30/6/2015 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon : Les défis

Publié le 12/06/2015 à 08:52  | La Dépêche du Midi | Dossier Serge Bardy, Daniel Hourquebie et Philippe Rioux

Les 10 défis de la grande région


La place du Capitole à Toulouse. / Photo DDM

Alors que la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon se prépare, la Dépêche du Midi a identifié 10 défis majeurs à relever pour la réussite de la nouvelle entité.

Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon qui pratiquaient l'amour libre depuis longtemps dans de multiples domaines vont donc s'unir officiellement à partir du 1er janvier 2016, conséquence de la réforme territoriale qui a acté la fusion des deux régions du grand sud. La fusion est une chance historique, sans doute, mais aussi, dans cette phase de «préfiguration», un combat au quotidien pour l'organisation politique, économique, administrative de la nouvelle entité. Au-delà, c'est également tout le riche tissu culturel, sportif, associatif, souvent organisé régionalement, qui doit prévoir de muter. Autant dire que c'est une mobilisation générale des énergies qui permettra la réussite de la nouvelle grande région.

Une grande région qui reste encore un peu «suspendue» dans l'esprit des citoyens. Il est évident que la carte de la nouvelle administration du territoire lui donnera du «corps». Et les élections du nouveau conseil régional unifié - les 6 et 13 décembre - une cohérence politique. Autant de leviers qui devraient permettre de relever les défis à variables multiples qu'il faudra relever. La Dépêche du Midi en a identifié dix principaux avec l'aide du comité économique, social environnemental, régional (Ceser) présidé par Jean-louis Chauzy. Sur ce plan, le défi de l'identité n'est pas le moindre car il renvoie au vivre ensemble, avec ses différences. Ce sera aussi tout l'enjeu du choix du nom de la future grande région.

Démographie


Repoas de village à Beaumont sur Lèze / Photo DDM

5,6 millions d'habitants et bientôt plus et plus et plus et plus. C'est un des atouts communs de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon : les deux régions regroupées ne sont qu'à la 5e place des régions françaises en nombre d'habitants mais elles présentent un dynamisme démographique parmi les plus élevés de France. Ainsi, Midi-Pyrénées se classe à la deuxième place des régions de France pour sa croissance démographique, ce qui peut s'expliquer à la fois par son dynamisme économique et l'attrait du bien vivre façon grand sud-ouest L'Insee estime que 16 000 nouveaux arrivants s'installent chaque année en Midi-Pyrénées dont près de 12000 sur l'aire urbaine toulousaine. Le Languedoc-Roussillon quant à lui profite à plein de l'héliotropisme (attrait pour le soleil) et de l'attrait du littoral. L l'Insee estime que trois millions d'habitants peupleront le Languedoc-Roussillon d'ici 2025 à la condition que la croissance démographique de 1,1 % par an se maintienne. Autant de défis qui se poseront en terme d'insertion de cette nouvelle population active dans l'économie régionale, avec aussi les problèmes d'infrastructures éducatives pour les plus jeunes, ainsi que les problématiques de dépendance qui deviendront plus aiguës sur le littoral qui attire souvent des seniors. il faut se préparer : 51 000 habitants de plus par an, soit 500 000 de plus en 2025, et par conséquent un total de 6,1 millions à cet horizon, dont 21 000 actifs qui auront besoin de se loger, de se nourrir, de se soigner, de se former, d'exercer une activité, de se déplacer…

Emploi

Dans les ateliers d'Airbus / Photo DDM Thierry Bordas

Dans la grande région, la part des activités productives dans l'économie est parmi les plus faibles des nouvelles régions, note l'Insee. Ainsi les activités productives sont majoritairement tournées vers les marchés extérieurs et les entreprises (agriculture, industrie, commerce de gros, services aux entreprises). La future région compte ainsi 12,1 emplois «productifs» pour 100 habitants contre 14,1 au plan national. Ce déficit d'emplois productifs n'est pas homogène sur l'ensemble du territoire. Il est particulièrement marqué dans les zones d'emploi (ZE) du sud-est de la région. La ZE de Toulouse concentre 30 % des emplois productifs avec le plus fort taux de la région (16,7 pour 100 habitants). Perpignan, Béziers, Carcassonne, Sète ou Alès comptent moins de 9 emplois productifs pour 100 habitants. A l'autre bout, Rodez, Figeac, Villefranche-de-Rouergue ont des taux supérieurs à 14 pour 100 habitants. L'aire urbaine de Toulouse héberge la moitié des 50 plus grands établissements employeurs des secteurs marchands et deux de leurs salariés sur trois. On compte des pôles industriels secondaires et des activités agricoles (agglomération de Montpellier, site nucléaire de Marcoule dans le Gard, Mecanic Valley du Lot et de l'Aveyron). Le déficit d'emploi pèse sur le PIB de la grande région : 26 600 € contre 27 700 € pour l'ensemble des régions hors Île-de-France. Un différentiel de 4 % imputable à un déficit d'emplois, une moindre part de personnes en âge de travailler et une productivité inférieure.

Territoires

Foire de Pentecôte à Montaillou (11) / Photo DDM

La solidarité à l'échelle du territoire devra être adaptée aux réalités du terrain, étant entendu que les deux régions ne présentent pas la même physionomie territoriale. Ainsi, en Midi-Pyrénées l'armature territoriale s'apparente à une construction en étoile avec Toulouse, un noyau toulousain et des ramifications concentrique vers le réseau de villes secondaires dans les sept autres départements. 25 % de la population et 50 % de l'activité de la région sont ainsi concentrés dans l'aire urbaine de Toulouse laissant un «désert» à ses portes. Une image récurrente. Mais la vision de Toulouse irriguant de son dynamisme tout le territoire (y compris l'Aude) est aussi très partagée. En Languedoc-Roussillon, la configuration est néanmoins différente avec une métropole moins peuplée (268 000 habitants) et une population mieux répartie et des villes secondaires d'importance comme Perpignan, Narbonne, Béziers, Nîmes, Carcassonne… A partir de ces réalités contrastées, il va donc falloir construire un équilibre territorial harmonieux tant au niveau de l'Etat que des politiques qui relevant des nouvelles grandes régions. Métropole(s), communauté d'agglo, villes, territoires ruraux, Avec le maintien des services publics et le soutien adapté au développement économique au premier rang des priorités.

Santé

Réorganisation des urgences de Purpan / Photo DDM

C'est peu dire que la nouvelle région se positionne aux premiers rangs nationaux en termes de santé publique et privée. La faculté de médecine de Montpellier, la plus ancienne en activité du monde, remonte au XIIe siècle et n'a cessé depuis de rayonner. Quant à Toulouse – où l'idée du SAMU est née et où l'oncopoloe est à la pointe de la lutte contre le cancer – son centre hospitalier universitaire (CHU) se place régulièrement en tête des palmarès hospitaliers.

Mais les défis liés à la santé concernent bien évidemment l'accès aux soins pour tous les habitants de la région, qui sera la 2e plus grande de France avec des territoires parfois difficilement accessibles. Garantir cet accès sera un vrai défi. Le remplacement des médecins généralistes qui partent en retraite (46 % ont plus de 55 ans en Midi-Pyrénées) est un vrai problème. Entre 2006 et 2030 la densité de médecins baisserait de 22 % en Midi-Pyrénées contre 11 % au plan national. Pour lutter contre ce risque de désert médical, la future région devra explorer de nouvelles pistes : maisons et pôles de santé pluriprofessionnels, aides à l'installation de jeunes médecins, télémédecine, maintien à domicile des personnes âgées, etc.

Méditerranée

Le port de Sète se développe tous azimuts : du trafic marchandise, à la pêche et au trafic des voyageurs./ Photo Top Sud

Il y a 10 ans naissait l'eurorégion Pyrénées-Méditerranée. Déjà, à l'époque, la nécessité d'un «corridor Méditerranéen» entre nos régions et la riche Catalogne notamment s'était imposée, impliquant un renforcement des liaisons routières, ferroviaires, maritimes . Il préfigurait cette ouverture plus large vers la Méditerranée derrière laquelle se profile, pour la future région, des enjeux considérables. Il n'a échappé à personne qu'il y a en face l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, l'Afrique... autant de pays avec lesquels de nouvelles relations, économiques, scientifiques, culturelles, peuvent se développer. Depuis le port de Sète, porte d'entrée maritime de la future région, les produits des territoires ruraux de la future région peuvent trouver de nouveaux débouchés. Une coopération plus étroite au sein de l'arc méditerranéen, symbolisée à Montpellier par le travail du Cirad sur la recherche agronomique de cultures adaptées aux pays tropicaux et méditerranéens, peut être renforcée. Dans la corbeille de mariage des deux régions, le Languedoc a apporté plus qu'une mer., un enjeu de civilisation.

Environnement

Des fermes expérimentales seront installées pour commencer l'exploitation au large des côtes languedociennes. / Photo DDM

L'environnement est l'un des défis majeurs de la grande région : parce qu'elle est la 4e de France pour l'agriculture, parce qu'elle recèle des trésors naturels ; parce qu'enfin, la transition énergétique va mettre en branle toute la palette des énergies renouvelables.

L'agriculture va afficher une grande diversité de productions, de la terre et de la mer avec un engagement au respect de la nature. En Languedoc-Roussillon, on compte deux parcs naturels (Camargue, de la Narbonnaise) et un parc national des Cévennes. En Midi-Pyrénées, on compte trois PNR (des Causses du Quercy, des Grands Causses, des Pyrénées ariégeoises). Le parc du Haut-Languedoc est à cheval sur les deux régions.). Côté énergies renouvelables, la grande région a des atouts : Midi-Pyrénées se place en tête des régions de France en nombre de centrales hydrauliques ; l'éolien est en pointe en Languedoc-Roussillon – la première éolienne en France a été installée en juillet 1991 à Port-la- Nouvelle. Enfin, l'éolien offshore ou marin est très prometteur.

Innovation

Sur le site de Peraudel à Castres./Archive DDM, Thierry Antoine

La grande région accueillera l'une des communautés scientifiques les plus denses et les plus dynamiques de France. Au premier rang de ces chercheurs, le CNRS bien sûr. La délégation de Languedoc-Roussillon compte 52 unités de recherche propres ou en partenariat avec des universités, d'autres établissements de recherche ou des entreprises. En Midi-Pyrénées, le CNRS est présent dans 58 unités de recherche, notamment dans des domaines phares : matériaux et génie des procédés et génie chimique, électronique, sciences et technologies de l'information et de la communication, et bien sûr aéronautique et espace. À Toulouse, l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), l'institut National de Recherche Agronomique (INRA), le Centre National d'Études Spatiales (CNES), Météo-France et à Montpellier le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) ou l'IFREMER sont des fleurons de la région. La recherche privée (laboratoires Fabre, Sanofi, Baush&Lomb, Chauvin, etc.) a bien sûr toute sa part. Enfin, Toulouse et Montpellier, métropoles French Tech, sont l'exemple même du succès du numérique.

Mobilité


Concertation sur le tracé de la nouvelle ligne Montpellier Perpignan../ Photo Topsud

Dans ce qui deviendra la 2e région la plus grande de France, la question de la mobilité, des transports sera capitale, notamment en, termes d'harmonisation. Les deux conseils régionaux ont, depuis plusieurs années, massivement investi dans les transports, routiers, aériens et ferroviaires. Depuis 2002, le nombre de dessertes quotidiennes a été doublé et 1 530 arrêts supplémentaires par jour ont été créés en Midi-Pyrénées. Le Plan Rail Midi-Pyrénées mobilise un programme de travaux de 820 millions d'euros et un vaste programme d'acquisition et de modernisation du matériel roulant a été lancé pour un coût de 430 millions d'euros sur 2008-2018. Languedoc-Roussillon s'est de son côté distinguée avec le train à 1 €, généralisé sur tout le territoire. Enfin, l'arrivée du TGV Bordeaux-Toulouse et la liaison à grande vitesse vers l'Espagne conforteront la grande région comme une plaque tournante incontournable au sud de l'Union européenne, qui disposera de deux gares performantes : Matabiau à Toulouse, prochainement rénovée ; et Saint-Roch à Montpellier. Les réseaux routiers bénéficient aussi d'importants investissements avec des participations dans les grands programmes de travaux. Enfin, entre l'aéroport de Toulouse (6e aéroport français) celui de Montpellier (11e) et la présence des compagnies low-cost à Carcassonne, Rodez… la grande région sera connectée.

Éducation


Amphithéâtre de Champollion à Rodez ./Photo DDM, MCB

Et si c'était - comme sur tout le territoire national -, le plus grand des défis ? L'éducation au sens large bien sûr qui comprend les compétences de la nouvelle région : orientation, formation, qualification, mobilité, création d'écoles de la 2e chance... Il y a du boulot quand on considère par exemple les 18 % de taux de chômage dans certains bassins d'emploi comme Béziers, Pézenas ou Alès. Sur les deux régions, 4 000 jeunes sont sortis sans qualification de l'appareil de formation sur un territoire qui compte 500 000 demandeurs d'emplois... et 200 000 postes de travail disponibles. Il y a donc des politiques d'ajustement possibles mais il y faudra toujours plus d'orientation, de formation, toujours plus d'innovation pour que chaque jeune ait précisément sa chance. Y compris la deuxième. Mais bien sûr, la grande région, ce seront les filières d'excellence universitaires souvent reconnues à l'international dans les domaines les plus divers. Au total, la future région rassemblera 210 000 étudiants, ce sera la deuxième région universitaire hors Ile-de-France, la deuxième aussi pour la part du PIB dans la Recherche-Developpement avec les pôles rayonnants de Toulouse et Montpellier, et aussi les unités décentralisées dans les villes moyennes qui bénéficient de contrats de sites qualitatif, une politique qu'il faut poursuivre pour donner tout son sens à la filière éducation «de la maternelle à la fac» en passant par tous les chemins convergents qui mènent au savoir et au savoir-faire.

Identité

Une grande région occitane / Photo DDM

Deux territoires cousins, un long compagnonnage historique parfois orageux entre deux régions qui, aujourd'hui, vont reprendre le chemin commun. Occitanie, Languedoc... On ne crée pas une identité par décret. la fusion est un contrat au sommet désormais acté mais la véritable union se fera à la base. C'est le sentiment d'appartenance des populations qui permettra d'écrire ensemble l'avenir d'un nouveau territoire. Mais aujourd'hui, on comprend que la bataille de l'identité commune sera bien sûr gagnée sur le plan des valeurs et de la culture qui portent le vivre ensemble. Sur cette terre qui maintient haut - et visiblement plus qu'ailleurs- l'idée de République, il faudra encore renforcer l'identité - en refusant les dérives identitaires- ce socle commun basé sur la liberté, la laïcité, la diversité culturelle, notamment incarnée par l'incroyable richesse du terroir festivalier, des grands navires amiraux (Jazz in Marciac, Festival de la Cité de Carcassonne) à toute une flotille de manifestations locales qui font vivre la culture populaire et favorisent la mobilisation citoyenne. Des atouts culturels qui avec l'exceptionnel patrimoine naturel des deux régions, doivent constituer également demain une identité visible - et désirable - pour tous les touristes de France et du monde.

Lien vers l'article de La Dépêche du Midi :
http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/12/2123358-les-10-defis-de-la-grande-region.html


Publié le 12/06/2015 à 08:05  | La Dépêche du Midi |  Jean-Claude Souléry

L'édito du jour : Ensemble



Ce qui nous paraît aujourd'hui comme un bouleversement considérable de notre petit chez soi régional, sera demain oublié – peut-être en sourira-t-on, car, après tout, la plupart reconnaissent qu'il n'est pas d'opposition insurmontable entre deux territoires voisins, proches par l'accent, le soleil et le bonheur de vivre. De vivre, comme on dit, en bonne intelligence.

Hormis quelques jalousies compréhensibles et quelques ambitions froissées, les hommes apprendront – demain ou après-demain – à se (re) connaître et mettre en commun leurs atouts et leur savoir-faire. Ainsi, Toulouse et Montpellier sont, depuis toujours, cousines par l'Histoire, la géographie et la culture ; comprendrait-on qu'elles s'ignorent, se jalousent ou se querellent au moment où elles sont poussées, politiquement, l'une vers l'autre pour constituer les deux piliers d'une région à la taille d'un pays.

Les partisans de la décentralisation, tous ceux qui œuvrèrent dès 1983, pour que des décisions, toujours plus nombreuses, se prennent « au pays », verront dans cette réforme territoriale qui se met en place un indiscutable coup d'accélérateur. Elle devrait être d'autant mieux acceptée, cette réforme, qu'elle évite de jeter par-dessus bord la spécificité française que constituait le département – il conserve en milieu rural l'auréole démocratique qu'il a désormais perdu dans les grandes agglomérations.

La jonction entre l'A9 et l'A61 sera améliorée. / Photo DDM Walter Desplas.

Des « préfigurateurs » ont pris place pour évaluer les possibles, envisager les écueils, apaiser les craintes, imaginer le rapprochement des structures et des hommes. Leur travail est utile, il ne suffira pas. Tout simplement parce qu'un assemblage de 5,6 millions d'hommes et de femmes – sans compter ceux qui viendront dans la prochaine décennie – exige de laisser faire le temps. De nouvelles habitudes se créeront, les structures et les modèles seront d'abord ce qu'en feront les hommes.

Il s'agit dans un premier temps de mesurer tous les défis du siècle qui nous guettent : la formation des hommes, l'éducation, l'innovation, la recherche, la mobilité, la cohésion sociale, l'équilibre entre tous les territoires, autant de défis qui ne sont pas gagnés d'avance. Quel qu'en soit le nom – et nous devrons le trouver ensemble –, la grande entité qui va du Roussillon au Quercy, ou de la Bigorre aux Cévennes, ne sera plus la « Région » telle que nous la connaissions jusqu'ici, ce ne sera pas non plus la simple juxtaposition de deux collectivités territoriales – 1 et 1 ne font pas 2 : ce sera d'abord une nouvelle aventure dont il faudra ensemble écrire l'histoire. Nous en avons les atouts, ne gâchons pas ce nouveau départ, jouons-le ensemble.


Publié le 30/04/2015 à 06:56  | La Dépêche du Midi |  C.G.

Fusion des régions : la forte attractivité du nouveau couple territorial


La grande région croît au rythme de 51 1 00 habitants par an, avec une forte attractivité de Toulouse et du littoral./ Photo DDM

Le futur couple territorial est prometteur mais avec des nuances, même si les experts statisticiens de l'INSEE ont brossé le portrait avec délicatesse et absolue diplomatie.

Le nouvel ensemble administratif, c'est en superficie l'Irlande (72 000 km2) et en population, le Danemark (5,6 millions d'habitants) et un point commun aux deux régions : la très forte attractivité. «Dans ce nouvel ensemble, la population a augmenté très fortement depuis 2007, au rythme de 51 100 habitants en moyenne chaque année. Cette croissance démographique est due à 80 % au flux migratoire largement positif. C'est une croissance très forte de l'ordre de 0,9 % l'an, largement au-dessus de la moyenne nationale.

Dans les années qui viennent le défi sera précisément l'accueil de ces nouvelles populations» explique Pierre Girard. Les habitants de cette nouvelle région se concentrent dans les zones urbaines (4,5 millions d'habitants), celle de Toulouse (1 300 000 habitants) principalement, celle de Montpellier (570 000 habitants) et le long du littoral qui connaît une forte croissance et devient l'espace le plus attractif avec Toulouse. Les entrants se répartissent dans toutes les classes d'âge avec des pics significatifs entre 17 et 25 ans (les étudiants) et à 60 ans (fin de trajectoire professionnelle).

«On assiste à une densification autour des centres-villes : Toulouse, Montpellier, Perpignan. Et même à une densification à l'intérieur de ces villes. Le même phénomène est observé dans les deux ensembles» note Roger Rabier, directeur régional de l'Insee.

Sur les marches de Saint-Pierre à Toulouse / Photo DDM, Michel Viala

La Ville rose, locomotive industrielle
La ville rose, considérée comme la troisième concentration urbaine de province (Après Marseille et Lyon) regroupe bien entendu le meilleur de l'activité économique avec le siège de vingt-huit des cinquante grandes sociétés de cette grande région. Le taux d'emplois productifs y est très largement supérieur à celui du reste de la région : 16,7 contre 12,1 à l'ensemble (14,1 en France et seulement 9 dans la zone littorale de l'actuel Languedoc-Roussillon. Malgré le dynamisme toulousain, le PIB par habitant (26 600 €) reste inférieur à la moyenne nationale 27 700 € en province), à la fois par manque d'emplois et à cause d'une productivité apparente moins importante.

«On note surtout, encore aujourd'hui un déficit des emplois productifs. On peut estimer qu'il en manque environ 45 000» estime Bernard Nozières, même si la Grande Région est la championne de France pour les investissements en R & D. «La création des emplois est importante, de l'ordre de 0,4 % par an. Mais dans le même temps, la population s'accroît de 1 %. Il existe donc un décalage entre les deux» fait encore remarquer Pierre Gérard avec tout de même un distinguo très net. «L'avenir du pôle toulousain est déjà gravé avec des carnets de commandes remplis pour les dix prochaines années. Le sort économique de Montpellier reste encore à écrire» ajoute Roger Rabier pour synthétiser le «destin fusionnel».


Montpellier / Photo DDM PQR

Le géant vert
La «Grande Région» devient dans la fusion une sorte de géant vert. Le nouvel ensemble est seulement précédé dans plusieurs filières par Aquitaine-Poitou-Charente-Limousin qui emboite trois anciennes régions. Voici la première région viticole de France, avec 273 000 hectares dont 236 000 en Languedoc-Roussillon (86 %). Elle est la deuxième pour le nombre des exploitations (78 000 dont 61 % en Midi-Pyrénées). Elle est la deuxième pour la superficie agricole exploitée (3,5 millions d'ha dont 72 % en MP), pour les emplois agricoles (140 000 dont 60 % en MP), la perception, de la PAC (1050 M€ dont 800 M€ pour MP). Elle est troisième pour l'agroalimentaire (7000 établissements dont 51 % en MP) pour la surface forestière (2,4 M ha dont 55 % en MP) et pour les productions végétales (4,4 Mds € dont 45 % en MP). Ou la version moderne du bonheur économique est dans le pré.



Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr

Sur le Plateau d'Aubrac, carrefour de régions / Photo DDM
 

 
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