Graulhet : Histoire de l'école de Crins
 
Introduction :
 
Même si cette école est relativement récente (en comparaison avec Victor Hugo par exemple), on retrouvera au travers de ces lignes une partie de l'histoire locale des années 70...
 
D'autant plus que ses premiers bâtiments "provisoires" ont disparu pour laisser place à la construction d'une crèche et de celui de la "Plaine de Millet", en cours de réalisation (2012-2013)...

Nous sommes donc bien au coeur de l'évolution de l'urbanisme local...

 
 
"Histoire de l'école de Crins" -1-
 
 
Cette histoire est tirée du "Journal de vie" de l'école élémentaire de Crins, rédigé par M. Gabriel Rouyre, qui en fut le premier directeur.
 
Le 8 novembre 1975, lors d'une conférence pédagogique à l'école d'En Gach, l'inspecteur de circonscription de l'époque (M. Codderens) "demande aux directeurs d'ouvrir le JOURNAL de l'ÉCOLE où seront consignés les principaux évènements de la vie de l'école. [M. Rouyre] s'est donc attaché à reconstituer le 'curriculum vitae' de son école depuis sa création"...
 
Ce ne fut pas difficile pour lui, car l'écriture il a toujours aimé cela (il est actuellement président du comité culturel graulhétois qui publie notamment la revue trimestrielle "Arc en Ciel"), et a écrit plusieurs ouvrages dont "Premières armes" (racontant ses débuts dans le métier d'enseignant du côté de Lacaune) et "Une enfance graulhétoise" (décrivant sa jeunesse dans ce qui était vraiment à l'époque "la cité du cuir"). Je les ai déjà évoqués dans ces pages...
 
De retour de cette conférence, il prit sa plume et de sa belle écriture il commença le récit de cette aventure...
 
---> Et cette histoire, elle commence comme cela :
 
 
"Histoire de l'école de Crins" -2-
 
De temps en temps, je publierai sur ce site quelques paragraphes de ce "Journal de vie de l'école primaire* de Crins" qu'a patiemment et précisément tenu M. Rouyre.
 
(* Je garderai tout au long du récit le mot "primaire" par fidélité au texte initial, mais le plus approprié serait "élémentaire" dans la mesure où cette école n'accueillit aucun enfant de maternelle. J'ignore d'où provient cette inversion des termes.)
 
---> Vous avez eu dans l'article précédent la primeur du début de ce journal de vie, et voici comment il se terminera :
 
 
Prologue

Le quartier de Crins doit son nom au château de Crins -propriété des Comtes d'Aubijoux, seigneurs de Graulhet depuis 1515, château construit en 1580- situé en bordure du Dadou, à la rencontre de deux allées : l'allée des Mûriers séparant aujourd'hui le stade de la piscine, et l'allée des Pins rejoignant l'avenue de Réalmont.
 

 
Le château appartenait à la famille Albigot ainsi que toutes les terres environnantes. Le lotissement débuta en 1957 -le stade fut inauguré en 1955- Monsieur Piccoli en fut le dernier fermier et ses vaches laitières paissaient encore en 1968 dans les luzernes qui devaient devenir Crins II.
 

 
Peu à peu le lotissement se réalisait, peuplé surtout de jeunes ménages dont les enfants devaient fréquenter les écoles existantes - Barricouteau et En Gach, Gambetta ou Victor-Hugo- ce qui les astreignait à des déplacements lointains et de plus en plus périlleux en raison de la circulation grandissante...
 
Photos : La fenaison d'antan sur les terres de Crins / Le château
 
La construction de l'ancien CES de Crins
 
...En 1965 commença la construction de l'ancien C.E.S. à Crins I. En 1966 s'ouvrait l'école maternelle de Crins 1 construite sur la place du quartier. Mme Simone Fourés transfuge de "Gambetta" en fut la première directrice, et Mme Juliette Rouyre venant de "Barricouteau" la première adjointe.
 
Mais les enfants d'âge primaire, de plus en plus nombreux, continuaient à fréquenter les écoles du centre-ville.
 
Construction des immeubles de Crins II
 
En 1967 s'ouvrait l'annexe de l'école maternelle à Crins II.
 
Enfin, en septembre 1970 on installa 5 classes préfabriquées sur un terrain rapporté en bordure de l'avenue de Provence. Le portail d'entrée était au bout de la cour, côté école maternelle.
 
Une classe de Barricouteau, école de filles, en 1970 (Source : Copains d'avant)
 
Madame Suzanne Bès et madame Alice Durand, détachées respectivement de Barricouteau et de Gambetta furent chargées d'un C.P. ainsi que M. Gabriel Rouyre venant de Victor Hugo. MM. Jean-Calude Daydé et Christian Féniès furent chargés d'un C.E.1.
 
Ainsi les plus jeunes élèves voyaient une ecole venir à eux dans leur quartier pour la plus grande satisfaction des usagers...
 
Le lotissement de Crins I en voie d'achèvement
 
L'embryon d'une école primaire mixte était là mais, à la sortie du CE1, les filles partaient à Barricouteau ou Gambetta et les garçons allaient à la célèbre "écoles des tambours", autrement dit Victor Hugo.
D'autre part, chaque maître dépendait toujours de son école d'origine ; la situation administrative était des plus confuses, surtout au moment de l'établissement des statistiques annuelles. Qui dépendait de qui ?
 
Crins II en construction avant l'installation des "préfabriqués"
 
Cependant, M. Pierre Séguier, directeur "déchargé de classe" de l'école Victor Hugo assumait la responsabilité de direction et avait quand même détourné sur Crins l'abonnement qu'il recevait toujours pour l'école rurale de Saint-Sernin (fermée) du Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale.
M. Rouyre avait quelques responsabilités : siffler les rentrées, les récréations et les sorties (avec le sifflet appartenant à M. Jean Cambounet qui avait sifflé à Victor Hugo pendant plus de 20 ans), recevoir les parents, les représentants, les rares personnalités et signer des certificats de scolarité !
 
Les premiers "préfabriqués" sont en place...
 
Néanmoins, les maîtres se sentaient un peu isolés, un peu abandonnés et aspiraient à une véritable autonomie ("Crins libre !!!") qui, administrativement ne pouvait être accordée du fait que cette école "annexe" ne comportait pas tous les cours...
 
Le coin ne manquait certes pas de charme. On avait planté une rangée d'érables au milieu de la cour (ils ne feront jamais d'ombre aux classes !). Quand il faisait très chaud -en septembre comme en juin- on pouvait aller faire classe ou gymnastique sous les arbres du stade tout proche ; on pouvait aller en promenade au terrain d'aviation, faire de la balançoire ou du toboggan.
 
Carte postale du quartier de Crins alors que le centre nautique vient d'être construit (1968) ; les préfas ne sont pas encore implantés...
 
Détail amusant et pittoresque : on trouvait même des crottes de lapin dans la cour, et même un matin on put capturer un de ces gentils hôtes qui, effrayé par l'arrivée des enfants, s'était pris dans le grillage...
Madame Durand étant partie se recycler à l'E.N. d'Albi, Mlle Nicole Guibbaud la remplaça jusqu'à Noël et nous valut la visite de Mme la Directrice de l'E.N. et de quelques professeurs.
M. Codderens, notre inspecteur, ne vint pas souvent nous voir.
 
Carte postale du secteur du stade alors que le centre nautique vient d'être construit (1968)
 
En 1971, Mme Durand "remontait" à Gambetta pour assurer la "classe de neige", et était remplacée par Mme Joly "descendue" de Saint-Laurent et Saint-Mémy. Mme Yvonne Mothes restait femme de service...
(E.N. = École Normale)
 
La municipalité ajoutait à la suite des 5 classes existantes 3 autres préfabriqués (d'un modèle différent) utilisés par les classes "pratiques" du C.E.S.
Leurs grands élèves, plus ou moins "dégourdis", utilisaient les mêmes sanitaires que nos petits C.P. et défilaient sans arrêt sous leurs fenêtres, lançant au passage quelques âneries qui se voulaient spirituelles !
 
Les premiers préfas et les quartiers qui y sont rattachés (vue aérienne IGN)
 
Les maîtres du primaire avaient mis à la disposition des petits des gobelets en plastique leur permettant de boire sans être obligés de grimper dans le lavabo pour atteindre les robinets, nous retrouvions régulièrement ces gobelets dans les urinoirs... Leurs deux professeurs n'en pouvaient mais. Par contre, les jeunes agriculteurs de M. Serres étaient, heureusement, plus tranquilles et moins gênants.
Le 26 juin 1972, faisant preuve d'une certaine indépendance, les 5 classes de petits "montaient" passer la journée à La Courbe : repas tiré du sac, puis goûter offert par la petite caisse de l'école.
 
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