France : Et si on positivait ?
France : Et si on positivait ?
Publié le 01/02/2026 | La Dépêche du Midi | Jean-Claude Souléry "L'édito"
Feu patriotique

Paris 2024 : La ferveur des spectateurs a porté les athlètes / Pool, A. Pain
Fier d’être Français !
Cette satisfaction d’appartenir au plus beau des royaumes est une des caractéristiques, sans doute un brin chauvine, de ce qu’on appelle l’« esprit français ».
Il suffit de croiser quelques compatriotes à l’autre bout du monde pour que chacun convienne que, oui ! décidément oui ! nous avons la chance d’habiter un pays comme la France.

Carcassonne : plus de 600 000 visiteurs sur les remparts en 2025 / DDM, Claude Boyer
Et pourtant, les enquêtes d’opinion et autres sondages nous disent à longueur d’année que ces mêmes Français, supposés vantards et chauvins, sont aussi d’un indécrottable pessimisme.
Malgré un pessimisme ambiant,
les Français se disent en grande majorité fiers de leur pays
Ils contemplent, totalement navrés, ce « déclin » qui saperait leur pays et résulterait bien sûr de ces défauts typiquement français, à commencer par la paresse et le manque d’envie.

Pause Guitare à Albi, c'est le refus de l'élitisme. Et c'est aussi pour ça qu'on l'aime. / DDM- MARIE PIERRE VOLLE
Sensibles au « génie français
À les entendre, nous vivrions dans une contrée où rien ne fonctionne, ni l’école, ni l’hôpital, ni le commissariat, où l’agriculture et l’industrie ne turbinent plus comme autrefois et où les enfants ont définitivement perdu le sens de l’effort.
Ce triste tableau de l’état de la France, on l’entend dans la bouche de certains responsables, notamment politiques, qui vivent de nos peurs, et ce refrain se répand comme une traînée malsaine parmi l’opinion.

Airbus accueille 800 lycéens d’Occitanie pour leur stage de seconde / DDM, S. Ramadier
Et pourtant, qu’il advienne une réussite française en matière économique ou technologique, la prouesse d’un de nos scientifiques, l’exploit d’un compatriote nageur ou judoka, ou le succès mondial d’un de nos artistes – et nous ressentons instantanément une belle fierté rejaillir sur nous, comme si, après tout, les honneurs et les récompenses consacrant le « génie français » allaient naturellement de soi, comme si chaque « Marseillaise » coulait de source.

Les soldats du front, ces hommes mal rasés, vivant dans des conditions d’hygiène compliquées / Télégr.
L’amour pour son pays brûlait, disait-on, dans le cœur des « poilus » de la Grande Guerre. Ces soldats, venus essentiellement de nos campagnes, aimaient la France parce qu’ils aimaient leur terre nourricière et se battaient pour elle.
"Un décalage paradoxal"… Pourquoi sommes-nous fiers d’être Français alors que nous passons notre temps à critiquer notre pays ?
Dans les familles ou sur les bancs de l’école publique, on apprenait alors et on chantait cet amour de la patrie que personne n’osait remettre en cause.

Thomas Pesquet, considéré comme l'une des personnalités incarnant le mieux les valeurs de la France / Maxppp, Nasa
Souscrire au contrat républicain
Aujourd’hui, un siècle plus tard, le rapport à la France a changé, pour la plupart d’entre nous, nous savons ce que nous devons à notre pays, mais le feu patriotique n’a plus la même intensité.
Le confort de nos vies et la croyance en un avenir de paix en ont atténué l’ardeur.

La cuisine, motif de fierté : Pascal Sudre avec son fameux chichoulet. DDM - EMILIE CAYRE
On peut croire bien sûr qu’il brûle encore, et souhaiter que la fierté exprimée par les sondages corresponde au sentiment général des Français (au passage, on peut espérer aussi demeurer à l’abri du poison nationaliste, ce ferment de nos haines et de nos guerres passées qui faisait dire à de Gaulle : « Le patriotisme, c’est aimer son pays ; le nationalisme, c’est détester celui des autres »).

L'éducation, l'un des piliers de la république / DDM
Aimer la France, c’est enfin souscrire au contrat républicain dont il faut mesurer les contraintes – ce contrat qui nous garantit des droits mais nous impose des devoirs, et qu’on récite parfois comme une leçon trop vite apprise.

Biarritz domine le classement des 50 villes de France où il fait bon vivre / DL, QV


Une richesse naturelle dans laquelle se ressourcer / L'Indépendant - Christophe Levillain


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