15/12/2015 Retour sur le SISQA de Toulouse 2015

Publié le 12/12/2015 à 07:31   | La Dépêche du Midi |  Patrick Louis

L'édito du jour : Parenthèse gourmande

Au Sisqa, il y a à boire et à manger. / Photo DDM

Le temps des fêtes s'avance sous un ciel inédit. Depuis un mois bientôt, nous marchons, travaillons, mangeons, rions, pleurons et vivons sans jamais pouvoir tout à fait ne pas penser à « tout ça ». L'éclat nouveau des attentats est allé toucher les moins sensibles au plus profond de leurs carapaces. Aujourd'hui, tout le monde ou presque semble touché. Et les menus pas toujours rassurants de ces drôles d'élections à l'approche de l'hiver ne risquent pas de nous réconforter, de nous rassurer… Il n'est pas un jour sans qu'au détour d'un mot, d'un regard, l'ombre du malaise renaisse. Nous sommes malades de notre époque tourmentée et la liste des remèdes disponibles paraît nettement moins fournie que celles des raisons de douter.

Un bon panier de siècles avant l'accouchement douloureux des travaux de la Cop 21, Hippocrate fut le premier à affirmer que la maladie venait bien moins de la punition des dieux que des différents facteurs environnementaux. N'hésitons pas à penser, sans troubler son repos éternel si sagement mérité, que le père de la médecine qui entendait guérir, d'abord par l'alimentation, n'aurait pas dédaigné une saine promenade dans les allées du Sisqa, ce marché gigantesque qui souligne depuis treize ans à Toulouse, la qualité des produits d'une région désormais élargie.


Démonstartions culinaires / Photo FB Qualivores de Midi-Pyrénées, Restaurant les Mûriers

«Sisqa» (pour Salon international de la sécurité et qualité alimentaire…), c'est le seul détail qui accroche un peu au palais, ou plutôt aux oreilles. Mais si vous passez la vitrine de ce sigle un peu trop cuit ou pas assez, vous serez récompensés par les trésors de nos campagnes et de ceux qui les entretiennent. Que le bien manger soit une tradition jalousement entretenue sur les tables d'Occitanie n'est ni un secret ni une gasconnade. Au fil des ans après les dérapages de la fin du siècle dernier (certains ont toujours la vie dure), de courageux producteurs ont accepté, décidé, aux prix d'efforts souvent remarquables, de jouer en toute transparence la carte du bon et osons l'affirmer, du très bon. Le salon permet de le rappeler et de le vérifier chaque année en dégustant les fruits de leur savoir-faire.

Comme si les nuages refusaient obstinément de fondre, même au cœur de nos parenthèses sacrées les plus gourmandes, les éleveurs ont vu débarquer avec les guirlandes de Noël et les promesses de commandes qui vont avec, les signes alarmants d'une épizootie. Rappelons donc en dessert que les risque de transmissions de la grippe aviaire des palmipèdes à l'homme est quasiment nul et en tout cas ne peut se produire en consommant ces produits, crus ou cuits.

«Le Créateur, en obligeant l'homme à manger pour vivre l'y invite par l'appétit et l'en récompense par le plaisir…» Asseyez-vous, régalez-vous, c'est Anthelme Brillat-Savarin qui vous y invite.


Publié le 13/12/2015 à 06:07  | La Dépêche du Midi |  Philippe Abetel

Une ferme au cœur de la ville pour les enfants


Des cochons sur l'un des stands./Photo DDM, Nathalie Saint-Affre

Les yeux des gamins s'illuminent… «J'en avais jamais vu en vrai». Lapins, poussins, cochons, vaches, brebis, moutons et même des truites, une véritable ferme a été reconstituée à l'intérieur du parc des expositions à l'occasion du Sisqa (1), qui ferme ses portes ce soir. Placides, les animaux se laissent câliner sans protester.

Ce salon grand public permettait pour la première fois cette année de présenter les produits de la nouvelle grande région. Si tous les stands étaient appréciés — dégustation oblige — le succès de l'espace dédié aux enfants ne s'est pas démenti. Un parcours potager permettait également de découvrir les variétés légumières, ainsi que certains produits rustiques que l'on trouve rarement en milieu urbain. Pour toucher du doigt les réalités de la nature, un stand-atelier permettait de suivre les brebis au fil des saisons, et d'apprendre comment transformer le lait en fromage. Plus loin, les plus téméraires pouvaient glisser leur doigt dans une trayeuse, fous rires garantis.


Agneau label rouge sélection des bergers / Photo FB Qualivores de Midi-Pyrénées

L'évolution de l'agriculture n'est pas oubliée, avec un tracteur équipé d'un GPS, voisinant avec un drone, les tout-petits ne se faisant pas prier pour une photo souvenir.
Dans le hall attenant, un «parcours des sens» expliquait que le fait de manger passe également par les plaisirs de l'ouïe, de la vue et du toucher. Tout à côté, une représentation théâtrale, évidemment axée sur la gastronomie, permet de faire une pause.

(1) : Salon de la qualité alimentaire.


Publié le 12/12/2015 à 10:10   | La Dépêche du Midi |  O.A.

Le salon Sisqa au Parc des expos : la qualité avant tout

8.000 scolaires auront visité le salon hier et avant-hier./ Photo DDM Nathalie Saint-Affre

Le salon de la qualité alimentaire (Sisqa) se tient au parc des expositions de Toulouse pour la 13e année, jusqu'à demain soir. Un rendez-vous apprécié qui fait la part belle aux produits locaux et de qualité, adoptant désormais les frontières de la nouvelle grande région.

Le jambon noir de Bigorre, le Roquefort, le melon du Quercy, l'ail rose de Lautrec, le chasselas de Moissac… L'énumération pourrait continuer longtemps, tant la région regorge de ces produits, bénéficiant de signes d'identification de la qualité et de l'origine (Siqo) : IGP, AOC, AOP, Label rouge, bio. La grande région Midi-Pyrénées-Languedoc -Roussillon est même la première de France en la matière, avec 240 produits sous Siqo.


Le melon du Quercy prêt à la dégustation cet été à Belfort (46) / Photo illustration DDM

Pas besoin de faire la tournée de nos treize départements pour les découvrir, puisque Toulouse accueille jusqu'à demain le Sisqa, le salon international de la sécurité et de la qualité alimentaire. Petit frère du salon de l'agriculture de Paris, le rendez-vous toulousain connaît un franc succès depuis 13 ans et n'a pas à rougir. On y vient pour goûter des produits locaux – pour les acheter aussi – pour rencontrer les producteurs, pour s'extasier devant les vaches et caresser les agneaux, pour suivre des cours de cuisine, pour apprendre à déguster le vin ou encore pour tester ses sens.

Les élections de ce week-end entérinant la création de la nouvelle grande région, c'est tout naturellement que le Sisqa 2015 accueille cette année les producteurs de Languedoc-Roussillon avec leurs produits emblématiques : anchois, huîtres, vins, olives, huiles, miel…
Car s'il est un domaine où la fusion est un réel atout, c'est bien dans le secteur agricole et agroalimentaire, qui devient le premier secteur économique de la nouvelle région, avec 164 000 emplois et 13,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Service de découpe et concours au marché au gras de Caussade / Photo illustration DDM

La nouvelle région truste les podiums
Au-delà du bilan purement comptable, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon s'impose sur de nombreux points : nous représentons désormais le premier vignoble mondial en superficie pour les vins d‘origine, mais aussi la première région française pour l'agriculture biologique, les ovins, les semences, la production apicole, et la deuxième pour les productions fruitières, les palmipèdes gras, la surface agricole et le nombre d'exploitations.

Des Pyrénées au Massif central, des plaines de la Garonne aux côtes de la Méditérannée, la grande région est la somme d'exploitations à taille humaine (42 hectares en moyenne). Des exploitations qui produisent elles-mêmes 90 % de l'alimentation des troupeaux. On y trouve des systèmes intensifs et des systèmes extensifs. Des produits haut de gamme, des produits bio ou d'agriculture raisonnée, et des produits de consommation courante. Des circuits cours et des filières longues.

Et c'est cet ensemble que vous pourrez découvrir dans la plus grande ferme de la nouvelle région qu'est le Sisqa.

Les anchois de Collioure au Sisqa / Photo FB, Anchois Roque

Zoom : Nouvelle région, nouveau salon ?

Avec plus de 60 000 visiteurs et 8 000 scolaires, l'édition 2014 du Sisqa avait été un succès. Malgré l'état d'urgence et les élections, il faut souhaiter que celle-ci le soit tout autant. D'autant plus que désormais, le Sisqa voit ses frontières s'agrandir avec la fusion des régions. Des changements administratifs qui questionnent forcément producteurs et agriculteurs. Jeudi, dans les allées du salon, l'actuel président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, a ainsi été interpellé par plusieurs exposants quant au futur lieu de déroulement du Sisqa. Pour Jacques Poux, directeur de l'Institut régional de la qualité alimentaire (Irqualim), «il est important de le maintenir tous les ans à Toulouse. L'alterner une année sur deux avec Montpellier serait une erreur, car on perdrait la fidélisation qu'on a mis 13 ans à bâtir».

Il est par contre acquis qu'il faudra le renforcer avec une présence plus importante de producteurs de Languedoc-Roussillon.


Le château de Salitis est l'un des domaines historiques en appellation cabardès en Languedoc-Roussillon (Sud de France) / Photo illustration DDM

Autre question qui se pose avec l'élargissement de la région, la gestion des bannières Sud-Ouest France (pour Midi-Pyrénées et Aquitaine) et Sud de France (pour Languedoc-Roussillon). Si la première ne concerne que la mise en avant de produits régionaux vitivinicoles, agricoles et agroalimentaires, la seconde est devenue une véritable marque au champ d'activité très large, couvrant aussi le tourisme ou le bien-être. Pour Jacques Poux, qui vient de tenir une assemblée générale de l'Irqualim où ce sujet a été débattu, «il est urgent d'attendre de voir qui sera aux commandes de la collectivité. Mais il faudra, ensuite, que les professionnels se prennent en main et fassent des propositions. Ce qui est important, c'est que la filière étiquetée Sud-Ouest (essentiellement vin et canards) ne soit pas touchée».

 
 
Publié le 12/12/2015 à 08:01   | La Dépêche du Midi |

Des produits et des hommes


Effluves d'armagnac pour Éric Lafargue-Dubos à Nogaro / Photo DDM

Armagnac et philo
Quiconque a vu fonctionner un alambic en Armagnac, cet ingénieux «alambic continu à simple chauffe», sait l'alchimie unique qui produit l'alcool dans ses deux tours… et comment ensuite la «blanche», l'eau-de-vie pure, se transforme dans les fûts de chêne, les «pièces», en vieil or liquide. Et même en mieux. En belles pages de sérénité et de philosophie à venir lorsqu'entre amis, chacun savourera son armagnac après le repas et pratiquera l'art de la conversation sous un ciel d'été ou près de la cheminée. 

Du côté de Nogaro, Éric Lafargue-Dubos fait partie de ceux qui continuent à faire vivre ce trésor de convivialité, «auquel on prête quarante vertus», rappelle-t-il et dont on dit que d'Artagnan le fit découvrir à Louis XIV lors d'une étape à Vic-Fezensac. L'occasion de découvrir aussi les vins de Gascogne blancs, rosés et rouges que produit également le vignoble et dont l'identité reste évidemment festive !

Belle coloration, taux de sucre élevé… le Chasselas 2015 fait partie des bons crus de l'AOP./Photo illustration DDM

Chasselas : comme un rayon de soleil de Noël
Impossible de passer sans s'arrêter devant ces grappes de chasselas de Moissac… parce que ce raisin-là ne ment pas lorsqu'il se présente en «irrésistible». «Il a cette couleur dorée, cette transparence spécifique avec sa peau très fine mais ferme et la souplesse et l'élégance de sa grappe mais il a surtout son goût unique…», commence Nicole Malmon, du syndicat de défense du chasselas de Moissac. Ce que vous rappelle le premier grain explosant en bouche : un dessert de roi depuis que Soliman le Magnifique en offrit des plants à François 1er. Car «le jus sucré du chasselas de Moissac possède des arômes de miel lorsqu'il a su profiter d'un bel été». 

Premier fruit frais à avoir obtenu le label AOC en 1971 après avoir vu reconnaître son excellence par décret, en 1953, AOP depuis 1996… il raconte aussi l'histoire de terrains pauvres où la rencontre des climats océanique et méditerranéen a su faire naître une richesse bonifiée par l'homme, 248 producteurs désormais. «On ne vendange pas le chasselas de Moissac, on le cueille et on le sélectionne grappe par grappe au grain près, tout à la main, une exigence qui a sauvé ce raisin», souligne Nicole. Jusqu'à en faire un incontournable pour les fêtes, un traditionnel rayon de soleil de Noël sur nos tables du Grand Sud. Compter 11 € les 2 kg au SISQA.

Composition artistique à la fête de l'Ail rose de Lautrec / Photo DDM, G.C.

L'ail rose de Lautrec
Que serait l'agneau fermier de Midi-Pyrénées sans l'ail ? Que serait la cuisine, la table familiale, même, sans l'ail ? D'un label rouge à l'autre… cela conduit au stand de l'ail rose de Lautrec. 153 producteurs aujourd'hui pour environ 600 tonnes par an, «au delà de son joli aspect, il se conserve très très longtemps», souligne nicolas Boutié, l'un des producteurs. Mais il se distingue aussi «parce qu'il est beaucoup plus dur à produire, étant un ail à bâton, dont on coupe la fleur pied par pied à la main, en mai, et permet de le présenter en «manouille» de 500 gr ou un kilo» et pas en tresses», explique-t-il. Quant à sa qualité gustative ? «Il est plus doux, excellent pour les rôtis, les gigots, la soupe à l'ail et il «reproche» moins tout en ayant plus de saveur».

Des canards gras de grande qualité sur les étals de Caussade / Photo illustration DDM

Le foie gras du Quercy
Foie gras… Hautes-Pyrénées, Gers, Lot : Midi-Pyrénées reste le berceau de l'un des plus beaux produits festifs qui soit et qui se décline donc sous toutes ses formes au fil des stands de ce SISQA. Chez la Quercynoise, de Gramat, dans le Lot, le canard est ainsi à l'honneur. Mais comment bien choisir son foie ? «Eh bien un bon foie gras ne doit pas être trop gros et il doit être souple, pas granuleux, élastique sous le pouce quand on appuie, c'est-à-dire qu'il reprenne bien son aspect initial après qu'on l'ait pressé du doigt», explique Laurent, vous présentant un beau bloc. à deux semaines du réveillon, un conseil à garder en mémoire.


Le fromage de Laguiole livre tous ses secrets de fabrication lors de la visite de la coopérative./ Photo illustration DDM

Laguiole, un vrai goût de l'Aubrac
De la rondeur, du volume, une belle croûte cachant une chaude couleur paille dès qu'on tranche dans la meule : c'est le laguiole A.O.P., le fromage au lait cru et entier de l'Aubrac. Et comme tous les produits de qualité de Midi-Pyrénées, il raconte lui aussi une histoire, un terroir lorsqu'on le déguste, qu'on hume ses parfums fleuris d'estive, d'herbe fraîche coupée avec sa production d'été ou ses arômes de foin, l'hiver. «Il est né au XIIe siècle, inventé par les moines du plateau de l'Aubrac. Pour conserver leur lait, ils ont fait ce fromage de garde. Puis les buronniers, les hommes chargés de la traite des vaches dans les estives, ont poursuivi la tradition de cette pâte pressée non cuite, mais c'est véritablement au début du XXe siècle que le nom de laguiole a été employé», explique Christian Miquel, du syndicat de défense et de promotion du fromage de laguiole AOP. 

Dénomination qui rappelle que le fromage de laguiole a bien failli disparaître, après guerre. «L'exode rural avait vidé le plateau. Les paysans partis, il n'y avait presque plus de vaches, donc plus de lait. C'est pour ça qu'a été créée notre coopérative fromagère Jeune Montagne en 1960 et qu'on a monté l'AOC en 1961. Il a ensuite fallu 20 ans pour reconstituer les volumes», poursuit-il. Lait cru et entier des Aubrac mais aussi des Simmental : le laguiole AOP exige au moins quatre mois de pâturage sur les montagnes de l'Aubrac puis à l'étable du foin récolté sur le plateau et dans sa région, l'ensilage et l'enrubannage d'herbe et de maïs étant «strictement interdits», souligne Christian Miquel. Ensuite ? Via leur coopérative, les 80 producteurs laitiers contrôleront de A à Z la qualité de leurs fromages et leur affinage, entre 4 et 24 mois. Résultat ? Un goût de «revenez-y», sans modération.

Le Noir de Bigorre, un produit phare de l'agriculture haut-pyrénéenne sur les Salons./Photo illustration DDM, Laurent Dard.

Le porc noir de Bigorre d'Armand et Jean
Tous les gourmets et les gastronomes le savent. Le gras, c'est le goût. Et c'est même la sixième saveur reconnue désormais, selon des chercheurs américains. Quant au bon gras élevé au rang d'art… il y en a un qui s'impose en star : celui du porc noir de Bigorre. Son histoire ? Chacun la connaît désormais. 1981 : dans les Hautes-Pyrénées ne restent plus que 34 femelles et 2 mâles entre les Baronnies, le Magnoac et les Coteaux. Formaté, le consommateur ne veut plus que du cochon maigre. Or le porc noir de Bigorre, c'est tout l'inverse… «dans notre pays sans oliviers pour l'huile, sa graisse servait pour la cuisine», explique Armand Touzanne, directeur du consortium du Noir de Bigorre, à l'origine du sauvetage de la race. Un gras d'autant meilleur qu'il avait pris le temps d'absorber lentement toutes les saveurs du pays, dehors. 

«Ce cochon se nourrissait dans les sous-bois, les prés, depuis des siècles… Herbe, céréales, glands, châtaignes, c'était vrai il y a 3 500 ans comme à l'époque gallo-romaine puis Moyen Âge, à l'abbaye de l'Escaladieu, et c'est resté le régime car nous sommes les héritiers de cette tradition qui donne aussi le temps au temps, avec 14 mois d'élevage en moyenne et 20 mois d'affinage pour le jambon», explique Armand Touzanne. Ce gras fondant chargé du meilleur des secrets de fond de terroir, qui convoque piémont, noisetiers, chênes et châtaigniers dans le jambon, la ventrèche, les coustous : «Le charcutier Jean Dupont nous a aidés à le remettre à l'honneur», souligne le directeur. Et ça tombe bien, parce que l'artisan est justement là qui coupe des lichettes de jambon Noir de Bigorre avec Stéphane Tibolla. Délicates, onctueuses, fondantes, à la rare valeur gustative… et qui n'ont rien à envier aux meilleurs «ibériques» : la catégorie dans laquelle joue le «Noir», désormais. Le «Noir», sauvé… 900 truies et 60 éleveurs aujourd'hui.


Publié le 11/12/2015 à 08:01   | La Dépêche du Midi |  Sylvie Roux

«Au SISQA tout est bon !»


Les nombreux stands invitent à la dégustation / Photo DDM

Le SISQA a ouvert hier. Cette 13e édition présente près de 240 produits et s'élargit pour la première fois au Languedoc-Roussillon, nos voisins de la grande région.

Beaucoup de visiteurs se pressaient déjà hier dans les trois halls du SISQA, le salon de la qualité alimentaire, qui met à l'honneur 240 produits, avec, pour cette 13e édition, la présence remarquée de quelques producteurs du Languedoc-Roussillon. «Nous serons beaucoup plus nombreux l'an prochain», promet Denis Carretier, viticulteur dans le Minervois, président de la chambre d'agriculture Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon.

Martin Malvy a conduit la visite officielle de ce salon dont il fut l'un des grands artisans en 2002. «C'est la première manifestation de l'année en nombre de visiteurs par jour, ce n'est pas pour rien. Tout est bon au SISQA !» a lancé le président de région, visiblement heureux de retrouver cette ambiance conviviale. «L'un de mes meilleurs souvenirs ici, c'est la joie des enfants» confie le président Malvy. Pas moins de 8 000 scolaires venus de tous les départements auront déferlé au parc des expos entre hier et aujourd'hui. Le hall «La ferme» où les petits peuvent observer des animaux a un franc succès, tout comme le «Parcours des sens» (hall 3) où expériences olfactives ou culinaires sont proposées aux enfants. Pour les adultes l'attraction est plutôt à «La halle» où les attendent dégustations de vin et de spécialités régionales.

Shopping au SISQA : cinq idées gourmandes pour les repas de fêtes

Conditionnement des anchois de Collioure ./ Photo DDM, Topsud

Les anchois de Collioure
Ces fleurons de la gastronomie catalane sont présents pour la première fois au SISQA, sur le stand des maisons Roque et Lesclaux, producteurs à Collioure. «Comme on fait en Catalogne, vous préparez des tartines avec des lamelles de poivrons rouges grillés et pelés, sur lesquelles vous disposez quelques anchois, des tranches d'œufs durs, le tout saupoudré d'un hachis d'ail et persil. ça fait une belle entrée de fête» conseillent Florent Roque et Vincent Figuères, héritiers d'une longue tradition familiale. 6,30 €, le bocal de 150 g d'anchois à l'huile. Stand 45.

Michel Bertrex, éleveur de porc noir de Bigorre, et «Pelot» /Photo DDM, Thierry Jouve.

Le porc noir de Bigorre
Fleuron de la région le jambon de porc noir de Bigorre, bientôt couronné de l'AOC, est très prisé. «On peut le servir tranché fin à l'apéritif avec du champagne ou un Pacherenc sec. La ventrèche se marie bien avec les Saint-Jacques. On poêle la ventrèche, on la réserve, puis on fait revenir les Saint-Jacques dans le jus, et on mélange les deux ensemble» conseille Jean Dupont, de Tarbes, charcutier historique de la filière, qui fut l'un des premiers à soutenir les producteurs qui ont relancé la race il y a 30 ans. Jambon entier, 46 €/kg, ventrèche, 22 €/kg. Stand 85.

Damien Fraysse travaille dans la filière ovine pour le label l'agneau fermier du Quercy / Photo DDM, Marc Salvet 

L'agneau fermier de Midi-Pyrénées
Henry Delpech, ancien boucher de Colomiers aujourd'hui à la retraite, forme des apprentis du CFA de Muret sur le stand de la filière de l'agneau label rouge de Midi-Pyrénées (1500 producteurs). Suivant les conseils du maître ces jeunes préparent des épaules d'agneau désossées, ficelées, bardées et présentées en forme de melon ou de canard. Un clin d'œil festif de ce boucher qui recommande une cuisson au four à 200 degrès pendant 1h30, sur un tapis de pommes de terre et de marrons. 30€ pièce pour six personnes (environ 1,3kg). Stand 104.

Les éleveurs présentent la poule noire gasconne ./DDM Hélène Dubarry

Le chapon noir gascon
 «C'est une race rustique gasconne. Le chapon est élevé en plein air minimum 7 mois. Sa chair est blanche, elle tient bien à l'os et est très goûteuse», vante Elodie Menvielle, animatrice de la filière qui regroupe une vingtaine de producteurs dans le Gers et les Hautes-Pyrénées. Sur le stand 76 le chapon, très chic avec ses plumes noires à reflets verts, est présenté emmitouflé dans un torchon teint au bleu de Lectoure. «Il peut être farci avec du foie gras et des châtaignes» conseille Sophie Deffis, éleveuse. Environ 45 € un chapon à rôtir d'environ 3 kg (6/8 personnes).


Réalisation d'un gâteau à la broche dans les Hautes-Pyrénées / Photo DDM

Le gâteau à la broche
Avec sa drôle de forme pyramidale, on dirait que le gâteau à la broche se prend pour un sapin de Noël ! Laurence Gineste, qui cuit ses gâteaux au feu de bois chez elle à Najac («La ferme de la rivière», stand 261) propose plusieurs versions de cette spectaculaire pâtisserie régionale pour varier les plaisirs : à la farine de blé, de châtaigne et blé ou à la farine de maïs sans gluten. «Découpé en tranches, le gâteau à la broche forme un petit soleil, au centre duquel on peut déposer de la chantilly, des fruits, de la glace, de la crème de marrons», conseille cette Aveyronnaise.
 
 
Publié le 10/12/2015 à 08:26   | La Dépêche du Midi |

Toutes nos richesses gastronomiques sont au salon Sisqa pendant quatre jours


La 13e édition du  Sisqa ouvre ce jeudi matin au Parc des expos de Toulouse./ Photo DDM

Un moment de fraîcheur dans une actualité trépidante. Le Sisqa ouvre ses portes ce matin au Parc des expos avec quelque 200 exposants, plus de 250 animaux de la ferme et des animations surmultipliées.

Enfin un peu de fraîcheur et de lenteur dans cette course effrénée où les événements se succèdent en cascade. Le Salon international de la sécurité alimentaire (Sisqa) arrive à point nommé pour nous assurer une pause salutaire en nous réappropriant quelques vertus essentielles, celles de nos terroirs. Aujourd'hui s'ouvre au parc des expositions de Toulouse la 13e édition de ce qu'on a pris l'habitude d'appeler la plus grande vitrine des produits de qualité de Midi-Pyrénées. Un slogan qui n'est pas usurpé puisqu'il s'agit du salon le plus fréquenté de la Région, et sans doute du plus gustatif.

À travers quatre espaces : les Halles, les Découvertes, la Ferme et le Parcours des sens, ce grand marché est d'abord une vitrine pour quelque 122 produits référencés pour leur origine et leur qualité. Après le jambon de Lacaune qui a obtenu cet été son Identification géographique protégée (IGP), c'est au tour des saucissons et saucisses de Lacaune de décrocher ce label auprès de la Commission européenne. Un bon point pour l'Aveyron puisque toute la filière Salaisons se retrouve de fait sous Signes d'identification de la qualité et de l'origine (SIQQ).

Coquillages de Bouzigues au Sémalou de Castanet-Tolosan / Photo illustration DDM

Et les 90 ans du roquefort
Cette manifestation qui a toujours été considérée comme le pendant Midi-Pyrénées du Salon de l'agriculture, fête aussi les 90 ans de l'appellation d'origine roquefort, la toute première créée dans cette démarche qualité. Un anniversaire d'autant plus remarqué que le roquefort produit à la frontière de deux territoires est censé représenter du coup un des «emblèmes gastronomiques phares de la future grande région.

C'est ainsi qu'avant même la signature de l'acte qui unira Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, le Sisqa élargit déjà ses étals aux produits languedociens : anchois, huîtres, vin, olives, huile, miel, jus de fruits, de quoi compléter avant l'heure les tables de réveillon. Poussant plus à l'ouest vers l'Atlantique, le salon n'oublie que nous avons intégré aussi sous la bannière «Sud-Ouest France» des produits aquitains, à commencer par le piment d'Espelette, l'agneau de lait des Pyrénées, l'Ossau Iriaty, sans oublier le pruneau d'Agen, la noix du Périgord ou les vins de Tursan…


Éleveur de bovins lait à Saint-Salvadou (12), Olivier Izard exploite en agriculture biologique. / Photo illustration DDM

250 animaux
C'est forcément le «clou» pour les enfants car le Sisqa c'est aussi cela : un grand rassemblement animalier reproduisant les plus beaux serviteurs et commensaux de l'homme avec 250 bêtes, du bovin bien typé aux fluettes abeilles.
Par ailleurs, sont répartis dans ce salon 120 exposants présentant leurs richesses sous SIQO, des vins aux produits bio, des fruits et légumes aux produits laitiers, en passant par les volailles et palmipèdes, les viandes, les salaisons et le pain… Un espace culinaire avec ateliers et concours, une œnothèque sont également dédiées aux produits régionaux.

Rappelons que Midi-Pyrénées est la première région à avoir créé un salon pour les consommateurs sur les produits et savoir faire régionaux. En 2000, avaient été organisé le Carrefour et les Journées des technologies de la traçabilité et de la sécurité des aliments pour les professionnels de la filière.


Publié le 11/12/2015 à 08:22   | La Dépêche du Midi |

SISQA : l'Aveyron bien représenté à Toulouse


Du roquefort : l'Aveyron offre au public du Sisqa ses produits typiques./Photos DDM

Réputé pour sa gastronomie et la variété qui la caractérise, l'Aveyron est très bien représenté, depuis hier, au Salon de la qualité alimentaire (Sisqa), qui se déroule à Toulouse jusqu'à dimanche. Pour cette treizième édition, 23 exposants du département proposeront au public de découvrir leurs produits, qui font partie des 200 en provenance de l'ensemble de la région Midi-Pyrénées, tous estampillés «de qualité» et placés sous signe d'identification de la qualité et de l'origine (Siqo).

à quelques jours de l'entrée en vigueur de la nouvelle carte des régions, qui verra donc celle de Midi-Pyrénées fusionner avec Languedoc-Roussillon, le roquefort fait figure de tête d'affiche étant donné que la zone dans laquelle il est produit se situe à la jonction des deux territoires. Ce produit phare du sud du département profitera du Sisqa pour célébrer une fois de plus les 90 ans de l'obtention de son appellation d'origine, la première de l'Histoire. Il sera ainsi proposé aux visiteurs de découvrir toutes les étapes de la fabrication, de la production du lait de brebis à l'affinage, en passant par l'emprésurage, la mise en moule, le salage, le piquage etc. 


Préparation de l'aligot à la salle des fêtes de Parnac (46) / Photo illustration DDM

Et pendant que les plus jeunes seront mobilisés par ces ateliers, les adultes pourront, de leur côté, effectuer des dégustations des vins qui s'associent parfaitement avec ce fromage, assister à des démonstrations culinaires réalisées par Quentin Bourdy, chef d'un restaurant de Villefranche-de-Rouergue et ancien candidat de l'émission de télé «Top chef», ou encore participer à des ateliers de cuisine proposant des recettes dont certaines seront à base de roquefort. Plusieurs marques seront représentées et l'achat de leurs produits possible sur place.

D'autres productions typiques du département seront proposées au public, comme le Bleu des Causses, l'aligot de l'Aubrac, le bœuf d'Aubrac ou encore le fromage Laguiole. à côté d'eux, certains, moins connus, tenteront de se faire, eux aussi, une place dans le paysage alimentaire régional, comme des bières artisanales et de la limonade fabriquées à Saint-Geniez, des crèmes de marron et de la liqueur de châtaignes produites à Saint-Hippolyte, ou les fromages de la Besse.


Publié le 13/12/2015 à 08:00   | La Dépêche du Midi |

La race castillonnaise se distingue à Toulouse

«Aquila de l'Artigou» et sa pouliche «Félicita de Bareille», championnes 2015, au Sisqa / Photo DDM

Depuis hier, le cheval castillonnais — parfois aussi appelé Saint-Gironnaiss ou du Biros — tient la dragée haute à ses concurrents, au salon de la sécurité alimentaire (Sisqa) de Toulouse. L'événement, qui se poursuit aujourd'hui, permet notamment de faire connaître au grand public les races de chevaux protégés, notamment en termes de qualité et d'alimentation.

Ainsi, «Aquila de l'Artigou», jument castillonnaise née au hameau de Biac, chez la famille Bart bien connue dans nos vallées, fait désormais le bonheur de l'éleveuse Nicole Flouirac, passionnée de la race, à Villeneuve-de-Rivière (Haute-Garonne). Cette jument suitée a déjà été présentée avec sa pouliche «Félicita de Bareille», au public saint-gironnais, en août dernier, lors de la grande mannifestation rurale Autrefois le Couserans. Une pouliche exceptionnelle ; rien d'étonnant lorsqu'on sait que son géniteur n'est autre que l'ex-champion suprême de la race «Vé t'Aqui d'Autet».

En attendant les manifestations d'aujourd'hui dans la ville rose, le compte est déjà bon pour la race couserannaise puisque la jument et sa pouliche ont été déclarées à l'unanimité championnes 2 015 dans leurs catégories respectives.

La jument «Aquila de l'Artigou», aux côtés de sa pouliche, au concours de Saint-Girons / Photo illustration DDM

Un peu d'histoire...
Le cheval castillonnais a suscité dès le début du siècle dernier (1 908) l'intérêt d'un éminent hippologue ariégeois, Gabriel Lamarque, à qui nous devons les premiers actes de mise en valeur de la population chevaline. Comme toutes celles des Pyrénées, les castillonnais sont issus de hardes sauvages très anciennes, imprégnées de sang oriental et surtout ibérique. Les grottes ariégeoises abritent de nombreuses représentations peintes ou sculptées à leur image.

Très fortement menacé par des croisements d'absorption avec les races lourdes et aussi de dépopulation de son berceau d'origine, ce petit cheval méritant aurait achevé son agonie sans l'intervention d'un petit groupe d'amis dans les années «80».

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decembre 2015


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