5/12/2014 Albi autrefois (CPA / DDM) -1-

   Albi autrefois (CPA / DDM) -1-   

Publié le 07/11/2014 à 03:51  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Quand la ville accueillait des corridas

Les arènes albigeoises ont été inaugurées en 1912./ photo collection privée / DDM

La carte postale de Poux est rare. On peut la dater d‘avant 14, période attestée de corridas à Albi. Les arènes sont démontables, comme il y en a encore dans les villes où se produisent les courses landaises ou camarguaises Il y a peu, sur les bords de la Garonne, à Fenouillet, de grandes arènes démontables ont accueilli de prestigieux cartels . Une renaissance attendue après la fermeture des Arènes du Soleil d'Or de Toulouse . Elle s'est achevée au bout de 5 ans avec l'élection d'une municipalité défavorable. Les arènes albigeoises inaugurées en 1912 ont été le cadre de corridas espagnoles, là où l'homme combat le toro à pied ( la corrida portugaise se pratiquant à cheval), avec ou sans mise à mort, mais aussi d' autres formes de courses de taureaux.

Où se trouvaient les arènes à Albi ? Au début, au parc Rochegude , (le cadre arboré de la photo) plus tard place du Castelviel. Aucun vestige de construction, les arènes étaient bien démontables ! Il y a eu des spectacles tauromachiques épisodiques à Albi jusqu'aux années 50.

On voit ici le paseo, le défilé d'entrée des cuadrillas (équipes)qui vont combattre. Précédées par les alguazils à cheval qui vont donner les clefs du toril, on en compte deux, alignées, le torero en tête suivi de son équipe de peones. Une entrée en musique, souvent du Bizet (qui a inventé le mot de toréador, étranger aux espagnols qui disent torero ou matador). Les gradins au soleil sont bien garnis (nombreux parasols), le balcon de la présidence est pavoisé de drapeaux. Il n'y a pas eu de continuité tauromachique à Albi. Une feria n'est pas née, comme à Bayonne (la plus ancienne place de toros en France), Dax, Mont de Marsan, Vic, Nîmes, Arles ou Béziers etc. .On imagine mal une renaissance, alors que la corrida a si mauvaise presse aujourd'hui. Les aficionados albigeois vont vivre leur passion ailleurs.


Publié le 18/04/2014 à 03:49  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La percée de l'Haussmann albigeois


Une vue de la cathédrale dans une rue piétonne avant l'heure./ Photo collection particulière  / DDM

La liaison entre Cathédrale et Préfecture, sièges des pouvoirs religieux et civil, passage par la rue Timbal vers le Vigan extra-muros. L'idée de l'architecte Jean-François Mariès, né en 1758 dans une famille de notables albigeois. Jeune architecte, il a travaillé sous l'Ancien Régime avec Laroche, à qui on doit le plan d'urbanisme célèbre. Lors de la Révolution, il sauve le jubé et le chœur de la Cathédrale, menacés de destruction en écrivant au ministre de l'Intérieur et des Cultes Roland. Une plaque dans l'abside rappelle sa courageuse intervention. Membre du Conseil municipal et architecte départemental sous la monarchie restaurée. il propose le plus ambitieux des plans d'embellissement de la ville. Il meurt en 1851, à 93 ans en n'ayant vu réaliser qu'une partie de ses projets. 



Rue Mariès / CPA

Il fallait faciliter la circulation dans la ville médiévale encore engorgée. La percée essentielle dans la Roda de la Plassa, le réseau des rues circulaires enserrant la collégiale St Salvy est la rue qui porte son nom, axée sur le baldaquin de la cathédrale. La carte postale ancienne montre l'alignement des immeubles dont les rez-de-chaussée hébergent les commerces, ici aux volets de bois fermés. Les projets de Mariès comportaient des destructions qui auraient enlevé bien des attraits à la vieille ville dont le démantèlement de l'aile orientale de la Berbie , le quadrillage du Castelviel, l'installation d'une halle face à St Salvi.Ce n'est qu'en 1853-1857 qu'on perce les rues Mariès et Ste Cécile, alors que commence le plus grand chantier d'Albi qui dégage la place Ste Cécile, pour mettre en valeur le joyau de la Cathédrale, qui ne s'achèvera qu'en 1902. Dans la légère brume du matin, au premier plan à gauche une fontaine publique et quelques silhouettes de femmes dans une rue déserte, déjà piétonne.


Publié le 29/11/2013 à 08:45  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

L'Hôtel d'Orléans avant 1914

L'Hôtel d'Orléans il y a un siècle./ Photo collection JC Souyri / DDM

C’est l’hôtel par excellence des voyageurs, contemporain de la construction de la gare en 1864 où arrive le train de la Compagnie du Paris Orléans. La gare d’Orléans a donné son nom à l’établissement bien connu des Albigeois. Pas de gare, sans hôtels de toutes catégories , où le passage est de durée variable. Il y a toujours un hôtel Terminus près d’une gare ou un Hôtel du Départ, parfois les deux. Il a bien changé l’hôtel d’Orléans d’aujourd’hui. Celui de la photo avec sa petite terrasse sous les platanes, ses jardinières, son personnel en tablier blanc, ses clients en chapeaux qui posent est d’avant 1914. L’homme en melon et à rouflaquettes adossé à l’arbre a un profil à la Lautrec. Les barriques de toute taille laissent supposer un commerce- entrepôt de vin, en liaison avec la gare et dans la proximité d’établissements consommateurs. Le propriétaire Henri Paut a mis son nom sur la carte postale. Il rappelle qu’il est le fondateur de «L’Union Musicale des Enfants d’Albi», une des sociétés de musique très active de la ville. Les cafés ont abrité longtemps, quelque fois encore les sièges de sociétés culturelles ou sportives.


Hôtel d'Orléans / CPA

Il y a des dynasties hôtelières. Les Cayre auxquels les Arguel sont matrimonialement alliés en sont une.
Cinq générations déjà pour diriger l’établissement. La table y est réputée . De nombreux albigeois y ont fait leur banquet de mariage. Jean-Claude Compain s’en souvient et est resté fidèle au restaurant depuis lors. Il y avait fait un des ses tout premiers repas au restaurant, sans ses parents .
En hiver, le château de Saliès étant peu chauffé, le marquis Charles d’Aragon descendait ici. Avec son restaurant à l’enseigne «Le Goulu», le Grand Hôtel d’Orléans reste un établissement de référence de la ville.


Publié le 15/11/2013 à 03:52  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le café du théâtre, le début de la saga d'Apa Poux

Le café du théâtre, l'endroit où André Poux a vendu ses premières cartes postales./ Photo collection JC Souyri / DDM

L’éditeur de cartes postales a commencé là son ascension, La marque «APA» ( André Poux Albi) est aujourd’hui leader européen d’un marché toujours actif « As de Cœur» le label des Poux est présent partout en France y compris outre-mer. Les Poux viennent de Labastide de Levis, où ils sont bourreliers. Ils sont devenus les propriétaires du Café du Théâtre.

Garçons en tablier blanc, plateau à la main, musiciens en uniforme, hommes, femmes et enfants posent à la terrasse et même au balcon. «Les Journaux des Forains», c’est pour la clientèle des marchés de la place voisine du Manège ( Jean-Jaurès) et du Jardin National. La proximité du théâtre (le public et les artistes), c’est un atout pour un café. Les Arguel, les Rieux ont tenu par la suite l’établissement. André Poux (1889-1950) vend ses premières cartes postales, dans l’arrière salle du café de ses parents. Ses séries d’avant 1914 : «Le Tarn illustré», «Types du Tarn» sont prisées chez les cartophiles. Elles ont contribué au développement du tourisme régional et sont une mine pour les historiens.


Le théâtre et le café du Théâtre / CPA

De retour de la guerre, André donne un nouvel élan à l’entreprise, qui s’installe successivement Rue Croix Verte (1920), rue Séré de Rivières et enfin rue Justin Alibert (1938) , des déménagements peu propices à la conservation des archives. Philippe Poux ne possédait pas la carte postale reproduite ici. Il l’a achetée à un collectionneur du Nord de la France.

Surprise , elle était adressée à sa grand mère par une cousine. La carte, c’est aussi le verso. Après André, le fils Robert a pris les rênes, aujourd’hui ce sont ses fils, les petits fils d’André : Philippe et Didier. Trois générations de Poux !.Des cartes par millions mais aussi les beaux livres des Editions Grand Sud sortis du nouveau siège du Maranel.


Publié le 31/05/2013 à 08:09  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La caserne du 15e régiment d'infanterie

Une carte remontant à 1909./ Collection Jean-Claude Souyri. / DDM

La carte postale a été postée d'Albi, le 23 août 1909, le cachet de la poste faisant foi.

Nous sommes 5 ans avant la déclaration de guerre de 1914, devant la caserne Lapérouse, celle du 15e RI, cher au cœur des Albigeois, parce que les locaux qui y servent sont nombreux. Le service militaire passe de 2 ans à 3 ans en 1913, malgré l'opposition de Jaurès, auteur de «L'Armée Nouvelle».

C'est une photo d'hiver : arbres nus, soldats moustachus en capotes. La caserne a été édifiée en 1880. La date, sous l'horloge est bien lisible aujourd'hui encore, au fronton du bâtiment central, qui abrite la Compagnie de Commandement et des Services. Au premier plan : les deux pavillons de garde, celui de droite abrite le poste de police, passage obligé pour les entrées et sorties. S'y trouvent aussi les cellules des punis. La gendarmerie en face a été construite en 1905-1906. C'est le quartier des casernes, avec ses cafés pour soldats, départ de la route de Toulouse et de celle de Graulhet, près de la gare, d'où partiront les trains de mobilisés pour la guerre. Après le premier conflit mondial, on a baptisé la place du nom de Verdun, la bataille emblématique, sur laquelle débouchent l'avenue Foch, le général en chef de la fin de la guerre et la rue Franchet-d'Esperey, gloire de la bataille de la Marne, des débuts du conflit. La rue Croix de la Paix fait partie de l'étoile des rues sur le rond-point.


La caserne Lapérouse / CPA

Remplacée par la fac
Le 15e RI a participé aux grands combats de la guerre de 1914-1918. À partir de novembre 1942, la caserne abrite les troupes allemandes d'occupation. Une plaque rappelle que des résistants y furent torturés. Ceux des groupes Veny avaient tenté une attaque sur la caserne.
Le 22e RIma puis l'état-major de la Brigade parachutiste ont occupé les lieux avant la transformation en Centre Universitaire dans les années 1990. Albi, à la différence de Castres, n'est plus ville de garnison mais est devenue une ville universitaire.
Une nouvelle vie pour la vieille caserne, dont les locaux même relookés gardent leur mémoire militaire.


Publié le 30/04/2013 à 08:12  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

La place Jean-Jaurès, place-carrefour

Les toréadors se rendant aux courses, place du marché, aujourd'hui place Jean-Jaurès/ Photo collection JC Souyri

On l'appelait la place du Manège (après la Première Guerre mondiale elle devient la place Jean-Jaurès) parce qu'on y pratiquait des exercices hippiques. Au débouché des Lices, c'est une place-carrefour, des routes vers Castres et Toulouse, de départ des petits trains vers Alban et Valence. Aujourd'hui encore s'y trouve la gare des autobus. On y montait la guillotine des exécutions publiques. S'y tenaient le marché au bois et le marché à la ferraille et longtemps le marché aux puces. Les cirques s'y installaient.

L'Hôtel de la Caisse d'épargne, en construction a été achevé en 1913. L'élégante fontaine se trouvait à l'angle du Jardin national. Au fond, à gauche commence le très arboré boulevard Magenta (aujourd'hui Edouard-Andrieu, le maire d'Albi à la longévité politique jamais atteinte, de 1897 à 1925 soit 28 ans).
Hommes en chapeau, femmes à ombrelles sont sur le passage des toréadors, assis dans une voiture tirée par deux chevaux. On distingue leur coiffe caractéristique (la montera).



La Place Jean Jaurès / CPA

Le mot toréador popularisé par Bizet dans «Carmen» est impropre. La vraie appellation espagnole est torero ou matador (lorsqu'il y a mise à mort du toro). Si Albi n'est pas devenue une ville de tradition taurine, il y a eu néanmoins des corridas et des spectacles taurins dans des arènes démontables inaugurées en 1912 . Se trouvaient-elles place du Manège ? Il y a eu trois corridas, cette année-là, Les dimanche et lundi 15 et 16 septembre et le dimanche 22 septembre. On y pratiqua la course landaise, la course provençale et la corrida espagnole avec mise à mort. S'y illustra la famille Pouly, dont le plus jeune Pouly III, 12 ans. Un toro emboulé fut réservé aux amateurs. La carte postale est bien de 1912, avant l'achèvement de l'imposante Caisse d' épargne de style Renaissance, qui domine aujourd'hui le carrefour et sa fontaine.


Publié le 20/04/2013 à 03:48    | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Lapérouse face au large

Place Lapérouse déserte avec la statue de Lapérouse, une vue d'avant 1914./ Collection JC Souyris. / DDM

Sur cette carte postale antérieure à 1914, Lapérouse érigé en statue de bronze par Raggi, sous Napoléon III (1853) est seul face à une large esplanade, celle de la place qui porte son nom et qui est aujourd'hui en pleine transformation. Il tourne le dos au Jardin National. Jean Grenier qui enseigna la philo au lycée d 'Albi, le futur lycée Lapérouse, avant que d'être le professeur aimé d'Albert Camus à Alger, dans un discours de distribution de prix avait relevé cette position du navigateur statufié, face à l'Ouest, celui de ses expéditions et du Grand Voyage. Il y a déjà autour du socle, les ancres recueillies à Vanikoro, sur les lieux du naufrage par le lieutenant Bénier, après les découvertes de Dumont d'Urville et déposées ici en 1883.

À droite, inchangée, la façade classique du Palais de Justice, ancien couvent des Carmes et ses deux escaliers d'accès et plus loin le clocher de Ste-Cécile. À gauche, on devine une vespasienne. Pas de circulation, si ce n'est un piéton se dirigeant vers la rue Ste-Cécile. En face le ravin du Bondidou pas encore comblé, là où on implantera le Monument aux Morts de l'architecte Daures inauguré en 1928. C'est notre arc de triomphe, qui penche légèrement à droite, comme la tour de Pise et que jouxte le boulevard Sibille. Bondidou et Merville sont les deux ruisseaux affluents du Tarn, devenus égouts souterrains. Sur le côté droit du Bondidou, des vestiges des remparts et la tourelle de l'hôtel du Bosc, la maison natale de Toulouse-Lautrec. 


La statue de Lapérouse / CPA

L 'hôpital non visible est à gauche de la vue, il est en place depuis sa création par l'évêque de la Berchère au XVIIe siècle. Le flanquera, dans les années 5o, le sévère et imposant immeuble de la Sécurité Sociale. Dans quelques mois, le projet des Cordeliers aura donné un nouveau visage à la place : fontaine monumentale et le Grand Théâtre de Dominique Perrault. Lapérouse dont la statue fut un des premiers hommages de la Ville, héros de la cité n'a jamais été ici un capitaine abandonné.


Publié le 12/04/2013 à 08:06  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le Vigan, agora de la cité

Le Plateau du Vigan avant 1914/ Photo collection JC Souyris.

C'est la place emblématique de la cité. Le Vigan signifie faubourg, ce qui traduit bien son emplacement, à l'extérieur des remparts, démolis au XVIIIe siècle. Les travaux d'excavation pour l'aménagement du parking souterrain ont dégagé les vestiges d'une porte d'accès à la ville. Une plaque le rappelle face à la rue de la mairie. Plateau du Vigan, disait-on, ce qui montre bien son aspect dégagé. Il n'y a pas d'arbres dans ce décrochement du tracé des fortifications de la ville que prolonge le Jardin Royal, devenu National, au contraire arboré et il n'y a pas encore les 81 jets d'eau de la fontaine qui rafraîchit la place. 

On reconnaît sur cette carte postale de la Belle Époque (avant 1914) de l'entreprise albigeoise Poux, devenue leader de la carte postale, les bâtiments à peine changés qui bordent au sud-ouest la place. Les deux Tabac, celui du coin de la rue de la mairie, qui vient d'intégrer la Maison de la Presse, à l'emplacement de l'Horlogerie-Bijouterie, et celui du coin de la rue Timbal, longtemps tenu par la famille Tranier, d'où son nom. La Dépêche est toujours là, dans l'immeuble à l'horloge (la photo a été prise à 10 h 50), dominé par la belle tour. Apparaît au loin, au-dessus des cheminées la pointe du clocher de la cathédrale. À l'emplacement de «La Mie Câline» : un café.



Jour de marché sur la place du Vigan / CPA

«Faire le Vigan»
La place du Vigan reste la place des cafés mais il y en avait davantage alors. La Maison Ginestet a été, durant des décennies la librairie-papeterie la plus importante de la ville. Fermant la place au nord-est, le Grand Café Pontié, attesté dès les années 1830 est le plus ancien café d'Albi.

L'intérêt de cette photo, ce sont les hommes (plus que les femmes) qui la peuplent. On circule autour du Vigan à vélo ou en voiture à cheval. Au bas de la photo, les rails du chemin de fer à voie métrique construit en 1906, qui relie Valence à Albi. La place du Vigan est déjà aux piétons. C'est l'agora, le forum, là où on fait le paseo, la passegiata à l'albigeoise. «Faire le Vigan» disait-on encore, il y a peu, c'est-à-dire parcourir la place dans sa longueur. On le fait en groupes plus que seul, on discute du quotidien de la ville, on regarde ceux qu'on croise, en particulier les femmes. L'éclairage public (au gaz) est déjà en place.

Le Vigan : lieu des événements importants de la cité : le carnaval, les commémorations de la Libération de l'été 1944, l'allocution du général de Gaulle (1960).
Le Vigan, une place centrale dans l'histoire de la cité contemporaine, témoignage de la sociabilité méridionale, une histoire pas achevée.


Publié le 16/06/2012 à 11:25  | La Dépêche du Midi |  M.P avec le concours d'E.-J.C.

Prat Graussals : ou de la gravière à la base de loisirs


Prat Graussals : la gravière avant la base de loisirs / Photo DDM

La carte postale de 1950 montre une vue aérienne de la Basilique Ste Cécile, du Tarn et de… Pratgraussals. L'orthographe correcte est Prat Graussals et non Pratgraussals. Prat signifie pré et graussa, graussal: graveleux. Sans grande valeur donc, Pratgraussals était une étendue de terre graveleuse. Avant la création de la base de loisirs, c'était une gravière. A Pratgraussals se trouvaient autrefois le Moulin de Lamothe et le port de Lamothe où l'on chargeait le charbon de Carmaux pour le livrer à Toulouse ou à Bordeaux. Au 18 ème siècle, les wagonnets remplis de houille ou de coke arrivaient en gare de la Madeleine et étaient dirigés vers l'embarcadère de Lamothe. 

Pratgraussals que l'on appelait aussi « le Sablas » était le lieu de rendez-vous des pêcheurs heureux lorqu'ils rentraient le soir le panier rempli de goujons ou d'ablettes. Le « Sablas » était un endroit sauvage, un lieu de promenade pour les habitants du quartier. La jeunesse venait l'été « faire trempette »dans le Tarn. Dans les années 60 j'en connais même qui y testaient leur première mobylette, cadeau d'un bac réussi avec mention. Pratgraussals a beaucoup changé. Devenue base de loisirs le site de l'ancienne gravière, son cadre ombragé et rafraîchissant, sa proximité avec le Tarn sont toujours appréciés des albigeois et des touristes.



Le secteur de Pratgraussals dans la boucle du Tarn / CPA

Les aires de jeu, les tennis, le terrain de foot, le coin pique nique, le barbecue, les chemins piétonniers, les abords en jachère fleurie attirent toujours autant. En 2010, des ruches ont été installées ainsi que des nichoirs pour chouettes, petits rapaces, mésanges... Pratgraussals accueillera en juillet prochain le Festival Pause Guitare. Tout au long de l'année la salle des fêtes et la ferme hébergent de nombreuses manifestations.

Source des cartes postales: Doc. E.-J.C. Si vous possédez des cartes postales anciennes et quelques souvenirs pour les commenter, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : redaction81@ladepeche.fr (rubrique : Albi d'hier et d'aujourd'hui)


Publié le 09/06/2012 à 11:50  | La Dépêche du Midi |  M.P.

La place Saint-Eugène


La place Saint-Eugène à gauche, rebaptisée Fernand-Pelloutier, une des grandes figures du syndicalisme./ Photos DR et DDM

Nous sommes place St Eugène. Un homme attend devant le restaurant Pommié. Au fond, on aperçoit le café Dutau. Les trottoirs ne sont cimentés que devant les maisons. Ni la chaussée, ni la place ne sont goudronnées. La place St Eugène est aujourd'hui la place Fernand Pelloutier. On peut se demander pourquoi la place a porté un temps le nom du saint. En 481, d'origine grecque, St Eugène est nommé évêque de Carthage et devient chef de l'Église d'Afrique. Il brille par son humilité, sa charité et sa piété. Grâce à Grégoire de Tours, il est envoyé à Toulouse auprès d'Alaric II, roi des Wisigoths. Assigné à résidence à Albi, où il mourra vers 505, il aurait joué le rôle d'évêque, avec l'appui des aristocrates locaux hostiles à la domination wisigothique. Si elle porte le nom de Fernand Pelloutier (1867-1901), c'est parce qu'il fut une des grandes figures du syndicalisme français au 19e et surtout qu'il milita au sein de la Fédération des Bourses du Travail.

La place sur laquelle on vendait autrefois des bestiaux et notamment des bovins, est aujourd'hui connue pour son marché de plein vent et bio. Producteurs locaux et commerçants non sédentaires s'y côtoient plusieurs fois par semaine. Proche des commerces et des cinémas elle est très fréquentée par les voitures tampons le jour et par les cinéphiles la nuit.



La place Saint-Eugène / CPA

Elle fut, à une époque, le lieu de ralliement des candidats au permis de conduire. Il y a quelques années, La Dépêche s'est faite l'écho de l'anecdote suivante : Quand Aimé Puig, dans les années 40, demanda à son père le feu vert pour passer le permis. Ce dernier lui répondit: « pourquoi tu veux passer ton permis? Pour conduire une brouette? ». Alors que la guerre venait d'éclater, le jeune homme décrocha cependant le précieux document, après un examen qui ferait rêver les candidats d'aujourd'hui et qu'il résuma ainsi : « On a fait le tour de la place Fernand-Pelloutier, une marche arrière, quelques questions de code, et voila ! ».

Source des cartes postales: Albicollections Si vous possédez des cartes postales anciennes et quelques souvenirs pour les commenter, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : redaction81@ladepeche.fr (rubrique : Albi d'hier et d'aujourd'hui)


Publié le 02/06/2012 à 07:03  | La Dépêche du Midi |  M.P.

Le cinéma Moderne

Le cinéma Moderne en 1928  et à droite l'avenue Villeneuve (Colonel Teyssier) aujourd'hui./ Photos DR et DDM .

L'avenue Villeneuve (Colonel-Teyssier) semble vide. Seules quelques silhouettes se profilent dans le lointain. L'un des hommes porte chapeau melon et canne sur l'épaule à la Chaplin, le second est cravaté son col empesé déborde de sa veste et de son manteau long. Sur la droite, le Modern Cinéma Théâtre qui fut construit vers 1910. A l'affiche: « La Passion de Jeanne d'Arc », Film muet de 1928 du réalisateur Carl Theodor Dreyer. Les premières séances de cinéma eurent lieu dans les cafés vers 1900, puis au théâtre d'Albi. Vers 1928, Paul Aïn achète un terrain à M. Chauchard, démolit le Modern' et fait construire Le Moderne qui a son tour sera détruit, ainsi que les maisons voisines, pour laisser la place en 1975 à des immeubles commerciaux. Dans les années 1930, un enfant, Roger Frédéric, dont la mère tenait un kiosque à journaux derrière le théâtre municipal, devint groom du Moderne. Il portait un ensemble et une casquette rouges sur laquelle était inscrit en lettre dorées Le Moderne.



Modern cinéma théâtre / CPA

Il distribuait les programmes à l'entrée, juché sur une chaise. Vers 1932, pour la projection du film « Les lumières de la ville » on le déguisa en Charlot.
Le bâtiment élevé juste après le cinéma est l'ancienne caserne Villeneuve, caserne de la musique qui fut aussi caserne des pompiers. La caserne se trouvait à l'emplacement de l'ancien écorchoir d'Albi qui quitta l'avenue en 1846, quand le nouvel abattoir fut édifié sur les bords du Tarn.

Le colonel Teyssier (1821-1916) habitait l'avenue qui porte aujourd'hui son nom. Sa gloire reste attachée à un épisode de la guerre de 1870. Il protégea la place de Bitche investie par les Allemands et ne la rendit avec les honneurs que sur l'ordre du gouvernement français à la fin des hostilités.


Publié le 27/05/2012 à 03:47  | La Dépêche du Midi |  M.P.

La place des Manèges est devenue la place Jean-Jaurès

Place des Manèges devenue Lapérouse, la distillerie (derrière la locomotive)  a été remplacée par l'actuel bâtiment de la Caisse d'Epargne en  1913./ Photos Albi collection et DDM.

Le chemin de fer arrive à Albi en 1864. Au tout début du 20e siècle, le Conseil général du Tarn initie un projet de lignes ferroviaires. Le réseau (150 km), comprend deux groupes de lignes : l'un autour d'Albi (Albi-Valence et Albi-Alban), le second autour de Castres (Castres-Vabre, Le Bouïssas-Brassac, Vabre-Viane, Viane-Lacaune puis Lacaune-Murat). Les lignes ouvriront entre 1905 et 1911. En 1929, le département rachètera le réseau pour l'affermer aux « voies ferrées départementales du midi ». Le réseau nord disparaitra en 1939 et le réseau sud en 1962.

Les trains se composaient à l'époque de locomotives à vapeur de type 130 T. Les machines utilisées au nord étaient plus légères. Les voitures de voyageurs avaient deux essieux.



Place du manège / CPA

La ligne Albi-Alban qui empruntait l'avenue Villeneuve (Colonel-Teyssier), dans un premier temps jusqu'à Saint-Juéry, puis jusqu'à Alban en 1910. La ligne vers Valence-d'Albi (trois départs quotidiens via Valdériès dès 1906), empruntait le boulevard Carnot. Le train au passage enfumait les maisons et continuait sa route vers le Vigan, le carrefour de la Madeleine et l'avenue AlberttThomas. Le bâtiment de la gare (à droite sur la carte), était en brique et servait aux deux voies. Il a été démoli en 1964. Celui situé devant la Caisse d'Epargne servait de remise et de local technique.

L'immeuble derrière le train était une ancienne distillerie. Elle n'existe plus. Conçue par Léon Daures, la Caisse d'Epargne actuelle a été construite sur son emplacement en 1911/1913. Auparavant, depuis 1835 la Caisse d'Epargne était installée à la Mairie. Elle a déménagé place du Manège (Lapérouse) en 1885. M.P


Publié le 19/05/2012 à 11:43  | La Dépêche du Midi |  M.P.

L'avenue Dembourg


L'avenue Dembourg aujourd'hui/ Photo DDM et Albicollections.

A partir du XIXe siècle, Albi s'étire vers le nord. Deux grandes percées voient le jour : le boulevard de Strasbourg (1860-1862) et l'avenue Dembourg, qui le relie à l'ancienne route de Cordes. Les premières constructions apparaissent et se concentrent dans le triangle délimité par les actuelles avenues Albert Thomas et Dembourg.

C'est avenue Dembourg, qu'à la suite d'une longue grève des mineurs de Carmaux, sera construite la Verrerie d'Albi. Jean Jaurès présidera à son inauguration en 1901. En 1975 la Verrerie sera transférée sur la zone industrielle de St Juéry.

1896 la verrerie inaugurée
Si le nom d'Eliane, Catherine Dembourg a été donnée à cette avenue, c'est parce que cette riche rentière aurait accordé un don de 100 000 francs pour financer la création de la Verrerie Ouvrière. Les fonds auraient transité par un certain Henri Rochefort, membre du tout Paris politico-médiatique de l'époque, célèbre pamphlétaire du journal « La Lanterne » et directeur de « l'Intransigeant ». L'existence de Madame Dembourg fut contre-versée.



Avenue Dembourg / CPA

Le jour de l'inauguration de la Verrerie en 1896, Jaurès et les personnalités présentes voulaient remercier Mme Dembourg. Rochefort a objecté que ce n'était pas possible, car elle était décédée entretemps. Mystère ! Le Cinéma Chanteclair (à gauche) qui porta aussi les noms de « Kursal cinéma » et de « Ciné Palace » deviendra plus tard le Florida. Après des années de programmation classique il se spécialisa dans les films roses. Devenue vétuste la salle accueillera le ciné-club albigeois et « Les amis du 7e Art » qui auront jusqu'à 500 adhérents. Depuis toujours ou presque un café jouxtait le Cinéma. À l'époque c'était le Grand Café Pernod.


Publié le 12/05/2012 à 07:32

Le bout du Pont


Le quartier du bout du pont au début du siècle./ Photo DDM et Albicollections

L'origine du « faubourg du Bout du Pont », dont le nom ancien est « Cap-del Pont » s'est perdue dans la nuit des temps. On retrouve trace de son existence au 5e siècle. Le Bout du Pont avait ses fortifications. Son rempart était percé de trois portes : la Madalena, non loin du pont, la Fustaria, route de Carmaux et la Porta de las Morgas, (des moinesses) route de Cordes.

Le Bout du Pont possédait selon la légende un couvent de femme où serait entrée en 474, l'Albigeoise St Martiane. Une église sous le vocable de sainte Martiane apparaît à Albi dans des documents du Xe siècle. Elle se trouvait face à la collégiale Saint-Salvi, rue Mariès et fut démolie à la Révolution. Les reliques de la sainte y étaient vénérées jusqu'à ce qu'elles soient transférées à la cathédrale, au début du 17e siècle.



La Madeleine et le vieux pont / CPA

Pendant longtemps « le Bout du Pont » fut indépendant de la ville tant sur le plan communal qu'administratif. Il était rattaché à la sénéchaussée de Toulouse alors que la ville faisait partie de celle de Carcassonne. Les Consuls de Cordes exerçaient donc le droit de justice sur le Faubourg.

Son église, Ste Madeleine, fut jusqu'à la fin du 18e siècle installée à coté du Pont Vieux. Ses assises plongeaient dans le Tarn. Devant l'église il y avait un Griffoul (fontaine). Pendant longtemps une fontaine de pierre en conserva le souvenir. L'église de la Madeleine actuelle (19e), au large parvis arboré, fut construite selon les plans de l'architecte Rivet de Toulouse sous le Second Empire pour remplacer l'ancienne église du Griffoul. Son style «Premier Empire», a été inspiré par l'architecture de l'église de la Madeleine de Paris terminée en 1842.


Publié le 04/05/2012 à 09:26  | La Dépêche du Midi |  M.P.

L'avenue Lapérouse est devenue Charles de Gaulle

L'avenue Lapérouse en 1905../ Photo DDM et Albicollections

L'avenue Lapérouse (vers 1905) est aujourd'hui l'avenue du Général de Gaulle.
Sur la carte postale , à droite le mur de l'ancienne prison. Construite en 1843, elle a été démolie en 1969. Sur le trottoir de gauche rien n'a beaucoup changé. On retrouve les mêmes façades modernisées. Les ouvertures sont identiques. Le rez de chaussée est toujours occupé par des activités commerciales.

Près du poteau électrique se trouvait il y a 107 ans l'entrée des bureaux de la Trésorerie Générale (l'éclairage électrique urbain est apparu à Albi en 1905).
Près du fiacre (portail arrondi) on reconnaît la carrosserie Guiraud, une carrosserie automobile sur châssis «Panhard-Levassor».
Aujourd'hui, l'immeuble qui la jouxte est occupé par la Pâtisserie Belin, le suivant par le café-restaurant Fusiès. En 1905, deux Fusiès, Louis et Théodore Fusiès étaient voituriers à Lacaune et possédaient la diligence locale.



Avenue Lapérouse / CPA

Au fond, on aperçoit la statue en bronze de Jean-François de Galaup de La Pérouse, célèbre amiral né à Albi en 1741. De chaque coté de la statue, inaugurée en 1853, les deux premières ancres rapportées de Vanikoro. Le 1 janvier 1909, sur la placette devant l'entrée de la prison, on exécuta Besse et Simorre, condamnés pour l'assassinat d'un gardien de prison et tentative sur un second. On monta la guillotine de nuit. Vers cinq heures du matin les premières personnalités prenaient place.

Les Albigeois venus en petits groupes étaient montés sur des échelles doubles pour mieux voir l'exécution. Certains avaient même loué des fenêtres.


Publié le 21/04/2012 à 11:28  | La Dépêche du Midi |  M.P.

Le boulevard Magenta est devenu le boulevard Andrieu

Carte du boulevard Andrieu ex-Magenta.../ Photo DDM et Albicollections

Nous sommes en 1895. C'est l'hiver. Le boulevard Magenta est quasiment vide. Une unique rue le traverse. De part et d'autre du boulevard, deux rangées d'arbres lui donnent un charme certain, rare de nos jours. Une seule a résisté à l'apparition et à la multiplication des véhicules en centre - ville. Les demeures bourgeoises collées les unes aux autres n'ont guère changé. Un homme nettoie la contre allée et jette quelques résidus neigeux dans une charrette. Le pied des lampadaires à gaz est encore blanchi de poudreuse. Des bancs de pierre bordent le boulevard de part en part. Quelques passants vaquent à leurs occupations quotidiennes. Ils semblent sereins et peu pressés. Certains se dirigent vers le Petit Lude, que l'on distingue au fond du boulevard. Les dames du Bon Sauveur s'y sont installées il y a une soixantaine d'années, en 1833. Gaspard de Daillon du Lude qui a donné son nom à ce quartier naissant, fut au 17 e siècle le dernier évêque d'Albi.



Boulevard Magenta / CPA

Aujourd'hui le boulevard Magenta, qui tient son nom de la fameuse bataille qui vit la victoire de Napoléon III en 1859 sur les autrichiens, est devenu le boulevard Edouard-Andrieu. Édouard Andrieu fut maire d'Albi de 1897 à 1925. De tendance radical-socialiste, il a succédé à Justin Alibert. C'est à lui qu'Adèle de ToulousetLautrec annoncera par courrier en 1919 son intention de céder à la ville une partie capitale de l'œuvre du peintre. Édouard Andrieu durant ses mandats plaida pour la mise en état de navigabilité du Tarn et interpella le Gouvernement sur la situation des mines d'Albi en 1908.


Publié le 13/04/2012 à 09:25  | La Dépêche du Midi |  M.P.

La rue Porta et son moulin

La rue Porta  / Photo DDM et Albicollections

Ce bel édifice, rue Porta, dont les fenêtres renaissance rappellent celles des beaux hôtels particuliers d'Albi n'existe plus. L'emplacement est occupé aujourd'hui par la maison de retraite « Les Jardins d'Escudié ». La rue Porta conduisait à l'un des plus anciens moulins d'Albi. Arrimé à une chaussée exploitée depuis le Moyen Age, il datait vraisemblablement du 12e siècle. Transformé aux 18e et 19e siècles, il devint après 1828 le siège d'une minoterie, complétée par une vermicellerie en 1845.

Les pates de la vermicellerie obtinrent une médaille d'or à l'exposition universelle de 1867. Elles furent distribuées pendant des décennies dans une quinzaine de départements environnants, notamment sous la marque « Les Pâtes Alimentaires Soleil ». La Société des Moulins de l'Albigeois cessa toute activité dans les années 1970. Le site, désaffecté dans la deuxième moitié du 20e siècle, fut réhabilité en 1986. Il accueille depuis l'hôtel Mercure, le musée Lapérouse, des logements et divers services. 



Les grands moulins du Tarn / CPA

Albi compta jusqu'à une dizaine de moulins. Quatre subsistèrent après la Révolution, celui-ci et trois autres: les moulins de Gardès, de Lamothe et du Chapitre. Le nom de Charles Bellet est associé au développement de la minoterie à Albi. Fils d'un horloger-bijoutier, il fit de solides études au Lycée d'Albi, où ses pas croisèrent ceux de Jean Jaurès. À son retour de guerre en 1919, il développa avec la famille Maury plusieurs projets industriels: les Grands Moulins à la Madeleine et la cimenterie de Ranteil.


Publié le 06/04/2012 à 09:14  | La Dépêche du Midi |  M.P.

Le boulevard du Lude

Un marché aux moutons se tenait autrefois sur le boulevard du Lude. Cette carte a été oblitérée en 1912/ Photo DR

Le plan d'Albi exécuté en 1845 par le géomètre départemental Auguste Bousquel ne montre que des champs à l'emplacement actuel du boulevard du Lude, qui semblait alors faire partie d'un domaine Bertrand.
Quarante plus tard, le plan de la ville réalisé en 1886 par l'architecte de la ville Lacroux représente déjà les maisons du boulevard qui, pour la plupart, sont restées identiques jusqu'à nos jours.

Le boulevard du Lude a, semble-t-il, été créé aux alentours des années 1860, comme les boulevards alentours qui doivent leur dénomination de «boulevard» aux arbres qui bordaient ces nouvelles grandes rues albigeoises. Le cachet de la poste sur l'ancienne carte postale indique l'année 1912. Elle montre une vue de l'ancien marché aux moutons, annonçant l'établissement du foirail qui sera installé là jusqu'à la fin des années 1970. De part et d'autre, on aperçoit les rangées d'arbres qui longeaient le boulevard du Lude proprement dit, comme les allées du Lude du côté du Bon-Sauveur. 



Foirail des moutons / CPA

En janvier 2012, les derniers arbres ont disparu pour permettre l'installation des manèges forains jusque-là accueillis sur la place des Cordeliers désormais occupée par le chantier du Grand Théâtre. L'abattage a suscité beaucoup d'émotions de la part des riverains, des passants et des automobilistes venant de la rocade ou des quartiers et communes limitrophes. La Mairie aurait promis l'installation prochaine d'arbustes en pot. Pour rendre ses lettres de noblesse au « boulevard », un candidat potentiel aux élections municipales de 2014 souhaiterait procéder à une replantation arboricole.
M.P (Avec le concours d'une lectrice de la rubrique. Qu'elle soit remerciée pour sa contribution)


Publié le 30/03/2012 à 09:45  | La Dépêche du Midi |  M.P.

Le boulevard Montebello d'hier et d'aujourd'hui


Le boulevard Montebello en 1908. / Photo DDM et Albicollections

Vue du boulevard Montebello en 1908. A l'angle une charcuterie. Au premier plan, un militaire en tenue discute avec un ami. Une charrette tirée par un cheval, des jeunes tractant avec difficulté un chargement monté sur un plateau à roulettes empruntent la chaussée dans toute sa largeur, faisant fi du sens de circulation. A l'époque les promeneurs n'hésitent pas à marcher au milieu de la rue, laissant inutilisés des trottoirs cependant bien ombragés. Les arbres n'ont pas survécu à la modernité.

Entre 1865 et 1868, un vaste réseau de boulevards fut tracé et ouvert à l'est de la ville, agrandissant et transformant la ville concentrée majoritairement autour du Vigan. Ces boulevards furent baptisés de noms de généraux ou de victoires se rapportant surtout aux périodes impériales : Soult, Valmy, Magenta (Edouard-Andrieu) et Montebello.

La bataille de Montebello (Lombardie) opposa en 1800 l'armée française du Général Lannes aux troupes autrichiennes qui passèrent près de la victoire. « C'était chaud, très chaud », déclare Lannes à la fin du combat (une avenue porte son nom à Cantepau), en mettant l'accent sur la dureté de la bataille qui dura près de 11 h.



L'église St-Joseph boulevard Montebello / CPA

L'église St-Joseph cachée par les branchages sur la vue de 1908 a été bâtie entre 1869 et 1876. Au début du XXe siècle le boulevard Montebello était déjà doté d'un éclairage électrique. L'électricité ne fit son apparition dans les rues d'Albi qu'en 1905. Toutefois dès 1892, les Moulins albigeois bénéficiaient de l'électricité à usage industriel. Avant 1905 la ville était éclairée au gaz fourni par l'usine à gaz de la Madeleine, édifiée en 1852.


Publié le 17/03/2012 à 07:22  | La Dépêche du Midi |  M.P.

La place des prisons


Une vue de l'ancienne d'Albi détruite en 1969 et qui se trouvait sur la place de l'Amitié. / Photo DDM

Avant 1987, la place de l'Amitié-entre-les-Peuples s'est d'abord appelée place des Prisons puis place des Cordeliers. Elle devait son dernier nom au couvent des Cordeliers, fondé en 1242, qui se trouvait à proximité. Il était situé hors des remparts d'Albi et accueillait des frères mineurs et mendiants de Saint-François qui possédaient vraisemblablement des terres autour. L'église du couvent comportait une haute mansarde et une flèche très fine. Elle fut détruite après la Révolution. 

La place demeura un espace vert jusqu'en 1826 date à laquelle débutèrent les travaux de construction de la prison d'Albi sur l'ancien Plô ou plaine Saint-Salvy. L'ensemble des bâtiments pénitenciers sera achevé en 1843 (vue de gauche). La dernière exécution capitale aura lieu à Albi en 1909, sur la placette devant l'entrée de la prison. Alors qu'Armand Fallières et les abolitionnistes avaient pu pendant trois ans suspendre la peine de mort, les exécutions reprendront en 1909. On en comptera 13 en France dont deux à Albi.
La démolition de la maison d'arrêt en 1969 a permis la création d'un grand parking de près de 300 emplacements.
La place accueillera en 2014 le Grand Théâtre d'Albi. 


Publié le 09/03/2012 à 09:17  | La Dépêche du Midi |  M.P.

Souvenirs de carnavals


Le carnaval sur la place du Vigan en 1907. / Source des cartes postales : Albicollections

« Promenade de sa Majesté Carnaval en sa bonne ville d'Alby » a écrit l'expéditeur de la carte postale. Nous sommes place du Vigan, devant la poste, le 10 février 1907. 20 ans après Nice, les chars en carton-pâte sont devenus la spécificité du Carnaval d'Albi et de ses cavalcades burlesques.

L'existence d'une forme de carnaval urbain est ancienne. Incident en 1484 : l'évêque d'Albi interdit les masques du Mardi Gras. A la fin du 19e siècle les commerçants de la ville organisent des Fêtes du Pays Albigeois et des concours régionaux, préludes aux festivités carnavalesques. En 1893, une bataille de confettis à vélocipèdes fut organisée. Le Carnaval proprement dit a repris en 1904. Les chars étaient à l'époque tirés par des bœufs, puis plus tard, par des tracteurs. Aujourd'hui ils sont montés sur des châssis porteurs d'anciens bus. Le Carnaval s'est poursuivi de manière ininterrompue jusqu'en 1914. Il s'arrêtera pendant la période de la guerre et reprendra en juillet 1918.

Carnaval d'Albi dans les années 50 / Photo Carnaval Albi

Dans les années 30, le char des « Reines de la mi-carême » était tiré par des chevaux. En 1931, à l'occasion de la cavalcade de mardi gras est organisée la première braderie. En 1932, est lancée la première quinzaine commerciale. Le carnaval disparaitra avec la crise économique qui a précédé la seconde guerre mondiale. À compter de 1951 le défilé des chars se déroulera en février/mars. Aujourd'hui, le Carnaval d'Albi entraîne toujours fanfares et grosses têtes dans une ronde sonore et fait un clin d'œil humoristique au 21e siècle.


Publié le 02/06/2010 à 09:13  | La Dépêche du Midi |  R.R.

Le 6 juin 1910, Louis Gibert survolait Albi 

50 000 spectateurs assistaient au premier vol de  Louis Gibert ./ Photo DDM, archives J-C. Souyri

Le président des cartophiles et historiens tarnais Jean-Claude Souyri est fébrile. « Vous vous rendez compte, dimanche cela fera un siècle que Louis Gibert a survolé Albi. Cinquante mille spectateurs ont assisté à l'événement . Rien que d'y penser je tremble ». Et le voila en train de commenter les cartes postales et autres documents iconographiques d'époque, patiemment archivés : « Voyez cette image, elle est exceptionnelle avec Gibert sur son avion au milieu de la foule le 6 juin 1910 et celle-ci prise de face où l'on voit le pilote dans la carlingue. Regardez bien on aperçoit le nom du moteur ''Anzani'', c'est extraordinaire ». Et les superlatifs volent autant que le Blériot XI de Louis Gibert.



L'aviateur albigeois Gibert sur Monoplan Blériot / CPA


Publié le 20/09/2013 à 03:48   | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Au temps de la vermicellerie

L'entrée des Grands moulins, actuelle rue Porta./ Photo collection JC Souyris

C’est la rue Porta actuelle, l’ancienne route de Carmaux baptisée d’un nom de résistant, comme la rue Rinaldi voisine, qui est la vieille route de Castelnau. A gauche : de belles maisons aux beaux portails d’entrée, corniches et fenêtres à meneaux aujourd’hui disparues. Au fond est le porche d’entrée des Grands Moulins du Tarn. Ils utilisent la force hydraulique de la rivière. Il y a là une minoterie et une fabrique de pâtes, la fameuse vermicellerie. La Compagnie Générale d’Alimentation commercialisait ses produits sous la marque : «Pâtes du Soleil». Sur l’immeuble, au dessus de l’homme ventru en chemise blanche et du lampadaire, un soleil semble couronner la fenêtre . 

Des générations de femmes ont travaillé ici. L’incendie des années 70 a consacré l’interruption des activités de la famille Maury. Un réaménagement a installé le grand hôtel Altéa en 1987, devenu le Mercure en 1993. avec le meilleur point de vue sur la Cathédrale et la Berbie. Le restaurant qui s’appelait Le Moulin est devenu La Vermicellerie, un clin d’œil à l’histoire du lieu. Le Conseil Général y a les services du tourisme et des salles d’exposition très recherchées. Dans les parties basses, en contact avec la rivière, dont on entend , en continu, le bruit s’est logé le LAIT (Laboratoire Artistique International du Tarn). Les artistes les plus contemporains s’y retrouvent.



Vermicellerie d'Albi / CPA

Au milieu des résidences, le Musée Lapérouse a des projets d’expansion que son succès rend légitimes ! Le square Botany Bay, dernière escale connue de Lapérouse en Australie est le point de vue panoramique sur la Ville. Une statue-navire de Casimir Ferrer, est en son centre, face au Lycée Lapérouse, le collège du futur navigateur, au temps des Jésuites.
Métamorphose de la rive droite , qui a progressivement perdu ses industries :chapellerie du XIX° siècle, VOA passée en zone industrielle en 1984, industries métalliques ( Limouzy et Delpoux.).Une gentryfication de la rive populaire, appelée jadis entre Pont Vieux et Pont Neuf, la «Petite Espagne» largement amorcée.


Publié le 11/05/2013 à 03:48  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Les lavandières des bords du Tarn



Lavandières au bord du Tarn / CPA

«Eh frappe, eh frappe… eh frappe avec ton battoir !», dit la chanson célèbre sur les lavandières du Portugal. On pourrait chanter celles du Tarn.
C'est une image pittoresque d'avant 1914 qui est un modèle de photo avec un premier plan très animé : les femmes lavant le linge, les pieds dans l'eau, les beaux reflets de la rivière et le paysage urbain de la rive droite avec les deux ponts (Vieux et Neuf).

Courbées sur leur tâche
En longues jupes noires, coiffées de grands chapeaux de paille,, les femmes sont courbées sur leur tâche. Ménagères ou salariées ? On en distingue aussi sur l'autre rive. L'eau des fontaines publiques et les branchements particuliers d'eau courante se prêtaient moins bien au lavage et rinçage que les eaux claires de la rivière. On faisait bouillir le linge en lessiveuses, les jours de buade. La brouette a permis de porter le linge et le lavoir ce sont les bancs de bois sur lesquels nos lavandières se penchent. À droite un petit garçon pêche. Une grue, le bateau sur la rivière sont pour l'extraction du sable. La rivière, calme à partir d'Albi (le Saut de Sabo à St-Juéry est «la dernière couture du Massif Central» (J. Roques) peut être naviguée. Elle a fourni aussi l'argile pour confectionner la brique et elle donne la fine «lose» pour le jardinage.



Lavandières au bord du Tarn / CPA

La rive droite est la rive concave, la rive basse la plus menacée par les inondations. C'est aussi la «rive industrielle» qui utilise l'eau du Tarn. Au-dessus des arcades, toujours visibles, chapelleries, vermicellerie animaient le «Bout du Pont». Une cheminée, la bâtisse des Moulins sont là dans le paysage de la Madeleine. On ne voit pas le clocher de l'église de ce nom mais domine celui du couvent de la Visitation, devenu la caserne Teyssier.

La rive droite, quartier populaire (jadis la «petite Espagne»), a vu ses activités et sa sociologie changer : restaurants, hôtels, salle d'exposition, musée Lapérouse et les meilleurs points de vue sur la cathédrale et la Berbie.


Publié le 06/09/2013 à 03:50  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Le carrefour de La Madeleine


Le célèbre carrefour avant 1914./ Photo collection JC Souyri

Une belle photo d’été ( les volets clos ,les stores) d’avant 1914, du célèbre éditeur albigeois Poux. La lumière vive est zébrée par l’ombre portée des platanes et des personnages. Un carrefour resté important pour la circulation albigeoise ! Sur la carriole, trois personnes dont la vieille dame penchée, à la coiffe blanche. Sur le trottoir, deux enfants, l’un se frotte les yeux et arrivant, à contre-sens, la dame en noir, s’abritant du soleil avec son parapluie. Sur le boulevard de Strasbourg, débouche à gauche le boulevard Alsace-Lorraine. Il y a des rues Alsace-Lorraine, de Metz et Strasbourg partout en France pour rappeler la perte des deux provinces après la guerre franco-allemande de 1870. La victoire de 1918, permettra de les récupérer.

Au fond à droite, la route de Carmaux, qu’on baptisera du nom d’Albert Thomas, successeur de Jaurès au Parlement en 1919, futur directeur du Bureau International du Travail, en 1921. A Carmaux, part à la rencontre de celle d’Albi, une autre avenue Albert Thomas. A gauche, la route de Cordes est devenue l’avenue Dembourg, en hommage à la donatrice qui a donné 100.000 francs, pour l’achat du terrain où s’est installée la Verrerie Ouvrière en 1896.. Le café de la Madeleine a longtemps occupé l’angle du carrefour. Le mur de droite affiche : «Entrepôt de Charbons des Mines d’Albi». Le siège était à Pélissier. 



Le quartier de la Madeleine / CPA

Pour la fête de la Madeleine, autour du 22 juillet, le bal se tient au carrefour. Les fêtes de la Madeleine qui déployaient manèges et buvettes, le long du boulevard ont été une des fêtes de quartiers, des plus importantes d’Albi. Le carrefour de la Madeleine, un passage obligé d’accès au Pont Neuf, un des trois ponts routiers, en attendant le quatrième pont espéré. 


Publié le 28/06/2013 à 08:50  | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

Les clochetons de Sainte-Cécile

Les clochetons de  Sainte-Cécile sont encore visibles sur cette carte postale./ Collection Jean-Claude Souyri.

L’abside de la cathédrale et l’excursion d’un Congrès à Albi. César Daly, contemporain de Viollet-le-Duc est devenu l’architecte du diocèse en 1 849 (avant 1905, les bâtiments appartiennent à l’Eglise). Il a 32 ans et la restauration de la cathédrale va devenir l’œuvre de sa vie. Il construit une nouvelle toiture sur la nef, pour protéger la voûte et surélève les murs de la cathédrale de 7 mètres. On voit encore aujourd’hui, comme sur la photo, la différence de couleur des briques. Il projette la mise en place d’une trentaine de clochetons sur les contreforts. Seuls, ceux de l’abside seront réalisés, car une polémique commence mettant en cause les projets de Daly, qui démissionne en 1 877. 

On démolira les clochetons, encore visibles sur la photo, après sa mort survenue en 1 894. Selon ses plans on parachèvera le dégagement de la place Sainte-Cécile, encombrée de maisons. Le Congrés des Sociétés Savantes débarque de Toulouse, en gare d’Orléans (Albi-Ville). La logistique sur place est l’œuvre de la Société des Sciences, Arts et Belles Lettres du Tarn, une société toujours très active. Une visite au pas de charge et à pied avec des visites industrielles (usine de Pélissier traitant le charbon de Cagnac, et la toute jeune Verrerie ouvrière née 3 ans plus tôt), la visite des grands monuments (Cathédrale, Berbie, St Salvy) et une promenade dans la ville pour admirer les façades des hôtels, des vieilles maisons et le Parc Rochegude, (avec le musée et la bibliothèque elle est déjà là). 



Cathédrale Sainte-Cécile / CPA

Il y a bien sûr une réception à la Mairie.Les deux repas sont pris à l’Hôtel de la Poste. Le dîner est à 18 heures 30 et le train du retour à 20 heures. Une journée bien remplie pour les congressistes de Toulouse, comme il y en a encore aujourd’hui, qui viennent pour quelques heures, en attendant de les fixer à Albi avec l’utilisation du Grand Théâtre qui accueillera aussi des congrès.


Publié le 09/08/2007 à 17:14  | La Dépêche du Midi |

Au cœur du symbole verrier albigeois



La Verrerie d'Albi / CPA

Visiter la Verrerie d'Albi rue François-Arago, c'est se replonger une heure et demie durant dans plus d'un siècle d'histoire albigeoise. De la lutte de Jaurès à la production à flux tendue actuelle, c'est-à-dire à la demande du client. 110 ans exactement se sont écoulés depuis sa création en 1896. Une date anniversaire célébrée en 1996 par une œuvre représentant une bouteille enserrée par la main de Jaurès.

Cette genèse dans la douleur est narrée par la guide. Les fondements de la VOA datent d'un conflit à la verrerie Sainte-Clothilde à Carmaux. Pour mémoire, le renvoi de deux ouvriers avait conduit à une grève. Le patron de l'époque par mesure de rétorsion avait fermé l'usine. Jaurès qui avait mené les négociations de fond en comble conseilla aux ouvriers de créer leur propre verrerie.



Verriers au travail / CPA

Autre motif, une partie des employés albigeois effectuaient les 15 kilomètres à pied d'Albi jusqu'à Carmaux. La VOA a finalement vu le jour en 1996 grâce à la générosité de Madame Dembourg. Une riche bourgeoise qui donna son terrain pour la conception de la future VOA, rebaptisée en 1991 Verrerie d'Albi à la perte du titre de coopérative ouvrière.

Le mastodonte à trois cheminées se visite en trois phases. Une première partie est consacrée à la projection d'un film sur le verre. Ensuite, place à la salle d'exposition, « pompeusement appelée musée », comme le précise la guide Marina Koessa. L'itinéraire se termine par trois quarts d'heure de visite dans les dédales de l'usine. Une expédition qui s'effectue « casquée » pour atténuer les bruits ambiants et mieux entendre les explications de la guide. 


Publié le 11/10/2013 à 03:50   | La Dépêche du Midi |  Robert Fabre

L'hôtel Pujol est resté le nom d'un carrefour


La façade de l'Hôtel Pujol n'a pas beaucoup changé./ Photocollection JC Souyris

L’intersection de l’avenue Colonel Teyssier, la plus longue avenue d’Albi, avec le boulevard Valmy et le boulevard Montebello, en perspective . L’avenue Villeneuve est devenue avenue du Colonel Teyssier, dès la mort de ce dernier, en 1916, parce qu’il y habitait. Un bel hommage au défenseur de Bitche dans la guerre de 1870. Il a sa statue, un peu oubliée, derrière le théâtre, au départ de l’avenue, et la rue de Bitche y débouche.

Un carrefour désigné par la présence d’un établissement notable, l’Hôtel Pujol, comme on dit le carrefour Réveillon, en référence à la grande pharmacie. Les tractions-avant «Citroën» la petite «Peugeot» datent la prise de vue des années 30. Les poteaux électriques métalliques ont hérissé longtemps les rues. L’Hôtel Puech-Pujol est style Art Déco. On ne voit que lui, au premier plan, sur la carte postale signée A.P.A. ( André Poux Albi)



Restaurant de l'hôtel Pujol / CPA

Sa table était renommée et sa situation entre les foirails du Lude, de la place Fernand Pelloutier (ex Ste Gemme) et le marché de la place Jean-Jaurès (ex du Manège), en faisait un rendez vous très fréquenté les samedis. Paul Pujol, héritier des Puech, était marchand de chevaux. Les représentants de commerce avaient ici leurs habitudes. Pendant la seconde guerre, à la table de Charles d’Aragon, patron du mouvement Combat, des chefs résistants se retrouvaient. Ce furent les premières réunions du Comité Départemental de Libération. La fête annuelle de la St Joseph, (l’église est boulevard Montebello), comme toutes les fêtes de quartier, investissait le carrefour, qui devenait piste de danse.

Pendant les années soixante , on retrouvait les Cuadros, famille de musiciens, capables à eux seuls de former un orchestre. Une vedette du comité était André Rolland, auto-école, pilote de course et formidable fêtard, qui conduisait la Gélinotte, une automobile désopilante, qui renversait ses passagers tous costumés, à chaque freinage. L’hôtel Pujol est devenu résidence et siège de bureaux.
L’inscription «Hôtel Pujol» est toujours là et on dit toujours carrefour Pujol.


Publié le 11/12/2011 à 03:48  | La Dépêche du Midi |  Alain-Marc Delbouys

Un émouvant témoignage en images sur la ville il y a 100 ans



Albi, au début des années 1900 / CPA

Avec le concours des Archives départementales du Tarn, une maison d'éditions publie un beau livre d'histoire en images, «Albi, il y a 100 ans en cartes postales anciennes».

Voilà qui ne va pas rabattre l'orgueil des Albigeois qui se rengorgent à longueur de temps sur la beauté de leur ville. « J'ai rédigé trente ouvrages dans cette collection. Quand je suis arrivé à Albi, j'ai eu un choc esthétique », avoue Christophe Belser, auteur du livre illustré « Albi, il y a 100 ans, en cartes postales anciennes ». Cet écrivain breton de 43 ans a entrepris de restituer « cette cité magnifique », dans le cadre d'une série sur les villes et régions de France initiée par les éditions Patrimoines médias. « Ce sont des livres d'histoire qui sont aussi des livres d'images », décrit Christophe Belser, féru d'histoire urbaine.



Jardin national et lices du sud / CPA

« La ville respire l'histoire »
L'originalité de ces recueils est de reposer sur les cartes postales d'époque, avant 1930. « En ce temps-là, la France était sillonnée par de nombreux photographes, véritables reporters qui ont gravé pour la postérité les mille et un visages du pays, dit Louis Blais, responsable d'édition. Pour Albi, les images ne manquent pas, et nous les devons à de talentueux photographes », dont ceux de la maison Poux, qui existe toujours.

Christophe Belser a suggéré d'ajouter Albi à la cinquantaine de titres déjà en catalogue. « J'ai commencé à m'intéresser à Albi il y a 18 mois. Le fait que la cathédrale ait été inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco a joué un rôle d'accélérateur », ajoute Christophe Belser. Sur place, il a été « impressionné par cette ville grandiose qui respire la grande histoire, parfaitement conservée là où tant d'autres ont été détruites et accueillante aux piétons et touristes ».



Viaduc du chemin de fer et cathédrale / CPA

Christophe Belser et Louis Blais ont fait appel aux Archives départementales, dont le fond est tout aussi impressionnant : « Elles possèdent peut-être 10 000 cartes postales sur le Tarn, dont un millier sur Albi. » Les deux hommes n'ont eu que l'embarras du choix. Avec l'aide des archivistes départementaux, ils ont sélectionné 175 cartes postales pour ce volume. « Albi, il y a 100 ans » montre à la fois les monuments et les bouleversements qu'a connus la ville, en cette époque charnière avec l'arrivée du progrès technique, l'industrialisation, le développement de la rive droite…

C'est pour Louis Blais « un irremplaçable témoignage de la vie d'autrefois ». Le plus émouvant, ce sont ces robes et costumes Belle époque, sur les lices sans voitures ou bien les visages de ces Albigeoises de l'ancien temps, comme ces ouvrières de la VOA qui emballaient d'osier les bonbonnes de verre… En voici un échantillon significatif.

« Albi, il y a 100 ans en cartes postales anciennes », Christophe Belser, Éditions Patrimoines médias, 112 pages reliées et format carré, 32 €. www.patrimoines-médias.fr




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A suivre : Albi autrefois (CPA / DDM) -2-
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Le 8/6/2017 par TRAVELING 81 :

Bonjour,
Il existe un DVD des carnavals de 1951 à 2005
avec des musiques des années 50.
Cordialement

Le 27/2/2017 par Manon :

Bonjour, mon grand père a chanté en 1955 pour le carnaval d'Albi, il faisait partie de la troupe des joyeux comediens. Il n'a aucun souvenir de cette période, ni articles de journaux, ni photo. Il y avait le supercar de pernod fils à cette époque. Si vous pouviez m'aider dans mes recherches je vous en serai très reconnaissante. Merci

 
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