29/4/2015 Quand Toulouse s'appelait Tolosa

Publié le 26/04/2015 à 07:48 | La Dépêche du Midi |   Recueilli par Philippe Emery

Voici comment vivait Tolosa, la romaine...


Tolosa, la romaine. / Photo DDM

Pierre Pisani, archéologue en chef de Toulouse Métropole a donné, mercredi dernier à l'hôtel d'Assézat (*), une conférence passionnante sur le thème «Découvrir Tolosa romaine». Il revient pour nous sur la création, en bord de Garonne, de cette ville nouvelle non loin du site déjà occupé par les Celtes, bien avant.

Quand et par qui fut créée Tolosa la romaine ?
Au tournant de notre ère, par l'empereur Auguste, qui est venu sur place, avec son gendre Agrippa, réorganiser les provinces gauloises, entre -15 et +15 de notre ère. C'est lui qui a défini Aquitaine, Narbonnaise, Lyonnaise et Gaule belge. Il a aussi décidé de créer des cités telles que Tolosa.

C'était à l'époque, en quelque sorte, une ville nouvelle ?
Oui, elle a la trame et la taille d'une belle ville antique. On peut penser qu'elle comptait 20 000 habitants (ce qui la plaçait parmi les grandes villes de l'époque). Le quadrillage, le plan orthogonal, est typique, qui évoque la fondation de New York, plus près de nous, avec ses rues qui se croisent à angle droit.

Le pont aqueduc et le rempart datent de la même époque ?
L'aqueduc de 8 km de long (dont la moitié était enterrée) amenait l'eau de Lardenne et du Mirail jusqu'au cœur de la rive droite en enjambant la Garonne, non loin de l'actuel Pont-Neuf, par un pont (6 à 8 m au-dessus du fleuve). Il devait aussi supporter piétons et chars. Il est construit aussi au début de notre ère. Le rempart, long de 3 km, avec ses 54 tours et ses 9 m de haut (2m40 de large), est édifié par l'empereur suivant Auguste, Tibère, entre +20 et +30 de notre ère. C'était sans doute une muraille de prestige, ostentatoire, car on se situe en pleine pax romana et les viles antiques sont alors ouvertes.

Comment expliquer que Toulouse ait si peu de vestiges visibles, à la différence de Nîmes ou Arles ?
La ville a perdu de son pouvoir et de son importance après le siège repoussé des Arabes au VIIIe siècle et la défaite des Wisigoths face aux Francs. Une période d'abandon s'est ouverte jusqu'au Moyen-Âge. Il y a eu réemploi de la ville romaine, récupération des matériaux (brique, pierre), intégration du rempart aux nouveaux édifices, construction de nouvelles maisons sur les ruines romaines devenues caves.

Toulouse, c'est un peu la technique de la lasagne ou de la tranche napolitaine ?
Oui, c'est ça (rire). Mais il y a parfois un décalage des rues nouvelles. Même si la rue Saint-Rome épouse le tracé du cardo maximus (l'axe nord sud de la ville). Pour le decumanus (l'axe ouest est croisant le maximus), on retrouve des bouts de rues romaines, aujourd'hui : rue Saint-Jean, entre Dalbade et Carmes.

On n'est pas près de trouver un vestige romain à montrer ?
Avant de faire des fouilles préventives systématiques comme aujourd'hui, on disait : on ne va rien trouver. Maintenant, on pourrait avoir de belles surprises.

Dans le cadre des Mercredis de l'archéologie du labo Traces.

Saint-Sernin
Le site de Saint-Sernin se trouvait hors la ville romaine, au-delà de la porte Nord, où a été édifié le Capitole à partir du XIIe siècle. C'était une nécropole. Un diagnostic archéologique, état des lieux préalable aux fouilles, va être effectué dans un peu plus d'un mois par les services de P. Pisani. Après, la valorisation éventuelle des vestiges mis au jour lors des fouilles dépend de la volonté politique et de la Drac.

Le chiffre : 18 mètres > largeur des rues. Les rues romaines avaient généralement 18 m de large, de façade à façade, et celles de Tolosa dont on a trouvé la trace dans les fouilles ne dérogent pas à la règle.


Publié le 07/02/2015 à 07:53  | La Dépêche du Midi |  Sylvie Roux

Sous les cèdres du square de Gaulle, un bout du rempart, comme neuf !

Ce morceau du rempart sera protégé par une bâche et à nouveau enfoui./DDM. Nathalie Saint-Affre

Un magnifique morceau du rempart antique de Tolosa (Ier siècle) a été découvert hier au square Charles de Gaulle, grâce à un concours de circonstances assez amusant. On le sait, deux cèdres anciens du jardin, malades, ont dû être abattus. La souche de ces vieux arbres a été conservée. La semaine prochaine il est prévu de remplacer ces cèdres par deux grands sujets de 5 à 6 mètres de haut. Mais avant que les jardiniers n'entrent en jeu, les archéologues ont sondé le sol du square qui avait fait l'objet de fouilles préventives avant les travaux de rénovation. C'est en effectuant ces sondages, à l'endroit où il était prévu de planter les nouveaux cèdres, qu'un bout du rempart gallo-romain a été trouvé. Cette muraille vieille de 2000 ans était enfouie sous le parterre central, non loin du donjon du Capitole.

«Notre première surprise a été de trouver ces vestiges à seulement cinquante centimètres de profondeur, car dans d'autres endroits de la ville, comme aux Carmes ils sont beaucoup plus profonds», confie Pierre Pisani, responsable du service archéologique de Toulouse Métropole. «L'autre bonne surprise, c'est qu'en creusant on a mis au jour une paroi remarquablement bien conservée, sur 1,50 m de largeur et 2,40 m de longueur. On sent le côté monumental de l'ouvrage qui devait faire 7 à 8 mètres de haut. C'est toujours émouvant de voir les techniques de construction aussi bien conservées. Il est comme neuf !».

Les archéologues sont formels, ce pan de muraille en briques, moellons et galets de Garonne est incontestablement un vestige du rempart antique qui a été construit au Ier siècle sous l'empire romain pour encercler Toulouse. Cette fortification dotée de plusieurs tours entourait la ville, qui était déjà à l'époque romaine une grande agglomération d'une trentaine d'hectares. «On sait que le rempart de Toulouse passait dans ce coin, car lors des travaux de rénovation du square Charles de Gaulle il y a deux ans on a mis au jour la fondation d'une des tours, la tour Charlemagne, ancienne prison de la ville» confirme Pierre Pisani. «On avait aussi trouvé des morceaux lors de la construction du métro. Aujourd'hui, cette découverte nous permet de préciser le tracé du mur d'enceinte».

Les archéologues ont fait des relevés, pris des photos, et recouvert ce vestige pour le protéger. Des grilles ont été installées pour éviter que quelqu'un s'approche du trou ce week-end. Ce témoignage du lointain passé de Toulouse ne sera pas exposé au public. Dès lundi il sera emmailloté d'une bâche protectrice et à nouveau enfoui sous terre. «C'est la seule façon de protéger ces vestiges et de les conserver pour la postérité. Nous avons fait la même chose pour la tour Charlemagne».

Un vestige d'une tour du rempart gallo-romain est conservé au sous-sol du TNT, près du bar du théâtre. Un autre morceau de la muraille est visible sur le parking de la place Saint-Jacques, derrière la Préfecture. Mais pour comprendre à quoi ressemblait Toulouse au temps des empereurs romains le mieux est encore de visiter la salle du deuxième étage au Musée Saint-Raymond, où sont exposés des fragments antiques trouvés au cours des siècles.


Publié le 19/06/2014 à 03:52  | La Dépêche du Midi |

A la recherche du rempart romain à Toulouse


Deux des élèves au cours de la visite du rempart qu'ils ont examiné à Toulouse. / Photo DDM

Dans le cadre du parcours d'éducation artistique et culturelle mis en place en mai 2013 par le ministère de l'Education nationale, des élèves de sixièmes ont découvert au musée archéologique de l'Institut catholique les 70 mètres du rempart roman de Toulouse. Brillamment conservé et mis en valeur, le rempart érigé par les Romains entourait la ville autrefois appelée Palladia Tolosa. Construit en période de paix, le rempart possédait quatre portes d'entrée monumentales. Les vestiges de la porte narbonnaise se situent sous l'actuel Palais de Justice. Des visites organisées permettent de se rendre compte de sa majesté. Le rempart romain était jalonné d'une cinquantaine de tours dont celle des Hauts-Murats. 

Les élèves, après avoir, à l'aide d'un plan, cherché et trouvé la place susdite ont pu esquisser un croquis en la découvrant au-dessus de portes de garages. Ensuite, ils ont suivi le tracé des anciens voies de communication romaines désignées par l'expression cardo maximus en suivant la rue des Filatiers, des Changes et Rue Saint Rome. A Esquirol, un autre arrêt leur a appris qu'un temple de très grande dimension siégeait à l'emplacement du magasin Darty au sein du forum de Toulouse romaine. Puis, au musée Saint-Raymond, ils ont poursuivi leur découverte de la culture romaine en travaillant sur les représentations en buste ainsi que sur le personnage d'Hercule.


Publié le 16/03/2014 à 11:18   | La Dépêche du Midi |  Recueilli par S.R.


Sur les traces de Tolosa 


Un bout de muraille vieux de 2000 ans ./Photo DDM. M. Viala

Au tout début du Ier siècle, l’empereur Auguste décida de fonder une ville en bord de Garonne. La Semaine de l’Antiquité  propose de remonter le temps jusqu’à l’époque de la cité romaine, à l’époque où Toulouse s’appelait Tolosa.

Amener les Toulousains à comprendre ce qu’était la ville antique, et à réaliser tout ce que lui doit la ville moderne, c’est le but de cette Semaine de l’Antiquité, organisée par les enseignants et les étudiants de l’Université du Mirail, en partenariat avec le Musée Saint-Raymond, musée des Antiques, place Saint-Sernin.

L’Histoire des Toulousains n’a pas commencé pas en l’an 1 avec l’annexion de la Gaule par l’Empire romain et l’édification de Tolossa, grande cité à l’abri d’un rempart, au bord du fleuve, sur l’axe Narbonne-Bordeaux. Il y avait une population locale, les Volsques Tectosages, peuple d’origine celtique selon certains (il y a toujours débat…) installé ici depuis le IVe siècle av.J-C, mais également des Ibères, des Italiens. Mais en 2014, deux milles ans après la mort d’Auguste, c’est Tolosa la romaine qu’on célèbre.

De la ville antique, il ne reste pas grand-chose. Toulouse n’a pas de ruines grandioses comme Nîmes, Arles, ou Lyon. Seuls demeurent quelques morceaux du rempart romain, dont un pan est visible sur un parking derrière la Préfecture, place Saint-Jacques. Un bout de muraille vieux de 2000 ans, qui mériterait d’être mieux indiqué.

Pour comprendre à quoi ressemblait Toulouse au temps des Romains, le mieux est visiter la salle du deuxième étage au Musée Saint-Raymond, où sont exposés des fragments trouvés au cours des siècles, parfois dans des endroits insolites, comme ce bloc sculpté repêché dans la Garonne au XVIIe siècle. Une carte reconstitue le plan de Tolossa Palladia, et une maquette de temple en construction donne une idée de la dimension du monumental sanctuaire, probablement dédié à Jupiter, situé à l’emplacement d’Esquirol. Lors du percement de la ligne A, il y a 20 ans, les archéologues ont trouvé des fragments de colonnes d’Im50 de diamètre recouvertes de marbre, prouvant l’existence d’un temple romain au cœur de Toulouse. Les historiens disent merci au métro, qui a permis de faire un bond dans la connaissance de la cité romaine.

Matthieu Soler, rencontre avec un spécilaliste
Docteur en sciences de l’Antiquité, Matthieu Soler, 29 ans, est un des piliers de La Semaine de l’Antiquité, organisée du 17 au 23 mars par les historiens, archéologues, enseignants, et étudiants en Histoire de l’Université du Mirail, dans le cadre des festivités organisées autour de la thématique «Toulouse la Romaine a 2 000 ans».

Pourquoi les historiens ont-ils choisi cette année 2014 pour célébrer les 2 000 ans de la création de Tolosa ?
Matthieu Soler. On n’a pas la date précise de l’installation des Romains à Toulouse, au Ier siècle. Mais les recherches archéologiques indiquent qu’avant cette période, à cet endroit-là, il n’y avait rien. C’est sous le règne de l’empereur Auguste, mort en 14 après Jésus-Christ que les Romains commencent à bâtir une ville en bord de Garonne, entourée d’un rempart. Tollosa a le statut de «cité romaine», un statut juridique donné par l’empereur lui-même. Cela permet d’affirmer que la Toulouse Romaine, avec son rempart, son temple, son forum, son théâtre a été édifiée dans les années dix/vingt de l’ère chrétienne.

À quoi pouvait ressembler la ville il y a 2 000 ans ?
C’était une enceinte de 90 hectares où vivaient peut-être 10 à 15000 habitants, encerclée par un rempart (sauf le long de la Garonne) qui allait du Palais de Justice au Capitole, en suivant à peu près le tracé des boulevards actuels. Les grands axes, comme la rue Saint-Rome, et les grandes places, comme Esquirol et le Capitole étaient déjà au même endroit. Les fouilles du métro ont permis de localiser beaucoup de choses, comme l’emplacement du temple à Esquirol. Les connaissances ont évolué très vite en quelques décennies, grâce au métro et aux fouilles du quartier Saint-Roch, autour de la caserne Niel.

Toulouse n’a pas la chance d’avoir de belles ruines romaines comme Nîmes. Il y a peu de choses à voir.
Pour comprendre ce qu’était la ville antique, le mieux est de visiter la salle consacrée à Tolosa au musée Saint-Raymond. Et de suivre la visite de l’enceintre romaine que le musée organise samedi, en passant par des endroits qui ne sont pas ouverts du public, dans des caves par exemple.

Le vestige le plus spectaculaire est l’amphithéâtre gallo-romain, à Ancely. Ce site historique est très connu?
Il est connu mais il faudrait encourager les Toulousains à y aller plus souvent. C’est un espace très agréable, ouvert aux beaux jours. Le rêve serait d’y créer un pavillon avec une reconstitution en 3d de l’amphithéâtre tel qu’il était à l’époque gallo-romaine. Cela permettrait au public de visualiser l’ensemble et de se promener virtuellement à l’intérieur de l’amphithéâtre. Mais cela représente des budgets.

Pourquoi un jeune historien chercheur de 29 ans comme vous est-il autant passionné par l’Antiquité ?
J’ai toujours eu un attrait pour l’Histoire, qui date je pense de l’école. J’ai hésité à me spécialiser dans la période médiévale, mais ce qui me plaît dans l’Antiquité ce sont les sources. Je préfère étudier des vestiges archéologiques que des vieux papiers.
Ma vraie spécialité ce sont les amphithéâtres, qui m’intéressent surtout pour tous les enjeux socioculturels qui se jouaient dans ces enceintes. Je suis aussi archéologue. En ce moment je fouille un oppidum gaulois au Nord d’Auch dans le Gers.
Matthieu Soler, enseignant chercheur en histoire ancienne à l’université du Mirail


Publié le 02/02/2014 à 07:30  | La Dépêche du Midi |  Paul Courtois

Toulouse a 2 000 ans !

Le rempart tel qu'il est encore visible aujourd'hui./Photo DDM DR

Après les Bimillénaires de Paris en 1951 ou de Lyon en 1958, c’est au tour de Toulouse de fêter son deux millième anniversaire, à l’initiative de Matthieu Soler, docteur en histoire.

Bien que l’on ne connaisse pas la date précise de la fondation de la ville de Toulouse, «nous savons qu’elle a été fondée par Auguste, premier empereur romain or, Auguste est mort en l’an 14 et la ville de Toulouse n’a donc pas pu être créée après cette date. Il est donc grand temps de célébrer ce Bimillénaire de la ville», explique Matthieu Soler, docteur en histoire.

Avant l’arrivée des romains, Toulouse était peuplée par des Gaulois sur les coteaux dominant la rive droite de la Garonne, emplacement de Vieille-Toulouse aujourd’hui. Avec l’arrivée des romains, les coteaux furent abandonnés et la ville commença à se développer sur la plaine qui borde la rive droite de la Garonne. «La ville de Toulouse romaine était d’une superficie de 90 hectares environ, entourée par un superbe rempart, fait de briques rouges et de pierre, encore visible aujourd’hui. Le plan de Toulouse antique est parfaitement lisible, presque calqué sur l’hypercentre actuel, il faut simplement le signaler davantage au visiteur. Par exemple, au temps des romains déjà, la Rue Saint Rome était un des axes principaux de la ville», explique Matthieu Soler. 

En ce qui concerne la population de la ville, il est difficile de définir des chiffres exacts. «Toulouse était à l’époque une grande ville moyenne, accueillant entre 15 000 et 20 000 habitants. Cela correspond à la population de Pompéi pour donner une échelle de comparaison», d’après Jean-Marie Pailler, professeur émérite de l’Université de Toulouse. La population était alors composée de romains et de gaulois mais aussi d’Ibères, d’Italiens et même de quelques Grecs. Il y a 2 000 ans, «Tolosa» était une plateforme commerciale importante pour le commerce du vin italien car c’est un passage stratégique entre Narbonne et Bordeaux. Les nombreuses amphores retrouvées lors de fouilles archéologiques permettent de confirmer cette théorie. Les nombreux événements organisés pour célébrer le Bimillénaire de la ville seront aussi l’occasion de sensibiliser à la conservation du patrimoine afin que ne se reproduisent pas les événements de 1971 et 1989, où une porte de la ville avait été détruite sur le Capitole ainsi qu’ un rempart antique, place Saint-Pierre.

Le chiffre : 15 000 Toulousains > C’est leur nombre estimé en l’an 14. On estime entre 15 et 20.000 le nombre d’habitants de la ville il y a 2000 ans.


Publié le 07/11/2013 à 07:29  | La Dépêche du Midi |  Philippe Emery

Une tour du rempart antique découverte sous le lycée Fermat

Pierre Pisani,  responsable des fouilles pour Toulouse Métropole et le mur découvert./Photo DDM, F. Charmeux

Une tour du rempart antique a été mise au jour dans une cave, sous l’internat du lycée Fermat. Les vestiges, vieux de 2000 ans, seront conservés après études.

Toulouse n’est pas Rome. Mais la Ville rose, comme la Ville éternelle, cache dans ses profondeurs les vestiges des temps antiques ou médiévaux, comme si la vieille cité gallo-romaine s’était construite et reconstruite sans cesse sur ses couches gauloises, romaines, wisigothiques ou médiévales.

Vous vous souvenez peut-être de cette scène du film «Roma» de Fellini, où le percement du métro romain débouchait sur la découverte de peintures antiques. Hier, dans une cave du lycée Fermat, sous l’internat, tout près de la petite rue Larrey, la scène aurait pu figurer, toutes proportions gardées, dans un remake titré «Tolosa».

Pierre Pisani, responsable du service Archéologie de Toulouse Métropole, revêtu d’un gilet jaune fluorescent, aurait pu être un des acteurs du film, avec le spectaculaire morceau de rempart antique que son équipe vient de mettre au jour. Derrière lui, deux jeunes archéologues casqués de blanc, creusaient le sol au pied du mur circulaire d’1m20 de haut sur 10 m de diamètre, tentant d’en dégager les fondations.

«Nous effectuons depuis la semaine dernière un diagnostic archéologique au lycée Fermat, à la demande de la Région, dans l’optique de la rénovation importante projetée sur cet établissement scolaire», explique Pierre Pisani, «nous avons découvert, dans une cour du lycée, des vestiges médiévaux d’une chapelle liée aux Jacobins tout proches. Ici, dans cette cave, nous savions pouvoir trouver un morceau du rempart antique construit en L’an 30 de notre ère sous le règne de l’empereur Tibère. Un vestige dont on connaissait l’existence depuis la construction du lycée moderne dans les années soixante. Nous avons en fait mis au jour les restes, en très bonne conservation, d’une tour de ce rempart, comme il en existait une cinquantaine, environ tous les 50 m, tout au long du rempart de 3 km de long dont le tracé part du Palais de Justice, pour rejoindre les boulevards, le Capitole, le lycée Fermat et la Garonne, place Saint-Pierre», poursuit l’archéologue.

Le mur, construit en moellons de pierre calcaire (il était surmonté d’un mur de briques qui a disparu), fera l’objet de sondages et relevés divers, puis conservé sous une bâche. Il restera accessible, notamment aux fins de visites éventuelles voire pédagogiques, comme l’a suggéré hier le proviseur du lycée.

Le chiffre : 10 mètres > de diamètre. Les vestiges de la tour antique mise au jour mesurent 1m20 de haut pour 10 m de diamètre. La tour mesurait 8 m de haut, à l’origine, en l’An 30


Publié le 01/08/2013 à 08:31  | La Dépêche du Midi | J.-N. G.

Archéologie : sous nos pas, toute l'histoire de Toulouse


Carte des dernières découvertes archéologiques à Toulouse / Photo DDM

Une tannerie du XVIIIe siècle vient d’être mise au jour à Saint-Pierre. Depuis un an, les archéologues multiplient les découvertes sur le passé de Toulouse.

Toulouse change et chacune de ces mutations est aussi l’occasion d’un retour dans le passé. Sur les chantiers, avant toute construction, les archéologues sont maîtres du terrain. Et, depuis un an, avec la création d’un service spécialisé au sein de la communauté urbaine, ces experts n’ont cessé de mettre au jour des pans de notre histoire. Vestiges néolithiques, fermes gauloises, aqueduc gallo-romain... une balade dans le temps.

La semaine dernière, dans la partie basse de la place Saint-Pierre, là où l’urbaniste Joan Busquets prévoit de construire de grands escaliers qui descendent vers la Garonne, des sondages ont révélé la présence d’un morceau du rempart gallo-romain qui ceinturait «Tolosa».

Puis les archéologues ont mis au jour non pas des vestiges du pont médiéval qu’ils espéraient trouver mais une tannerie du XVIIIe siècle, mentionnée sur le cadastre, avec son four, deux bacs de décantation et même des restes de chaux... Une trace d’un des nombreux métiers qui ont longtemps colonisé le bord du fleuve. Expertisées, photographiées, ces pièces ont été laissées en l’état et à nouveau ensevelies. «Selon leur intérêt, la Direction régionale des affaires culturelles dira si nous devons mener des fouilles», indique Pierre Pisani, responsable du service.

Aqueduc à la fac
En juillet, aux Izards, les archéologues ont fait un bon vers 1900 en dégageant une noria qui alimentait en eau les maraîchages. Peu de temps avant, c’est l’aqueduc gallo-romain de Toulouse, vieux de 2000 ans, qui a été exhumé dans le parc de l’université du Mirail.

En juin, près de l’ancienne piste d’Air France à Montaudran, les fondations de deux fermes gauloises sont apparues aux yeux des archéologues. Tout comme sur le site du futur parc des expos à Beauzelle.

Il y a deux ans, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) avait mené d’importants chantiers: au Bazacle sous la future école d’économie avec la découverte d’un édifice de l’époque wisigothe et dans le square du Capitole avec un mur qui pourrait être la façade de la maison commune, l’ancêtre médiéval du Capitole.

Hôtel particulier, aqueduc, amphores...
Fouillée par les archéologues depuis le 8 juillet, une partie de la cour du lycée Saint-Sernin révèle progressivement les fondations d’un hôtel particulier daté aux alentours du XVIIIe siècle. Pour l’équipe de quatre archéologues de l’INRAP, l’objectif est de collecter le maximum d’informations avant que le site ne soit détruit. Ils ont creusé jusqu’à 1,80m de profondeur, dévoilant de nombreux objets du quotidien. Céramiques, os et nécessaires de coutures ont ainsi été trouvés parmi les vestiges. Le site sera creusé tout l’été jusqu’à début septembre en vue de la construction d’un amphithéâtre en plein air.

Les archéologues connaissaient l’existence de l’aqueduc gallo-romain de Toulouse depuis le début des années soixante grâce à des sondages de terrain réalisés à l’époque. Mais ce n’est que récemment que ce monument de la ville a été exhumé par les archéologues de la communauté urbaine: 200 mètres en juin à Bellefontaine et 650 mètres en juillet dans le parc de l’université du Mirail. L’aqueduc servait à capter les sources qui se trouvaient dans le secteur de Lardenne pour acheminer l’eau dans le centre-ville.

L’an dernier, le musée Saint-Raymond a présenté pas moins de 14 000 objets issus de la plus importante campagne de fouilles menées ces dernières années dans la Ville rose. Pendant 21 mois, jusqu’en 2011, Peter Jud et la société Archeodunum ont fouillé le vaste site de l’ancienne caserne Niel. Ils ont trouvé des vestiges du néolithique, notamment 80 tombes et des urnes remplies de toutes sortes d’objets. Mais c’est surtout la période gauloise qui a retenu leur attention. Nos ancêtres avaient fait de ce lieu situé près de la Garonne un important site de commerce à grande échelle. Une centaine de tonnes d’amphores servant à transporter du vin ont notamment été exhumées.


Publié le 02/07/2013 à 08:28  | La Dépêche du Midi |  Gilles-R. Souillés

L'aqueduc romain est sorti de terre


L'aqueduc a été mis au jour sur le campus universitaire du Mirail./Photo DDM, Michel Labonne

Ce monument majeur de l’antiquité toulousaine a été mis au jour sur le campus de l’université du Mirail. Au premier siècle de notre ère, il approvisionnait le centre-ville en eau de source.

Les archéologues connaissaient son existence depuis, au moins, le début des années soixante. Grâce à des sondages de terrain réalisés à l’époque. Mais c’est seulement aujourd’hui, que les lignes épurées de l’aqueduc romain qui ravitaillait Tolosa en eau de source sont exhumées. Confirmant les intuitions des chercheurs.

«On se doutait qu’il passait par là. C’est sans doute un des monuments majeurs de notre antiquité, souligne Pierre Pisani, le responsable du service archéologie de la communauté urbaine. L’édifice qui alimentait une partie de la ville mesure 1,50 m de largeur et 1,50 m de hauteur. Il s’est très bien conservé, à un petit mètre sous terre. Seule la partie supérieure est manquante». C’est dans l’enceinte du campus universitaire du Mirail que ce kilomètre de canalisation vieux de 2000 ans, mais encore en état, a été localisé. «Il est mieux conservé que dans le quartier Bellefontaine», précise Pierre Pisani.

Bellefontaine qui n’a jamais aussi bien porté son nom. «L’aqueduc partait de la source de Montlong, qui existe toujours et ralliait la place Rouaix, dans le quartier Esquirol d’aujourd’hui, via La Cépière et Saint-Cyprien avant de traverser la Garonne. Sur son passage, il captait toutes les autres sources naturelles, Bellefontaine ou Fontaine-Lestang». La toponymie n’est jamais loin de l’Histoire. Avec toujours une pointe d’émotion pour les archéologues face à l’ingéniosité et le savoir-faire de nos ancêtres.

«Cet aqueduc est de style romain classique, édifié sans doute dans la première moitié du premier siècle après Jésus-Christ», note Pierre Pisani. Hier, lui et son équipe ont continué à dégager une partie de l’ouvrage pour prélever et enregistrer un maximum de données (lire ci-contre). Car, il va malheureusement falloir reboucher le trou. Mais peut-être pas tout à fait… Comme l’aqueduc a été déterré dans le cadre des travaux de rénovation de la fac du Mirail, l’université aimerait en conserver une partie visible, près du château. L’idée a été lancée, même s’il n’est pas certain que des crédits soient disponibles pour la conservation et l’exposition de l’ouvrage. Dans un établissement consacré entre autres disciplines aux sciences humaines et particulièrement à l’histoire, cette fenêtre ouverte sur notre passé serait pourtant de bon aloi. Les archéologues ne demandent que ça.


Publié le 08/11/2012 à 08:41  | La Dépêche du Midi |  Philippe Emery

Un rempart romain dévoilé à Saint-Pierre


Pierre Pisani, responsable des fouilles, pose sur le morceau de rempart mis au jour./photo DDM, Michel Viala.

Un morceau de rempart antique a été mis au jour, hier, lors de fouilles archéologiques préventives, place Saint-Pierre. Il sera probablement conservé en sous-sol.

Les clients des bars de la place ou les passants arpentant les quais n'ont sans doute rien vu. Hier, pendant quelques heures, derrière les palissades du chantier de réhabilitation de la place Saint-Pierre, on pouvait pourtant y faire un prodigieux bond en arrière, de quelque deux millénaires. Sous les pelleteuses, au fond d'un trou méticuleusement creusé, est apparu hier matin un morceau du rempart antique, vieux de deux mille ans, qui enserrait Tolosa à l'époque gallo-romaine.

«On savait qu'il était par là. D'ailleurs un vestige du mur antique est visible à l'entrée de l'ex hôpital Larrey, à l'angle avec le bar Le Saint des Seins », avoue Pierre Pisani, le sourire aux lèvres et le gilet orange sur les épaules. Le responsable du service archéologique de la communauté urbaine de Toulouse Métropole vient de faire la première découverte du tout nouvel outil de fouilles archéologiques (six agents y travaillent) dont s'est dotée la collectivité locale.

Plusieurs tonnes
«C'est un morceau du rempart antique qui s'est couché sur le flanc pour une raison qu'on ignore, il y a probablement des siècles. Il s'agit de la base en pierre calcaire du mur de brique qui faisait autrefois 12 m de haut et enserrait toute la cité antique, de la Garonne à l'actuel Capitole puis au boulevard Carnot et au palais de justice», poursuit Pierre Pisani.

Là, on aperçoit, au fond du trou de 2m50 de profondeur, un cube de pierres agrégées d'environ 1m50 de côté. «Cela pèse plusieurs tonnes et c'est difficilement déplaçable», précise le responsable. «On va faire un rapport à la Drac (direction régionale des affaires culturelles, service de l'état), qui décidera des suites à donner à cette découverte», précise Pierre Pisani.
Le morceau de mur, vieux de deux mille ans, mis au jour hier matin devait toutefois être recouvert en fin d'après-midi.

«Il ne risque rien à cette profondeur. Il est probable qu'il y reste car la mise en gradins de la place Saint-Pierre ne commence que plus loin vers le fleuve, et le rempart devrait rester à l'endroit ou on l'a trouvé», ajoute le chef du chantier de fouilles, «un signalement sera sans doute fait en surface, au-dessus, afin de marquer l'emplacement du rempart antique comme cela a été fait au square du Capitole sur l'emplacement de ce même mur».

Palais des wisigoths
Décidément, le quartier Saint-Pierre ne cesse de révéler un passé riche et antique. On savait qu'il avait abrité le palais toulousains des rois wisigothiques qui ont régné, de la Loire à l'Andalousie, depuis Toulouse, au Ve siècle.

Les vestiges de cette demeure royale avaient été mis à jour lors de la démolition de l'ancien hôpital Larrey, il y a une vingtaine d'années, mais les bulldozers les avaient aussitôt, et discrètement, ensevelis.Des vestiges de l'ère wisigothique ont aussi été trouvés à Saint-Pierre-des-Cuisines, de l'autre côté de la place.

Le mur gallo-romain dont on a découvert un morceau hier à Saint-Pierre n'a rien à voir avec le rempart qui longe le boulevard Duportal et la cité universitaire de l'Arsenal, tout proche. Ce rempart médiéval a été construit au XIIIe siècle et englobait le quartier Saint-Sernin alors que le mur antique a été édifié durant la première moitié du Ier siècle de notre ère.

Le chiffre : 3 km > La longueur du mur antique. Le mur gallo-romain construit en 20 ou 30 après Jésus-Christ enserrait Tolosa sur 3 km de long. La cité antique couvrait 90 ha sur la rive droite de la Garonne. Le rempart mesurait 12 m de haut sur2 m 40 de large.


Publié le 30/07/2012 à 10:28  | La Dépêche du Midi |  Philippe Emery

Saint-Raymond : Les Celtes aimaient le vin, le bœuf et les bijoux en bronze


Une sépulture non datée fouillée à Niel. On ne sait pas si les Gaulois inhumaient ou incinéraient leurs morts./Photo Musée Saint-Raymond

Jusqu'ici on prenait les Gaulois du IIe siècle avant notre ère pour des gens vivant dans des huttes en bois et torchis, habiles forgerons mais plutôt incultes, parmi lesquels seuls les druides savaient écrire. La découverte, dans le cadre des fouilles réalisées sur le site de l'ex-caserne Niel, d'un fragment de tablette en bois, recouverte de cire, utilisée pour écrire, plus ancienne tablette à écrire trouvée en Gaule, permet de penser que nos ancêtres n'étaient pas si ignares.

Ipad de l'âge de fer
L'objet est présenté dans l'exposition «Brut de fouilles» du Musée des Antiques Saint-Raymond (*). La mise au jour de cette sorte d'ipad de l'âge de fer montre que les Toulousains de l'époque, avant même l'arrivée des Romains, «utilisaient l'écriture, sans doute pour tenir des comptes», explique Claudine Jacquet, commissaire de l'exposition «Brut de fouilles».

Une expo qui permet de remonter aux origines de Tolosa, une des rares villes de France à porter le même nom depuis deux millénaires, avec des vestiges prouvant la présence humaine sur le site toulousain il y a 5 000 ans avant notre ère.

On découvre dans le beau bâtiment faisant face à la basilique Saint-Sernin des vestiges du néolithique, de la nécropole à incinération qui occupa le secteur de Saint-Roch à l'âge de bronze, et un amoncellement d'amphores à vin, de vases, de pots, de bijoux et outils en bronze ou en bois, et même des bouchons de liège avec les initiales des producteurs de vin italien transporté en masse, semble-t-il, à cette époque pré gallo-romaine (du IIe et Ier siècle avant notre ère).

«Les archéologues ont retiré 90 tonnes de fragments d'amphore, ce qui représente 10 000 amphores soit 200 000 litres de vin, du sous-sol de Niel, explique Claudine Jacquet, alors que l'agglomération gauloise de Saint-Roch, un des trois sites originels de Toulouse avec Vieille-Toulouse et Ancely, pouvait s'étendre des rives de la Garonne jusqu'aux Récollets et à Saint-Agne, sur 40 à 60 ha».

Nos ancêtres de Saint-Roch étaient sans doute de fieffés buveurs de vin, qu'ils importaient par bateaux entiers d'Italie (débarqués à Agde puis Narbonne et transporté en chariot ou dos de cheval ou de mulet par la vallée de l'Aude, puis vers Bordeaux sur la Garonne). On ne cultivait pas encore la vigne en Gaule, mais Toulouse était une plaque tournante du commerce du vin entre Méditerranée et Atlantique.

Le chiffre : 90  tonnes > de fragments d'amphores. Ont été retirées des fouilles réalisées seulement sur 2,6 des 40 ou 60 ha que comptait l'agglomération celte de Saint-Roch. 30 tonnes vont être conservées. Les archéologues ont aussi retiré 6 tonnes de céramiques (vases, pots) et 1 tonne d'ossements d'animaux (surtout du bœuf mais aussi porc et mouton). 70 sépultures humaines datant de la fin de l'âge de bronze ont aussi été fouillées.


Publié le 27/04/2010 à 16:03  | La Dépêche du Midi |


Une carte pour décrypter l'histoire de la Ville rose


Les vestiges de Toulouse / Photo DDM

Fin 2010, la carte archéologique de Toulouse sera mise en ligne. L'occasion pour les curieux de découvrir l'organisation de la Ville rose pendant l'Antiquité et le Moyen-Âge.

Sous les rues, les immeubles, et les places de la Ville rose, les vestiges du passé dorment patiemment. Qu'ils datent de l'Âge du bronze, de l'Antiquité, ou du Moyen Âge, ils ne se dévoilent que lorsqu'un chantier permet aux archéologues de troubler leur tranquillité. Mais au fil des années et des fouilles, les chercheurs ont recueilli de nombreuses données, et parviennent aujourd'hui à reconstituer l'évolution de la Ville rose à travers les siècles. Et si l'accès à cette histoire est encore difficile pour le grand public, les barrières à la connaissance devraient bientôt être levées. Car fin 2010, la carte archéologique de Toulouse sera mise en ligne sur le site «urban-hist» des archives municipales. Il reste donc un peu de temps à la mairie et à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), coproducteurs du projet, pour peaufiner leur bébé. Une fois terminé, il donnera la possibilité aux curieux de faire le tour en quelques clics des grands ensembles locaux de l'Antiquité et du Moyen Âge.

Comprendre l'organisation de la ville selon les époques
«Les internautes navigueront sur la carte, pourront zoomer, et cliquer sur les sites qui les intéressent pour accéder à une fiche détaillée. Tous les endroits qui ont été fouillés par le passé seront présents sur l'application», explique Olivier Gaiffe, responsable de la carte archéologique à la DRAC. En baladant leurs souris sur les remparts gallo-romains, ou en visualisant le château narbonnais du XIIIe siècle, les Toulousains pourront donc comprendre l'organisation de la ville selon les époques. Et comme les chercheurs sont encore loin d'avoir tout découvert, des informations sur les fouilles en cours, comme celles de l'ancienne caserne Niel (voir en bas de page), seront également disponibles sur la carte virtuelle.

Fouilles - Site de Niel : un trésor Gaulois
Le centre de la ville antique n'a pas toujours été situé près d'Esquirol. Avant que les Romains ne transforment la région de Toulouse en province, aux alentours de 120 avant Jésus-Christ, les Gaulois étaient installés dans l'actuel quartier Saint-Agne de la Ville rose. C'est ce que nous apprennent les fouilles archéologiques en cours sur le site de l'ancienne caserne Niel. Débutées en octobre 2009, elles mettent progressivement au jour les vestiges de nos lointains ancêtres. En plus des outils et des structures de bâtisses, ou des ossements d'hommes et d'animaux, ce sont surtout des dizaines de milliers d'amphores de v in qui sont sorties de terre. Et le fait qu'aucune d'entre elles n'aient été retrouvées fermées autorise les archéologues à penser que la consommation s'est faite sur place. «Même si rien n'est sûr, on peut supposer que le site était un lieu de fêtes ou de grands rassemblements pour les Gaulois de la région. En tout cas, au IIe siècle avant notre ère, faire venir autant d'amphores jusqu'à Toulouse impliquait des coûts de transport monstrueux. Elles devaient arriver de l'étranger par bateau, et être déchargées à Narbonne », expliquait récemment Peter Jud, le responsable des fouilles. Mais l'ancienne caserne Niel abrite aussi, sous les vestiges de l'époque gauloise, d'autres traces humaines beaucoup plus anciennes. Au IXe siècle avant Jésus-Christ, à la fin de l'âge du bronze, les populations locales venaient en effet enterrer leurs morts dans le quartier. «C'est vraiment un site hors du commun, ce qu'on trouve ici dépasse toutes nos espérances. En quarante ans d'archéologie, je n'ai jamais vu ça », se réjouit Peter Jud. Les fouilles devraient s'achever en janvier 2011, pour laisser place à un ensemble immobilier.

Toulouse, de l'Antiquité au Moyen-Âge
De par sa situation géographique, Toulouse se trouve dès l'Antiquité sur la route reliant la mer Méditerranée à l'océan Atlantique. «Ce rôle de carrefour explique l'importance de la ville autour du Ier siècle après Jésus-Christ, à l'époque gallo-romaine», souligne Olivier Gaiffe, responsable de la carte archéologique à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Pour protéger la cité, baptisée Tolosa, les Romains édifient un rempart de trois kilomètres de long, qui part de l'actuelle place Saint-Pierre pour rejoindre, en arc de cercle, le palais de justice (voir carte ci-contre). Sous l'occupation romaine, la ville s'étend ainsi sur près de 90 hectares. «Une superficie non négligeable pour l'époque. Mais ce qui souligne surtout son importance, c'est que très peu de villes gauloises ont eu le privilège d'être fortifiées», précise Olivier Gaiffe. Et si, avant l'arrivée des Romains dans la région toulousaine, le centre de la cité gauloise est situé dans le quartier Saint-Agne (voir encadré ci-dessous), il est très rapidement déplacé vers Esquirol, où un forum voit le jour. Pour acheminer l'eau depuis le Mirail, les architectes impériaux construisent également un aqueduc au sud de l'actuel Pont-Neuf.

Autre époque, autre organisation géographique. Au XIIIe siècle après Jésus-Christ, les Comtes de Toulouse règnent en maîtres sur une région allant de Midi-Pyrénées au Languedoc-Roussillon. Ils font bâtir leur fief, le château narbonnais, au niveau de l'actuel palais de justice, et prolongent les remparts antiques pour agrandir la ville. Construisant un pont sur la Garonne, ils étendent le territoire de Toulouse à la rive gauche.

Le chiffre : 800 mètres carrés> C'est la taille d'un cimetière du Moyen-Âge. Datant du XIIe siècle, il a été découvert en 2003 lors de la construction des bâtiments de la DRAC, rue de la Dalbade.

«Hormis les travaux des lignes de métro, il y a très peu d'occasions de fouiller le centre-ville».
Olivier GAIFFE, responsable de la carte archéologique de Toulouse au sein de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC)

Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr


Dix tonnes de fragments d'amphores gauloises ont déjà été retrouvées dans les sols de l'ancienne caserne Niel. / Photo DDM, Michel Viala


 
 
 

 
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Le 16/3/2017 par Christian Darles :

Félicitations pour ce travail particulièrement fidèle et honnête. Je vous invite de consulter, si ce n'est déjà fait, le livre de JM Pailler avec P. Moret et moi, même "Toulouse, naissance d'une ville" éditions midi-pyrénéennes. Bravo

Le 16/3/2017 par Balades du dimanche à vélo :

merci de votre article "Quand Toulouse s'appelait Tolosa".
Il m'a permis de construire et d'illustrer la future balade à vélo dans Toulouse que l'association 2P2R organise ce 23 avril 2017.
Peut-être que l'auteur de cet article aura plaisir à ce joindre à nous ce jour là.

Marie-Claude

 
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