3/8/2014 Grand Sud : Les vignes du vertige

    Les vignes du vertige (1/6)   

Domaine des Terres Falmet / Photo FB : Vins AOC Saint-Chinian

Dans le Grand Sud, les viticulteurs se sont joués du relief pour élever leur vigne. Entre ciel et terre, parfois battus par les vents, le raisin résiste aux éléments. Rencontres avec Gilles Azam dans l'Aude, Clémentine Herre à Banyuls, Philippe Vincens sur les hauteurs de Luzech, Olivier Martins dans le vignoble d'Irouléguy, Auguste Abeil en Aveyron et au Domaine Sabarthès en Ariège. Pour terminer sur les coteaux gaillacois...


Publié le 22/07/2014 à 08:28  | La Dépêche du Midi | Sébastien Dubos

À Roquetaillade, sa vigne pousse sur les flancs du pic de Brau

Gilles Azam a hissé la réputation de son vin sur des sommets mais reste fidèle à ses valeurs pour respecter le terroir./Photo DDM, S.D

Gilles Azam a le sourire. Plus de dix ans après son installation au village de ses ancêtres, il a hissé son vin à un niveau qualitatif qui le place désormais en bonne place sur les tables des grands chefs et chez les meilleurs cavistes.

À flanc du pic de Brau, dans une petite vallée retirée, un peu après Limoux, il développe ses vignes dans une démarche volontairement bio depuis ses débuts. «Ce n'est pas chez moi une démarche commerciale, mais une profonde conviction de respecter la terre», explique-t-il.
De fait, sur les étiquettes sobres mais design de son domaine «Les Hautes Terres», la mention bio se veut discrète, en blanc sur fond blanc.


Jean-Baptiste et Gilles Azam, deux vignerons del'association «Changer l'Aude en Vin»./Photo DDM, C.A.

L'importance de la dégustation
A près de 500 mètres d'altitude, sa plus haute parcelle bénéficie d'un ensoleillement idéal et reçoit aussi pendant l'hiver, les vents froids venus des Pyrénées voisines. Ces conditions météorologiques, associées à la typicité du sol argilo-calcaire typent ses cuvées.

«On est ici sur un terroir froid. Sur la commune, nous n'avons pas de cépages typiquement méditerranéens. Et quand on descend dans la vallée, mettons à 15 kilomètres d'ici, on y vendange 15 jours plus tôt. Ces éléments typent nos vins comme nulle part ailleurs».

Un peu en contrebas de sa vigne, on aperçoit Roquetaillade et son château médiéval. Un peu plus bas encore serpente la Corneilla, petite rivière aux eaux calmes qui va se jeter nonchalamment dans l'Aude.


Carcassonne : 15 vignerons à la Cité, pour «changer l'Aude en vin» ./Photo DDM

Plus haut à quelques centaines de mètres de la vigne de Gilles Azam, tournent les éoliennes. Un combat acharné avait opposé partisans et opposants il y a quelques années. Deux de ces géants d'acier avaient même été incendiés. Le calme est revenu et le vent fait son travail.

Ici, la géographie a joué un bon tour aux hommes et les vignes sont protégées comme dans un cirque géant. Créant presque un micro - climat. Ce qui n'empêche pas le temps d'y imprimer sa marque. «Pour faire du vin, la première condition c'est d'avoir un raisin sain. Après, le plus difficile c'est la connaissance du terroir. On ne maîtrise pas la nature», poursuit le viticulteur.

«Je veux garder l'esprit millésime dans les vins que je produis. Mais ici, les variations climatiques ont un effet sur le raisin d'altitude, beaucoup plus qu'en plaine. Et c'est ce qui rend la chose intéressante. Par exemple en 2013, les écarts de climat ont donné un millésime qu'on n'avait jamais vu avant».

Vendanges en blancs dans le Limouxin / Photo DDM .L.D.

La petite Bourgogne
Quatrième génération de viticulteurs, Gilles Azam produit aujourd'hui 40 000 bouteilles par an sur un peu plus de 8 hectares. Viticulteur engagé, il reste à l'écoute de la terre : «Je suis fidèle au chenin, qui se cultive ici depuis 45 ans et je garde ma vieille vigne de Mauzac, c'est pour moi comme un conservatoire», ajoute-t-il.

Roquetaillade, c'est un peu le petit village gaulois-audois dans le paysage viticole local. C'est le seul endroit où il y a plus de caves particulières par rapport aux exploitants de la coopérative (à 70 %). «Quand on est une cave particulière, on a plus de liberté de création. Et pour aller plus loin, les vignerons se battent pour obtenir la création du cru Roquetaillade (comme Pic Saint Loup ou La Livinière). Un pas de plus vers la reconnaissance !


Le club « Changer l'Aude en vin » propose des journées de dégustation /Photo DDM, Jean-Luc Bibal.

Trois cuvées et des vins d'étés
La production du domaine «Les Hautes terres», se réparti en trois cuvées.
Joséphine, un crémant vieilli en fut bois pendant neuf mois et sur lattes pendant 24 mois : «C'est un brut nature, j'ai été un des premiers à le faire», glisse Gilles Azam.
Louis, un AOC Limoux blanc, 80 % chardonnay et 20 % chenin : un vin très vif qui exprime une belle minéralité.
Maxime, un AOC Limoux rouge.
S'ajoutent les vins de France en Rouge, blanc et rosé, les vins d'été.


Les vignerons bio existent dans l'Aude / Photo DDM 



    Les vignes du vertige (2/6)   
 
Publié le 23/07/2014 à 08:09  | La Dépêche du Midi |  Pierre Mathieu

Le banyuls de Clémentine, un balcon sur la Méditerranée


L'appellation banyuls, c'est 1700 hectares de vignes perchées, maintenues par 1600 km de murettes de pierres sèches / Photo DDM,  Pierre Mathieu

Au sud de Perpignan,en direction de l'Espagne,la route prend en quelques virages des couleurs d'enchantement. D'un côté la Méditerranée, la Grande Bleue ponctuée de voiles blanches, de l'autre des parcelles pentues striées de terrasses de pierres où s'accrochent des milliers de ceps de vigne comme autant de bouquets verts froissés par le vent. Bienvenue sur les vignes du banyuls, un vin doux naturel délimité par les communes de Collioure, Port-Vendres, Banyuls et Cerbère. En voiture, puis à pied, ça monte sec pour rejoindre l'une des vignes de la cave Tambour. A près de 400 mètres au-dessus de la mer, Clémentine Herre et son père Rémi ont une vue imprenable sur la ville de Banyuls et son petit port.

Banyuls : Fête des vendanges 2013 / Photo Cave Tambour

L'été dans la vigne
En tongs et petite robe sur les degrés de schiste, la vigneronne de 31 ans, enceinte de six mois, est alerte comme un cabri. Sur la pente à 45%, il faut avoir le pied marin. Les terrasses sont maintenues par d'antiques murettes de pierres sèches, un savoir-faire vieux de plusieurs siècles... «C'est un travail qu'on ne peut plus faire aujourd'hui, il faut un jour pour 1m2 de terrasse», estime Rémi.

Sur les pieds de vigne tortueux, les feuilles cachent de belles grappes : «Pour l'instant , ça se présente bien», se réjouit Clémentine. Rémi, le père, tempère, et montre les motifs d'inquiétude. Il y a ce gros vers, le Vespère, qui se nourrit des racines et peut tuer la vigne...

Baptisée Séris, du nom de la source qui dévale en son centre, cette petite parcelle est depuis près de cent ans dans la famille Herre, qui possède 27 hectares de vigne, en pente (appellation Banyuls), et en plaine (appellation Collioure).

Rando dans les coteaux surplombant les vignes de la Côte Vermeille. / Photo DDM 

Structure touristique
«Ici, mes grands-parents vivaient l'été, ils montaient avec une mule et des provisions, la source alimentait un lavoir et un potager», raconte Rémi qui a introduit là en 1976 le cépage mourvèdre, qui sied au banyuls (avec la syrah). L'orri, abri de pierres sèches construit par l'ancêtre offre toujours sa voute tempérée : pour y faire du feu, on monte sur le toit et on pousse le couvercle.

Attachée à sa cave tambour comme un cep à sa terrasse, Clémentine a abrégé ses études bordelaises entreprises après un bac viti-oenologie à Rivesaltes et elle s'est investie dans l'exploitation à l'âge de 21 ans. «Mon père travaille merveilleusement la vigne, mais il ne savait pas se vendre», affirme-t-elle. Inspirée par son «chéri» qui travaille dans l'événementiel, elle a fait de la cave une structure touristique : dégustation, projection, pique-nique vigneron, accès par la mer, en catamaran...

Banyuls : Fête des vendanges 2013 / Photo Cave Tambour

Et pendant que ses vins vieillissent en barriques au soleil (la «solera»), elle affine une stratégie : «En 2018, on n'aura plus le droit d'utiliser des désherbants, annonce-t-elle, ça voudra dire toujours plus de travail à la main, car si on laisse pousser l'herbe, elle prive la vigne du peu d'eau qui vient du ciel.» Son objectif est de rentabiliser les parcelles d'appellation Collioure en plaine (où les mini-tracteurs pourront labourer entre les rangs) pour que survive le banyuls en altitude.

«Le travail de la vigne est déjà noble en soi, dans le banyuls, c'est une question de patrimoine culturel!»...
Un patrimoine suivant lequel on récolte le raisin très mûr, on démarre la fermentation, puis on baisse brutalement la température avant d'ajouter 1 à 5% d'alcool à 95%. Dernière étape, le vieillissement.
A l'heure de le déguster, le dimanche sur la place de Banyuls, par 30° à l'ombre et 18° dans le verre, il faut encore avoir le pied marin. Surtout quand l'orchestre musette vous fait lever pour danser.

A Collioure, les vignes descendent en cascade jusqu'au village, avec vue panoramique sur la Méditerranée./Photo Philippe Mahé



    Les vignes du vertige (3/6)   

Publié le 24/07/2014 à 08:03   | La Dépêche du Midi |  Sébastien Dubos

À Luzech, quatre générations de vignerons vous contemplent

Philippe Vincens sur les hauteurs de Luzech, dans le Lot,  cultive sur des parcelles à 300 mètres de hauteur./DDM, S.D.

Philippe Vincens a pris la succession de son père au Domaine Château Vincens, à Luzech. Des vignes plantées 200 mètres au-dessus du village. Une histoire de famille.

En bas, on aperçoit le village, Luzech, chargé d'histoire. Puis le Lot qui serpente entre les collines. En face les pentes sont recouvertes de sapins. Et en arrière-plan, on distingue les vignes sagement alignées de la famille royale du Danemark.

«Avant, comme partout ailleurs, c'était des vignes et les hommes travaillaient les vignobles en terrasses, on peut en voir encore des vestiges. Puis d'un coup, tous ou presque ont travaillé la vigne dans la vallée. Et nous on a préféré les coteaux». Michel, le père de Philippe Vincens est la mémoire de ce terroir. Il a succédé à son père qui lui même avait succédé à son père. Quatre générations qui se sont vues les pierres pour faire parler le talent de la vigne. «Des pierres, on en retire encore aujourd'hui raconte Philippe : «Mon père est sorti de la cave coopérative en 1982. On a commencé avec 12 hectares, on en a 38 aujourd'hui dont 37 pour les rouges».

Philippe Vincens présente ses vins à des Américains lors du premier Malbec tour aux USA, en 2009/Photo DDM, L.B.

À Cahors, c'est le Malbec
85 % du rouge, c'est du malbec. Pour l'AOC Cahors Rouge. Mais le Château Vincens se lance depuis peu dans une nouvelle aventure : «On a planté depuis quelques années du blanc, du chardonnay ; on les cultive sur des sols plus tardifs, des sols argileux et ça fonctionne plutôt pas mal».

Philippe, après plusieurs années dans la banque, a été rattrapé quelques années plus tard, par le virus familial. «Aujourd'hui, il faut être viticulteur, vigneron commercial et gestionnaire, mais on est libre dans nos choix, on suit notre produit jusqu'au bout. Moi par exemple j'aime les barriques américaines, on en a quelques-unes pour le vieillissement.»

Le Château Vincens, à plus de 300 mètres d'altitude, c'est 200 000 bouteilles par an réparties en plusieurs cuvées. Et de nouveaux marchés qui s'ouvrent à l'exportation, pour 30 % de la production.

Luzech. Des escapades vigneronnes / Photo DDM 

Faire un vin en altitude, c'est se soumettre à des aléas climatiques différents qu'en plaine. «Je me souviens de février 1956 : dans la vallée tout avait gelé, les températures étaient descendues à - 23°. Mais le plateau avait été épargné, il n'y avait fait que -13°» raconte Michel Vincens. Son fils poursuit : «L'avantage de cultiver ici, c'est la maîtrise du rendement, il y a également le vent, les variations de température, autant d'éléments qui typent notre vin. On est aussi en moyenne dix jours plus tardifs que dans la vallée pour les vendanges, ça a son importance».

L'inconvénient, ce sont les pierres, qui remontent toujours, c'est également une réelle difficulté pour travailler la vigne dans la pente. Le domaine est morcelé avec de nombreuses parcelles, ce qui renforce la typicité des cuvées mais rend aussi la tâche plus compliquée.

Entre tradition et modernité, le clan Vincens a fait son choix. Rester fidèle à ses valeurs tout en étant à l'écoute des consommateurs et à l'évolution des goûts.

Une philosophie qui est le fondement de la cuvée «La parcelle oubliée». «On peut parler de microcuvée, on n'en fait que 2 000 bouteilles environ. Le travail y est minutieux, on ramasse grain par grain quand le raisin est à maturité. Ensuite, on fait une vinification douce et manuelle, et un pressage à l'ancienne. La cuvée est élevée deux ans en barrique. Mais on ne le fait que quand ça nous plaît, que quand nous sommes sûrs que le résultat sera à la hauteur de nos ambitions».
«On ne fait La cuvée oubliée que lorsque nous sommes sûrs que le résultat sera à la hauteur.»


Concours des vins des vignerons indépendants : Les vignerons du Lot ont reçu 35 médailles / Photo DDM 

Sept vins
Le domaine Château Vincens produit sept cuvées en rouge blanc et rosé, AOC Cahors et côtes du Lot.
L'instant Malbec Rosé : un vin frais qui se termine sur une note poivrée.
Sur le chemin de pierre levée : un vin blanc (chardonnay) très élégant.
Château Vincens. L'essentiel du Malbec, un rouge léger et à boire jeune.
Château Vincens Prestige : Malbec et 20 % merlot, élevé en cuve et en fut, un vin équilibré.
Château Vincens Origine : Malbec, le vin est puissant, long en bouche avec une typicité plus structurée.
Les graves de Paul : Malbec aux noirs intenses. Très beau produit.
La cuvée oubliée


De la truffe fraîche et un bon cahors pour bien débuter le festival/Photo DDM, Jean-Michel Fabre

La villa malbec
La Villa Cahors Malbec est située au centre ville de Cahors, place François-Mitterrand. Cet espace d'accueil, d'information et de dégustation réunit désormais l'office de tourisme du Grand Cahors et l'Union interprofessionnelle du Vin de Cahors. La Villa vous fera découvrir un territoire unique, reconnu pour ses vins de caractère, sa gastronomie savoureuse, son patrimoine architectural exceptionnel et ses paysages préservés.


Cahors : Le Vin noir du diable, un 100% Malbec d'enfer / Photo DDM 



    Les vignes du vertige (4/6)   

Publié le 25/07/2014 à 08:11   | La Dépêche du Midi | Sébastien Dubos

Irouléguy, le vignoble identitaire qui reste fidèle à la terre basque

Olivier Martin, co-président du syndicat de l'appellation Irouléguy travaille pour l'instant 4 hectares de vigne au Pays basque. /Photo DDM, S.D.

Irouléguy. A lui tout seul, le nom est un voyage. Une bannière qui flotte avec les couleurs du Pays basque. Dernière (et petite) appellation avant la frontière, elle est partie à la reconquête d'une image avec une nouvelle génération de viticulteurs qui s'imposent un cahier des charges exigeant et des ambitions qualitatives revues à la hausse.

Olivier Martin, co-président du syndicat de l'appellation Irouléguy explique : «Il y a quelques années, le vignoble a bien failli disparaître. Mais aujourd'hui, on assiste à un mouvement inverse. Que ce soit avec les caves particulières, ou avec la cave coopérative dont je fais partie, on est sur la même longueur d'ondes et on parle d'une même voix, pour l'intérêt de notre vignoble».

Vignoble d'Irouléguy / Photo http://augoutdumonde.blogspot.fr/

«Je crois que je suis prêt»
Olivier Martin exploite un peu plus de quatre hectares et se développe pour arriver à 7. Il vient de planter deux hectares à flanc de montagne. Il a fallu pour cela modeler la pente en terrasses. Un peu partout, entre Espoure et Saint-Étienne de Baïgorry, toujours exposées pour profiter au maximum de l'ensoleillement les terrasses épousent les courbes de niveau. A certains endroits, les pentes peuvent atteindre près de 80 %

«Ici, la terre est dure mais généreuse», poursuit Olivier Martin. Sa prochaine parcelle pousse bien mais il faudra attendre quelques années pour en titrer les premiers fruits.
Olivier est venu sur le tard à la vigne. Une reconversion quasi inéluctable. «J'avais une autre vie, je travaillais dans l'industrie du froid sur la côte. Et puis un jour, j'ai dit à mon père, qui avait l'exploitation, «je crois que je suis prêt». Une décision qu'il n'a jamais regrettée.

Vignoble d'Irouléguy / Photo http://www.chambrehotes64.com/

Un peu en contrebas de sa vigne, le paysage se déroule comme une carte postale géante. Nous sommes à plus de 300 mètres d'altitude.
À droite, c'est Saint-Etienne-de- Baïgorry, à gauche Saint-Jean- Pied -de-Port. En face sur les hauteurs, la ligne de crêtes semble à portée de mains… En contre bas le prieuré d'Irouléguy rappelle le poids du passé.

«Toute notre histoire est là. D'après les témoignages, ce sont les moines de l'Abbaye de Ronceveaux, qui, ne pouvant pas planter si haut, sont venus ici, à Irouléguy. Ils ont construit le Prieuré et ont planté les premières vignes».

L'appellation limite les plantations à 500 mètres. Au-delà les difficultés liées au climat rendraient les choses beaucoup plus compliquées. «En moyenne, on enregistre 1 800 mm de précipitations par an», souligne Olivier qui garde l'année 2013 comme un cauchemar, tant la météo avait obscurci l'horizon des viticulteurs.

Vignoble d'Irouléguy / Photo http://www.bookine.net/

Le coup de main du fohen
Mais la position géographique a aussi quelques atouts. Il ne gèle quasi ment pas grâce à l'influence océanique.

«Et surtout, en fin d'été, on bénéficie d'un effet de fohen, ce qui nous donne un joli coup de main avant les vendanges». Longtemps, le vignoble était concentré à trois villages. Depuis quelques années, les vignes se sont développées. Et chacun apporte sa touche personnelle.

«On peut dire qu'il y a eu un déclic, et que la nouvelle génération va de l'avant, poursuit Olivier Martin. Moi je fais du bio et on propose, à la cave d'Irouléguy une cuvée bio qui marche bien. C'est une démarche qui respecte le terroir et qui correspond à une philosophie de production. Dans le même temps, nous allons créer un conservatoire du patrimoine végétal pour préserver nos racines». Irouléguy, c'est un vignoble identitaire qui ne cède pas aux sirènes. Mais qui ne campe pas non plus sur des positions dogmatiques. «On travaille tous dans le sens de l'amélioration de nos produits», conclut Olivier.

Vignoble d'Irouléguy / Photo http://www.gite-erroak.com/

Six cépages, trois couleurs et 11 producteurs
La solidarité prime entre les dix caves particulières et la cave coopérative qui produisent sur 250 hectares et dix communes du rouge du blanc et du rosé. Irouléguy (qui veut dire trois crêtes en basque) est le centre du vignoble. On cultive ici du Cabernet Franc, du Cabernet Sauvignon, du Tannat, du Gros Manseng, du Petit Manseng et du Courbu (qu'on traduit en basque par Xuri Zerratia, le blanc serré.



    Les vignes du vertige (5/6)   

Publié le 26/07/2014 à 08:30   | La Dépêche du Midi | Bernard-Hugues Saint-Paul

Au Fel, les fières coltades d'Auguste toisent la sublime vallée du Lot

Auguste Abeil, ancien chef d'entreprise de textile, prend soin depuis 37 ans de ses vignes escarpées dominant le Lot./Photo DDM BHSP.

Le vignoble d'Auguste Abeil est situé à Entraygues-Le Fel, en Aveyron. Cultivé en terrasses et dominant la vallée du Lot, le vignoble prend parfois des airs de Roussillon.

«Les cailloux sont bons pour le vin : ils conservent la chaleur durant la nuit et le dessous garde l'humidité», lance Auguste Abeil en arpentant ses 2 hectares de vignes du domaine «Les Terrasses du Haut-Mindic», plantés à 45 % de fer servadou, 45 % de cabernet franc et 10 % de pinot noir. Et cela tombe bien, car à l'instar de ceux d'Anjou, d'Alsace ou de Collioure, le vignoble d'Entraygues- Le Fel, situé entre 280 m et 450 m d'altitude, exposé plein sud, prend racine sur un sol schisteux, riche en fragments rocheux.

«Ce terroir donne des vins de caractère», poursuit Auguste, pionnier du renouveau de ce vignoble dont les traces remontent jusqu'au premier siècle de notre ère : «Jusqu'à la fin du XIXe siècle, il y avait plus de 1 000 hectares de vignes. C'est frappant lorsque l'on se promène l'hiver entre Vieillevie et Entraygues : l'absence de végétation et les arbres nus laissent entrevoir combien les coteaux de la vallée du Lot étaient couverts de vignes en terrasses». Terrasses en murets de pierres sèches, ici dénommées coltades.

Route des Vins en Aveyron : Visite de chai et rencontre avec les vignerons./Photo DDM

Un pied en Aveyron, un autre dans le Cantal, dominant la vallée du Lot (qui permit longtemps le transport du vin en gabarres jusqu'à Bordeaux pour embarquer vers l'Angleterre), le vignoble prend parfois des airs de Roussillon sur certains méandres de la rivière, en particulier ceux du Fel. Il est le plus septentrional des vignobles du Sud-Ouest et le plus méridional des vignobles d'Auvergne. Il est aussi l'un des plus petits de France en AOC, (26 hectares), le titre étant détenu par le vignoble voisin d'Estaing (20 hectares). Laminé par les maladies, il ne comptait guère de vignerons. Ils sont aujourd'hui six à développer l'appellation.

Classé en vin de pays VDQS en 1965, le vignoble bénéficie depuis 2011 de l'appellation AOC. L'aire de production comprend les communes d'Entraygues, Le Fel, Campouriez, Florentin, Golinhac et St-Hippolyte (Aveyron), Cassaniouze et Vieillevie (Cantal).

Randonneurs sur le circuit les conduisant dans les vignes d'Auguste Abeil / Photo DDM 

En AOC depuis 2011
Rien ne prédestinait Auguste Abeil à devenir viticulteur. Aurillacois de 78 ans, il a passé une première partie de sa vie comme chef d'entreprise d'une société de textile comptant 200 salariés, spécialisée dans les couvertures piquées, les sacs de couchage et les couettes de lit.

En 1976, alors qu'Auguste et Annie Abeil cherchaient une maison secondaire «pour le week-end avec nos cinq enfants», ils sont tombés amoureux du Fel, village perché au panorama grandiose. Ils acquièrent une maison «où il n'y avait qu'un robinet et deux ampoules électriques».
Que faire des terrains couverts de ronces ? «On s'est renseigné sur ce que l'on y plantait habituellement, on nous a répondu de la vigne…»

Entraygues-sur-Truyère : Les randonneurs dans les vignes / Photo DDM 

Ce qui débuta comme un passe-temps se transforma rapidement en passion. «J'ai planté les premières vignes en 1977. Le vin a été classé en VDQS en 1988. J'ai alors franchi le pas et vendu mon entreprise en 1989».
Une reconversion à 50 ans passés en tant que vigneron, propriétaire récoltant. Les vendanges sont manuelles, le raisin est égrappé avant fermentation, l'élevage en fûts de chêne et l'embouteillage ont lieu à la propriété.

L'activité d'Annie et Auguste s'est complétée par la location de gîtes. Bon an mal an, les 2 hectares donnent 7 000 à 11 000 cols. Pas de stock : la totalité de la production est écoulée dans l'année, commercialisée à 40 % directement au domaine (6 € à 8,40 €), 15 % à l'export (Pays-Bas) et la majorité via les cavistes et restaurateurs.

Les randonneurs chez A. Abeil./ Photo DDM

Deux cuvées en rouge et une excursion en rosé
Le domaine «Les Terrasses du Haut-Mindic» produit deux cuvées de vin rouge de semi-garde (3 à 5 ans, voire davantage) pour accompagner les viandes grillées, volailles et fromages :

-La cuvé tradition : un vin rouge, fruité, racé, velouté et équilibré.
-La cuvée spéciale : plus corsée et arômatique, elle porte chaque année le prénom d'un membre de la famille.

-De temps à autre, le domaine produit un rosée de saignée, en faible volume. La dernière date de 2009 avec 1200 bouteilles.
-Enfin, l'AOC écartant le pinot noir des assemblages, le domaine va conserver ce cépage mais pour une production en IGP.

Marcillac (12) : vendanges sur le secteur de Valady /Photo DDM, Bernard Segonds



    Les vignes du vertige (6/6)   

Publié le 27/07/2014 à 07:26    | La Dépêche du Midi | Sébastien Dubos

Le vin ariégeois trône désormais sur les meilleures tables

David Mainardi, en charge de la commercialisation, et Thierry Canal, chef de projet, ont œuvré à la renaissance du vignoble ariégeois./Photo DDM, S.D.

Pari réussi pour le Domaine de Sabarthès. Là ou la vigne avait disparu, ils ont patiemment replanté. L'aventure, lancée en 1998, sous l'impulsion de Jean Louis Vigneau, se poursuit. Situé en Ariège, entre la vallée de la Lèze, le secteur de Pamiers et de Mirepoix, le domaine frôlera bientôt les 28 hectares. Des parcelles tantôt en altitude, tantôt en plaine qui sont travaillées avec la même passion et la même ardeur qu'au départ.

À Montégut-Plautaurel, la boutique est ouverte toute l'année et vend toutes les productions du domaine. Foie gras, canard… et du vin. Un peu plus haut dans les collines, les vignes enlacent les courbes du relief nonchalamment. Nous sommes environ à 400 mètres de hauteur, sur un site qui bénéficie régulièrement des effets de l'été indien.


Montégut-Plantaurel. La belle aventure d'un vin ressuscité  / Photo DDM, J.-Ph.C.

Qui se souvient des 3 000 hectares qui subsistaient encore en Ariège quelques années après la Seconde Guerre mondiale ? L'Ariège produisait du vin dès la fin du XVIIIe siècle. Mais à l'exode rural qui frappera ce département s'ajoutera la grande maladie qui va alors ruiner les dernières parcelles.

Il faudra attendre de longues années pour boire à nouveau du vin produit ici. Jean - Louis Vigneau, fondateur de l'APAJH Ariège en 1986 et Philippe Babin, installé à Vira vont se retrousser les manches, avec Christan Zeller, un œnologue suisse et Christian Gerbert, ils écrivent une nouvelle page de l'histoire viticole locale.

Montégut-Plantaurel. La crème de la sommellerie en visite / Photo DDM 

Des années plus tard et un label IGP qui officialise cette démarche qualitative, le domaine de Sabarthès décline sa production en rouge, blanc et rosé.
«Nous basons notre démarche sur un plan qualitatif, sur une ambition», explique le directeur marketing et commercial Thierry Canal.
Il a fallu tout reconstruire. Au propre et au figuré. Après les plantations, il a fallu convaincre, montrer, faire déguster, casser l'image associée à un vin de «piquette».

Aujourd'hui, les chais sont flambant neufs, ultramodernes, et permettent aux équipes techniques du vignoble des assemblages qui prennent en comptent les typicités des différentes parcelles.

C'est une formidable aventure humaine qui s'est écrite. Lentement, d'une année sur l'autre, sans brûler les étapes, le vignoble a monté en puissance. Et la qualité a suivi, comme les médailles glanées dans les concours régionaux et nationaux.


Prix régional pour le domaine du Sabarthès / Photo DDM 

Et les lauriers aussi
Le Gault et Millau écrit dans sa dernière édition à propos du rouge 2007 : «Frétillant de fraîcheur et primesautier, ce vin laisse parler les notes florales, de fruits frais».
Le guide Hachette des vins délivre deux étoiles et un coup de cœur à la cuvée Les Vignals 2006.

Vins de garde et vins légers
«Les cépages replantés sont adaptés aux terroirs, aux différentes altitudes et au climat», poursuit Thierry Canal. On trouve du chardonnay, du chenin, du tannat, du cabernet franc… et les assemblages donnent, selon les cuvées, des vins de garde ou des vins plus légers.
«Ces derniers, on peut les comparer à des vins de Loire explique David Mainardi commercial au domaine. Mention spéciale pour le Rosé, la cuvée 09) qui est plébiscité chaque été.

David Mainardi précise : «80 % des restaurateurs ariégeois en ont sur leur carte. On touche désormais le bassin du Grand Toulouse, chez les cavistes, les épiceries fines et sur les tables des étoilés. On met ça sur la table et on n'a pas honte».
Clin d'œil en forme de revanche sur l'histoire, le domaine sort aujourd'hui en moyenne 180 000 bouteilles et devrait présenter dans quelques semaines une cuvée bio. Avant d'y convertir l'ensemble du vignoble.


Philippe Babin dans ses vignes : «L'Ariège était devenu le seul département de Midi-Pyrénées à ne plus posséder de vignoble». / Photo DDM, P. Amiel


 
    Les vignes du vertige (Suppl)   

Le Gaillac, entre coteaux et plateaux

Publié le 04/09/2011 à 03:48    | La Dépêche du Midi | Sophie Vigroux

Le gaillacois, un très vieux vignoble


Le Gaillacois abrite un vignoble millénaire, un des plus anciens de France / Photo DDM 

Cette semaine, Pascale Roc-Fonvielle a vendangé sa première parcelle de Muscadelle, près de Gaillac, dans le Tarn. Sur son vignoble, on est vigneron de père en fille, depuis 1910.

Gaillac est un vignoble millénaire, un des plus anciens de France. Les premières traces de vignes apparaissent au VIe siècle avant notre ère. Les vestiges trouvés à Montans, cité gallo-romaine dont l'apogée se situe au IIe siècle, attestent ensuite de l'intense activité du vignoble Gaillacois. Les traces d'amphores montanaises découvertes depuis l'Espagne jusqu'au Nord de l'Ecosse témoignent du commerce déjà existant. Le vignoble prend réellement son essor en 972 avec l'arrivée des moines Bénédictins et à la fondation de l'Abbaye Saint-Michel, où siège aujourd'hui la maison du Vin.



Vignerons depuis quatre générations
Sur le mur du caveau de dégustation, à Saint-Salvy de Confens, près de Lisle-sur-Tarn, Pascale Roc-Fonvielle a rassemblé dans un cadre des photographies en noir et blanc de ses aïeuls.

Ici, elle pointe le doigt sur Léon, son grand-père posant devant les vignes aux côtés d'un beau cheval. Là, elle montre son père Jean, faisant un discours lors des 1000 ans du vignoble Gaillacois. « Il a beaucoup œuvré pour faire reconnaître les vins de pays des Côtes du Tarn », explique Pascale.

Puis, elle nous présente sa mère Etiennette « passionnée aussi par ce métier et très active. Un modèle fort pour moi », dit-elle.



Fille, petite-fille et arrière-petite-fille de vigneron, Pascale Roc-Fonvielle est tombée dans le chai quand elle était toute petite. Aujourd'hui, c'est elle qui dirige le domaine viticole familial de Borie-Vieille, dans le Tarn. Seule. Son mari, Jean-Michel Roc, travaillant à la commercialisation de fruits et légumes, lui donne un coup de main sur les salons et pour les livraisons.

Ingénieur en agriculture et œnologue de formation, fille unique, l'arrivée de Pascale à la tête de l'exploitation a été précipitée par le décès brutal de sa mère en 1994. « Jusque-là je travaillais dans le secteur bancaire. J'ai décidé de reprendre l'affaire parce que c'était un patrimoine familial qu'on n'envisageait pas de céder. Et mon mari garantissait un salaire extérieur à la famille en cas de problème. À cette époque tout était à créer. Y compris la marque Domaine de Borie-Vieille », se souvient Pascale.



Le vin vendu en bouteille
Acquise en 1910 par ses bisaïeuls Jean-Martin et Victorine Fonvielle, la propriété s'étendait alors sur 4 hectares autour de la maison vigneronne en briques de terre crue. « Il y avait des vignes mais aussi des champs. C'était la polyculture de l'époque », explique Pascale.

Repris par son grand-père Léon, puis par son père Jean dans les années 50, le domaine s'agrandit et se spécialise petit à petit. « En 1968, avec l'arrivée de l'appellation Gaillac, mes parents sont devenus vignerons à part entière. Ils ont supprimé l'élevage bovin. »

Cette année-là, Jean et Étiennette Fonvielle créent avec des voisins vignerons une des premières SICA (société à intérêts collectifs agricoles) des Trois Clochers pour commercialiser leur vin de Gaillac en bouteille. Une petite révolution ! Jusque-là, leur breuvage était vendu en vrac.



Le début des vendanges
Aujourd'hui, Pascale Roc-Fonvielle veille sur un domaine de 26 hectares qui produit 150 000 bouteilles par an. Elle souhaite mettre en avant son histoire et ses femmes. Ainsi l'élaboration de la cuvée Victorine (un rouge) est un hommage à son arrière-grand-mère. L'ancienne demeure familiale est devenue son bureau et son laboratoire.

Seule à la tête de son domaine, Pascale Roc-Fonvielle a vendangé sa première parcelle de muscadelle lundi. Seule ? Pas tout à fait… La vigneronne sait s'entourer. D'abord, elle fait appel à un œnologue pour la vinification, « parce que je n'ai pas la science infuse. Si mes parents étaient toujours là, je suis sûre que cela aurait fait l'objet d'un conflit de générations ». Eux qui faisaient appel à leur bon sens, qui croquaient les fruits pour juger de leur maturité et de la date des vendanges. « Ils se trompaient rarement », admet Pascale qui fait aussi appel à un chef de culture et à une secrétaire commerciale.



Autre temps, autres techniques.
En 2004, elle s'est équipée d'un chai de vinification qui comprend un cuvier, un pressoir pneumatique et d'autres machines. « La technologie nous aide à lisser la qualité des millésimes et à mettre en valeur les cépages. » Aujourd'hui Pascale produit sept vins différents. Au fil des générations, le domaine de Borie-Vieille prend de la bouteille.

Photos : http://www.borievieille-gaillac.com/

Le vignoble Gaillacois 
> En quelques dates. 600 avant JC : Premières traces de vignes à Gaillac. 972 : L'évêque d'Albi et Raymond II donnent à l'Abbaye Saint-Michel la ville et le vignoble de Gaillac. 1271 : Charte entre les villes de Gaillac, Lisle-sur-Tarn et Rabastens pour garantir la qualité et définir les normes de production des vins de Gaillac. 1533 : Visite de François 1er à Gaillac, essor important du « vin du coq ». 1791 : Disparition de la dénomination Gaillac, Gaillac devient dès lors tributaire de Bordeaux. 1890 : Reconstitution du vignoble après la crise phylloxérique. 1911 : Gaillac est exclu du Bordeaux. 1922 : Délimitation judiciaire des Gaillac Blancs. 1938 : Décret AOC du Gaillac blanc. 1947 : Délimitation de l'AOC Rouge. 1970 : Décret AOC pour le Gaillac Rouge et augmentation de l'aire viticole.

Le chiffre : 150 000 bouteilles > sont produites, chaque année au domaine de Borie-Vieille. 20 % de blanc, 15 % de rosés et 65 % de rouges.

En parcourant le vignoble de Gaillac :

Gaillac : Portes Ouvertes au domaine pour Lucas Merlo / Photo DDM 

Gaillac. Nicolas Hirissou parmi les «jeunes talents» français du vin / Photo DDM 


Robert Plageoles : la vigne dans le sang / Photo DDM 



Castelnau-de-Lévis (81) : Laurent Thomières avait organisé des randos équestres sur son domaine / Photo DDM 


Gaillac. La préfète découvre le vignoble / Photo DDM 

Gaillac. Labastide sort deux cuvées truffées d'espoirs / Photo DDM 

 Jean-Paul Albert, au domaine de Labarthe, à Castanet  / Photo DDM 

 

 
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