TdF : Les bordures tarnaises

5/9/2020


Publié le 04/09/2020 à 17:35   | Le Dauphiné Libéré |  Par Hugo SCHERRER 

Van Aert enlève une étape folle, de la casse chez les favoris


Deux jours après sa victoire à Privas, le belge Van Aert (Jumbo) a récidivé. / DL, Photo AFP

Disputée sur un rythme infernal, la 7e étape entre Millau et Lavaur a vu les purs sprinteurs lâcher prise rapidement, avant que ne soient piégés quelques favoris. L'inévitable Wout Van Aert (Jumbo-Visma) a réglé un sprint en comité réduit.

Il y a deux jours, le profil plat entre Gap et Privas avait donné lieu à une étape d’un profond ennui, disputée sur un faux rythme de A à Z. Le scénario a été complètement différent lors des 168km entre Millau et Lavaur (Tarn) ce vendredi. Une étape plate… seulement sur le papier, pour une victoire de l’inévitable Wout Van Aert (Jumbo Visma).



Les Bora-Hansgrohe ont eu (presque) tout bon
Dès les premiers kilomètres, l’équipe Bora-Hansgrohe a imposé un tempo infernal dans la côte de Luzençon (3e catégorie, 3,1km à 6,1%). L’objectif : éliminer d’entrée les coureurs pouvant contester le sprint intermédiaire et la victoire à Peter Sagan. Le maillot vert Sam Bennett, Caleb Ewan, ou encore Alexander Kristoff ont sauté. Pas Matteo Trentin, qui a devancé Sagan d’un cheveu intermédiaire. Ni Bryan Coquard, qui s’est classé troisième.

Derrière, le rythme ne s’est jamais calmé. Les Bora ont maintenu l’écart avec les sprinteurs attardés. Dans des conditions propices aux bordures, certaines équipes de favoris ont naturellement apporté leur aide à la formation allemande. Sous l’impulsion des Ineos, emmenés par l’ex-champion du monde Michal Kwiatkowski, et des Deceuninck-Quick-Step d’Alaphilippe et Devenyns, le peloton s’est divisé en trois à 35 km de la ligne.



De la casse chez les favoris
Piégés, le maillot blanc Tadej Pogacar  (3e ce matin), Mikel Landa (13e), et Richie Porte (15e) ont terminé à 1’21 des favoris. L’addition est la même pour Richard Carapaz, la « solution B » de chez Ineos derrière Bernal, victime d’une crevaison au pire moment.

Dans un groupe de tête comptant une quarantaine d’unités, c’est Julian Alaphilippe qui a lancé le sprint de loin… avant d’être stoppé dans son élan par un problème mécanique à 300m de la ligne. Au même moment Wout Van Aert (Jumbo-Visma) a lancé son effort. Personne n'a été en mesure de lui contester la gagne. Boassen Hagen termine second, Bryan Coquard troisième. Peter Sagan, pourtant mis dans des conditions idéales par son équipe durant toute la journée, n'a pas existé dans le final (12e).



Les Français dans le bon groupe
Du côté des outsiders français, la journée a été bonne. Thibaut Pinot (Groupama FDJ), désormais 9e du général (à 13'') n'a pas été piégé par la bordure et semble avoir appris de ses erreurs sur le Tour. Mieux, son équipe a même roulé pour accentuer l'écart en fin d'étape ! 



Le grimpeur de la Cofidis Guillaume Martin continue son début de Tour sans faute et monte ce soir sur le podium du classement général, à 9'' de Yates. Tout autant irréprochable, Romain Bardet (AG2R) est désormais 7e à 13''. Les tricolores sont en embuscade avant d'attaquer, demain, la haute montagne pyrénéenne et le premier col hors-catégorie de cette édition 2020, le Port de Balès.


Publié le 04/09/2020 à 09:31 | La Dépêche du Midi |  Valentin Marcinkowski

Tour de France : Loudenvielle, puissance 4


L’Italien  Gilberto Simeoni s’était imposé en 2003 à Loudenvielle.L’Italien Gilberto Simeoni s’était imposé en 2003 à Loudenvielle. / Photo archives DDM Thierry Bordas.

Si Saint-Lary-Soulan Pla-d’Adet domine toujours les débats avec 11 arrivées dans le département devant Luz-Ardiden (8 fois) et Bagnères-de-Bigorre (7 fois) ; Loudenvielle, qui partait de zéro en 1997, s’affirme parmi les classiques haut-pyrénéens du genre. Demain, le village du Louron sera l’hôte d’une arrivée de la Grande Boucle pour la quatrième fois en 23 ans, égalant ainsi Cauterets au palmarès bigourdan. 

Un joli ratio pour une commune d’environ 300 habitants. "Loudenvielle, c’est Chirac x2", s’amusait d’ailleurs Christian Prudhomme, patron du Tour aux formules toujours bien senties et rodées, en visite début juillet. Allusion à Sarran (Corrèze), fief de l’ancien président de la République, plus petite ville d’arrivée de cette 107e édition qui accueillera l’épreuve pour la deuxième fois de son histoire.



Un site bien placé
Comment expliquer, dès lors, l’émergence de Loudenvielle dans le panorama montagneux du Tour de France ?
Plusieurs facteurs entrent en jeu. D’abord le lieu, propice aux arrivées avec bon nombre de cols de prestige qui entourent la commune. De quoi varier les plaisirs : après des arrivées au sommet mémorables ces dernières années - Romain Bardet à l’altiport de Peyragudes (2017), Nairo Quintana au col du Portet (2018), Thibaut Pinot l’an passé au Tourmalet - l’idée d’avoir un final descendant séduit, comme au lac de Payolle en 2016. "La montagne, ce sont des grimpeurs mais aussi des descendeurs", rappelle Christian Prudhomme, soucieux de préserver cet équilibre dans les profils d’étape.


(Photos FB, TdF)

Le facteur humain entre en compte également. Le Tour, c’est une histoire de territoires et de personnes qui l’incarnent. Très proche de l’ex-sénateur et président du département François Fortassin, Christian Prudhomme noue le même genre de relation avec son successeur Michel Pélieu, ancien maire de Loudenvielle. "Quand on organise des courses de vélos, nous ne sommes que des locataires, avance le directeur de la Grande Boucle. Tisser des liens avec les gens chez qui nous allons est primordial et au fil du temps, ces relations de travail deviennent des relations de confiance et cela se transforme en amitié." À tel point que les propositions d’étapes émanent des deux côtés. Pour cette année, ceCazères-sur-Garonne - Loudenvielle a germé en premier dans la tête de Christian Prudhomme, qui n’a pas eu de mal à faire accepter l’idée aux collectivités locales concernées.



Désert rural : "Ici ce n’est pas le cas !"
Dernier élément, non des moindres : les infrastructures sur lesquelles s’appuie la commune. "On parle de désert rural en France, et c’est vrai avec beaucoup de villages qui crèvent mais ici, ce n’est pas le cas !, s’enthousiasme Christian Prudhomme. C’est impressionnant de voir de ce qui a été bâti ici et si le Tour peut contribuer, pour une petite partie à ce développement, c’est formidable."
Rendez-vous donc, demain, non loin du lac de Génos pour savoir qui s’imposera à Loudenvielle et succédera ainsi à Laurent Brochard (1997), Gilberto Simoni (2003) et Kim Kirchen (victoire sur tapis vert, en 2007, après le déclassement d’Alexandre Vinokourov pour dopage, Ndlr).


(Photo DdM)

 
 

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