29/7/2014 Grand Sud : Un animal, un zoo, un parc

      Un animal, un zoo, un parc (1/6)     


Sigean : Martha aujourd'hui agée de 6mois et pesant environ 200 kg en compagnie de sa maman. / Photo DDM

L'été est l'occasion de découvrir les parcs et zoos. Nous vous proposons un tour de piste des animaux emblématiques ou insolites de la région : lions de Sigean, crocodiles de Reptiland dans le Lot,  loups d'Orlu, loutres géantes d'Argelès-Gazost, girafes de Plaisance-du-Touch, l'ours Shadow de Pradinas.


Publié le 08/07/2014 à 08:04  | La Dépêche du Midi |  Sophie Vigroux

A Sigean, le lion Jawad ne boude pas les séances photos

Le lion Jawad, Réserve Africaine de Sigean / Photo DDM

L'été est l'occasion de découvrir les parcs et zoos. Durant toute la semaine, nous vous proposons un tour de piste des animaux emblématiques ou insolites de la région. On débute avec les lions de Sigean.

Jason, Jafar et Jinka : ils sont trois, ce matin, à rester pour la journée, dans la Maison des lions de Sigean. On ne les voit pas. On entend juste leurs rugissements puissants et caverneux qui donnent le frisson. «En réalité, ils communiquent avec le reste de la troupe qui vient juste de sortir pour la journée, dans le parc de 10 hectares», annonce Cyril Vaccaro, leur soigneur.

Les huit autres lions de la Réserve africaine ont déjà gagné la butte, leur coin favori. De là, ils dominent tout et vont prendre la pose sans le savoir pour les visiteurs qui découvrent le parc en voiture. Le beau Jawad, reconnaissable à sa petite crête sur le sommet du crâne, et sa sœur Jordanie se prêtent à la première séance de photos dans une lumière de miel qui réchauffe leur robe ocre. Ces gros «chats» changent de posture avec langueur. Tantôt ils dorment, tantôt ils bâillent, tantôt ils vous regardent droit dans les yeux, histoire de vous rappeler qui est le roi de la jungle !

Nairobi et Naoundé, deux admirables princesses à la réserve 
/ Photo DDM

Les petites lionnes sont de sortie
Ce matin-là, les onze lions de Sigean ne sortent pas ensemble car le groupe compte deux jeunes et adorables recrues : Nairobi et Yaoundé. «On a choisi de sortir ces deux petites lionnes nées le 14 février», poursuit Cyril Vaccaro. Pour leurs premières fois, l'affaire est plus délicate qu'il n'y paraît. Les petites doivent être encadrées par les adultes pour éviter qu'elles ne se perdent dans les herbes hautes. «Il faut les canaliser. Leur mère Génie veille sur elles, aidée des autres femelles de la meute avec lesquelles elles s'entendent bien», ajoute Cyril Vaccaro.

Comme un convoi exceptionnel, trois voitures du parc, dont celle du soigneur, encadrent aussi la montée des félins qui forment un noyau autour des jeunes lionnes. Les petites, un peu fofolles, tentent des embardées. Elles sont aussitôt reprises par la peau du cou et placées dans le droit chemin.


Naissances de lions à la Réserve 
/ Photo DDM

Période de jeûne
Les lions resteront dehors jusqu'à 19 heures. A leur retour à la Maison, ils auront droit à un festin de viande crue. «Mais pas tous les soirs. On respecte les périodes de jeûnes de leur milieu naturel, reprend Cyril Vaccaro. On leur donne du bœuf le lundi soir, du poulet le mardi soir et du bœuf à nouveau le vendredi soir. En hiver, pour compenser la perte énergétique liée au froid, on rajoute une ration de poulet, le dimanche soir», reprend Cyril Vaccaro. A chaque nourrissage, le soigneur distribue 4 kg de viande pour les femelles et 5 kg pour les mâles. Depuis leurs trois mois, Nairobi et Yaoundé commencent à mâchouiller de la viande.

Animal charismatique, le lion est devenu l'emblème de la Réserve africaine de Sigean. C'est sa raison sociale. On le retrouve sur les affiches, sur les voitures des employés, en ouverture du site internet. Sur les onze félins que possède Sigean, Génie est la plus vieille, elle a 9 ans. Puis il y a les trois portées de 2010 : Jason, Jafar, Jinka, nés le 11 juin ; les trois sœurs Jimma, Jibouti, et Jalonké nées le 11 août, les frères et sœurs Jordanie et Jawad nés le 19 novembre. Nairobi et Yaoudé dont les parents sont Génie et Jason complètent la meute.

Le mâle dominant, c'est Jafar. On le repère à sa crinière imposante qui forme un soleil autour de sa tête. «C'est lui qui fait la loi. En cas de bagarre, il s'interpose. Il choisit en priorité sa femme», explique Cyril Vaccaro. Lui parvient à les distinguer tous, grâce à leur morphologie, leurs cicatrices ou le bout de leur queue.

Cyril travaille à la Réserve de Sigean depuis 10 ans. Il a commencé auprès des grands primates puis, de fil en aiguille, il est venu à s'occuper des lions et ne céderait sa place pour rien au monde. «Je me suis pris de passion pour ce félin grégaire. J'aime sa prestance», avoue-t-il. Bien qu'il les côtoie tous les jours, il ne les touche jamais et reste toujours vigilant. «Ils savent qui je suis.» Ils reconnaissent même le bruit de sa voiture.


Fondée en 1974 par Henri de Monfreid, la Réserve africaine de Sigean fête ses 40 ans d’existence cette année. Par JEAN MARIE GUITER

Conseils de prudence
Pour les visiteurs, deux grands panneaux rappellent les conseils de prudence : Ne pas sortir de la voiture, garder les vitres fermées, ne pas s'arrêter. Un garde surveille les visites en permanence. En 1975 et 1978, deux visiteurs se sont fait croquer. «Ce n'est pas parce qu'ils sont nés en captivité, qu'ils ont perdu leur instinct sauvage. Ce ne sont pas des animaux de foire ou de cirque», conclut le soigneur. A bon entendeur…


40 ans de la réserve africaine
La réserve africaine de Sigean accueille plus de 3 800 animaux sur plus de 300 hectares. La faune du parc est essentiellement africaine. On trouve des éléphants, rhinocéros, gnous, zèbres, autruches, pélicans, cigognes, grues, lycaons, guépards… Cette année, la Réserve fête ses 40 ans.
Réserve Africaine de Sigean, tel. 04 68 48 20 20. Entrée : 31 €/adultes, 22€/ enfants, 300 € pass Famille à l'année. Gratuit si vous visitez le parc le jour de votre anniversaire, sur présentation de la carte d'identité.


     Un animal, un zoo, un parc (2/6)     

Publié le 09/07/2014 à 07:54    | La Dépêche du Midi |  Sophie Vigroux

Martel (46) : Pancho, l'homme qui murmure à l'oreille de ses crocodiles

François Gouygou, alias «Pancho», avec le crocodile Ponce, locataire de Reptiland, dans le Lot. / Photo DDM, S.V.

Après les lions de Sigean, nous poursuivons notre tour des animaux incontournables du Grand Sud, avec les crocodiles de Reptiland dans le Lot. Leur maître réussit à imiter leur langage.

Il faut le voir pour le croire. Pancho prend sa respiration et fait sortir un son inimitable des profondeurs de son diaphragme et de sa gorge qui ressemble à : «How ! How ! How !». C'est sa façon à lui de communiquer avec Ponce, Polaris, Sipacli…, ses crocodiles.

Fondateur de Reptiland en 1989, le parc des reptiles de Martel dans le Lot, François Gouygou, dit «Pancho», a appris le langage des crocodiles au Mexique. «C'était en1983. J'ai fait un stage au Zoomat, dans le Chapas, dans le but d'analyser le langage du crocodile de Morelet, c'est une race d'Amérique centrale.»

Doté d'un joli brin de voix et chanteur à ses heures, Pancho n'a aucune difficulté à reproduire des sons. «J'ai une tessiture de trois octaves. Lors de ce stage au Mexique, j'ai cherché à reproduire à la perfection le cri de la maman Morelet.» Mission largement accomplie pour ce Lotois, puisqu'à la fin du stage, Pancho parvient à reproduire une douzaine de séries de gloussements.


Le temps du réveil à Reptiland 
/ Photo DDM

Deux bébés crocos en cadeau
Pour le féliciter, le directeur du Zoomat lui offre deux bébés crocodiles qui venaient tout juste de sortir de l'œuf. «Je me suis dit, ils ne sont pas du tout imprégnés par leur milieu donc je vais jouer le rôle de leur mère», explique Pancho.

Dès leur plus jeune âge, les bébés crocodiles, baptisés entre-temps Sipactli et Polaris, se sont largement familiarisés au langage de Pancho. Quand il ouvre Reptiland en 1989, il les amène. «J'ai aussi récupéré un crocodile du Nil et je les ai mis tous les trois ensemble. Mais ce dernier voulait nous attaquer tous les trois. J'ai gloussé pour l'en dissuader et il s'est arrêté net », raconte Pancho, pas peu fier. Par la suite, à chaque fois qu'il s'approchait du bassin pour nourrir ses «bébés», Pancho les appelait en utilisant le langage Morelet, si bien qu'au fil du temps, le crocodile du Nil a fini par l'apprendre lui aussi.

Fort de pouvoir communiquer avec ses bêtes, Pancho décide de retourner au Mexique, «pour vérifier que je n'apprenais pas n'importe quoi à mes crocodiles». Une fois sur le lac de Catemaco, il se met à glousser. «Les bébés crocodiles viennent. Puis la maman. Les jours suivant, c'est au tour d'un gros mâle de pointer le bout de sa gueule. Là, ça ne m'arrangeait pas… il se demandait qui était cette femelle…»

Aujourd'hui, les «bébés» de Pancho ont 30 ans. Ils vivent toujours à Reptiland. Cipactli partage même son espace avec une tortue offerte par la dernière reine de Madagascar. Elle se prénomme «Old Man» et a 129 ans ! «Sipactli et Old Man sont copains comme cochons. Ils dorment l'un contre l'autre. Alors que dans le milieu naturel, le crocodile n'aurait fait qu'une bouchée de la tortue», plaisante Pancho.


La famille Gouygou, responsable de Reptiland, met un point d'honneur à faire découvrir les reptiles sous un nouveau jour. 
/ Photo DDM

Un don ?
Considère-t-il le fait de pouvoir communiquer avec ses crocodiles comme un don ? «Non, on communique bien avec son chien. Il faut se mettre à la portée des animaux et non mettre les animaux à sa portée», rectifie Pancho. En 1992, Reptiland a accueilli deux caïmans : La Boussole et Ciquita. Eux aussi comprennent le langage Morelet. Au total, le parc possède aujourd'hui huit crocodiles de quatre espèces différentes (crocodiles de Morelet, du Nil, de forêt et caïman). Cipactli, Polaris, Rambo, Nenette, La Boussolle, Ciquita, Ponce et Albert, tous parlent le même langage appris au contact de Pancho.

Que leur dit-il ? Le répertoire est assez simple : «Attention, je vais parler ! ««Y'a à manger !» «Allez vous cacher» «Venez» «Foutez-moi la paix»
Cette année, Ciquita a pondu huit œufs qui, pour l'heure, se développent tranquillement à l'incubateur. Une fois éclos, les petits seront remis à d'autres parcs.

Pancho, 71 ans, n'a rien perdu de sa passion pour les reptiles. Il a passé le relais à son fils Antoine qui gère Repitland depuis 2011, année où le parc a brûlé en partie. Lors de ce drame, 96 animaux sur 300 ont péri. Pancho n'a pas le courage de tout reconstruire. C'est Antoine qui a pris les choses en mains.
Comme son père, il parle aussi le «croco».

./Photo DDM, Jean-Luc Veysset.

Leurs mâchoires
Les crocodiles sont parmi les animaux vivants aux mâchoires les plus puissantes. La morsure du crocodile est d'environ 22 000 newton (une moyenne de 1 113 kg de pression). C'est environ 15 fois la force de la morsure d'un rottweiler, et 3 fois celle du grand requin blanc.

Reptiland
Reptiland est un vivarium touristique basé à Martel dans le Lot qui regroupe 104 espèces et 250 spécimens. En plus des crocodiles, on peut y découvrir des serpents, des lézards, des tortues, des caméléons, des scorpions, des araignées… Tous sont exposés dans un espace couvert à la lumière du jour qui révèle des coloris et des reflets moirés.
Ouvert tous les jours de 10h à 18 h. Entrée adulte : 9,50 €. Enfant : 6 €. Tel. 05 65 37 41 00.


     Un animal, un zoo, un parc (3/6)     

Publié le 10/07/2014 à 08:29   | La Dépêche du Midi |  Sophie Vigroux

A Orlu, les loups ont leur refuge

En Ariège, les vingt loups d'Orlu sont répartis en quatre meutes qui vivent en semi-liberté dans de vastes enclos, à l'ombre de la forêt. /Photo  DDM Jacques Mola.

Après les crocodiles de Martel dans le Lot, notre série sur les animaux insolites de la région s'arrête aujourd'hui, à Orlu, en Ariège. Ici, les loups ont leur Maison.

Le parc des loups se situe de l'autre côté de la rivière Ariège, dans une forêt ombragée, très paisible, où l'eau coule en cascade. La route qui mène ici ne va pas plus loin. Nous sommes dans les Pyrénées ariégeoises aux confins de l'Andorre, à la Maison des Loups d'Orlu. L'endroit est sauvage et relativement étendu – 7 hectares –, il colle parfaitement à l'image que l'on se fait de cet animal, on le parcourt à pied, à son aise.

Les bêtes sont bien là, réparties en quatre enclos : un pour chaque race. «On a quatre loups européens, sept du Canada, six de l'Arctique et trois de Pologne», annonce Pascal Garnier, qui s'occupe de la gestion du parc. La Maison des Loups d'Orlu compte 20 canidés.

Ici, il est difficile de sortir un individu du lot, d'ailleurs aucun des loups n'a été baptisé. «Ils fonctionnent en meute de 3 à 7 bêtes où tous sont parents entre eux.»



/ Photo DDM

La peur du loup
L'homme a peur du loup. À tort. Le loup a encore plus peur de lui et préfère prendre la fuite quand il perçoit sa présence. «On a peu de chances d'en croiser un en forêt. En captivité, c'est l'occasion de le voir de près», reprend Pascal Garnier.

Pour chacun des quatre enclos, une passerelle permet d'admirer les canidés d'en haut, en semi-liberté, sans les déranger. Pascal Garnier agite son trousseau de clefs et les loups du Canada s'approchent du grillage. «Ils pensent que je vais leur donner quelque chose à manger.» Fausse alerte. Les jeunes loups sont reconnaissables à leur pelage noir. En grandissant, ils vont «virer» au blanc. Les bêtes nous regardent, craintives, le regard perçant, la queue entre les jambes. De temps en temps, elles se jettent en l'air pour gober des insectes. Un cours d'eau traverse leur enclos. C'est là qu'ils boivent : «On a même vu des loups attraper des poissons et les croquer», ajoute Pascal Garnier.

Loups du Canada pour le premier nourrissage ./Photo DDM.

15h30, l'heure du goûter
Plus loin, à quelques centaines de mètres, un affût permet d'observer en toute tranquillité les loups de Pologne, cette fois. On les distingue à leur robe fauve. Sur les trois canidés, on compte un couple dominant (alpha) et un oméga.

Tous les jours, à 15 h 30, le public peut assister à une distribution de nourriture, une sorte de goûter généralement constitué de cous de poulet ou de canards. Notre guide grimpe sur un promontoire, se saisit d'un micro et commence les explications tout en jetant des cous aux bêtes. La présentation a lieu devant l'enclos des loups d'Europe à la robe automnale. «Le loup est un animal très intelligent. Il s'adapte très facilement à son environnement. Il n'est ni bon, ni mauvais. Il prélève dans la nature ce dont il a besoin et participe de fait à la régulation de l'écosystème. D'ailleurs, les Indiens d'Amérique disaient que le loup était le médecin des caribous dans la mesure où il assainissait les troupeaux.»



/ Photo DDM

Alpha, bêta, oméga
Cette distribution de nourriture est aussi un bon moyen de déceler le fonctionnement de la hiérarchie à l'intérieur d'une meute. Les termes alpha et oméga prennent alors toute leur signification. «Les loups vivent en meute, c'est-à-dire en famille. Le père et la mère loup forment le couple alpha. Ce sont eux qui dirigent la vie de la meute et qui se reproduisent, dit le guide. On distingue un second mâle, plus gros, – le mâle bêta – dont le rôle est d'aider le couple alpha à gérer la meute. Puis, il y a loup oméga qui sert de souffre-douleur à la meute. Il va réguler toutes les tensions du groupe.»

À l'intérieur d'une meute, les loups communiquent beaucoup entre eux par le regard, l'ouïe, les odeurs, les mimiques, les hurlements dont certains peuvent s'entendre jusqu'à 10 kilomètres.
Disparu depuis les années 30, le loup sauvage est de retour en France depuis 1992. Il est arrivé par les Alpes italiennes. Pas facile de faire cohabiter le pastoralisme avec ses grands prédateurs…


Regroupement avant le repas. Photo DDM, Hélène Dagues.

Le parc
La Maison des Loups à Orlu permet d'approcher les loups en semi-liberté en pleine forêt. En plus des canidés, le public peut découvrir des petits cochons, des chèvres naines, la ferme de Monsieur Seguin, le lac et ses truites, le sentier ornithologique, l'auditorium, le tunnel de vision…
Maison des loups d'Olru, Tel. 05 61 64 02 66 (à Ax-les-Thermes, prendre la direction de l'Andorre»).
Entrée : 8,70 €/ adultes. 7,10 € / enfants. Ouvert de 10h à 19h. 

Le mythe du loup-garou
Le mythe du loup-garou – être humain qui se transforme en loup – est associé à la sorcellerie. Cette métamorphose est appelée lycanthropie. Cette transformation peut être due à plusieurs causes, comme une malédiction ou un rituel volontaire, et plus récemment la morsure d'un loup ou d'un autre lycanthrope. Elle se déclenche généralement durant la nuit et à chaque pleine lune, condamnant le lycanthrope à errer sous forme de loup jusqu'au matin.


     Un animal, un zoo, un parc (4/6)    

Publié le 11/07/2014 à 08:18   | La Dépêche du Midi |  Sophie Vigroux

Argelès-Gazost (65) : Ces loutres géantes sont choyées comme des princesses

La loutre géante est une des espèces de loutre les plus menacées d'Amérique du Sud. Elle a été  exterminée pour sa peau. / Photo DDM DR.

Après les loups d'Orlu, nous voici aujourd'hui dans le parc animalier des Pyrénées, à Argelès-Gazost. Pour ses 15 ans, le lieu a inauguré un pavillon Guyanais où des loutres géantes de Guyane accueillent le public avec beaucoup d'énergie.

Infatigables, elles font et refont des allers-retours à la vitesse de la lumière, dans leur bassin transparent de 18 mètres. Sous l'eau, sur l'eau, sur le dos, sur le ventre, en se propulsant uniquement avec leur queue. Seules, à deux ou à trois. Parfois, elles viennent s'accouder sur les bords du bassin et poussent des cris stridents comme si elles s'adressaient à quelqu'un. À chaque fois, le public ne les quitte pas des yeux. Les loutres géantes du parc animalier des Pyrénées, à Argelès-Gazost, sont une des attractions phares du lieu.

Trois frangins
Ces trois loutres à la bouille rigolote sont en réalité trois frangins qui se ressemblent comme trois gouttes d'eau. Mêmes yeux bien ronds, mêmes petites oreilles, mêmes pattes palmées, même fourrure marron hyperimperméable constituée de deux couches de poils, et même moustache vibrisse qui leur sert de radar en eaux troubles. Seules les taches situées au niveau de la gorge peuvent les différencier. Chacune de ces loutres pèse 30 kilos et mesure deux mètres. Attention, elles peuvent se montrer redoutablement agressives et mordre, surtout quand elles ont faim. Ce n'est pas pour rien qu'on les surnomme les loups des rivières. La loutre géante forme avec le jaguar, l'anaconda, le caïman, le puma et l'aigle féroce, le groupe des grands prédateurs d'Amérique du Sud.



/ Photo DDM

Espérance de vie de 15 ans
Des loutres géantes de Guyane dans le parc animalier des Pyrénées, ça ne fait pas trop couleur locale… Il a fallu la passion, la folie et la détermination d'un homme – Serge Mounard – pour les introduire à Argèles-Gazost. Ici, elles cohabitent avec les marmottes, les vautours, les ours, les lynx, les loups, les isards.

Ces trois loutres géantes de Guyane sont arrivées dans les Hautes-Pyrénées en avril 2013. Ce sont elles qui ont inauguré le pavillon Guyanais qui a ouvert dans sa totalité en avril 2014. Il présente des aras, des geais, des tamarins, des toucans, des ouistitis…

Les loutres géantes de Guyane proviennent du zoo de Doué la Fontaine, situé au cœur de la vallée de la Loire. Âgées de 4 ans, elles ont une espérance de vie qui peut atteindre les 15 ans en captivité. À l'origine, elles étaient baptisées, ici, on ne les appelle plus par leur prénom : «On les laisse naturellement évoluer», précise Serge Mounard.
Pour supporter les hivers pyrénéens rigoureux parfois, les loutres géantes de Guyane ont un deuxième bassin chauffé. Et une cabane en bois. De vraies princesses, ces loutres géantes !

Argelès-Gazost. Deux peluches à observer au parc animalier /Photo DDM J.G.

Parc animalier des Pyrénées, à Argelès-Gazost, ouvert de 9h30 à 19h. Entrée : 11€ enfant ; 16€ adulte. Tel.05.62.97.91.07. www.parc-animalier-pyrenees.com


Un animal, un zoo, un parc (5/6)

Publié le 12/07/2014 à 08:11  | La Dépêche du Midi |  Sophie Vigroux

A Plaisance, les girafes Rahima, Quibale et Onduri jouent les stars

Le soigneur Michaël De Zotti et la vétérinaire Sylvie Clavel devant l'enclos des girafles au zoo de Plaisance-du-Touch. / Photos DDM, S.V.

Après les loutres d'Argelès-Gazost, place aux girafes de Plaisance-du-Touch. Le rendez-vous est pris dans leurs loges à l'heure du petit-déjeuner avec leur soigneur.

Il est 7 heures, le zoo de Plaisance-du-Touch, aux portes de Toulouse, s'éveille sous un soleil de miel. Michaël De Zotti, 29 ans, soigneur animalier, prend son service. Comme tous les matins, il prépare le petit-déjeuner de Rahima, Quibala et Ondiri, les trois demoiselles angolaises au long cou.

Leur ration se compose d'un mélange d'avoine aplati, de granulés de betteraves, de farine d'orge auxquels s'ajoutent des fruits et des légumes. «Aujourd'hui, ce sera bananes, carottes, endives et oignons», précise Michaël. Il faut compter 3 kg de nourriture par animal, matin et soir. Ces trois girafes, toutes des femelles, proviennent du zoo de Dortmund, en Allemagne. Elles sont à Plaisance-du-Touch depuis le mois d'avril, sur les cinq nouveaux hectares du parc. Prochainement, le zoo va accueillir une quatrième girafe. Cette fois, ce sera un mâle pour la reproduction.

Le retour des éléphants au parc zoologique de Plaisance-du-Touch / Photo DDM, Nathalie Saint-Affre.

Elles déjeunent jusqu'à 9 h
Rahima, Quibala et Ondiri passent la nuit dans des box conçus spécialement pour elles. Ils font 9 mètres de haut. En journée, elles sont dehors dans l'enclos qui leur est réservé, non loin des hippopotames Pipo et Fifi.

Michaël a terminé la préparation des collations matinales. Il les verse dans trois seaux qu'il va ensuite accrocher en hauteur sur chacun des portails des enclos. Les girafes s'avancent avec précaution et plongent leurs têtes délicates dans les récipients. Elles prennent une bouchée qu'elles mâchent lentement. Les belles déjeunent de 7 h 30 à 9 heures, à leur rythme.

Michaël passe une heure tous les matins avec elles. «On finit par s'attacher, reconnaît-il. Elles sont très routinières et n'apprécient guère le changement. Ce sont des animaux très craintifs et impulsifs. Au moindre bruit, elles s'affolent. Il faut se méfier de leur coup de patte. Il peut faire très mal», prévient Michaël.

Le menu de leur ration est élaboré par la vétérinaire du zoo, Sylvie Clavel, en poste à Plaisance depuis 12 ans. C'est la première fois qu'il y a des girafes ici. La «véto» a dû «potasser» pour se familiariser avec l'espèce. Elle est même allée à la Réserve africaine de Sigean voir ses collègues.

Girafes de la réserve africaine de Sigean 
/ Photo DDM

Langue noire de 45 cm
«Ces girafes angolaises évoluent dans un climat très aride. Elles sont assez claires et plutôt grandes avec des pattes longues de 1,80 m et un cou de 2 mètres. Elles pèsent autour de 900 kg et sont folivores», précise Sylvie Clavel. Folivores ? «Cela signifie qu'elles mangent des feuilles. Leur appareil digestif est adapté à la digestion des feuilles et non de l'herbe. Il leur faut donc un fourrage et des compléments alimentaires adaptés», ajoute la vétérinaire. Celle-ci n'intervient qu'en cas de problèmes ou pour contrôler leur nourriture. «La girafe est un animal gracieux. Elle évolue à un autre niveau. Elle panique très vite, il faut se méfier.»

Il est 9 heures, le petit-déjeuner est terminé. Michaël ouvre l'enclos, Rahima, Quibala et Ondiri peuvent sortir. Mais là encore, patience ! Tout dépend du bon vouloir de ces demoiselles, impossible de les brusquer. Du haut de leur cou, elles inspectent les lieux puis s'avancent, en marchant à l'amble (elles lèvent les deux jambes du même côté en même temps). Dehors, un filet de luzerne ainsi que des branchages accrochés à un arbre les attendent. Elles le savent et dévorent les feuilles en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Rahima, Quibala et Ondiri attrapent les rameaux avec leur langue noire longue de… 45 cm.

Il est 9 h 30. A la caisse, les premiers billets d'entrée sont imprimés. La panse pleine, Rahima, Quibala et Onduri n'ont plus qu'à affûter leurs plus beaux sourires devant les flashes.

Nouvelles naissances au parc zoologique 
/ Photo DDM

Le parc et la réserve
Créé en 1970, et repris en 1979 par la famille Toniutti, le Zoo African Safari présente 400 animaux issus de 55 espèces dans le parc ( accessible à pied), et 200 animaux issus de 25 espèces dans la réserve africaine (accessible en voiture). Il accueille 160 000 visiteurs par an.
Ouvert tous les jours de 9h30 à 19h30. Adulte : 14,50€. Enfant : 10,80€. www.zoo-africa.com 
Tel. 05.61.86.45.03.


     Un animal, un zoo, un parc (6/6)    

Publié le 13/07/2014 à 09:20  | La Dépêche du Midi |  Sophie Vigroux

Pradinas (12) : L'ours Shadow a tourné dans le même film qu'Angelina Jolie


Maeva et Jean-Philippe Roman au parc animalier de Pradinas, dans la mini-ferme./ Photo DDM

La première série estivale s'achève aujourd'hui avec une vedette : l'ours Shadow du parc animalier de Pradinas en Aveyron. Il tourne pour le cinéma et la publicité.

Ici, dans le parc animalier de Pradinas, en Aveyron, presque que tous les animaux sont des stars. Le plus célèbre d'entre eux, c'est l'ours brun Shadow, il tourne pour le cinéma et la publicité depuis qu'il a 6 mois. Parmi les autres vedettes, il y a l'écureuil Titi, le corbeau Hekel, l'aigle Méfie, le renard Flamenco, le chat Bebert, le lynx Rico, le sanglier Lili..

Leur dresseur à tous, c'est Jean-Philippe Roman. Il a repris ce parc de 14 hectares, dans les vallons du Ségala, avec sa compagne Catherine, il y a 4 ans. «J'ai toujours travaillé avec les animaux pour le cinéma, annonce-t-il. Avant, les Roman étaient basés à Marseille. En dehors des périodes de tournage, leurs animaux restaient sur leur propriété de 6 hectares sans que le public n'ait la possibilité de les voir, faute de place. «J'ai toujours voulu avoir un parc», reconnaît Jean-Philippe Roman. Quand celui de Pradinas fut à vendre, ils ont sauté sur l'occasion pour y installer leur ménagerie.

Pradinas. «Shadow» partenaire de Jean Dujardin 
/ Photo DDM

Ses parents Malek et Câline
Situé près de Sauveterre-de-Rouergue, le parc animalier de Pradinas compte 200 animaux. L'ours Shadow a son propre enclos grillagé et sa piscine où il n'hésite pas à plonger en été pour se rafraîchir. Ses parents, Malek et Câline, ne sont pas très loin. D'ailleurs, son père Malek l'a précédé sur les plateaux de tournage, Shadow a débuté dans son ombre… ce qui a inspiré son nom à son maître (shadow signifiant ombre en anglais). Au fils des ans, l'ours brun a acquis une certaine notoriété, il est devenu la mascotte de Quechua et de Bouygues Télécoms. L'an dernier, Shadow a participé aux «Saisons» de Jacques Perrin, un film dont le but est de montrer la présence de la vie animale sauvage. Il apparaît aussi dans le documentaire animalier de France 2, «Le plus beau pays du monde». Shadow a tourné dans «Sous la surface», un film pour les Américains et dans «Serena», un long-métrage avec Bradley Coper et Angelina Jolie dont la sortie est prévue cette année.

Son prochain tournage est programmé au début en ce début de mois, à Pragues. «Je le transporte en semi-remorque. Il faut compter un jour de voyage, suivi d'un jour de repos, puis deux jours de tournage et après on se repose et on rentre.»
Tous les jours, Shadow réclame 50 kilos de nourriture dont 25 kilos de viande et de poisson et 25 kilos de légumes pour entretenir son imposante stature de 500 kilos. Lors des tournages, son maître achète le ravitaillement sur place «pour que ce soit le plus frais possible.»


Jean-Claude Roman est habitué des plateaux, télé et cinéma… /Photo DDM, SD.

«On n'est pas au cirque»
Shadow ne signe pas d'autographes et visiblement il n'en signera jamais. «Ici, on n'est pas au cirque précise le dresseur. Je fais faire à l'ours ce qu'il peut faire dans la nature. Avec moi, il ne portera jamais un chapeau ou des lunettes et ne mangera jamais des chamalow», tient à préciser Jean-Philippe Roman.

Le dresseur lui a appris à se mettre debout, à grogner, gratter… «C'est ludique. Shadow a conservé son instinct naturel. J'aime les ours qui sont des ours. Dans ce parc, nous avons une éthique. Je lui dis «Debout !» et il se cabre».
Shadow connaît une cinquantaine de mots dont «assis, couché…» Son maître lui parle en français, anglais, allemand et italien.
Shadow a aussi du caractère, «c'est indispensable pour être une star de cinéma.»

Jean-Philippe Roman a contracté la passion des tournages avec les chevaux, «mais j'ai toujours voulu avoir un ours». L'ours et le cheval sont les deux espèces dont il ne saurait se passer. «Les deux n'ont rien à voir. L'une est la proie, l'autre le prédateur.» Le dresseur a des rapports très affectueux avec ses animaux. Par exemple, il n'hésite pas à embrasser Shadow sur la bouche, «un vrai baiser de cinéma». En retour, Shadow le prend dans ses bras.

A -t-il peur parfois de se faire croquer ? «Non, ça va, 30 ans que ça dure !»
Cela n'empêche pas Jean-Philippe Roman d'être prudent. «Il y a des règles à respecter. On ne boit pas d'alcool. On est toujours physiquement en forme.»
L'argent gagné sur les tournages avec ses animaux lui permet de mettre du beurre dans les épinards et de faire vivre le parc. «On est passé de 3 000 entrées à 30 000 !»

/ Photo DDM

Le parc animalier
«L'ours a du caractère, c'est indipensable pour être une star de cinéma!»
Le parc animalier se trouve sur la commune de Pradinas au lieu-dit La Riale.
A pied ou accompagné d'un âne bâté, vous pouvez vous promener dans le parc animalier de Pradinas pour découvrir les ours mais aussi les lynx, les marmottes, les chiens de prairie, les loups, les chèvres, etc...
Ouvert tous les jours de 10h à 19h. Entrée : 11€/ adulte. 7€/ enfant. Tel.09 52 62 01 52 ou 09 57 62 01 52 http ://www.parcanimalierdepradinas.com

Les éléphants de Sigean. / Photo DDM, Jean-Marie Guiter.


 
 

 
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