Lozère : la vie d’antan à la ferme

7/12/2025

  Lozère : la vie d’antan à la ferme  

Publié le 16/06/2025 | La Dépêche du Midi |  Correspondant

Résidente à l’Ehpad de Chaldecoste,
Yvette Maliges raconte la vie d’antan à la ferme



Yvette Maliges / DDM

Aujourd’hui résidente à l’Ehpad de Chaldecoste, à Mende, Yvette Maliges a vécu toute son enfance à la ferme, dont elle garde des souvenirs encore vifs.

Après une enfance rude à la ferme, Yvette Maliges a passé sa vie à Mende, avec son mari et sa fille adorée. Elle est née aux Laubies sur la commune de Saint-Étienne-du-Valdonnez, à 1 200 m d’altitude. Elle est l’aînée d’une fratrie de six enfants.


Le Mazel des Laubies / Cpa

"Je me souviens que nous allions à l’école des Laubies en sabots de bois, fabriqués par mon père. Nous étions une quinzaine d’élèves. Les enfants venaient du village mais aussi des Badieux et des Faux. À l’époque, il n’y avait pas de ramassage scolaire, ils venaient à pied. Heureusement, ma famille était proche de l’école. Dans la classe, il y avait un grand poêle à bois."


Les photos de familles sont d’utiles témoignages de la vie agricole dans le Valdonnez après-guerre. / ML

Elle a assisté ses parents à la ferme
Les hivers étaient très rigoureux et souvent la neige formait des congères, de véritables murs de neige. "Mais nous allions quand même à l’école." Une fois les classes de primaire terminées, Yvette Maliges ne continua pas l’école. En tant qu’aînée, elle a dû assister ses parents.

Matin et soir, elle allait garder les vaches et s’occupait de ses frères et sœurs. "Quand il y avait du brouillard, j’avais peur de me perdre. Je pleurais souvent. Et là, c’étaient les vaches qui me gardaient. Un jour ma mère était venue me chercher, car elle a eu peur que je me perde dans ce brouillard très épais."


Fête du pain au four banal / ML

Dans la ferme, il y avait un four à pain. Tous les 15 jours, sa mère pétrissait la pâte. "Elle en gardait toujours un morceau pour faire le pain suivant. Elle nous faisait de "pumpos" qui étaient des petits pains pour les enfants. Les voisins qui n’avaient pas de four, venaient chez nous avec leur bois pour faire cuire leur pain."


Vallée du Valdonnez / ML

Sa grand-mère avait ouvert l’auberge des Laubies. Aujourd’hui, ce sont ses sœurs et son neveu qui la font encore vivre pour la quatrième génération. À Noël, les sabots étaient posés devant la cheminée et le matin, les enfants découvraient avec plaisir une orange et du chocolat.


Neige en Lozère : à Saint-Étienne-du-Valdonnez / ML

"À la ferme, nous vivions en autosuffisance. Nous avions des cochons, nous cultivions les patates et d’autres légumes. L’épicier venait de Saint-Étienne-du-Valdonnez. Ce qui fait que, pendant la guerre, nous avons été protégés. Le plus dur, l’hiver, c’étaient les lessives. Nous savonnions le linge à la maison et on allait le rincer au ruisseau. Parfois, il fallait casser la glace", se souvient-elle.


Valdonnez années 50, témoignage sur les modes de déplacement / ML

Puis, elle épouse Émile Barret, de Langlade, qui travaillait dans les mines à Montmirat. Ils ont une fille, Bernadette. Mais son papa décède alors qu’elle a 4 ans. Elles viennent alors à Mende, où Yvette est employée comme agent au lycée technique, situé place du Mazel.

"Je me souviens des gros pavés en pierre qu’il fallait frotter à la brosse, c’était très pénible." Heureusement, le lycée déménage à l’avenue du 11-Novembre, où là, le travail était plus agréable. Elle y rencontre René Maliges qui était agent d’entretien dans les ateliers et elle se remarie à l’âge de 37 ans.


 Maison rénovée à Saint-Étienne-du-Valdonnez. / ML

Arrivés à l’âge de la retraite, ils profitent enfin de la vie, partent en vacances et font des voyages avec le troisième âge. Elle se passionne pour le tricotage dès l’enfance et a, encore aujourd’hui, ses aiguilles à portée de mains. Elle allait marcher tous les jours, n’importe quel temps qu’il fasse.


Lozère : la ferme de Folie, un domaine unique et bucolique / ML, LHT

Bernadette a épousé Jacques et Yvette s’est épanouie en gardant ses trois petits-enfants, Michaël, Yann et Morgan, qui leur ont donné trois arrière-petits-enfants, Aïnoha, Raphaël et Kimie. L’arrière-grand-mère coule des jours heureux à l’Ehpad de Chaldecoste, choyée par sa fille et sa famille.


Architecture typique du secteur / ML


Les Laubies
 

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