19/8/2014 Grand Sud : Producteurs et produits du marché

    Producteurs et produits du marché   


Saint-Orens-Pouy-Petit (32) : Les melons suscitent toujours le même engouement./ Photo DDM, Véronique Sachetti.

Fleurance (32) : Du melon pour midi, pour ce soir, et pour demain
Najac (12) : la fouace est la fille naturelle de Rabelais - A Carbonne (31), le rendez-vous du canard et des bavards - Prayssac (46) : safran, lavande, tourtières et autres gourmandises - Moissac (82) : ces pêches ne comptent pas pour des prunes - A Mirepoix (09), des fromages pour les nouveaux nez.




    Producteurs et produits du marché (1/6)   

Publié le 12/08/2014 à 08:14  | La Dépêche du Midi |  Pierre Mathieu

Fleurance (32) : Du melon pour midi, pour ce soir, et pour demain...

Cyril Tasso, sacré meilleur producteur de «Lectoure» en 2013. /Photos DDM, PM

On y vient pour faire le plein de produits frais, se promener et bavarder. Jusqu'à dimanche, nous vous emmenons à la découverte de six marchés et de quelques producteurs. Le mardi, c'est à Fleurance.

Quand Cyril Tasso quitte ses champs de melons à Lagarde-Fimarcon pour venir au marché de Fleurance, les tournesols sont à peine réveillés. Et lui, pas beaucoup plus! La veille, il a fallu ramasser, trier, mettre en cageots, charger. Fruit symbole de l'été, le melon, c'est de l'eau, du sucre et de la main-d'œuvre : un hectare de melon en tunnel demande autant de travail que 100 hectares de blé... Le marché, c'est pour la récompense, en compliments et en euros résonnant dans la caisse de fer, qui pourrait bien dater du grand-père de Cyril, premier producteur de la famille.

A Fleurance, le cœur de la halle-mairie était encore pris mardi dernier par les fabricants de minifusées du festival d'astronomie : les producteurs sont gentiment repoussés en orbite, avec leurs premières tresses d'ail blanc de Saint-Clar (maison Gamot), leurs huiles essentielles, leurs bouteilles de floc (dégustation vers 11h), leurs samosas aux saveurs du monde, les melons de MM. Dorte d'un côté et ceux de Cyril Tasso de l'autre.

Ils font partie de la petite centaine de producteurs de melon de Lectoure, installés sur les côteaux du Gers et des cantons limitrophes du 82 et du 47. Production confidentielle en France (moins de 10 000 tonnes sur un total de 300 000), le «Lectoure»est recherché des connaisseurs.

Marché de Fleurance : opération «Made in France» ./Photo DDM S. L.

Le soleil force les ventes
Au marché comme au supermarché, les clients vont toujours au même endroit : «Ce matin, je ne vous trouvais pas!», souffle à Cyril une cliente, rassurée. Le défilé a commencé devant le stand : soleil aidant, les melons partent comme des petits pains, en plus lourd (5 € les 3 petits, 6 € les moyens, 7 € les gros). Pourquoi par trois? Pour écouler une production importante, et, pour les clients, s'assurer d'en avoir jusqu'au marché du samedi...

«Celui qui baille, mangez-le en premier», recommande le producteur en soupesant un énorme melon brodé, fendu près du pédoncule. En ce début d'août, l'excès d'humidité a fait gonfler les melons. Sont-ils moins bons?

Claude, qui accueille des vacanciers à Lavardens assure que non : «J'ai reçu 380 couples depuis que j'ai ouvert mes chambres d'hôtes, je n'ai jamais eu à jeter un seul melon!»
A quoi tient la qualité du «Lectoure»? «Au terroir argilo-calcaire, avance Cyril, et aussi à l'exposition et aux soins. La production alterne d'une parcelle à l'autre, mais comme la maladie de la fusariose menace, Cyril a étendu ses plantations sur des terres «vierges».

Il est 10 heures, ses yeux brillent de fatigue, le petit café puissant de Florent (le Montalbanais qui vient parfumer la place à l'expresso) lui donne un coup de fouet. Samedi ou mardi prochain, ses garçons de 7 et 9 ans viendront peut-être l'aider à rendre la monnaie. Quatrième génération dans le melon.
«Celui qui baîlle, mangez-le en premier», recommande le producteur.

Michel Glosek, portrait d'un pionnier du terroir / DDM

Nouveau, le carat de melon
Inventeur de desserts très gourmands en verrines vendus tout autour du monde (baba gascon, crêpes comme Suzette, Charlotte belle-hélène), le Fleurantin d'adoption Michel Glosek a mis au point un produit ultrafin à partir du melon : le «Carat», un très bon «caviar» de minuscules capsules du fruit présentées dans un écrin de verre, pour accompagner fromages, poissons et foie gras. 7€, en épicerie fine et sur glosekgourmet.com

Fleurance. Des fruits et légumes frais /Photo DDM, Florent Carly.



    Producteurs et produits du marché (2/6)   

Publié le 13/08/2014 à 08:46  | La Dépêche du Midi |  Jean-Paul Couffin

Najac (12) : la fouace est la fille naturelle de Rabelais

Laurent et Alexandre n'ont de cesse de vanter les vertus de la fouace de Najac, emblème gourmand du village médiéval. /Photos DDM. JPC.

Sacré Rabelais, lui qui défendait mordicus «il n'est de bon jambon que de Najac», doit, d'où il se trouve, tourner sept fois sa langue dans sa bouche en espérant des jours meilleurs. Car, dans ce bout de Rouergue un rien iconoclaste, si les marchés «Nocturnes» estivaux du mercredi soir assurent un braquage en règle des projecteurs sur des producteurs à l'accent du pays, bien malin sera celui qui trouvera la moindre tranche du solide «cambajou». Y compris chez Étienne et Maryline Ardourel, éleveurs et transformateurs de porcs en plein air sur les hauteurs de la commune- eux qui arrivent avec leur jambon de coche à se rapprocher au plus près de qui pourrait être le mets favori de l'auteur de Gargantua. Dévalisés depuis les balbutiements de l'été, ils s'escriment à faire patienter les gourmets de passage avides de «taster» les tranches épaisses de ce bon gras marié au rouge sang du maigre.

Qu'à cela ne tienne. À défaut de grives, pas question de se moquer des merles. Et nantie d'une réputation dépassant les frontières d'un Rouergue à rallonges, la fouace de la maison Delmur est devenue l'autre synonyme de Najac. Tout sourire dehors, alors que son frère Bruno les façonne, Fabienne en débite à longueur d'été. En tendant de petits bouts goûteux aux passants honnêtes, Laurent, son époux, flanqué d'Alexandre, un de ses fils, visent juste. Les chalands s'en pourlèchent les babines. Mais la fouace n'est pas la seule à faire vaciller les papilles.


Najac. Des fouaces dignes de Rabelais dans le fournil fouilladais de Bruno et Hubert Delmur / DDM

La quarantaine de producteurs, triés sur le volet, bénéficie de sérieux arguments à faire valoir. La vitrine, représentée par ce marché d'été, démontre combien dans ce bout d'Aveyron, éclectisme rime avec diversité. Il faut dire que certains soir- comme en ce premier mercredi d'août- sur la seule place où sont dressées de pantagruéliques tables d'hôtes, la population du village se multiplie par deux et un peu plus. Qui dit «Nocturne», implique dégustation sur place. Les effluves envahissant la place du Faubourg, à deux pas du «mur aux jambons», les producteurs mitonnent et servent à tour de bras.

Au pays du veau d'Aveyron, à la chair rosée, Claude Rabayrol, éleveur de son état, n'y va pas par quatre chemins. C'est en Anglais qu'il promotionne son «veal from Najac» («veau de Najac») en faisant danser les brochettes. À proximité, un autre paysan du coin, Thierry Miquel. Lui a adjoint la corde Autruche à son élevage bovin traditionnel. Et les steaks du volatile des steppes Africaine- recommandés par les nutritionistes- s'arrachent comme des petits pains. Magrets des «Quatre villages», vin de Martiel, légumes des «jardins de la rivière» ou pain bio du «fournil Chouette du Bugarel», farçous à tire-larigot… La carte gourmande du pays rejoint la corne d'abondance.

La fouace vaut bien une fête> Le 24 août pour Saint Barthélémy. Ce jour-là, il y a deux processions dans le village, celle autour de Saint Barthélémy et celle consistant à promener quatre fouaces géantes en chantant le tube Najacois «Angèle» pour les fêtes de la Saint Barthélémy…

Maleville (12) : Toujours le succès pour l'estofinado / DDM

Nouveau, l'Estofinado Estivale
L'estofinado n'est pas, à proprement parler, une spécialité Najacoise. Pour marcher sur ses (vraies) traces, il convient de courir jusqu'aux confins du bassin et du lot. Là où les gabarriers remontaient la rivière en dessalant le poisson aussi raide que la justice. Traiteur villefranchois, Jean-Paul Duchaine a profité de l'aubaine des «Nocturnes» Najacoises pour imposer sa marque d'Estofinado estivale. Et ça marche. «Lors des premiers marchés, les habitants nous regardaient d'un drôle d'air, et nous expliquaient que la leur était la meilleure…», raconte-t-il. Mais depuis la mi-juillet, sa recette fait merveille. À tel point que ce plat, très hivernal, réussit par ce tour de passe-passe, en forme de clin d'œil, à prendre ses quartiers d'été.

À Najac, les placiers sont deux. Présidents bénévoles du comité des fêtes organisateurs des «Nocturnes» Alain Coque et Alain Saby sont à pied d'œuvre tous les mercredis, dès le début d'après-midi pour monter les tables d'hôtes qui réuniront jusqu'à plus de 1 500 convives lors des pics estivaux. Les producteurs ceinturant l'espace avec leurs étals. Pour les producteurs le coût est de 7 € le m2 et pour les autres de 7 € l'emplacement.



Le grand virage bio
« On voit de plus en plus de gens venir au bio, remarque Henri Dardé, paysan à Najac, mais je trouve que le cahier des charges européen est encore trop laxiste. » Pour beaucoup de gens de la terre engagés de longue date dans cette démarche, la prudence s'affiche lorsqu'est évoquée la bio-industrie copiant-collant certains travers d'un passé proche. La surmultipliée voulue par les pouvoirs publics vers le bio ne risque-t-elle pas, à un moment donné, de provoquer un effet boomerang ? En fixant pour objectif d'atteindre les 6 % de surfaces en agriculture biologique en 2012, le Grenelle de l'environnement érige en règle d'or ce qui était incitatif. Un des fondements de l'agriculture biologique n'est-il pas de considérer le sol comme un milieu vivant, qu'elle cherche à nourrir pour qu'à son tour, il puisse nourrir la plante…

les «nocturnes de Najac», marchés de producteurs de pays du soir



    Producteurs et produits du marché (3/6)   

Publié le 14/08/2014 à 08:03  | La Dépêche du Midi | Pierre Mathieu

Carbonne (31) : le rendez-vous du canard et des bavards

Jenni,  coach et préparateur physique, vient chercher des légumes «pleine forme» au stand de Sylviane Duffau. /Photos PM

Au troisième jour de nos rencontres du marché, rendez-vous du jeudi à Carbonne, petite ville du Volvestre, au sud de Toulouse. On y trouve la tradition et les innovations gourmandes.

À Carbonne, le jeudi, jour de marché, les hommes sont à «la bourse». Comprenez sur la place de la république, à l'entrée de la rue Jean-Jaurès, lieu stratégique pour observer les allées et venues et faire circuler les infos du matin. Là, il est question de vélo pour le circuit de l'après-midi, de collets pour attraper les lapins sauvages, et des jolies femmes qui passent en robes d'été. Mais il ne faudra pas oublier les deux flûtes de pain, raison officielle pour descendre au marché…

Marie Fréchou a une excellente raison d'y venir toutes les semaines, sa Corsa remplie jusqu'au toit de cageots de haricots, tomates, œufs, confitures maison et autre civet de biche que mitonne René, son mari avec qui elle tenait le café-restaurant de Beauchalot. «Je n'ai quasiment pas de retraite, explique-t-elle, et je déprimerais si je restais chez moi !».

Un potager bio pour ses clients végétariens
Toujours vivant, avec 110 producteurs et commerçants jeudi dernier (85 fixes et 25 marchands «volants» et leurs inévitables élastiques à bracelets, les Loom), ce marché évolue : «les gros forains disparaissent peu à peu au profit des petits stands de plats préparés, de producteurs, de spécialités», observe Josiane Liberati, ancienne foraine et élue chargée du commerce.

Dans cette région du bon vivre qu'est le Volvestre, à 20 minutes d'autoroute gratuite au sud de Toulouse, les producteurs se reconnaissent à la variété de leur étal et au ronronnement de leur vitrine réfrigérée.

Au gras de l'hiver, foies gras, magrets, carcasses, succèdent les volailles de l'été : poulets entiers ou en morceaux, filets et aiguillettes de canard maigre, etc.

Sylviane Duffau, comptable de formation, agricultrice de reconversion et cuisinière de vocation est la fermière de Cassagne, à Lacaugne. Un compagnon, quatre grands enfants, 3 000 poulets toutes les six semaines (plus trois fois 700 pintades et 600 chapons castrés à la main avant Noël), un potager bio pour les végétariens… «Et on parvient à ne travailler que 10 heures par jour !» dit cette spécialiste des plannings.


Carbonne. Un pôle d'excellence rurale se dessine ./Photo DDM, G.R.

Ses produits de saison, c'est aiguillettes, merguez et saucisse de canard et pâtés 100 % canard en deux tailles et deux prix, 80 g (2,80 €) et 190 g (4,80 €). Son truc, pour obtenir du moelleux sans ajouter de porc, c'est d'utiliser la peau de la volaille pochée. «La base est toujours la même, explique Sylviane, mais j'essaie des trucs suivant l'humeur, j'ai eu des passages vanille, chocolat ou agrumes, et je me suis rendu compte que ça plaisait, les gens me demandent ce que j'ai de nouveau…»

Ce qui est nouveau, c'est l'ancien : Pour le gavage des canards, Sylviane a trouvé un producteur de maïs qui fait sécher sa récolte en cribs, ces hauts contenants grillagés par où l'air pénètre.
11 heures, le cortège des promeneurs piétine rue Jean-Jaurès entre les stands de vêtements, de fromages, une table d'articles Tupperware. André, le chanteur réaliste se déchaîne sur un refrain de Renaud : «Qu'est-ce qu'il est blême, mon HLM !», qui résonne, anachronique, sous la coquette halle de Carbonne.

Carbonne. Le marché des producteurs s'étoffe / DDM

La placière
Fidèle au poste tous les jeudis, Nadine Dedieu, souriante ex-assistante maternelle devenue placière, se charge d'accueillir les 110 stands qui prennent place au marché de Carbonne. Entre habitués et volants, l'autorité et la souplesse sont requises pour gérer le flot de commerçants, que Nadine enregistre sur un terminal portable en remplacement des anciens tickets de couleur. L'emplacement coûte 0,51 € le mètre linéaire, l'un des moins chers de la région.

 Cuma de gras du Volvestre. / DDM



    Producteurs et produits du marché (4/6)   

Publié le 15/08/2014 à 08:27  | La Dépêche du Midi | Pierre Mathieu

Prayssac (46) : safran, lavande, tourtières et autres gourmandises

Antoine produit quelques centaines de grammes de safran par an. / DDM

À Prayssac, dans le Lot, le marché du vendredi se caractérise par sa vocation exclusivement alimentaire. Une centaine de producteurs et revendeurs de produits d'ici de grande qualité. Ouvert ce jour.

Pour avoir cherché son chien jusqu'au matin, Dominique est arrivée en retard vendredi dernier au marché de Prayssac. Mais à quelques pas de la porte de l'église, il lui restait une petite place où installer ses tourtières. On les appelle aussi pastis, ces gâteaux dorés tapissés de pommes au rhum et coiffés d'une folie de feuilleté. On n'entrera pas ici dans le détail de la recette que quelques cuisinières de Gascogne et Quercy maintiennent en vie (à la condition d'avoir une table assez grande pour y étendre la pâte plus fine qu'un drap). Dominique à peine installée, ses tourtières à 12 € ont commencé à partir… «Est-ce qu'elle supportera dix heures de route ?» s'assure une mère de famille belge sur le départ, qui veut la rapporter comme un trophée. Oui, elle peut voyager. «Je dois la faire réchauffer ?», demande une autre cliente. Non, elle est encore tiède.

Le marché du vendredi à Prayssac (qui a bien lieu ce 15 août) est le plus gourmand du Lot et probablement de la région. Parce que sur la centaine de stands qui se serrent autour de l'église et des petites rues qui en partent en étoile, on trouve exclusivement des produits alimentaires ou floraux. Cherchez ailleurs les pantalons thaïlandais, les éplucheurs à tomates et les stocks à 3 € des chiffonniers.

Tournon-d'Agenais (47) : Foire à la tourtière./Photo DDM Claudine

L'œil captivé par les couleurs
Les parfums se mêlent : melons, pêches, fraises encore, premiers cèpes, fromages, poissons, lavande, croissants, saucissons… et ne se repoussent pas, mais dessinent un cortège olfactif auquel on s'accroche, l'œil capté par les couleurs de droite à gauche. Le billet de 20 € dans le porte-monnaie n'arrivera jamais jusqu'à la Vierge qui veille sur le village de parasols.

À deux mètres de la poissonnerie, voici la lavande de Bernadette Bouchet. «Vous venez de Provence ?». Pas du tout ! De Villesèque, sur le plateau de Sauzet… «Et savez-vous, Monsieur, que la lavande du Quercy était très prisée pour sa grande finesse, explique la productrice en chemise lavande, presque pastel… Vendue en bouquet sec, en sachet de graines, en huile essentielle, la lavande, du bleu au gris au mauve parfume le linge, assainit l'atmosphère, s'invite en bouche : une goutte sur un sucre, dans un kir, quelques graines sur une tarte à l'abricot, dans une crème brûlée. La production est confidentielle, le travail s'apparente à un artisanat agricole. Bernadette a 5 000 pieds, qu'elle désherbe à la main et récolte au taille-haie, qui lui ont avaricieusement consenti 2 litres d'huile essentielle l'an dernier. 4 cette année, qu'elle vend en fioles de 15 ml.


Prayssac. Le marché des producteurs, toujours un succès / DDM

Meilleur ouvrier de France
Antoine Fourcassié ne fait pas non plus dans les grandes quantités. Sur une parcelle de 800 m2, ce paysan bourlingueur revenu à la terre à 34 ans a planté des bulbes de safran pour une récolte qui a affiché 450 grammes sur sa balance d'orfèvre. Utilisé en cuisine, du salé au sucré, le safran a une longue tradition en Quercy : vendu en stigmates (13 € les 0,3 g), il ne risque aucune contrefaçon. Au marché de Prayssac, on ne fait pas dans l'ordinaire. Les croissants sont ceux d'un meilleur ouvrier de France, Michel Blot, reconnaissable à son col bleu-blanc-rouge.

Recette : crème brûlée pomme-safran
Ingrédients (6 pers). 3 pommes en dés par ramequin : 5 jaunes d'œufs ; 80 g de sucre ; 50 cl de crème fraîche ; 40 g de beurre ; 1cl de Calvados ; 20 stigmates de safran.

Préparation. Beurrez 6 ramequins. Coupez les pommes en dés. Les caramélisez avec une noix de beurre et 4 cuillères à soupe de sucre et flambez avec le calvados chaud. Chauffez le safran au four sur du papier aluminium et émiettez-le dans quelques cuillères de lait chaud.
Travaillez les jaunes d'œufs avec 75 g de sucre, ajoutez la crème fraîche et mélangez. Ajoutez le safran à ce mélange. Répartissez les pommes dans les ramequins et remplissez avec le mélange. Faites cuire 20 mn au four préchauffé à 120° au bain-marie. Ajoutez 2 ou 3 stigmates de safran, saupoudrez de sucre roux et faites caramélisez 1 à 2 minutes sous le grill. Consommez frais. safran-du-quercy.com

Un marché pour découvrir et savourer le safran (Cajarc) ./DDM Monique Marcy

Le placier
Le vendredi matin en été, il n'a pas une minute à lui : Philippe Choquet, placier de Prayssac doit répartir une centaine de commerçants et producteurs (60 en hiver) devant acquiter un droit de place d'1,30 € le mètre. Il est l'un des rares à les connaître par leurs noms : entre eux, les commerçants s'appellent par leurs produits : Lavande, Poisson ou Fraise !


Prayssac. Un marché des producteurs pluvieux / DDM



    Producteurs et produits du marché (5/6)   

Publié le 16/08/2014 à 08:23   | La Dépêche du Midi | Pierre Mathieu

Moissac (82) : ces pêches ne comptent pas pour des prunes

Au marché de Moissac, le «circuit court» par excellence : les pêches de Sabine et Manu sont produites à 15 km de la place des Récollets. /Photos PM

À Moissac, le jour de marché est double : samedi et dimanche. On y trouve encore des melons et des abricots, toujours des pêches et des nectarines, et maintenant des prunes.

De tous les marchés de la région, celui de Moissac est le plus fruité : de la fraise au printemps au chasselas en automne, en passant par les cerises, les pêches et les prunes d'été, c'est le rendez-vous des producteurs fruitiers plus de six mois par an. Et ce sont eux, largement minoritaires en nombre de stands, qui attirent les clients et les autres commerçants, vendeurs de parfums d'imitation, de vêtements ou de chaussures (il y a le grand camion d'Eric Garrigues et ses centaines de souliers posés sur leur boîte comme à la parade !).

Le marché des fruits d'été a fait le plein / DDM, LR

1 € les pêches ultramûres
La semaine dernière, comme aujourd'hui et demain, sur le stand de Sabine et Emmanuel Rigal, de la ferme de Guyraudelle, les abricots, pêches et nectarines font une place aux Reines-Claude.

Les pêches produites à 15 km de la place des Récollets s'affichent aux environs de 2 € le kg et le plateau à 8 €. Trois cageots de «fruits à confitures» sont même proposés à 1 € le kg, et c'est là qu'on a trouvé des pêches jaunes, grosses, douces et juteuses, à s'en lécher les doigts. Celles-ci, vous ne les trouverez jamais en supermarché.

Qu'est-ce qui se cache derrière de si bons fruits ? «Six générations d'arboriculteurs ! annonce fièrement Emmanuel Rigal, et une production raisonnée qui permet de diminuer les traitements de moitié : cela veut dire qu'on aura un rendement plus faible, avec certains fruits déclassés ou perdus, mais une qualité plus grande.» Symbole de cette volonté, une coccinelle trotte sur la carte de visite de la ferme, située à Saint-Paul d'Espis. «En même temps, on trouve venant d'Espagne des fruits qui ont subi des traitements phytosanitaires interdits en France», dénonce le producteur. L'Espagne ? Oui, ce sont ces trois lettres écrites au coin des ardoises : esp.

Un véritable festival de saveurs locales / DDM

Le marché russe est fermé
«Vous avez bon poids !», glisse Sabine en rajoutant une nectarine dans un sac. Grand sourire, teint de pêche, la sœur d'Emmanuel ne compte pas non plus ses heures. «En été, c'est 5 h 30 tous les matins, mais j'aime ce travail, produire, vendre, l'échange et le contact avec les gens», dit-elle, passant d'une cliente à l'autre. On se donne des nouvelles, on fait goûter un abricot («ouh, ils sont fermes !») et on fait passer une cagette par-dessus les têtes. «C'est pour le barbecue, quand il pleuvra moins !».

Les conversations du marché mondial s'invitent sur le marché local. Il est question de l'embargo russe aux fruits européens : les acheteurs du nord de l'Europe qui exportent vers l'est renvoient les pommes de Moissac à l'envoyeur. La récolte 2014 qui commence aura du mal à trouver de nouveaux débouchés. Emmanuel et Sabine, fournisseurs de Président, une prune bleue, pour un acheteur et exportateur hollandais subissent déjà une baisse de plus de 30 % du prix de vente.

À un angle du stand de Sabine et Emmanuel, les chatons à donner de Marie-Thérèse se pelotonnent dans leur cage à poule. Ils retourneront à la maison avec les invendus : quelques noisettes, une poignée de haricots verts et une barquette de prunes. À la tête du plus petit stand de tout le marché, où elle vient depuis 30 ans, Marie-Thérèse garde sa place en attendant le grand moment de l'année : le chasselas, dont les premières grappes arriveront samedi prochain au marché de Moissac.


Moissac. Cinquième salon du chocolat pour Aurélie et Cédric Moretto / DDM

La recette du pâtissier
Installé depuis 5 ans rue du marché à Moissac, Cédric Moretto n'ouvre jamais une conserve pour ses tartes fines aux fruits (un plaisir du week-end à moins de 10 €). Le jeune pâtissier fait lui-même la tournée des producteurs pour se fournir en pêches, abricots, prunes et figues.

Sa recette : prendre une pâte sablée, préparer un fond de tarte avec un mélange en quantité égale (50g) de beurre, sucre, œuf et poudre d'amandes , dresser debout 700 g de reines-claudes dénoyautées coupées en deux, saupoudrer de poudre d'amandes (qui pompera le jus en trop) et cuire 45 min à 180°. 6 rue du marché, à Moissac, tél.05 63 04 03 05.

Le placier
Originaire du département, dont il a perdu l'accent mais pas le goût, Christian Mondet voulait retrouver son «pays». Il y est parvenu il y a quelques années en intégrant la police municipale de Moissac. Environ 150 producteurs et commerçants (dont un tiers d'abonnés) font le marché les week-ends d'été. Droit de place moyen : 1 € le mètre. Devoir de discrétion : il est interdit d'annoncer par des cris la nature et le prix des marchandises !

Chasselas AOP à présenter à la fête des fruits de Moissac / DDM



Publié le 17/08/2014  | La Dépêche du Midi | Pierre Mathieu

    Producteurs et produits du marché (6/6)   

A Mirepoix, des fromages pour les nouveaux nez

 


 «Pentecôte à Mirepoix»  / Photo DDM 


Sous les couverts de Mirepoix  / Photo DDM 
 

 
• Autres articles pouvant vous intéresser :
Grand Sud : Après la neige, le froid
Fééries de Noël dans le Grand Sud
Tarn : Timides, les cèpes ! Et ailleurs ?
Incendies, orages, sècheresse : Fin de l' «été indien» ?
Le canal du Midi classé au patrimoine mondial du génie


• Catégories liées :
grand sud
terroir
producteurs
marche


• Commentaires : Cliquez ici pour laisser un commentaire

 
Aucun commentaire n'a été laissé sur cet article. Soyez le premier à laisser un commentaire !
 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement