15/12/2014 Albi autrefois (CPA / DDM) -2-

   Albi autrefois (CPA / DDM) -2-  

Publié le 05/12/2014 à 03:48  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Au cœur du vieil Alby


Une vue de la cathédrale depuis la rue des Prêtres ./ Photo collection privée

Une vue bien connue des peintres et des photographes. L' étroitesse de la rue, le pittoresque des maisons anciennes et dans l'axe le clocher de Ste Cécile déployé comme une lunette de marine. Aujourd'hui, on a dégagé la brique du crépis protecteur, qui était de mise jusqu'au siècle précédent. Imagine-t-on le Vieil Alby sans ses façades de briques ? Il vaut mieux dire le Vieil Albi, parce que le y n'existe pas en occitan, même s'il donne un caractère ancien recherché. Nous sommes ici, dans le Bourguet nau, appellation oubliée aujourd'hui, quartier nouveau qui se développe au pied de la nouvelle cathédrale dont l'évêque Bernard de Castanet a lancé le chantier au XIII°siècle. La rue Puech Beringuier le parcourt jusqu'aux remparts sur la rive du ruisseau Bondidou. Dans le plan Laroche du XVIII°siècle, la rue des Prêtres figure. Sa dénomination vient de ce que les ecclésiastiques y vivant, étaient nombreux. On les préférait là que dans les rues d'artisanat et de commerce.

Le lampadaire électrique sur la façade du numéro 29 nous situe à la Belle Epoque. L'immeuble à deux étages a belle allure et contraste avec le numéro 5 d'en face, construction plus ancienne avec son pied de vigne qui grimpe au mur, ses pots aux fenêtres, la poulie au toit pour les travaux .



La rue des Prêtres / CPA

Des petites filles -deux chapeautées- à l'ombre fixent l'objectif , des chiens au soleil et le bouquet d'arbre au dessus d'une remise ou échoppe aux volets de bois. Une ambiance villageoise. La cathédrale veille.. C'est en 1965, que le docteur Pierre Amalric, ophtalmologue réputé mondialement et mécène d'Albi, crée l'Association de Sauvegarde du Vieil Albi, qui n'a pas cessé, en collaboration avec les municipalités successives et avec les propriétaires, d'aider à la restauration dont l'aboutissement a été l'inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2010.


Publié le 21/11/2014 à 08:02  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le parc Rochegude, lieu convivial

Une vue ancienne du parc Rochegude./ Photo collection privée

Le bienfaiteur d'Albi, après sa longue vie (1741-1834) de marin, d'homme politique, d'érudit a légué ses biens (l'hôtel et sa bibliothèque, le parc) à sa ville. Elle n'en prend possession qu'après l'usufruit de sa nièce, en 1884, cinquante ans après la mort du généreux donateur. Sa propriété n'était pas encore un parc urbain. Le jardin à la française qui entoure le Parc a peu changé. (labyrinthes de buis, ifs, platanes autour de la statue).. Pour le reste, on était encore presque à la campagne avec des jardins, des prés, une vigne, un bosquet. Dans une Revue du Tarn, consacrée à Rochegude, l'historien Gilbert Roumec a étudié les agrandissements successifs du domaine et Joël Bories, jardinier-paysagiste rappelle les aménagements du Parc,

En 1887, la ville confie à l'architecte paysagiste Léon Aussels la réalisation du parc agrandi du côté du boulevard Carnot, Un parc à l'anglaise, parcouru par de nombreuses allées a été mis en place. On a conservé les bois de part et d'autre du ruisseau de Merville et prévu rocailles, cascades, lacs, îles, ponts, cheminements encore en place aujourd'hui tout comme les massifs et corbeilles de plantes fleuries.



Le Parc Rochegude - le parterre / CPA

Un jardin de repos et de loisirs avec sa buvette, son «pavillon de musique», des exèdres (banquettes semi-circulaires adossées) et de nombreuses statues, dont celles de métal, fondues lors de l'occupation allemande de la Seconde Guerre.
Près de 200 arbres, des pelouses, des fleurs, «l'île aux oiseaux» (canards et cygnes), une aire de jeux pour les enfants, le parc Rochegude n'a pas cessé d'évoluer.

Il reste un lieu convivial intergénérationnel : mamans et leurs landaus, amoureux, retraités, promeneurs solitaires, groupes de jeunes, pétanqueurs, joggers, un poumon vert central dans la ville, magnifiquement entretenu et parfois un merveilleux théâtre de verdure pour des spectacles. Merci Rochegude !


Publié le 12/09/2014 à 03:52  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Pont neuf et petit train

Une vue du Pont-neuf au siècle dernier./ Photocollection privée

Se porter comme le Pont Neuf» dit-on de celui de Paris, qui malgré son nom est le plus ancien. A Albi, le Pont Neuf n'est que le troisième pont qui franchit la rivière après le Pont Vieux, en service depuis le XI°siècle et le pont de chemin de fer de la ligne Carmaux-Albi achevé en 1864. Il est ouvert en 1867, sous Napoléon III, époque de grands travaux . On inaugure à la même date le Lycée, sur lequel le pont débouche.

L'architecture de brique et ses arches ajourées est élégante. Le parapet est de pierre. La photo de 1923 signée Poux, prise depuis la rive gauche montre l'élévation qui conduit à la montée des Lices. Carrioles, piétons (dont un prêtre en soutane et chapeau) y passent, à côté du petit train enfumé de vapeur avec son tender à charbon , ses deux wagons de voyageurs et son soufflet final. Il vient de Valence. La ligne métrique a été achevée en 1906. La gare des petits trains départementaux est place du Manège (actuelle place Jean Jaurès). On a supprimé les petits trains vers Alban et Valence et jamais achevé celui vers St Affrique par la vallée du Tarn (les tunnels d' Ambialet) après la seconde guerre, alors que la route reprend l'avantage pour les transports entre la campagne et la ville. Sur le Pont Neuf, recouverts de bitume, les rails subsistent.



Pont neuf, petit train et dirigeable / CPA

Le Pont Neuf reste l'axe majeur de la pénétration vers la ville, aujourd'hui saturé. D'où le projet d'un quatrième pont, après celui de Cantepau des années 70, qui est pont de contournement emprunté par la rocade, enfin bientôt terminée.

Une colonne allemande traverse la ville, le 22 août 1944. Elle est accrochée fortement sur le pont, par des éléments F.T.P. (Francs Tireurs et Partisans) qui comptent une douzaine de victimes. Une stèle à l'entrée du pont ( l'esplanade des Partisans) rappelle les combats. On a donné au Pont Neuf, le nom de Pont du 22 août, même si l'appellation ancienne subsiste.


Publié le 05/09/2014 à 08:56  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Du Petit Lude au Bon-Sauveur

Une vue du Bon Sauveur./ Photo collection privée

Un joli pavillon à l'intérieur des murs de « la ville dans la Ville» qu'est le Bon Sauveur . Le style XVIII° siècle avec les fenêtres cintrées et la balustrade pour couronner le toit. Au centre de celle ci : une statue de saint tutélaire. L'alignement des bacs à arbustes laisse penser à la fonction d'orangerie du bâtiment.

C'est l'évêque Gaspard de Daillon du Lude (1602-1676), ami des arts qui fait aménager les jardins et le château du Petit Lude, aux portes d'Albi. Une certaine désaffection pour le château de Combefa, résidence plus lointaine commence. Le Lude, lieu d'origine de la famille est dans la Sarthe Le nom devient celui du château d'Albi et du quartier. Daillon du Lude qui a été en conflit avec les consuls d'Albi et qui n'a pas pu devenir archevêque, meurt au Petit-Lude. Le château toujours visible abrite une belle bibliothèque. 



Bon Sauveur, sourds-parlant en récréation / CPA

En 1832 arrivent à Albi le père Jamet et cinq religieuses du Bon Sauveur de Caen. Elles prennent en charge une école pour sourdes-muettes, qu'elles installent au Petit-Lude en 1836 ainsi qu'un établissement pour aliénés. Aménagements et constructions nouvelles sont à l'origine de l'institution du Bon Sauveur. L'éducation y a encore sa place. Elle appartient à la structure qui a pour nom Ensemble Scolaire d' Amboise, qui regroupe tous les établissements privés d'Albi L'Hôpital psychiatrique occupe le plus grand espace. En 1982, la Congrégation du Bon Sauveur est devenue Fondation du Bon Sauveur d'Alby, que tout le monde nomme B.S.

Le secteur sanitaire et le secteur médico-social ont des structures éclatées dans tout le département. La culture n'est pas absente. Le docteur Pailhas a collecté des dessins et peintures de malades. Depuis deux ans des pensionnaires construisent un char, sur lequel ils défilent pour le Carnaval d'Albi, qui part devant le B. S. La thérapie dans le divertissement aussi.


Publié le 22/08/2014 à 08:48  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Bois et colombages Renaissance


Image ancienne de la maison Enjalbert, du temps où elle abritait une confiserie. / Photo DDM

La maison Enjalbert, à l'angle de la rue des Pénitents et de la rue Timbal, c'est l'art le plus accompli du charpentier et du sculpteur sur bois. Gérard Alquier la décrit dans son livre sur les hôtels particuliers et les maisons du Vieil-Alby.

Les colombages de bois et la brique forment une marqueterie décorative différente sur les deux façades. L'art de la Renaissance triomphe dans les fenêtres à meneaux, aux pilastres surmontés de chapiteaux doriques ou corinthiens couronnés de frontons triangulaires. L'édifice est du XVIe siècle. Pas d'utilisation de la pierre à la différence de l'hôtel Reynès voisin.

Peut-être la demeure d'un riche pastelier
Sans doute aussi la demeure d'un riche marchand pastelier. Est-ce Timbal, le marchand éponyme de la rue ? Enjalbert est le propriétaire qui installe au XIXe siècle un commerce de pâtissier-confiseur. Sur la photo d'avant 1914, la confiserie parisienne Médar occupe les lieux ainsi que le commerce de Mlle Combes.



Vieille maison Enjalbert / CPA

Confiserie puis pharmacie et habits
Les Enjalbert sont restés propriétaires des murs, c'est eux qui font décrépir la façade en 1902. Le crépi dont on pensait qu'il était protecteur recouvrait la plupart des maisons à colombages du Vieil-Alby. En 1937, le confiseur Médar meurt et Georges Bousquet, gendre d'Enjalbert, installe son officine de pharmacie en 1939. Depuis peu, un magasin de mode a remplacé la pharmacie.

Ne pas manquer le petit pisseur du 1er
La porte d'entrée sur la rue des Pénitents est richement sculptée : pilastres et chapiteaux, linteau avec le monogramme du Christ, médaillons avec des têtes d'homme et femme. À ne pas manquer, au premier étage, le «petit pisseur», exhibant son phallus. Pour Gérard Alquier, c'est un lien avec le pastel et le propriétaire de la maison. L'urine humaine était utilisée pour hâter la fermentation des coques et leur transformation en «agranat» la pâte qui donnait la poudre de pastel, l'or bleu qui est la richesse d'Albi au XVI° siècle.


Publié le 16/07/2014 à 08:00  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le tribunal abrite un ancien couvent

Une vue du tribunal au début du siècle dernier./ Photo collection privée

La Justice a son Palais. Une façade classique, bien mise en valeur par l'éclairage, sur la place Lapérouse réaménagée. Un habillage architectural du XIX° siècle du couvent des Carmes, dont on peut voir à l'intérieur le cloître et des salles hébergeant les audiences.

Le couvent s'installe en 1313. Les Carmes ( le nom vient du Mont Carmel) sont le troisième des Ordres mendiants. Comme les autres ( Dominicains, Franciscains ou Cordeliers) ils s'installent extra muros. Lors des troubles protestants, l'évêque Julien de Médicis leur permet en 1580 de construire de nouveaux bâtiments, à l'intérieur de la ville à la limite des remparts, à leur place actuelle. Le jardin primitif , acheté par la Ville en 1761 est devenu promenade publique. C'est le Jardin Royal plus tard National . La Révolution supprime les ordres religieux, sécularise leurs bâtiments. Elle met en place aussi de nouvelles institutions judiciaires. Celles de Napoléon seront durables. Castres, le chef lieu du Tarn jusqu'à 1797 a les compétences départementales. Elles s'installent à Albi ensuite. 



Tribunal et statue Lapérouse / CPA

Avant l'installation du Tribunal, les locaux ont servi un moment de prison. Seulement la place à traverser, lorsque la maison d'arrêt est construite en face, à partir du couvent des Cordeliers. Aux Carmes, la justice, aux Cordeliers la prison !Il ne reste rien des seconds comme vestiges architecturaux après la démolition de la prison mais leur nom a été donné au quartier rénové, dont le Grand Théâtre de Dominique Perrault occupe aujourd'hui l'espace.

Pour les Albigeois, le Tribunal, c'est la mémoire d'affaires importantes, lorsqu'il est Cour d'Assises.
On se presse pour trouver une place sur les bancs du public ou dans une salle voisine, grâce à la vidéo. Les stars nationales du barreau sont attendues. Restent les excellents compte-rendus de notre quotidien régional.


Publié le 13/06/2014 à 09:09  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La préfecture : deux siècles de présence


Une vue ancienne de la préfecture./ Photo collection privée

Le préfet, symbole de l'Etat et de la centralisation ! Napoléon I° l' installe en 1800 à la tête du département, né en 1791. Une Assemblée élue administre jusque là le nouveau territoire. Castres est le chef lieu du Tarn jusqu'en 1797. L'agitation royaliste entraîne le transfert à Albi pour lequel le conventionnel Lacombe Saint-Michel a joué un grand rôle. C'est à la Berbie, le palais de l'évêque (il est à Montpellier depuis 1801) que s'installent l'administration départementale puis les premiers préfets. Le vicomte De Cazes exerce la fonction durant 14 ans de 1815 à 1830. Le retour de l'archevêque Brault est de 1823.On lui rend la Berbie. 

Préfet et Conseil Général vont s'installer dans l'Hôtel de Cardonel, ex hôtel de Boyer, demeure du XVIII° siècle. Mariès, l'architecte départemental réalise les plans pour adopter à leur nouvelle fonction les locaux de cet hôtel et des maisons attenantes. Par la rue Peyrolesque (aujourd'hui A. Malroux), vers les Lices, par la rue Timbal vers le Vigan, jouxtant l'Hôtel Reynès, c'est une situation centrale. Ici, c'est la façade occidentale inchangée depuis le XIX° siècle. Les moulures, la porte devant laquelle, les enfants en béret jouent sont aisément reconnaissables. Une carte de l'éditeur Poux de la Belle Epoque. ! Préfet et conseil général resteront ensemble, ici jusqu'en 1976, avant la construction de l'Hôtel du Département, de l'autre côté des Lices, prévu à l'origine comme nouvelle préfecture. 



Hôtel de la Préfecture / CPA

Il fut question un moment d'installer l'Hôtel de Ville à la place de la Préfecture mais celle-ci est restée. La façade orientale sur les Lices avec son jardin , c'est la résidence des préfets ouverte au public, dans les grandes occasions. Mme de Boyer, femme d'officier-colonel y représentait l'esprit des Lumières avant la Révolution. On a gardé son Livre de raison, elle achète l'Encyclopédie.. Un lieu de culture devenu lieu de pouvoir.


Publié le 20/05/2014 à 03:49  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le bel immeuble de la Caisse d'Epargne

Le bâtiment a été inauguré en 1913./ Photo collection particulière

La Caisse d'Epargne et de Prévoyance drainant l'épargne populaire, doit rassurer les dépositaires. L'immeuble est imposant Son architecture Renaissance lui donne du style. On l'inaugure en 1913, sur l'emplacement de la maison Costes ( vins et distillerie ), au premier étage de laquelle la Caisse d'Epargne avait déjà des bureaux depuis 1886. La photo de Poux, sans circulation automobile est de l'époque de la Première Guerre.

L'architecte départemental Léon Daures (Mazamet 1877, Albi 1973) a conçu le bâtiment. On lui doit à Albi le Temple protestant de la rue Fonvieille et le Monument aux Morts.
Le mariage de la pierre blanche et de la brique rouge ( qu'on trouve déjà à l'Hôtel Reynès), les ouvertures plein cintre, les frontons , les fenêtres à meneaux, l'étage mansardé, le toit d'ardoise couronné d'une balustre, sont éléments bien utilisés du répertoire de la Renaissance. L'immeuble n'a pas vieilli.. Il clôt en majesté la place du Manège, qui prend le nom de Jean- Jaurès après la Première Guerre.. 



Hôtel de la Caisse d'Épargne / CPA

La place est confluence des flux Nord –Sud des Lices et du Pont Neuf vers le Lude et en direction de Castres et Toulouse. S'y trouvait la gare des petits trains vers Alban et Valence qui disparaissent en 1939, Aujourd'hui, y subsiste la gare des autobus. Face à la Caisse d'Epargne, le rond-point- jet d'eau fluidifie la circulation et rafraîchit un peu , lors des canicules de l'été.

La place hébergeait jadis de nombreux marchés spécialisés, dont le marché aux puces jusqu'aux années 70. L'automobile a pris la place : un parking souterrain, le plus ancien d'Albi et un de surface créés sous la municipalité Mathieu. Plus d'emplacement pour les cirques, condamnés à la périphérie mais les manèges de la fête foraine du carnaval n'ont jamais abandonné l'espace. L'Ecureuil a plus d'un siècle de présence sur les lieux.


Publié le 09/05/2014 à 03:50   | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Ombrelles et chapeaux

Une vue du théâtre et du jardin national à la Belle époque./ Photo collection privée

A droite, sur le Jardin National ombragé, on se presse autour du kiosque à musique. Sur le carrefour, traversent trois femmes en habit clair, protégées par leur ombrelle blanche. A côté, des messieurs en habit sombre, de dos aussi.. A droite, le Théâtre Municipal, amorce des Lices, le boulevard qui va de la place du Manège (aujourd'hui Jean Jaurès) jusqu'au Pont Neuf. On distingue au fond à droite, le campanile de la Poste, incendié en août 44, lors du passage de la colonne allemande. Les Lices du Sud ont pris le nom de Jean Moulin et le Théâtre Municipal est devenu Théâtre des Lices, pour le distinguer du Grand Théâtre de Dominique Perrault. L'escalier descend à présent du Jardin National vers le théâtre. Une photo bien composée, avec sa ligne de fuite, qu'empruntent les piétons, maîtres de la rue (une seule bicyclette). Une image de la Belle Epoque : les femmes relevant leur longue robe et les messieurs tous chapeautés.



Poste et promenade / CPA

La construction du théâtre municipal projetée dés 1861, fut plusieurs fois ajournée. La décision qui mûrit sous le maire Gabriel Soulages, est prise sous Hippolyte Savary en 1889 . Les travaux commencent en 1890, l'inauguration a lieu en 1893 (trois ans de chantier, comme pour le Grand Théâtre). On y joue « La Juive» de Halévy donnée par le Théâtre du Capitole de Toulouse. Ici, tout le monde porte chapeau. Dans le Sud, ce n'est pas signe de distinction sociale, celui de la bourgeoisie différenciant de l'ouvrier coiffé de la casquette .«Chapeau bas devant la casquette» proclamait George Sand, ouvriériste. A Albi, la chapellerie très active alors, avec ses établissements industriels de la rive droite du Tarn, a popularisé le chapeau. Maraval , le chapelier est une figure de la vie économique et politique locale. Une image paisible et élégante au soleil albigeois.


Publié le 25/04/2014 à 08:22  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Caserne Lapérouse : le 15e RI avant la tourmente de la Grande guerre

Une vue d'avant 1914, la caserne accueille aujoçurd'hui les étuidants./ Photo collection particulière

En bon ordre, une compagnie du 15° Régiment d'Infanterie rentre au quartier. En ville, on pratiquait des mouvements d'ordre serré (maniement d'armes), spectacle prisé par les civils. Dans la campagne voisine, les coteaux du Séquestre étaient terrain de manœuvres et de tir. Aux arbres, les feuilles du printemps. Nous sommes avant 1914 et l'engagement dans la Grande Guerre. Les hommes portent le bourgeron et la culotte de drap gris. 

Le képi est noir et au ceinturon sont accrochées les cartouchières pour le fusil Lebel (calibre 8 mm, à répétition manuelle, long de 1m 30 et pesant 4,4 kgs). Les appelés tarnais peuplent le 15° R.I. d'Albi , le 9°R.A.C. (Régiment d'artillerie de campagne) et le 19° Régiment de dragons de Castres. Depuis 1913, le service militaire est passé de 2 à 3 ans, malgré l'opposition de Jean Jaurès.



Caserne Lapérouse / CPA

On a dû agrandir la caserne construite en 1880. L'assassinat de Jaurès le 31 août a crée une émotion particulièrement à Carmaux mais l'annonce de la mobilisation et de la déclaration de guerre (3 août) suscitent un élan patriotique . Concert de musique militaire en ville, manifestations de sympathie pour les soldats qui partent et même quelques débordements. On pille et on brûle la cabane d'un allemand, appelé «Chocolat Papa» qui vendait depuis longtemps des friandises sur le Vigan.

Le bruit courut que ses bonbons étaient empoisonnés. Dés le 7 août, en chemin de fer, le 15° R.I. par Castres et Castelnaudary embarque pour la Lorraine via Lyon. Le 215° R.I., régiment des réservistes part le 15 août pour l'Alsace. Les combats de mouvement de l'été 1914 font des pertes énormes. A l'hiver 14, la guerre de positions (les tranchées) et du désenchantement commence. Le monument aux morts d'Albi égrène 636 morts de la commune pour 14-18.


Publié le 26/01/2014 à 09:09  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Saint-Antoine, la dynastie des Rieux

Une photo d'avant 1914./ Photo DDM, collection JC Souyri

Une institution à Albi que le St Antoine des Rieux, appartenant toujours à la famille.
Emile Rieux (1861-1956) a pris l’auberge déjà tenue par ses parents. Une succession de père en fils pour l’établissement de la rue Saint Antoine. Son fils Raymond (1889-1962) la dirige ensuite, puis viendra le tour de Jacques et de ses enfants. Cinq générations pour une grande maison.

Sur la photo d’avant 1914 : les belles moulures de la façade et l’enseigne rappelant les tentations( ici culinaires) de St Antoine ! La cuisine y est réputée et les chambres excellentes. Emile a travaillé avec les maîtres queux de l’époque, tels Escoffier ou Brébant. et à la cour du roi d’Espagne, avant son retour à Albi., où il se consacre à l’Hostellerie du Grand Saint-Antoine. Il est une figure de la ville, comme animateur culturel : Fêtes du Pays albigeois, Société des Sciences, Arts et Belles Lettres. Son fils Jean, «Prince des Chansonniers» à Paris est l’auteur du «Meunier en smoking» (1945). Louis a laissé un recueil en vers de recettes albigeoises : «Au pays de Cocagne» Le dernier fils Raymond présida la Fédération tarnaise de spéléo-archéologie.



Hostellerie du Saint-Antoine / CPA

Pas une célébrité venue à Albi qui ne soit descendue au Saint-Antoine ou aujourd’hui à La Réserve, autre établissement de la famille. Les vedettes des planches n’ont que la rue à traverser pour atteindre le théâtre. La première venue de Johnny Hallyday à Albi suscita presque une émeute , sous les fenêtres de l’hôtel. Les garçons autant que les filles hurlèrent, lorsqu’il apparut au balcon. Il lança une chemise à carreaux à la foule. On se l’arracha et on la dépeça ! Une vraie relique pour ceux qui eurent un morceau du vêtement de l’idole des jeunes. Le Saint-Antoine, c’est le standing et le lieu de réunions des notables. Le Rotary y fait ses réunions et agapes. Une institution à Albi et une mémoire de la cité.


Publié le 13/12/2013 à 10:11  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le grand hôtel du Vigan


Une vue de l'hôtel avant 1914./ Photocollection JC Souyri

C’est le Grand Hôtel de la place, le seul. La façade extérieure a changé. Il n’y a plus l’escalier central ni les murets couronnés de grilles le séparant de la rue. Une grande véranda le met de plain-pied avec le Vigan. Pas d’enseigne de café ou de restaurant sur la photo d’avant 1914 . Le propriétaire d’alors Roques a succédé à Canjac. A gauche, à peine visible est la plaque de la rue du Jardin National. Au dessous, une «réclame» énigmatique et parisienne au nom de Costa.

Descendre à l’hôtel du Vigan, c’est s’assurer d’un séjour au centre de la ville. Y viennent les hommes d’affaires, les touristes et autres voyageurs. Pierre Maurel, «Patate» car il avait un négoce de pommes de terre, en fut longtemps le propriétaire. Il fut un dirigeant des XV du Sporting et du Carnaval. Officia longtemps au bar le brun catalan Marcel Blanc, capitaine puis entraîneur du Racing XIII.. Les facétieux du P.U.C. (Paris Université Club) sont descendus un jour au Vigan. La surprise des Albigeois, au matin, fut grande de lire l’enseigne : «Grand Hôtel du Vagin», au lieu de «Grand Hôtel du Vigan», une contrepèterie des rugbymen parisiens !



Grand hôtel du Vigan / CPA

Arrivés à Albi en novembre 1942, les Allemands font de l’Hôtel du Vigan, le siège de la Kommandantur. . A la libération d’Albi (départ des Allemands , 19 août 1944, passage de la colonne allemande le 22 août), le Comité de Libération (C.D.L.) apparaît au grand complet au balcon . Une photo historique est prise. La foule sur la place l’acclame.

L’Hôtel du Vigan et son balcon, devenu véranda, c’est le meilleur emplacement pour assister aux évènements se déroulant sur la place. Au plain-pied, c’est une belle terrasse de café, près des 81 jets tarnais rafraîchissants de la fontaine.
Le Grand Hôtel du Vigan, un observatoire privilégié de la vie albigeoise.


Publié le 08/11/2013 à 08:27  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le Pontié, le plus ancien café de la ville

L'intérieur du Pontié en 1903, il y a 110 ans./ Photo collection JC Souyri

La photo est de 1903. Un décor «Belle Epoque» : fresques, arcs cintrés, piliers et chapiteaux, motifs en stuc, miroir et grands lustres . Derrière le seul client attablé, le billard! A droite, les étagères à bouteilles et le comptoir . Sur le guéridon : les journaux. Sous la Restauration, le café Pontié (du nom du propriétaire de l’immeuble ) est déjà cité. L’immeuble actuel date de Napoléon III. Le café, lieu important de la vie sociale : on y boit, on s’y rencontre , on s’y instruit, on s’y divertit. 

Le Pontié reste , après des aménagements divers (dans l’actuel, le grand lustre central a disparu et il y a une mezzanine) le Grand Café, longtemps celui des notables. La jeunesse a préféré longtemps d’autres cafés : le Petit Pontié, (le Moderne) pour le distinguer du Grand Pontié, le café du Vigan ou la Poste. Le Pontié était pour elle en verlan le «Tiépon». Face à la place du Vigan, le forum des Albigeois qui le parcouraient tout en devisant, c’était un peu le Sénat, où se prolongeaient les discussions et où se prenaient des décisions. Il a eu ses vedettes : serveurs , clients et propriétaires ou gérants . 



Le Pontié / CPA

Sous Mazel, deux garçons se distinguaient : Faustin Fernandez et André Fabre . Ce dernier, facétieux riposta à un client qui se plaignait de la présence d’un moucheron dans son apéritif : «Monsieur, pour le prix, vous ne pouvez pas avoir une langouste !» Le photographe Servel, le dentiste Basquin ont fait longtemps la fermeture. Jacques Guy de retour de la guerre de Corée, en était une vedette. Marcel Bescos, capitaine du XIII de France, le tint un temps. Toute la ville savait, si on y avait rendez vous avec une belle.

Le Pontié, avec son immense terrasse, ses animations musicales de l’été, reste le fleuron de la place et lieu de rendez-vous incontournable.


Publié le 04/11/2013 à 03:50  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

L'Hôtel Rochegude servait de bibliothèque

Une vue de la bibliothèque avant 1914./ Photo collection JC Souyris

Un lieu familier aux Albigeois, avant l’installation de la Médiathèque Pierre Amalric; une atmosphère d’étude et de sérénité, au milieu des livres; la passion de l’amiral Rochegude: nous voilà replongés dans la bibliothèque Rochegude.

Marin, comme Lapérouse, son condisciple au collège jésuite ( l’actuel Lycée Lapérouse), Rochegude est un révolutionnaire modéré, qui refuse le vote de la mort de Louis XVI. Dans sa longue retraite albigeoise, il se livre à l’étude de la littérature romane et occitane. Il meurt nonagénaire en 1839, dans l’ hôtel en bordure de son parc. Il lègue l’ensemble à la ville, à condition qu’on ne déplace pas sa bibliothèque. Son hôtel a été musée puis bibliothèque publique. Les salles du rez-de-chaussée sont redevenues salles d’exposition. Sur la photo d’avant 1914, on reconnaît les fichiers de recherche, les grandes tables de travail et les rayonnages aux belles reliures. Sur l’inscription au dessus de la porte de gauche on peut lire : «Ici, sont réunis l’agréable et l’utile» : une bonne définition de la lecture.



Parc Rochegude, la bibliothèque / CPA

Les étudiants étaient des assidus de la salle de lecture. Ils trouvaient ici les livres inaccessibles dans les bibliothèques de Toulouse. Une place près des fenêtres donnant sur le Parc, un rendez-vous des amoureux: c’était le bonheur. Avant la photocopie, on noircissait des pages de notes.

Des bibliothécaires de qualité ont œuvré à Albi. Massol crée la première bibliothèque à la Berbie en 1797. Prosper Masson est le premier bibliothécaire de Rochegude en 1905. On se souvient de Paule Masson et de Monsieur Pons, si proches des chercheurs et des lecteurs. L’hôtel abrite aujourd’hui le centre occitan Rochegude (C.O.R.),dans le prolongement des recherches de l’amiral. En 2013 des expositions, des conférences et la Revue du Tarn de l’automne lui ont été consacrées . Rochegude : une mémoire locale forte et légitime pour ce grand bienfaiteur de la cité.


Publié le 23/08/2013 à 03:50  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le rond-point St-Martin, «rond-point de mon enfance»

Le rond-point Saint-Martin et le boulevard Soult avant 1914. / Collection JC Souyri

C’est aujourd’hui la place du Maquis avec le terre-plein central à l’emplacement du lampadaire, qui laissait de l’espace pour tourner. Au fond, le large boulevard Soult qui conduit au rond-point Saint Amarand. .A gauche ,la rue Fontvieille. Débouchent ici les rues Séré de Rivières, le boulevard Valmy, la rue A. Vidal et sa fourche vers la rue de Jarlard et celle de la Plaine Saint-Martin . La campagne est toute proche à la date de la photo,(avant 1914).Quelques boutiques, dont un cordonnier, quelques passants !
Dans les années 50 et 60 de mon quartier natal du chemin de Jarlard, c’est le passage obligé vers la ville. S’y trouvent les commerces les plus proches et le garage des cars verts Alberge.

Place du Maquis
Au centre du rond-point, en septembre a lieu la fête votive, une des fêtes de quartier d’Albi, consacrée au saint albigeois par excellence, St Salvy. Autour du lampadaire, on monte l’orchestre, décoré de buis et éclairé de quelques lampions. Les jeunes du comité par couple épinglent la rosette. On danse sur le macadam du rond-point fermé à la circulation, paso, tango, tcha-tcha et boléro. Après la fête a lieu le dîner du comité dit «des haricots» dans un restaurant de la place Fernand Pelloutier voisine. La dénomination place du Maquis est donnée après la Libération.



Vue satellite / Copie d'écran Géoportail.fr

Tout proche, sous de grands cèdres, est le square Charles d’Aragon, grand résistant, décédé en 1986. Le marquis de Saliès fut le chef départemental du mouvement Combat et le vice-président du Comité départemental de Libération.
Sur le rond-point très passager d’aujourd’hui, un large échantillon de commerces, la direction des Affaires Sociales du Conseil Général, à l’emplacement de locaux de l’Imprimerie de l’Orphelinat Saint Jean .Pour moi toujours un brin de nostalgie.


Publié le 20/08/2013 à 03:47  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

De l'avenue de Lapérouse au futur quartier des Cordeliers

L'avenue de Lapérouse avant 1914./ Photo collection JC Souyri

L’avenue de Lapérouse , dont on voit au fond la statue est devenue l’avenue Général de Gaulle. La gloire nationale, honorée partout à la Libération en 1944 éclipse le héros local, que le régime de Vichy avait récupéré, avec d’autres, comme une figure nationale. On avait en 1942, apporté de la terre du Gô, le manoir de naissance de Lapérouse jusqu’à Gergovie, lieu de la victoire gauloise contre César. Une opération en l’honneur de la terre nationale. Que veut montrer cette photographie d’un éditeur albigeois d’avant 1914 ? L’alignement des façades, en plein soleil, une voiture hippomobile, aux brancards relevés, près de la carrosserie Guiraud une carriole sur la large chaussée, des silhouettes sombres et la modeste entrée de la Trésorerie, reconstruite mais restée sur les lieux. A gauche, avec son ombre portée, le mur de la prison, achevée en 1843 installée à l’emplacement du couvent des Cordeliers. Elle sera occupée jusqu’en 1969. On a fait alors, une journée «portes ouvertes», négation de la prison, qui a permis aux visiteurs de voir les modestes cellules et leurs graffiti protestataires ou amoureux .



Avenue Lapérouse / CPA

La nouvelle prison s’installe dans la commune voisine du Séquestre, un nom qui colle à l’enfermement. Un grand parking gratuit a occupé l’espace de la prison. Au fond s’est construit le Centre Culturel, baptisé plus tard Athanor, évocateur d’alchimie. La place des prisons a été

baptisée place de l’Amitié entre les Peuples. Autant de marques fortes de la municipalité de Michel Castel. Aujourd’hui, une fonction culturelle renforcée avec le Grand Théâtre dont l’architecte est Dominique Perrault. Complexe cinématographique, parking souterrain et deux salles de spectacle, à la gestion et à l’animation confiées à la Scène Nationale d’Albi. Sur la place Lapérouse, une nouvelle fontaine, aux jets rafraîchissants.
Un nouveau visage du quartier et un nom ancien restauré, celui des Cordeliers. De la prison au Grand Théâtre, la culture, c’est la liberté.


Publié le 10/08/2013 à 03:51  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La ville sous la neige en 1914

Une vue insolite de la ville il y a presque un siècle. / Photo collection JC Souyri

En temps de canicule, une provocation ! La neige est rare à Albi-quelques jours par an -c’est la raison de la photo. On prend toujours des photos lorsqu’il neige, dans les pays qui ne sont pas de neige. La neige suspend le temps. Elle donne un caractère irréel au paysage . Encore plus lorsque les flocons volètent, comme on le voit , sous les platanes dénudés de la route de Castres, actuelle avenue Gambetta. Cela explique le succès jamais démenti des boules de neige souvenir, qu’on renverse pour découvrir un lieu qui apparaît différent, encore plus surréaliste, lorsque ce lieu ne connaît pas la neige, par exemple un paysage tropical. Ici, c’est l’hiver à un carrefour d’Albi, avant

1914. A gauche, s’amorce la rue Lavazière qui longe le Bon Sauveur, à droite commence la route de Toulouse, l’actuelle avenue du maréchal Foch, qui jouxte le Parc Rochegude. Des silhouettes en pèlerine noire, une carriole, tout est silencieux dans cette photo. Un lampadaire, une potence, la fée électricité est déjà là.

Sur l’immeuble d’angle au premier plan, à gauche , la réclame est lisible sur les trois niveaux :le bouillon Kub , qui sera interdit en 1914, parce qu’allemand, le cirage Lion Noir et une marque de café, tous en vente dans la boutique d’épicerie d’en bas. Plus tard, pendant longtemps un bar a occupé cet espace.



Albi sous la neige, les lices du nord / CPA

Dans l’immeuble , à droite, c’est la fonderie Teysseyré, un établissement industriel ancien , comme l’est la fonderie Gillet. On y coule et moule le bronze et l’acier de plaques d’égouts et autres éléments d équipement pour l’industrie et la ville. Aujourd’hui, se dresse un grand immeuble, qu’on a désigné longtemps par le nom de Marjo, photographe connu, qui y avait son magasin . Il n’avait que la rue à traverser pour les photos de mariés dans le parc.

Une image de calme et de sérénité, comme dans tout paysage enneigé. «Tombe, la neige..»


Publié le 28/07/2013 à 03:49  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La place de la Pile avant 1850



La place de la Pile / CPA

Tout près de l’entrée de la cathédrale (le portail Dominique de Florence, le grand escalier conduisant au baldaquin), un petit espace enserré de maisons à colombages, de couverts, de boutiques, à l’aspect médiéval. C’est la place de la Pile, qui a précédé la place Ste Cécile, dégagée de toutes les constructions anciennes, qui enfermaient la cathédrale dans le bâti, comme l’est encore la collégiale Saint Salvy aujourd’hui.


La pile, c’est l’unité de mesure des grains ou des liquides du marché. Elle est en pierre. De la pile, vient le nom de la rue de la Piale. C’est au milieu du XIX° siècle qu’on a dégagé la place, comme le préconisaient tous les architectes : Berbigié, Mariès (qui sauva le jubé et le chœur de la cathédrale pendant la Révolution et à qui on doit la percée des rues Mariés et Sainte-Cécile) et Daly, l’architecte de la cathédrale. Un chantier qui suscita bien des débats et qui ne s’acheva qu’après 1900.La place dégagée permettait aussi de faciliter la liaison avec le Castelviel, toujours un peu à l’écart de la ville.




La gravure a un parfum de Vieil Alby pas encore aseptisé.Encorbellements et colombages, un souleilhé à gauche, boutiques-ateliers d’artisans et commerçants au rez-de-chaussée, qu’on appelle ouvroirs, parce qu’un volet de bois les ferme, qu’on ouvre au matin. Le mot ouvrier vient de là, tout comme l’expression jours ouvrables. Etals de rue tenus par des femmes, transports à dos d’hommes, par charge d’âne ou en charrette à bœufs.

Ici, comme ailleurs la modernité de la ville est passée par des destructions, qui ont mis en valeur le monumental. La restauration de l’ancien (le Vieil Alby impulsé par le Docteur Amalric dès les années 1960) a donné la synthèse heureuse de la Cité épiscopale, distinguée par l’Unesco.


Publié le 22/06/2013 à 08:52  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Un titre pour le Sporting Club Albigeois

Le Sporting Club Albigeois  saison 1926-1927 . /Photo archives Jean-Claude Souyri .

C’est la saison 1926-1927. Le Sporting est né vingt ans avant. On a commencé à jouer au rugby au lycée d’Albi (Lapérouse) et chez les militaires un peu avant 1900 .
En 1901 , s’est créée la première équipe civile de rugby: le Stade albigeois dont le président est le bijoutier de la rue Mariès, Louis Mascaras.

En 1907, il devient le club omnisports : le Sporting. L’appellation à l’anglaise est à la mode. Louis Mascaras reste président. En 1912, les couleurs passent du blanc au jaune et noir, les couleurs du club actuel.
En 1921, un nouveau terrain, le stade Maurice-Rigaud, du nom d’un Tarnais alors vivant, vice-président de la Fédération, est inauguré. L’industriel Louis Joly est devenu président du club en 1923.

Le 28 novembre 1926, le Sporting obtient le titre de champion des Pyrénées, à Albi, contre le Stade toulousain, champion de France sortant, sur le score de 11 à 8. Deux essais, une transformation et un but de pénalité. Dupouy ( trois-quarts aile, absent sur la photo) et Bousquet ( 2° ligne international) ont marqué , Lamazouère (demi de mêlée) a botté.



L'équipe du SCA en 1923 / CPA

Battre «la Vierge Rouge», quel exploit ! Sur la photo ,le capitaine trois-quarts centre Vaysse tient le ballon, il est aussi international comme Prévost ( troisième ligne aile) et Marcet (pilier, absent de la photo). La force du Sporting, ce sont ses avants et une belle paire de demis. L’entraîneur qui deviendra figure emblématique du club est le journaliste Jo Maraval,le premier, en civil, au deuxième rang à gauche. Ils ont belle allure, dans leurs tenues de forçats, les joueurs du XV albigeois. La guerre des deux rugbys avec le Racing-Club albigeois XIII, né en 1934, n’a pas commencé. Le jeune Georges Pompidou, alors élève au Lycée, vient applaudir le Sporting.

Léon, son père, professeur de la Sup (Rascol), intraitable ne lui permet de voir qu’une mi-temps. Il faut rentrer pour les devoirs. Plus tard le Président de la République Georges Pompidou deviendra président d’honneur du SCA.


Publié le 14/06/2013 à 07:48  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Une «Tarnada» historique

Le Pont Vieux résiste depuis 1000 ans aux assauts du Tarn et des «Tarnadas»./ Photo  collection Jean-ClaudeSouyri.

«Que d’eau, que d’eau !», s’exclame le Président de la République Mac-Mahon, en 1875, visitant le quartier inondé de St-Cyprien à Toulouse.

Un constat d’étonnement à défaut de la solennelle compassion habituelle !

La crue de 1875 fut redoutable. Sur le mur du moulin du Chapitre, à proximité du Pont Vieux, sont marqués les niveaux de la crue de 1766 ainsi que de celle de 1930 (3 et 4 mars) figurée ici sur la photo sépia. Les arches du Pont Vieux sont presque entièrement submergées. Le pont du XIe siècle résiste.

L’eau est à 9 mètres au-dessus de son niveau. Les eaux rouges du Tarn (qui proviennent des terrains appelés «rougiers» parcourus par le Dourdou et le Rance, en amont dans l’Aveyron), charrient des arbres qui s’accumulent sous les arches, risquant de fragiliser les piliers. Le ciel est chargé, la brume enveloppe le sommet du clocher de la cathédrale.

Les hautes eaux lèchent les remparts de la Berbie. La rive droite qu’on ne voit pas ici est la plus exposée, car la plus basse. La rue noie les quartiers populaires de la Madeleine. La rive gauche, la rive plus élevée est relativement protégée. On circule sur le quai Choiseul qui part du Pont Vieux. Le viaduc du chemin de fer au fond, comme le Pont Neuf, n’est pas menacé, car plus hauts.



Crue du Tarn du 27 mai 1917 / CPA

C’est au printemps et à l’automne que les tarnadas, les crues du Tarn, sont les plus fortes ; en décembre avec les pluies d’automne, en particulier sur les Cévennes, dont viennent le Tarn et ses affluents, en février-mars avec les pluies de printemps et la fonte des neiges. Il avait beaucoup neigé durant l’hiver. L’eau ne s’infiltre plus, elle ruisselle. L’inondation est encore plus forte, en aval vers Montauban et Moissac, où elle a fait d’énormes dégâts matériels et des victimes.

Aujourd’hui, les barrages en amont régularisent les débits et les crues sont moins fortes. On a apprivoisé le Tarn et ses rives et la cité s’est réconciliée avec sa rivière. Il n’est jamais trop Tar (n), comme on dit ici, sans le n final.


Publié le 07/06/2013 à 09:13  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Albi-ville ou Albi-Madeleine ?

La «gare du Midi»  désignée aujourd'hui Albi ville./ Photo collection J.-C. Souyri .

Albi- Ville ou Albi-Madeleine ?
Les gares se ressemblent et Albi en a deux : Albi-Ville et Albi- Madeleine. Pas mal pour une petite ville. C’est l’histoire ferroviaire et économique qui l’explique.

Dans le Tarn, comme ailleurs en Europe, le train est né de la mine. La première ligne française : Saint-Etienne-Lyon, c’est pour transporter le charbon stéphanois. Ici, c’est Carmaux-Albi pour les mêmes raisons. On construit la ligne en 1854. Elle est ouverte en 1856. La plus ancienne gare est celle d’Albi- Madeleine et la ligne était exploitée par la compagnie du Midi. Une autre société privée, la Compagnie d’Orléans, construit la ligne vers Tessonnières, embranchement vers Toulouse et Paris. La gare Albi-Orléans est ouverte dès 1864. C’est notre gare Albi-Ville et l’hôtel d’Orléans face à la gare rappelle cette appellation.Pour relier les deux réseaux, on construit la même année le viaduc de chemin de fer.



Gare Albi - Orléans / CPA

En 1869, la liaison Albi-Castres est activée par la Compagnie du Midi. C’est aujourd’hui une voie piétonne et cycliste.Sur la photo : la gare d’Albi-Ville est dénommée gare du Midi. Les deux compagnies d’Orléans et du Midi ayant connecté leurs lignes avant la nationalisation des chemins de fer de 1937 créant la SNCF. Les deux gares ont subsisté. Albi-Madeleine a gardé longtemps la suprématie du trafic de marchandises grâce au charbon et pour les voyageurs, Albi-Ville a la première place jusqu’à aujourd’hui (l’important flux Albi-Toulouse). Un bâtiment central et des bâtiments annexes, une disposition du début du XXe siècle inchangée. L’intermodalité des transports d’alors, ce sont les charretons à bras et les voitures à chevaux, les taxis de l’époque. C’est sous Napoléon III que le Tarn est entré dans la modernité : industries et chemins de fer. Le maillage ferroviaire s’achève avec les petits trains aujourd’hui disparus.


Publié le 24/05/2013 à 03:48  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Les nounous de Sainte-Marie



Groupe de nounous en promenade / CPA

Nous sommes avant 1914, sur le boulevard Carnot, un des accès à la gare et à la caserne du 15e Régiment d'infanterie. Quatre nounous poussant leur landau se sont arrêtées pour la pause photo.

Elles sont devant le bâtiment de l'école Ste-Marie à la façade bicolore (pierre blanche et brique rouge). C'est l'institution privée que les catholiques attendaient et dont les travaux se sont terminés en 1887. Elle jouxte le parc Rochegude, légué à la ville (avec son hôtel, devenu par la suite la bibliothèque) par l'amiral, à sa mort survenue en 1839. L'usufruit de sa nièce a retardé à 1884 la possession par la cité. C'est en 1892 qu'a été construit le gymnase, devenu salle de spectacle appelée aujourd'hui Athanor. À l'actuel carrefour de la pharmacie Réveillon, la statue de Jeanne d'Arc a été érigée en 1899.

Un quartier est né, mêlant espaces récréatifs (le parc et le gymnase), l'enseignement (l'école Ste-Marie) et le religieux (l'institution catholique et la statue de l'héroïne nationale) et de belles maisons encore visibles.



Nounous à Rochegude / CPA

Tablier blanc empesé, un haut sombre qui ferme le cou, coiffe noire pour tenir les cheveux, les quatre nounous ont le visage grave qui esquisse à peine un sourire. Elles ne lâchent pas leur poussette, dont la    capote est relevée. Peu de feuilles aux arbres, nous sommes au printemps peut-être. Les landaus sont bien suspendus et leur caisse finement moulurée. La rue ne paraît pas asphaltée mais un lampadaire central est visible à hauteur des arbres. Les nounous, des bonnes de familles bourgeoises, habitant le quartier sortent peut-être du parc Rochegude où vont encore les mamans aujourd'hui avec ou sans poussette. Il y a toujours des nounous rassemblées dans les jardins et parcs et à leurs abords.

Deux jeunes garçons en sabots, sur le trottoir à gauche contemplent la scène.
Une image urbaine de la Belle Epoque, reflet de la ville et de sa société.


Publié le 17/05/2013 à 03:48   | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le marché Sainte-Cécile

Carte postale de la collection J.C. SOUYRI montrant le marché de la place de la cathédrale, avec une femme à la carriole au 1° plan.

Ce fut le marché à la volaille vivante jusqu'à l'aménagement de la place des années 2000.
Vendeurs et acheteurs se pressent sur le marché du samedi autour des étals de la place Sainte- Cécile. Une photo d'avant 1914. Femmes en tablier, hommes en blouses viennent de la campagne pour vendre aux citadins. Ombrelles-parapluies et chapeaux….le soleil frappe fort sur la place dominée par la Cathédrale et la Berbie. Trois femmes dont celle à la carriole fixent l'objectif.. Au coin de la place St Julien, à droite : un magasin de coiffure.

Au pied de la cathédrale, depuis le Moyen Age, la plassa au débouché du pont Vieux par la rue d'Engueysse, puis à partir du XVIII°siècle par le quai Choiseul est un lieu de commerce. La place de la Pile (l'unité de mesure des grains) a donné son nom à la rue de la Piale, C'est un marché, partie du quartier des commerçants et artisans dont le dédale des rues enserre la cathédrale. Au XIX° siècle, on dégage la place actuelle, en démolissant les maisons. On envisage même la construction d'une halle au chevet de la cathédrale jusqu'à la réalisation du Marché Couvert, type Baltard achevé en 1903, sous le maire Andrieu. Forains, marchands protestent contre l'abandon de la place. La mairie réplique qu'elle «récupère les marchands d'oie et de canards»



Marché au pied de Sainte-Cécile / CPA

Le stationnement automobile a progressivement colonisé la place jusqu'à sa piétonisation en 2005. Si les voitures circulent à petite vitesse pour traverser du Quai au Boulevard Sibille,

au débouché des rues Mariés et Sainte- Cécile (percées en 1850) très commerçantes et animées, la place est devenue l'accès majestueux aux deux édifices majeurs de la Cité épiscopale : la cathédrale et la Berbie. Elle peut accueillir des événements exceptionnels. Elle est place de majesté. Tant pis pour la volaille en vif dont les acheteurs sont devenus si peu nombreux.


Publié le 23/06/2012 à 09:40  | La Dépêche du Midi |  M.P avec le concours de E.J.C 

Albi vue du ciel

Vue aérienne d'Albi en 1957./ Photo DDM.

Une quarantaine d'années séparent ces deux vues panoramiques. La première, en noir et blanc, date de 1957. Sur le cliché ancien, on constate immédiatement au premier plan l'absence du parking du Bondidou réalisé dans le cadre d'un « contrat ville moyenne » datant des années 1980. Un ravin existait à cet emplacement à l'époque. Sur ce cliché ancien, ce qui impressionne le plus c'est l'absence d'urbanisation en arrière-plan.

Le quartier et le pont de Cantepau n'ont à peine qu'une quarantaine d'années. Dans les années 1950, le mercredi, on allait en famille, à vélo, passer l'après midi sur les berges du Tarn dans la plaine du Gô et goûter au bord de la rivière. On emportait son morceau de pain fourré d'une barre de chocolat ou une pâte de fruit recouverte de sucre cristallisé, une couverture pour s'asseoir et une bouteille de limonade de la Maison Flad ou une boisson gazeuse aromatisée (appelée « pschitt » depuis) pour se rafraîchir.



Albi, vue aérienne / CPA

Les frontières plus proches qu'aujourd'hui
Après 1950, la ville a également déployé ses tentacules sur la rive opposée. Le quartier de la piscine, le Maranel, le stadium et le quartier de Lapanouse (qui date aussi des années 70) n'existaient pas.

Les frontières du périmètre urbain étaient bien plus proches qu'aujourd'hui. Albi n'avait pas connu sa grande période d'urbanisation, même si déjà, la ville et les partenaires économiques envisageaient des réserves foncières prioritaires pour l'habitat ou l'activité industrielle. La première zone industrielle albigeoise créée par la CCI est celle d'Albi-St Juéry.

Elle a été achevée au tout début des années 70. La VOA (Verrerie d'Albi) s'y installera en 1975. Les travaux de la zone de Jarlard n'ont débuté qu'en 1976. La création des deux zones se traduira par une envolée économique.
De nombreuses P.M.E sont venues à l'époque renouveler un tissu industriel qui reposait sur de grandes industries, Houillères, Saut du Tarn, Verrerie etc.


Publié le 23/01/2014 à 08:32  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Cartes postales et photos, les repères albigeois



La cathédrale Ste-Cécile et le Palais de la Berbie / CPA

La carte postale, la photo reproduite pour l’envoi, est témoin des lieux et des hommes. APA Poux (André Poux Albi), dont la saga commence à la Belle Epoque , avec la démocratisation de la photo va devenir un leader de la carte postale. Son petit fils Philippe, éditeur et photographe, confronte la carte postale d’avant 1914 et la photo d’aujourd’hui. Le même lieu à cent ans d’intervalle ! Bernard Jimenez accompagne les images d’un commentaire concis. Permanences et changements alternent. Les grands monuments restent repères essentiels .Ste Cécile a perdu les clochetons de l’architecte Daly. 



Chévrier albigeois sur les lices du nord / CPA

La Berbie, les ponts, le Lycée, le Vigan, le Palais de Justice, la statue de Lapérouse., le Théâtre, la Caisse d’Epargne, le Gymnase sont toujours là. On a comblé le Merville pour installer le Monument aux Morts. La démolition de la prison, devenue parking puis la construction du grand Théâtre de Dominique Perrault ont complètement transformé le quartier des Cordeliers. Les activités humaines ont changé. .Pas d’automobile, les petits trains vers Valence et Alban ont disparu comme les marchés à la volaille et aux bestiaux, les industries du Bout du Pont ,les lavandières du Tarn, le chevrier et ses bêtes sur les escaliers des lices . 



Marché aux porcs / CPA

Mais le parc Rochegude est toujours fréquenté par les nounous et les amoureux et il y a toujours des terrasses de café depuis le Vigan jusqu’au Théâtre. On ne»fait plus le Vigan» mais, la brique rouge dégagée des crépis flamboie et les fontaines rafraîchissent la ville, encore plus belle aujourd’hui. On aime ce livre parce qu’il contient ces repères de la vie et de la sociabilité albigeoises.




ALBI, IMAGES DE LA BELLE EPOQUE , REGARD D’AUJOURD’HUI, éditions GRAND SUD , 2013, 83 pages, 17 €


Bords du Tarn, palais de la Berbie et cathédrale / CPA

Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr      


Albi, le marché aux oies / CPA

Lien vers : Albi autrefois (CPA / DDM) -1-
http://natifs50-graulhet.wifeo.com/article-94780-albi-autrefois-cpa-ddm-1-.html
 
Publié le 30/12/2014 à 03:52 | La Dépêche du Midi |   Robert Fabre

Une promenade en pose

Soldats et promeneurs posent pour la postérité./ Photo DDM, collection particulière

Une curieuse photo de la Belle Epoque ! La promenade sur le Jardin National où les promeneurs font la pause et prennent la pose pour le photographe. Le Jardin National, d'abord appelé Royal est l'espace dégagé au pied des remparts démolis au XVIII°siècle. Du Vigan dont il part, il fait un coude au niveau du kiosque à musique, visible ici, jusqu'à la statue de Lapérouse. On l'appelle jardin parce qu'il était en partie le jardin du couvent des Carmes. Promenade publique, il est resté arboré. Comme le plateau dégagé du Vigan, c'est un lieu de cérémonies et de fêtes pour les habitants de la cité et le cadre du paseo à l'albigeoise.



Jardin national et lices du sud / CPA

L'opérateur l'a sans doute interrompu pour la prise de vue car on distingue à l'arrière plan des hommes en uniforme et des femmes, se dirigeant en deux groupes séparés vers le Vigan. Une seule femme fixant l'objectif et une vingtaine d'hommes. Elle, en jupe et corsage clairs, coiffée d'un chapeau . Eux, civils cravatés et militaires aux boutons dorés, en képis, casquettes ou chapeaux. On porte le chapeau à Albi, ville de chapellerie au XIX° siècle. Des moustachus nombreux! A droite, un cycliste et sur un banc, un homme contemple la scène. Dans une ville de garnison , les soldats se promènent en uniforme et se mêlent aux civils endimanchés. Vigan et Jardin National sont des lieux de l'ostentation et de la rencontre. On s'y montre, on s'y observe, on s'y parle. De l'œillade à l'idylle quelquefois. Le Jardin National avec ses bancs, ses parterres de fleurs est resté lieu de promenade et de flirts et le kiosque à musique héberge encore des groupes musicaux, pour la fête de la musique. La sociabilité citadine a gardé les mêmes lieux pour s'épanouir : places, promenades, cafés, théâtre. Dans les années 1900, une image d'un art de vivre à l'albigeoise.

 
Publié le 16/01/2015 à 03:50  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La Madeleine rurale et industrielle

Une vue aérienne de La Madeleine./ Photo collection privée

Une photo aérienne des années 30 prise depuis le pont de chemin de fer ou du clocher de la cathédrale ? Le Tarn en bas et aussi en haut à gauche alors qu'il a terminé sa boucle entre Pratgraussals et Canavières. La rive concave, la plus plate. Le développement urbain s'est fait sur l'autre rive, la rive gauche mais au débouché du Pont Vieux, le «Bout du Pont» est un faubourg dés le Moyen Age. La paroisse de la Madeleine est ancienne mais la construction actuelle qui domine la quartier est de la première moitié du XIX° siècle. A sa droite, l'ancien couvent de la Visitation, devenu la caserne Teyssier.

Urbain, industriel et rural sont bien présents. L'espace agricole avec son parcellaire de champs occupe l'espace à gauche. Sont repérables les tracés des axes de communications, longés d'arbres : la rue Castelnau (Rinaldi), la rue Alsace-Lorraine et en diagonale au fond, l'avenue Dembourg, la route de Cordes. Près de la rivière, les établissements qui utilisent son eau : moulins (celui de Lamothe ici), chapelleries, aux arcatures caractéristiques. Au fond les trois cheminées de la Verrerie Ouvrière, installée depuis 1896. Elle utilisera le charbon des Mines d'Albi-Cagnac, dont on devine les installations de surface, sous les coteaux à l'arrière-plan . 

Le Tarn et le Faubourg de la Madeleine / CPA

C'est pour transporter le charbon de Carmaux jusqu'au Tarn, qu'est construite la première ligne de chemin de fer du département en 1857, visible ici avec la gare. L'urbanisation pavillonnaire occupe aujourd'hui l'espace. Les belles demeures et leurs pins parasols donnent à la rive un air de paysage toscan. Le faubourg industriel, la «petite Espagne», c'est fini ! Si le caractère populaire du quartier n'a pas complètement disparu, les classes moyennes dominent. Demain, la passerelle accolée au Pont de chemin de fer reliera Pratgraussals, poumon vert et le Castelviel pour les cyclistes et les piétons.


Publié le 28/02/2015 à 03:49    | La Dépêche du Midi | Robert Fabre

La Berbie, château devenu palais épiscopal

Une vue des années 1900./ Photo collection particulière

Une vue des années 1900 qui montre bien les modifications architecturales du château fort, construction du XIII°siècle (évêque Bernard de Combret ) A gauche c'est encore l'architecture défensive du Moyen Age et son donjon . Avec l'édifice qui lui fait face, lui aussi en hauteur, ils dominent la cour, à laquelle on accède par une porte fortifiée. C'est la cour pavée de galets, accès au musée actuel, qui hébergeait jadis le fameux festival de théâtre de Guy Vassal. Espace bien fermé avec une forte élévation des murs, auquel Jean Vilar aurait pensé avant de choisir la cour du Palais des Papes d'Avignon.

A droite, se profile l'aile Renaissance des d'Amboise (XVI° s) aux fenêtres à meneaux et aux toits d'ardoise. Des échafaudages sur les façades dominent le quai Choiseul, débouchant du Pont Vieux depuis le XVII°s . Avant on accédait par la rue d'Engueysse.

La façade sud a changé. Le mur crénelé et la minuscule porte ont disparu. L'Office du Tourisme n'est pas encore en place à l'angle du bâtiment, devant lequel passe une femme à ombrelle noire. Le bel arbre n'est plus, depuis peu. On a dégagé une belle entrée avec un escalier descendant vers le Musée Toulouse –Lautrec, dont les collections léguées par la famille seront inaugurées en 1922 par le ministre des Beaux Arts Bérard.

Albi : Place et Sainte-Cécile et Archevêché (Palais de la Berbie)/ CPA

La légende parle de l'Archevêché et non de la Berbie, qui désigne la maison de l'évêque en occitan . Au premier plan, c'est la place de l'Archevêché ( le premier archevêque est Hyacinthe de Serroni au XVII°s)

Une image paisible d'un lieu devenu épicentre touristique d'Albi , carrefour des touristes de la cathédrale et du Musée. Un axe de circulation resté important aussi depuis la rive gauche du Tarn, par le Pont Vieux . Un nouveau pont permettrait sans doute d'alléger le flux automobile et redonner à l'ensemble monumental Cathédrale-Berbie un caractère piétonnier plus complet.

 
 
Publié le 03/04/2015 à 08:36  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le cloître Saint-Salvi à l'abandon

Une ancienne vue du cloître./ Photo collection privée

De quand date cette photo du cloître St Salvi ? D'une époque, sans doute, moins soucieuse qu'aujourd'hui du patrimoine. Un aspect désolé loin du visage actuel de la galerie couverte bien restaurée qui s'ouvre sur un jardin, havre de paix auquel on peut accéder par l'église, par les escaliers extérieurs qui passent sous les maisons les bordant et par le passage couvert de la canourgue, habitée par les chanoines de la collégiale (la place du cloître St Salvi)

Salvi (la graphie occitane exclue le y) est né à Albi, a été moine puis évêque en 574. Proche des fidèles, notamment au moment de la peste dont il meurt sans doute en 584. Canonisé, son patronyme concerne près de trente paroisses en Albigeois. C'est le saint albigeois par excellence et des fêtes votives ont lieu le 10 septembre, date de sa mort.



Albi, cloître St-Salvi / CPA

St Salvi est une collégiale animée par des chanoines et non la cathédrale de l'évêque mais les évêques y avaient leur sépulture jusqu'au XIII°s. Au cœur de la ville médiévale, la collégiale St Salvi est un édifice majeur. L'église en pierre blanche est romane et sa tour carrée est surmontée d'une gachole, tour de guet du quartier. Les modifications en brique rouge ont lieu dans le style gothique.

Dans l'église, il y a les reliques de St Salvi , des tableaux le représentant et sur un portail sa statue. Le cloître, lieu de prières, accolé à l'église avec l'enfeu (le tombeau) des constructeurs, les frères Malvési montre que les chanoines ont vécu leur vie religieuse selon une règle. La Révolution a détruit deux des ailes du cloître du XIII°s. Subsiste aujourd'hui la galerie méridionale, bien restaurée aux colonnes et chapiteaux sculptés.
Le cloître, visité des touristes est aussi lieu de passage pour les albigeois, refuge des amoureux et lieu de rendez vous de jeunes. Il est fermé le soir.

 
 
Publié le 22/05/2015 à 03:50 | La Dépêche du Midi | Robert Fabre

Le Vigan sous la neige

Sur le Vigan, une photo de la Belle époque./ Photo collection particulière

Quelques jours de neige par an à Albi,une aubaine pour les photographes ! Mais on ne fait plus de cartes postales sur le thème et la boule de verre enfermant Albi la rouge sous les flocons est passée de mode.

La photo du Vigan et ses silhouettes noires sur le tapis blanc est belle. Arbres dénudés et ciel sont vaporeux. Les personnages en manteau et pèlerine tous coiffés de chapeaux et casquettes semblent alignés en colonne. Une progression qui longe le Vigan, des Lices du Nord aux Lices du Sud. Le personnage à gauche regarde la théorie des piétons . Pas un temps à faire le Vigan, le paséo à l'albigeoise, pas de circulation hippomobile, ni automobile ! La légende de la photo de la Belle Epoque parle des Lyces, confusion orthographique avec le Lycée qui borde ses mêmes lices . Les lices, c'est l'espace dégagé au pied des remparts . Lices du Nord et Lices du Sud sont devenues Lices G. Pompidou et Lices J. Moulin. C'est l ‘axe majeur de traversée de la ville, inscrite dés le XVIII° s dans le Plan Laroche prévoyant la construction du Pont neuf, qui ne s'est faite qu'un siècle plus tard.

Albi sous la neige : Le lycée des garçons / CPA

On reconnaît le bâtiment du Grand Café Pontié au fond à gauche, et à droite la Maison Universelle, le grand magasin albigeois qui deviendra plus tard le Printania., aujourd'hui Eurodif «Entrée libre» lit-on sur le store., c'est à dire sans obligation d'achat. Un magasin généraliste avec ses rayons spécialisés. les caractéristiques de la vente propres à la révolution commerciale du XIX° siècle, décrite par Zola dans «Au bonheur des dames». Dans le prolongement du bazar : deux cafés . Sur l'immeuble d'angle de la rue Croix Verte, la publicité de l'apéritif amer Picon alors très prisé . Le Vigan et ses abords sont restés peuplés de cafés. Une impression de silence donnée par le blanc manteau.


 
Publié le 11/09/2015 à 03:52  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le marché couvert

La construction du marché couvert date de 1901-1902./ photo DDM collection privée

Le nom de Halles n'est guère employé à Albi ! La construction est de 19O1-1902, après de gros travaux de démolition de maisons anciennes, sous la municipalité Andrieu, qui eut la plus longue longévité de maire (1896-1925).Il avait projeté un moment une construction au pied de la cathédrale qui suscita bien des oppositions.

Les découvertes archéologiques gallo-romaines (fours de potiers) n'ont pas ralenti le chantier mais on a craint un moment pour la maison romane, la plus ancienne maison d'Albi, qui fut finalement sauvegardée. L'architecture est de la Belle Epoque. Une forme triangulaire avec trois entrées, ici celle de l'est. Au fond à gauche la Berbie. Le style Baltard (architecte des Halles de Paris) se retrouve avec l'ampleur de l'espace, l'ossature de fer et les grandes verrières. Les panneaux de brique latéraux sont très décoratifs tout comme les encadrements et couronnements des portes (bulbes, clochetons, faux œil de bœuf).

Albi, les halles / CPA

Rénovation
Deux espaces sont disponibles pour la vente spécialement des produits alimentaires : l'intérieur avec ses loges et les abords où les carrioles des maraîchers et des paysans déchargent fruits et légumes, vendues à même le sol. La photo de la Belle Epoque est d'un samedi, resté jour de marché, où la foule se presse.

«Le ventre d'Albi» pourrait-on dire en parodiant Zola qui parlait du «ventre de Paris» à propos des Halles. La construction du Marché couvert complétait l'offre des autres marchés de plein air de la ville, dont celui de la place de la cathédrale qui a duré longtemps pour les volailles vivantes. La rénovation du Marché couvert a été complète à l'extérieur et à l'intérieur. En profondeur aussi avec le creusement d'un parking souterrain. On a su utiliser l'espace intérieur en y aménageant deux niveaux. Un restaurant et tous les commerces. Un lieu de vie animé et un rendez vous incontournable pour les Albigeois, particulièrement ceux qui habitent le centre.

Sélection d'articles réalisée à partir du site : www.ladepeche.fr

 
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Le 27/1/2017 par CATHIE :

très beau travail et que d'histoire c'est magnifique

Le 22/2/2016 par annie pépète :

J'ADORE !!! ce retour en arrière !!! J'ai cherché désespérément une vue extérieure de l'annexe de la fonderie du saut du Tarn av. maréchal de Lattre de Tassigny où se trouve l'actuel commissariat de police, mais je n'ai pas trouvé, hélas !!!
merci de nous montrer ces images rares.

Le 21/2/2015 par ber :

Un super travail - J'adore les cartes postales anciennes et aime faire des recherches. Merci

 
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