Castelbouc (48), Gorges du Tarn
Publié le 12/08/2021 | Midi Libre | Ama&ury Caillault
Lozère : Le village de Castelbouc, un diamant brut des causses Méjan

Le village est classé aux bâtiments de France. / ML, Ama&ury Caillault
Avec ses maisons en pierre, son château en ruine et son isolement, ce village attire les visiteurs pendant la période estivale.
Le chemin pour atteindre Castelbouc est à lui seul une péripétie. Entre les virages serrés, la largeur de la route qui est dérisoire et le nombre de voiture impressionnant qui sont garés à la limite des fossés, l’accès est difficile. Pas de quoi décourager les hordes de touristes qui cette année encore étaient nombreuses :
Dans le village de Castelbouc. / ML
"C’est magnifique, on a l’impression d’être coupé du monde", nous raconte cette mère de famille bretonne en vacance pour une semaine.
Et pourtant, l’histoire aurait bien pu se terminer avant même de commencer. En 1971, le dernier habitant du village décède, laissant derrière lui un patrimoine de plusieurs siècles. Avant lui, les locaux avaient privilégié la rive droite du Tarn qui offrait l’électricité.

Le village de Castelbouc, entre Tarn et falaise / Fb
La nature reprend ses droits
Dès le milieu du XXe siècle, le village connaît en effet une sorte d’exode à la technologie. À l’époque déjà, Castelbouc était isolé, signe de solitude. À la mort de ce dernier résistant, le château reste le seul gardien de ces lieux et en quelques années, l’état des maisons rejoint celui de la demeure seigneuriale.
La nature reprend ses droits, l’oublie gagne petit à petit ce coin de Lozère et les journées se transforment en une longue nuit. Son réveil intervient dans les années 1980, plusieurs couples désireux de trouver un peu de calme à la campagne décident d’investir dans le village.
Beaucoup de ces familles sont des descendants des anciens habitants du village. Ils créent alors l’association pour la sauvegarde et la protection de Castelbouc.

Le sentier aux moines / ML
Un village rénové et une trentaine de résidents
Pierre (*), a de nombreux souvenirs dans ce village de son enfance, son père y a rénové trois maisons depuis 1986 : "Pour nous c’était génial quand on était gamin, on venait ici l’été et on se retrouvait avec tous les copains. Il y avait une sorte de liberté, les parents nous laissaient faire nos trucs parce qu’il n’y avait tellement personne, qu’il n’y avait aucun danger."
Nostalgique, ce Marseillais est toujours venu ici l’été, et il continue la tradition : "C’est super parce que maintenant ce sont les petits enfants des propriétaires qui se retrouvent. Nous par exemple, nos enfants adorent venir ici l’été, ils retrouvent leurs copains de vacances."

Les coureurs de l’Ultra Lozère et ceux de la skyrace réunis à Castelbouc. / Midi Libre - Célian Guignard
"L'été, c’est Dysneyland ici"
Pierre lui aimerait bien vivre ici à l’année, il y trouve la paix, le calme, la sérénité dont il a besoin pour s’épanouir : "L’été ce n’est pas la plus belle saison, il y a trop de touristes. C’est Dysneyland ici ! Le mouvement est perpétuel. Mais alors l’automne, mon Dieu c’est magnifique, les causses sont dorés et avec le soleil couchant, ça donne une vue de conte de fées."
Sa femme elle, n’est pas du même avis : "J’aime tout faire à pied, j’aime avoir les choses à proximité, mais là ce n’est pas possible, on est vraiment seul." Dans ce village, une trentaine d’âmes y ont élu domicile durant quelques mois de l’année, les foyers sont en fait pour la grande majorité, des résidences secondaires. On y croise des Bretons, des Lillois, des Marseillais et quelques Lozériens.

La grotte de Castelbouc abrite des empreintes de dinosaures / ML, Louise Gal
Un village, un château et une légende ancrée dans les mémoires
Le bâtiment prend des formes de château fantôme. Perché sur les hauteurs d’un amas rocheux, il est isolé, inatteignable. Seul survivant de l’existence moyenâgeuse du village, il est le porte-parole de la place de Castelbouc dans l’ancien temps.
Preuve des siècles qui passent, le pont qui reliait le château a disparu. Il reste cependant quelques maigres traces de ce chemin si souvent emprunté. Pour cela il faut monter un sentier laissé à l’abandon, plein de ronces et d’arbres, mais à l’arrivée, le spectacle est saisissant.

Magnifiques paysages des Gorges du Tarn / ML, T.L.
Devant nous le château se dresse, fièrement, dominant le Tarn en contrebas et faisant office de garde du corps de ce petit village charmant. Malheureusement, pour les passionnés d’Histoire et d’architecture, l’ouvrage est depuis longtemps, à l’état de ruine.
La décision de sa destruction intervient le 8 juin 1588, en pleine guerre de religion. Les États du Gévaudan en présence de l’évêque de Mende, prennent la décision de détruire le château. Celui-ci est en effet considéré comme un refuge potentiel pour les protestants de Meyrueis, Florac et des Cévennes.

Via-ferrata / ML

Castelbouc (48) / larousse.fr

Canoë sur le Tarn en amont de Castelbouc / ML
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