'activité professionnelle qu'ils exerçaient dans la lointaine capitale belge. «J'étais agent commercial dans les meubles scandinaves, à mon compte, et Kristel était une cliente, explique Serge. Quand le secteur du meuble s'est mis à chuter, mon comptable m'a conseillé de vendre des poulets-frites. C'est comme ça que nous avons été embauchés par le Chickenman il y a cinq ans : ils cherchaient un couple d'indépendants très motivés !»

Le déménagement n'a pas été une mince affaire et la transition professionnelle non plus puisque Kristel et Serge ont dû acheter et aménager leur camion-rôtissoire avec ses airs de grand paquebot jaune. Depuis quelques jours, leur rêve est enfin devenu réalité. En plus des marchés de Castres (jeudi après-midi), Albi-Puygouzon (vendredi après-midi) et Lacaune (samedi matin et foire mensuelle), ils sont désormais présents sur la place centrale de Viane, tous les samedis, entre 17 heures et 20 heures. Poulets jaunes standard ou fermiers d'origine française, éventuellement garnis de pommes de terre rissolées, figurent en tête du menu proposé par Serge et Kristel. Des volailles au goût unique puisqu'elles sont rôties avec un mélange secret d'épices propre au Chickenman!


Publié le 18/10/2014 à 08:05  | La Dépêche du Midi |  R.R.

Briatexte : Les éleveurs coincés par la directive nitrate

Jacques Bru, devant la fosse à lisier qui recueille les jus du fumier stocké un peu plus haut./Photo DDM,R.R

Jacques Bru est éleveur bovin à Briatexte, associé en Gaec avec son frère. Le cheptel d'une centaine de vaches laitières est en partie nourri par le fourrage, le maïs et les céréales produits sur quelque 110 hectares. Ce troupeau génère chaque année près de 1 000 tonnes de fumier paillé et plus 200 m3 de lisier. La ferme de Jacques Bru est située dans une zone classée vulnérable aux nitrates depuis 2012. D'où les aménagements qu'il a déjà dû faire : une plateforme de stockage du fumier et la fosse à lisier qui recueille les jus du fumier. Désormais il doit répondre, d'ici octobre 2016, aux contraintes liées à la nouvelle réglementation pour encore diminuer les rejets du nitrate dans la nature.

«C'est un investissement d'environ 50 000 € estime-t-il, le problème c'est qu'il n'est pas du tout productif». Pour cette somme il doublera la capacité de la plateforme de stockage du fumier, soit 400 m2 et recueillera 300 m3 de lisier. «Et si je dois couvrir l'aire de stockage, il faut bien ajouter 50 000 € de plus. Quand on connaît les difficultés de trésorerie qu'ont les exploitations agricoles beaucoup ne pourront réaliser ces aménagements, sauf les plus gros et dans le département on trouve surtout des petites exploitations».

Autre contrainte imposée par la directive nitrates,les périodes d'épandage du fumier et lisier. «On ne sait plus ce qu'il faut planter, constate Jacques Bru, toutes les cultures dépendent des périodes d'amendement, par exemple pour semer le maïs, si on ne peut pas épandre du fumier à l'automne on ne pourra pas non plus le faire au printemps car les terres sont trop humides».

Spécificités locales
Autre souci les terrains en pente. «Qu'on ne les classe pas en totalité, il faut tenir compte des spécificités locales, la pente va-t-elle vers un ruisseau ? Qui doit définir la pente, nous ou l'administration ?» Et qu'en est-il également des stockages de fumier en bout de champ ? «Que ce soit l'épandage ou le stockage dans les champs, les anciens ont toujours pratiqué ainsi». Quant aux aides destinées à soulager le coût des travaux de mise aux normes, Jacque Bru est catégorique : «On ne sait rien. On parle de 40 % de prise en charge mais ce serait en fait 40 % après abattement de 35 % sur le coût des travaux, ainsi pour un investissement de 50 000 € l'aide serait d'environ 13 000 €».

L'éleveur conclut : «Je pense que d'ici à octobre 2016 et la mise en vigueur de la directive nitrates, de nombreux exploitants vont arrêter, soit parce qu'ils seront à l'âge de la retraite ou pas loin, soit parce qu'ils ne trouveront personne pour reprendre leur affaire. On se dirige tout droit vers un agrandissement des exploitations». Un proche avenir qui ne plaît pas à Jacques Bru.


Publié le 19/10/2014 à 10:13  | La Dépêche du Midi |  S.B.

Castres : Kévin Gasc a fait son nid dans des alvéoles


Kévin Gasc, un  jeune apiculteur en devenir. /Photo DDM, S.B.

Kévin Gasc s'apprête à vivre sa 4e édition de la Foire au miel de Gourjade qui a lieu ce jour. Petit à petit, il fait son nid au sein de cette profession qui ressemble parfois à un club d'initiés. Car, au début, selon ses propres mots, «la production d'amateur ne lui permettait qu'une seule participation : Gourjade.» Depuis, ce jeune homme de 26 ans a lui aussi creusé puis empli patiemment son alvéole. De 5 ruches «héritées» de son père, lui aussi fan de la vie des abeilles, il a petit à petit agrandi son cheptel : 10 ruches, 20, 30… Il en compte aujourd'hui une bonne centaine. Objectif à court terme : passer le cap des 200 pour gagner le statut officiel de professionnel de ce secteur agricole si particulier.

Les abeilles, pour Kévin, un véritable choix de vie qui passa par celui de s'installer dans le Tarn, terre de ses aïeuls maternels. Sans doute il eût été plus délicat pour notre Breton par sa branche paternelle de choisir la pêche…

Donc, né et élevé en région parisienne (Versailles), mis au contact de la vie de la nature et des ruches en particulier par son père, puis ayant butiné du côté de Burlats (où il trouva sa reine Samantha), Kévin a décidé de s'installer dans le sud Tarn voilà 5 ans. Peintre en bâtiment, l'entreprise qui l'emploie, en proie à des difficultés, se sépare de lui. De ce coup du sort, plutôt que de broyer du noir, le dynamique garçon en fait son miel ! Et le voilà enfumoir à la main et combinaison blanche sur le corps ! Dans ce milieu fait d'abord de passion, on croise vite des fans des ouvrières qui vous initient : «Un ami m'a permis d'acheter des ruches d'un grand-père décédé ; puis, Emmanuel Gisclard, apiculteur de Mazamet, est devenu mon ami, indique Kévin. Il m'a beaucoup fait progresser. J'ai découvert la transhumance qui permet une diversification des produits. Je vais bientôt installer des ruches dans le massif de la Clape dans l'Aude grâce à lui.»

Car, en quelques coups de cuillère à pot, Kévin a réellement progressé, tant dans son approche technique que pour celle de la gestion de sa petite entreprise : «Au début, j'avais des ruches seulement du côté de Burlats et Saint-Salvy ; puis, j'en ai mis en Ariège et à Saint-Chinian dans l'Hérault ou encore à Roquefort des Corbières dans l'Aude.»

Miels toutes fleurs, de châtaignier, de tilleul, d'acacia, de romarin ou de bruyère… vont orner désormais les étagères flambant neuf «réalisées par un ébéniste formidable de Roquecourbe.» On y trouvera aussi du miel en rayons (en morceaux alvéolés) ou encore du pain d'épice, pour la confection duquel Kévin a encore su tisser des liens d'entraide : «J'ai été gentiment accueilli par le boulanger de Roquecourbe, Olivier Marc, qui me prête son four à bois des Salvages», signale-t-il.

Kévin, parfois 3e ligne aile du club de rugby de Labruguière, connaît parfaitement le mot «soutien».


Publié le 21/10/2014 à 08:06   | La Dépêche du Midi |  M.L

Alban : Serres & Cie, «C'est lourd mais on avance»

Nicolas Serres, co-gérant de l'entreprise familiale de charcuterie cuite, dans les locaux de l'entreprise Roucayrol 0 Cambon,  avec Nathalie, Marina et Thomas, trois salariés chargés de l'expédition./ Photo DDM, M.L

Trois mois après l'incendie qui a entièrement détruit son usine à Alban (La Dépêche - 5 juillet et 2 octobre), la famille Serres, père, fils et fille, loin d'avoir baissé les bras, s'active sur trois sites provisoires. En attendant de pouvoir revenir dans une usine reconstruite à neuf, sur le même site, au plus tôt en janvier 2016.

Pour Nicolas, 34 ans, co-gérant avec sa sœur Magalie, «c'est lourd mais on avance». Entre le site provisoire de production à Lacaune, le service d'expédition basé à Cambon, dans les anciens locaux de l'entreprise de transports Roucayrol, et l'administration installée à Alban, Nicolas Serres n'arrête pas. «On produit environ 50 % de ce qu'on faisait ; on n'a pas le choix, on a arrêté certains produits mais on a repris 90 % de la clientèle» analyse le co-gérant, aussi discret qu'actif.

«ça va être long, on sait qu'il faut être patient. Mais on a une bonne équipe, des salariés très investis et des gens qui ont été bien avec nous» ajoute Nicolas Serres, en saluant au passage le patron des transports Roucayrol qui leur a proposé ses anciens locaux. Il rend surtout un hommage appuyé à sa famille et au premier chef à son père, Jean-Pierre Serres, fondateur de l'entreprise installée depuis 2001 sur la zone artisanale du Dolmen, après avoir été créée au Truel (Curvalle). «Sans lui, je ne sais pas si on aurait pu rebondir comme ça» confie Nicolas, «pendant les deux premiers mois, ça a été très dur». Quant à ses dernières vacances en famille, elles remontent à plus d'un an. Son épouse et leurs quatre enfants ne désespèrent pas de le faire décrocher quelques jours prochains. Mais de ce côté-là aussi, l'engagement est total, priorité à l'entreprise.


Publié le 22/10/2014 à 03:49   | La Dépêche du Midi |  M.T.S.

Carmaux : Pierrot maître du marché


Pierre Santoul et son cousin, des Carmausins fiers de leur marché. / Photo DDM

Qui mieux que notre Pierrot national, pouvait expliquer l'histoire du marché de Carmaux, tous les vendredis sur les différentes places de la ville, Jean Jaurès, Gambetta, le Foirail aux volailles etc.? Pierrot Santoul bien sûr. «T'es connu toi ici ?» A lancé le journaliste d'FR3 Météo à Pierrot qui,avec humour a répondu : «Je prépare les sénatoriales, suis-moi je vais te montrer le marché de Carmaux. Les marchands le vendredi viennent des quatre coins de la région.»

Ainsi,le soleil et la chaleur aidant de ce vendredi exceptionnel du 17 octobre, Pierre Santoul, Pierrot pour tous, accompagné des journalistes deFR3 météo s'en est allé conter l'histoire du marché,lequel depuis plus de cent ans symbolise pour les Carmausins la vie,la convivialité,la diversité des produits locaux et régionaux sur les étals des marchands.

«Nous avons fait une halte devant les étalages fruits,charcuterie, volaille, fromagers, plats cuisinés etc.Arrêtés chez Mme Treilhou, fait une halte aux pâtes fraîches, vu la fermière d'Almayrac,le marchand d'olives, les étals de fleurs, de légumes, on est allé voir un vigneron de Gaillac, et, curiosité de la saison, on s'est extasiés devant l'étalage des champignons des bois. Place de la Libération découverte des plants de fleurs et légumes ainsi que les découpes de canards gras.»

Après un passage aux «produits bio sous la Halle, halte incontournable aux échaudés Deymier etc. Puis, bien entendu, ajoute Pierre, j'ai amené FR3 devant le Café des Arts lieu de réunion du premier syndicat en 1882, avenue Jean Jaurès.Petite visite chez un producteur d'agriculture naturelle de Trévien et fin de la visite.»

La matinée s'est terminée place Gambetta par un rappel historique du marché de Carmaux, «les légumes amenés sur des brouettes et des charretons, les encombrements des rues , la place de la Croise réservée aux canards et aux troupeaux de dindons en liberté.»

Et Pierrot de déclarer, «pourquoi j'aime le marché le vendredi à Carmaux? Parce que j'y retrouve, les saveurs d'antan, un parfum de partage, de convivialité, toutes les qualités de la gent des mineurs avec quelquefois encore cet esprit de Jaurès bien spécifique de chez nous!»


Publié le 22/10/2014 à 08:40   | La Dépêche du Midi |

Gaillac : Deuxième étoile pour Michel Issaly dans la Revue des Vins de France

Michel Issaly et sa cuvée «Le sang». Le titre comme le prix en avaient choqué plus d'un. la Revue des Vins de France consacre la démarche du vigneron de La Ramaye, en marge des grands circuits de production et de vente. / DDM

«C'est une bonne nouvelle». Michel Issaly ne pavoise pas. Pourtant la deuxième étoile que vient de lui attribuer la Revue des Vins de France a la valeur d'un deuxième macaron Michelin. Elle le fait entrer dans le club étroit des sept vignerons de ce niveau sur le grand sud-ouest, où il rejoint Bernard Plageoles. La particularité de Michel Issaly, c'est qu' à la Ramaye, il gère un des plus petits domaines du Gaillacois : 5,80 ha dans la combe d'Avès, un abrupt sur les premières côtes. Elle récompense son opiniâtreté à mettre en avant les cépages locaux, notamment ce braucol de vieilles vignes dont il a fait un joyau. «J'ai planté aussi du prunelart. Nous avons suivi le sillage de Robert Plageoles qui a en été le pionnier, comme pour d'autres cépages».

Le vin le plus cher
Quand il a fait le pari de réaliser une cuvée confidentielle vendue 45€, le vignoble a failli s'étouffer de rire. «J'en ai entendu, et je sais que dans mon dos, ça balançait» comme dit le talonneur qu'il a été. Mais cette cuvée «Le sang», qu'il ne sort que les belles années, il la commercialise aujourd'hui dans la grande restauration parisienne et chez les meilleurs cavistes. «J'en fais 900 bouteilles. Ca ne me fait pas vivre, d'accord, mais je les vends sans peine. J'avais commencé à 300 bouteilles en 2009». Sa progression à l'export (20% du chiffre d'affaires) est constante : «destination partout», des USA au Japon, même si, avec 15 000 bouteilles, il ne va pas étancher la soif du monde. En avril dernier, il a abandonné la présidence nationale des Vignerons Indépendants, un syndicat pour lequel il s'est engagé pendant quinze ans.

Aujourd'hui, sans succession directe, Michel Issaly songe à vendre le domaine familial. Sa deuxième étoile risque de retarder l'échéance. Comme de faire monter les enchères.



Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr
 

 
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