25/8/2014 Euro 2014 de natation à Berlin : l'or de Manaudou

Publié le 25/08/2014 à 09:16   | La Dépêche du Midi | 

Merci Florent !

Natation - Euro 2014 : L'exceptionnelle réussite du sprinter marseillais sauve le bilan de l'équipe de France


Heureusement pour l'équipe de France, Florent Manaudou était là ./ AFP

Hier, le Marseillais a obtenu une quatrième médaille d'or, sur le 50 m libre, sauvant ainsi le bilan de Bleus en pleine reconstruction.

C'est peu dire que Florent Manaudou a terminé les Euros-2014 en beauté. Car le Marseillais, dont on se doutait bien qu'il brillerait dans sa première compétition continentale en grand bassin, s'est conduit en patron tout au long de la semaine. En sauveur aussi pour une équipe de France en totale reconstruction, qui avait déplacé en Allemagne quelques ténors et toute une kyrielle de champions en devenir.

La France, qui a également empoché l'argent sur 4x100 m 4 nages, hier, termine 5e nation avec 10 médailles (dont 4 en or), bien loin de la moisson historique de 21 médailles (8 or) en 2010 à Budapest. À mi-olympiade, le constat pourrait être inquiétant, mais Romain Barnier, qui a été nommé entraîneur en chef il y a dix-huit mois, ne veut pas dramatiser.

«On a une tâche difficile parce qu'on a élevé une barre très haut par rapport à notre natation. Il ne faut pas grand-chose pour réussir, il faut 2, 3 grands champions qui gagnent des médailles d'or et on est tout de suite bien placé dans le classement. Et ce n'est pas forcément une mauvaise chose de ne pas avoir performé lors de ces Euros», s'est-il défendu.
Avec un contingent énorme et inédit de 43 nageurs, la France n'a pas fait mieux que 10 médailles. Bien loin de la Grande-Bretagne, venue elle avec 23 nageurs, et qui a récolté 24 médailles (dont 9 en or). Un statut de leader que la France arborait fièrement depuis 2 ans et qu'elle a lâché de façon inquiétante.

 Florent Manaudou, Jeremy Stravius, Fabien Gilot et Mehdy Metella (4 x 100) / Photo FB Stephane Kempinaire / KMSP / DPPI

La pauvreté du vivier tricolore
Ces Euros ont donc montré la pauvreté du vivier français, mais ce constat n'alarme pas le staff tricolore qui mise sur ses champions pour briller. Or, à Berlin, l'un d'eux était dans la souffrance (Agnel) et deux autres absents (Lacourt blessé et Muffat retraitée soudaine). Le premier, champion olympique et du monde en titre sur 200 m libre, a vécu «l'enfer», de son propre aveu, à Berlin. Et s'il a sauvé sa compétition avec une médaille de bronze sur 200 m libre, c'est qu'il est allé la chercher «avec le cœur». Installé depuis un plus d'un an à Baltimore , où il est dirigé par Bob Bowman, il dit avoir peiné à digérer les entraînements axés sur l'intensité, mais cela n'explique pas tout. Peut-être aura-t-il besoin d'une sérieuse remise en question, comme celle qu'a subie Jérémy Stravius il y a quelques mois, quand il voulait arrêter la natation, gagné par la lassitude. Et aujourd'hui, les résultats sont là, le Picard a glané autant de médailles que lors des Mondiaux-2013.

Où sont les femmes ?
Quant à la natation féminine, qui a toujours reposé sur une seule nageuse - Maracineanu dans les années 90, puis Manaudou et ensuite Muffat -, elle ne voit pas arriver la relève. Charlotte Bonnet et ses 19 ans n'ont pas supporté la pression de cette attente, et c'est Ana Santamans, 21 ans, qui est créditée du meilleur résultat avec la 4e place sur 50 m libre le dernier jour.
Quoi qu'en disent les cadres fédéraux, c'est une tâche énorme qui les attend à deux ans des JO.

L'Équipe de France à l'Euro de Berlin / Photo FB Fédération Française de Natation

Repères
Le chiffre : 10 Médailles > Pour les Bleus à Berlin. C'est une de moins que le total obtenu à Debrecen, en 2012, où l'équipe de France n'avait déplacé que 27 nageurs contre 43 cette année. En 2010, à Budapest , les Bleus avaient réalisé une moisson historique avec un total de 21 médailles dont huit en or.
«Si je peux passer un seul message,arrêtez de parler de moi à mon frère quand il fait une perf !!!», Laure Manaudou , hier, sur son compte Twitter



Publié le 25/08/2014 à 08:37  | La Dépêche du Midi | 

Retour sur une semaine en or

Sans faire de bruit, Jérémy Stravius a tout de même décroché quatre médailles à Berlin./Photo AFP

Lundi 18 août : les Bleus du 4 x 100 m nage libre donnent le ton. Détenteurs des titres olympiques, mondial et européen, les relayeurs de l'équipe de France messieurs poursuivent l'impressionnante saga des Bleus sur cette spécialité avec, cette fois Mehdy Metella, Fabien Gilot, Florent Manaudou et Jérémy Stravius.

Mardi 19 août : Manaudou roi aussi du «pap» ! Second or en deux jours pour Florent Manaudou qui s'impose dans la finale du 50 papillon (23.00), ex æquo avec le Russe Yauhen Tsurkin. Le Marseillais bat son record personnel de 14/100e.

La deuxième finale de la journée permet à Jérémy Stravius d'offrir une troisième médaille aux Bleus avec l'argent du 100 m dos, une médaille qu'il avait déjà conquise aux Euros-2010, à Budapest.

Mercredi 20 août : Yannick Agnel se rachète. A cours de forme, le Niçois se sublime pour accéder au podium du 200 nage libre (1'46''65). L'essentiel est préservé avec ce bronze quasi inespéré..

Loin de sa meilleure forme, Yannick Agnel a tout de même trouvé l'énergie suffisante pour arracher la médaille de bronze du 200 m nage libre./AFP

Jeudi 21 août : Stravius double en argent. Vice-champion d'Europe du 100 m dos, Jérémy Stravius récidive 48 heures plus tard dans le 50 m dos. Sa performance (24''94) constitue son deuxième chrono de l'année 2014, 4 centièmes au dessus du temps nagé lors des championnats de France de Chartres.

Vendredi 22 août : Manaudou roi de l'épreuve... reine. Pour la première fois depuis la création des championnats d'Europe, deux Français occupent les deux premières places du 100 m nage libre : Florent Manaudou (47''98), champion d'Europe, et Fabien Gilot (48''36), son dauphin. Le vainqueur améliore par là même son record personnel de 43 centièmes. Enorme !

Dimanche 24 août : et de quatre pour le géant du sprint. Le champion olympique du 50 m nage libre, ne laisse pas passer l'occasion de glaner une quatrième breloque en or. Il profite de l'occasion pour améliorer son record personnel, acquis à Londres, de 2 petits centièmes (21''32 contre 21''34). Celui des Euros (21''36) détenu depuis 2010 par Frédérik Bousquet tombe lui aussi pour 4 centièmes.

Première médaille d'or pour la France avec le relais 4 x 100 m libre masculin./ AFP

Champion du monde en titre, le relais tricolore du 4 x 100 m 4 nages touche l'argent continental (3'32''47) lors de la dernière course de ces Euros berlinois, 74 centièmes derrière la Grande-Bretagne. Contrat rempli pour Jérémy Stravius, qui accroche là sa quatrième médaille (la troisième en argent), Giacomo Perez-Dortona, Mehdy Metella et Fabien Gilot.


Publié le 25/08/2014 à 08:36  | La Dépêche du Midi |    Nicolas Bacle

Le patron du sprint : c'est lui !


Florent Manaudou, 4 médailles d'or à Berlin ./ AFP

À seulement 23 ans, Florent Manaudou a conquis l'Europe cette semaine en remportant quatre médailles d'or pour son premier championnat continental. Superpuissant et doté d'une aisance insolente dans l'eau, le jeune nageur était venu en terre berlinoise pour tout écraser sur son passage. Un pari réussi qui lui permet de sortir pour de bon de l'ombre de sa sœur, Laure Manaudou, icône de la natation française.

De «Baby Flo» à Florent Manaudou
Car l'histoire de Florent Manaudou, c'est d'abord ça, être le petit frère de la plus grande nageuse française. Pendant que Laure ramène des médailles à foison au clan Manoudou, «Flo», lui, s'entraîne, à l'abri des regards. Doté des mêmes dispositions naturelles que son aînée dans l'eau, le jeune homme ne tarde pas à se faire remarquer et apprend très vite de sa famille la culture de la gagne. En 2011, il est sélectionné pour la première fois en équipe de France. C'est alors un beau bébé d'1m99, timide et en retrait, qui débarque dans le groupe «Bleus» sur la pointe des pieds. Couvé par sa grande sœur, Florent Manaudou remporte à la surprise générale son premier titre olympique aux J.O de Londres 2012 sur 50 m nage libre. La carrière de «Baby Flo» est bel et bien lancée.

D'abord invité surprise, Manaudou devient alors le favori des épreuves auxquelles il participe. Un statut bien difficile à assumer pour un gamin de 21 ans, déjà détenteur d'une médaille d'or olympique.
Mais en 2013, tout change. Pas le sportif, mais l'homme. Florent Manaudou perd son meilleur ami d'un accident de moto et découvre l'équilibre fragile d'une vie. Romain Barnier, son entraîneur à Marseille depuis 3 ans, remarque alors que son champion est «un peu différent» depuis ce décès. Pour le coach, la première grande désillusion sportive de son nageur à Barcelone (5e aux championnats du monde) n'est pas fondamentalement liée à l'or olympique ou la pression médiatique mais bien à cet accident dramatique.

50 m / Photo FB Stephane Kempinaire / KMSP / DPPI

Florent Manaudou, si insouciant et talentueux, gagne peu à peu en maturité et sort du cocon.
«Il y a chez lui des côtés matures et très réfléchis et d'autres qui sont encore très juvéniles. C'est son paradoxe, il faut trouver le bon équilibre» souligne son entraîneur.

Une soif de titres et de reconnaissance
Pour gagner, Manaudou a besoin de défi, il est primordial qu'il ne s'ennuie pas aux entraînements. C'est dans cette optique que son coach lui propose de s'entraîner sur le 100 m nage libre avec en ligne de mire l'Euro à Berlin. Déterminé et sûr de sa force, Manaudou se donne alors l'objectif de tout rafler lors des championnats d'Europe !

Un pari réussi puisqu'en une semaine, le nageur marseillais a réalisé un parcours sans faute en remportant l'or dans toutes les épreuves sur lesquelles il était engagé. Souvent placé au second plan lorsque sa sœur nageait encore, c'est sur lui et lui seul, que le monde de la natation a eu les yeux rivés tout au long de la semaine.

Photo Stephane Kempinaire / KMSP / DPPI

Sa victoire sur le 100 m nage libre, le principal défi qu'il s'était lancé, représente à elle seule le nouveau Florent Manaudou, le cannibale. Parti comme une fusée lors de la finale de l'épreuve, Manaudou a affiché une nouvelle fois toute l'étendue de son talent. Irrattrapable, le Français, nouveau champion d'Europe du 100 m, la course la plus prestigieuse, semble plus fort que jamais. Et passé pour la première fois de sa carrière la barre symbolique des 48 secondes sur l'épreuve ne fait que prouver qu'il a bien sa place parmi les plus grands spécialistes du 100 m.

Et si Manaudou peut légitimement savourer, ses ambitions, elles, sont sans limites. «Ça fait plaisir, je voulais nager sous les 48 depuis longtemps mais il faut encore bosser. On veut être les meilleurs du monde, pas d'Europe», assure le Français.
Voilà le nouveau Manaudou né à Berlin. Puissant, talentueux et sans limites.

Objectif Rio 2016
Champion olympique à 21 ans, champion du monde à 22 et déjà quadruple champion d'Europe à 23, la marge de progression du jeune français lui laisse entrevoir un avenir radieux. Et l'avenir justement, c'est à Rio qu'il se trouve.

À deux ans des Jeux Olympiques, le nageur, grâce à cet Euro, a envoyé un message fort à la concurrence et devient plus que jamais l'un des favoris pour 2016.
Un gabarit colossal, un départ canon, une glisse fabuleuse et une aisance déconcertante, voici ce qui attendra les adversaires de Manaudou en «eau» brésilienne.


Publié le 25/08/2014 à 08:37  | La Dépêche du Midi | 

Florent Manaudou : «J'ai appris à gérer les courses»


Interview : Florent Manaudou, quadruple médaille d'or aux Euros-2014. / AFP

Il y a deux ans, à Debrecen, Florent Manaudou n'avait pas participé aux Euros, préférant jouer la carte «JO» et murir. Bonne pioche, puisqu'il devenait champion olympique du 50 m nage libre quelques semaines plus tard. Aujourd'hui, le cadet de Laure a encore progressé et brille de mille feux. Il fait aussi preuve d'humilité dans l'exercice de l'interview...

Appréhendiez-vous cette dernière course ?
«On m'attendait sur cette course, vu ma semaine. Je suis très content de la place, un peu moins du temps. C'est un détail. Je fais quand même mieux qu'à Londres (21.34 pour le titre olympique), c'est plutôt pas mal. C'est la course où j'avais le plus de pression, même si je savais que ça n'allait pas nager très vite derrière, 21.8 ou 21.9, comme en demi-finales. J'ai su nager vite dans ces conditions. C'était plutôt une course contre moi-même. Je me voyais avec des adversaires un peu plus forts autour, dans ma tête, pour faire une bonne course. Ca a payé à la fin, c'est bien».

 Relais 4 x 100 / Photo FB Stephane Kempinaire / KMSP / DPPI

Réalisez-vous la portée de cette semaine et pourquoi n'avoir pas nagé le 4x100 m 4 nages?
«Oui. Je n'aime pas dire que ce ne sont que des championnats d'Europe, mais il y a moins de concurrence qu'aux Jeux. Aux PanPacifiques, ça nage vite. L'année prochaine ça va nager encore plus vite. Quant au relais, on en a parlé. Je ne me sentais pas de faire encore un 100 m. J'ai eu 11 ou 12 courses cette semaine, mes jambes sont fatiguées, j'ai deux petites contractures aux mollets. La semaine a été un peu longue».

Qu'avez-vous retenu ?
«J'ai appris à gagner les courses qu'il fallait gagner, à bien gérer les séries, les demies et les finales à chaque fois. C'est plus dans ce sens là que je suis très heureux de cette finale. J'ai appris qu'il faudra nager plus vite sur les séries du 100 crawl. Les demies pareil. Et aussi sur l'enchaînement du 100 et du 50 le lendemain, c'est très fatigant. Surtout si on réussit le 100 m, il y a la cérémonie protocolaire, le contrôle antidopage, c'est long. On arrive à minuit dans la chambre, le lendemain il faut se lever à 7h. C'est un peu fatigant, je suis content d'avoir fait ça ici pour l'année prochaine.»

Mehdy Metella (FRA) relais 4 x 100 m / Photo FB Stephane Kempinaire / KMSP / DPPI
 

 
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