1/12/2014 Intempéries Grand Sud (27-30 nov 2014) -3-

Publié le 01/12/2014 à 08:42  | La Dépêche du Midi |  Dominique Delpiroux

Intempéries : année noire dans le Grand Sud

Un homme marche près d'une voiture endommagée par la rivière en crue à Portel-des-Corbières (Aude) - Eric Cabanis - AFP

Un mort, des centaines de personnes évacuées, des dégâts considérables… Ce sont des quantités d'eau énormes qui sont tombées sur l'Aude, l'Aveyron, le Tarn, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Gard. Un épisode de plus, le dixième, pour une année noire.

Près de 3 000 personnes évacuées, des maisons inondées de Saint-Affrique dans l'Aveyron, à Sigean, dans l'Aude ou Argelès, dans les Pyrénées Orientales, où un septuagénaire a trouvé la mort en tentant de franchir une cuvette avec sa voiture… Voilà encore un épisode d'intempéries particulièrement violent dans ce secteur allant du Gard au Tarn, en passant par l'Hérault, l'Aude, l'Aveyron, le Tarn et les Pyrénées-Orientales.

La ville de Saint-Affrique était encore hier sous le choc, abasourdie par la violence d'une inondation jamais vue dans la Vilote. Une montée des eaux sans doute explicable par la conjonction de la crue de deux rivières, la Sorgue et le Dourdou, crues qui ne sont en général, jamais simultanées.

Du côté de l'Aude et des Pyrénées Orientales, la montée des eaux a surpris les habitants en pleine nuit, nécessitant l'évacuation de quartiers entiers, notamment sur les bords de l'Agly en Roussillon ou au Sud de Narbonne. Le Premier ministre Manuel Valls indiquait hier soir que la situation était «sous contrôle» : 1 100 pompiers et secouristes sont sur le terrain.

Ce phénomène de violentes intempéries est récurrent : 2 014 est une année noire en la matière. «Il y a eu dix épisodes de précipitations exceptionnelles depuis la fin de l'été, note Frédéric Pluviaux, prévisionniste à Météo-France Bordeaux. Habituellement, il y a selon les départements entre deux et quatre épisodes par an.»

Les intempéries de ces derniers jours sont dues à des remontées d'air chaud venant d'une dépression au large du Portugal, et qui passent au-dessus de la Méditerranée.

«Or la mer Méditerranée est très chaude cette année, de 2 à 4° de plus que les moyennes habituelles, poursuit Frédéric Pluviaud. Plus la mer est chaude, plus les quantités d'humidité absorbées par l'air sont grandes. Lorsque cet air gorgé d'eau arrive sur nos côtes, il entre en contact avec des masses d'air froides venues de Russie. Et dès qu'il y a un relief, Montagne Noire, Cévennes, cela provoque des précipitations très intenses…»

Et parfois même gigantesques. 300 mm en 48 heures à Tauriac-de-Camarès dans l'Aveyron : il tombe 650 mm par an à Toulouse ! À Saint-Félix de Sorgue, toujours en Aveyron, 200 mm en 48 heures !

Côté Pyrénées-Orientales, où des milliers de personnes ont été évacuées, 360 mm à Saint-Féliu d'Amont, près de Perpignan, 295 mm à Argelès, la plage bien connue des Toulousains. Des pluies qui sont tombées sur des cours d'eau qui ont bondi : le Dourdou à Vabres l'Abbaye, en Aveyron est passé de quelques centimètres à 7 mètres en quelques heures ! À Portel-des-Corbières dans l'Aude, le niveau a grimpé de 3,50 mètres en un quart d'heure, hier vers 2 heures du matin. La rivière la Berre a dépassé le niveau de 7,40 m de la crue de 1999 avec 8,50 m..

Le phénomène cévenol est récurrent cette année, la cause, donc à cette douceur prolongée de l'automne. Faut-il alors craindre d'un changement climatique ?

«Trop tôt pour mesurer une tendance, explique Frédéric Pluviaud, en revanche, les projections climatiques à 2050-2070 indiquent la possibilité d'une augmentation de la température de la mer de 1 à 2° : cela laisse entrevoir la possibilité d'une augmentation de ces phénomènes.» Il faudra donc peut-être s'habituer à ces phénomènes et repenser tout l'urbanisme en fonction de cet aléa…


Comment se forment les pluies cévenoles / Photo DDM

En 1 an, 10 épisodes cévenols et 24 tués

Selon Météo France, nous avons déjà connu cette année dix épisodes cévenols depuis la fin de l'été et par ailleurs, le décès hier d'un homme de 74 ans hier porte à 24 le nombre de personnes tuées cette année à cause des intempéries dans le sud de la France.

Ainsi, dès le mois de juillet, deux personnes ont trouvé la mort à cause d'orages, en Ardèche et dans le Gard.

Le 17 septembre, quatre campeurs étaient emportés à Lamalou les Bains (Hérault). Le 29 septembre, les pluies se sont abattues sur le département de l'Hérault. Les rues de Montpellier ont été envahies par les eaux. Des milliers de voyageurs se sont retrouvés naufragés, les lignes de chemin de fer ayant été coupées. Aux alentours du 10 octobre, avec là encore des pluies torrentielles dans le sud-est, le Pont-du-Gard et Nîmes les pies dans l'eau. Les pluies ont provoqué la mort de deux personnes dans le département du Gers.

Enfin, le 15 novembre dernier, là encore de très fortes pluies sur le Gard et l'Hérault ont entraîné d'importants dégâts. On doit surtout déplorer cinq morts dont un bébé. Et jeudi et vendredi, quatre personnes ont trouvé la mort dans le Var. Hier une fillette était toujours recherchée.


Publié le 01/12/2014 à 07:43 | La Dépêche du Midi |   Christian Goutorbe et nos rédactions départementales

Un mort et des milliers d'évacués dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales

Inondations dans l'Aude - DDM

Les habitants n'en sont pas revenus : «En un quart d'heure, vers 02 h 30, l'eau est montée de trois mètres et demi» : Roger Brunel, le maire de Portel-des-Corbières, village de 1 150 habitants situé non loin du littoral. «On est maintenant en pleine décrue mais on nous annonce un nouvel épisode alors on reste tous en alerte. Mais il n'y a pas de drame. Une quarantaine de personnes ont été évacuées. Elles sont dans leur famille ou dans la salle des fêtes».

Les dégâts étaient impressionnants aux abords de la Berre. La rivière, en vigilance rouge, a atteint à Portel une côte de 8,5 mètres, soit au-delà des 7,4 m connus lors de la crue très importante de 1999.
Les eaux boueuses ont envahi l'ensemble des rives, submergeant les vignes et s'enfonçant jusqu'aux quartiers bas, où des voitures étaient totalement noyées.

Dans la commune voisine de Sigean, ce qui était redouté est arrivé en début de matinée : l'eau est passée au-dessus de la digue de l'Espinat, d'une hauteur de 6 mètres. Heureusement, les résidents des quartiers bas du bourg avaient déjà été évacués par précaution, soit environ 250 personnes.
Trois quartiers de Sigean sont totalement inondés et certaines personnes isolées étaient évacuées vers 10 heures par hélitreuillage.

À la réserve de Sigean «la rivière a débordé à partir de 3 heures, dimanche matin, et la réserve a été inondée au trois-quarts, notamment le parc de la plaine africaine, le parc aux ours et aux lions, et l'étang aux oiseaux, explique Gabriel de Jésus, chargé de communication. Ces zones étaient inaccessibles aux soigneurs, et hier, nous ne savions pas si des animaux avaient été tués.» Et il rajoute : «c'est désastreux : la digue qui doit nous protéger n'est toujours pas réparée. Nous sommes envahis chaque année !»

Sur les Pyrénées-Orientales, un déluge s'est abattu, avec trente-six heures d'alerte météo rouge pour les inondations. Car les 400 millimètres sur les reliefs ont généré les crues de tous les cours d'eau du département, entraînant le déplacement. On redoutait une éventuelle rupture de digue sur le cours inférieur de l'Agly entre Rivesaltes et Le Barcarès. Les principaux dégâts ont été enregistrés samedi soir en amont dans les Fenouillèdes avec la submersion du centre des villages de Rasiguères et de Saint Paul de Fenouillet. «C'est venu très vite. D'abord une pluie incessante, forte, très forte même pendant six heures, puis la montée brutale des eaux de l'Agly et de son affluent. Les dégâts sont impressionnants, surtout au rez-de-chaussée de la mairie et sur la voirie. Le bitume, les arbres ont été arrachés. Le ruisseau de Trémoine était devenu un torrent puissant» raconte Paul Foussat, le maire de Rasiguères.

«C'est d'une grande tristesse. Notre village était beau, avec des fleurs partout. Maintenant je ne sais pas comment nous allons pouvoir réparer tout cela. Les dégâts sont tellement impressionnants» observe Antoinette, 84 ans qui dit la peur qu'elle a eue lorsque l'eau est montée dans le centre, à quelques pas de sa maison. «On ne pouvait rien faire. Le courant était bien trop fort» ajoute un habitant du village dont le rez-de-chaussée est encore couvert de boue. Pendant deux jours les habitants de la vallée de l'Agly ont ainsi vécu sous la menace. Les habitants de cinq communes ont ainsi rejoint spontanément les centres d'accueil mis en place. «Je suis à la fois inquiet et pas inquiet. Cela dépend des moments et des informations que l'on reçoit sur la situation météo. Mais il est plus simple d'être ici, à l'abri avec tout le monde» explique Laurent un habitant de Claira qui a pris position à la salle municipale qui a reçu environ cent cinquante déplacés. Hier soir, vers 21 h 30, avec la décrue, ces gens ont été autorisés à regagner leur domicile. Les autres fleuves (Réar, Têt, Tech) ont également été concernés par le phénomène de crue. Les fortes pluies sur le massif des Albères ont généré des dégâts dans les communes d'Argelès-Sur-Mer, Collioure et Port-Vendres.


Publié le 01/12/2014 à 08:55   | La Dépêche du Midi |

Gaillac (81) : Le Quai Saint Jacques encore sous les eaux

Le Quai, jusqu'au premier étage, et le bas de la Côte du Tarn, sous les eaux rouges de la rivière. Un quartier qui est habitué des crues, où les rez-de-chaussée ne sont pas habitables. /Photo DDM

La montée des eaux avait donné lieu à une alerte dès vendredi 17h : le maire, les pompiers, la police municipale, la gendarmerie et les services de la ville étaient mobilisés. La gestion de la crue a été précise et efficace. Dès 19h, les habitants du quai Saint Jacques ont averti leurs voisins. le maire n'a pas quitté le quai et tous se sont entraidés pour déménager les meubles, les caves, et les véhicules. Un relogement d'habitants a été prévu avec le concours du CCAS et des services techniques de la ville. La police municipale est restée en place toute la nuit, le maire restant en alerte et en liaison permanente avec la préfecture.

«Je tiens à remercier la population qui a réagi avec une grande rapidité, sang froid, et beaucoup de gentillesses envers les personnes les plus exposées ou les plus fragiles. Les services de prévention dépêchés sur place ont été près performants» déclarait Patrice Gausserand. Le samedi matin, au réveil, il y avait beaucoup de curieux sur le pont de Saint Michel pour observer l'ampleur de la crue. Comme prévu par la météo, la décrue s'est opérée en fin de matinée. il restera pour les riverains à nettoyer la boue laissée par la montée des eaux.


Publié le 01/12/2014 à 07:37  | La Dépêche du Midi |

Le Tarn est rentré dans son lit entre Albi et Montauban

Le Tarn entre Gaillac et Lisle / Photo Météo 81, Pierre-A

Dans le département du Tarn, la rivière qui lui a donné son nom a retrouvé, hier, une partie de son lit qu'elle a quitté vendredi pour atteindre un débit de plus de 1 500 m3/s (débit normal 100 m3/s) à hauteur d'Ambialet.

Elle a tout ravagé sur son passage, dans la vallée du Tarn, entre Trébas, Ambialet, Saint-Juéry, Albi et Gaillac. La Montagne Noire, à Lacaune et Murat, a également souffert des violents orages et des rafales de vent. Samedi, la décrue s'est amorcée dès 6 heures du matin, laissant apparaître de nombreux dégâts.
À Gaillac, sur les berges d'Albi puis aux Avalats où les eaux ont presque atteint les limites de la crue de 2003 avec une trentaine de maisons endommagées sur les deux rives jusqu'aux Condomines et Ambialet.

Hier, 78 sapeurs-pompiers, engagés sur quatre chantiers dans la vallée du Tarn, ont poursuivi les opérations de nettoyage chez les riverains sinistrés.
La RD 70, à Arthès, est toujours fermée à la circulation entre les PR 7 et 9. La RD 700, à Saint-Cirgue, en revanche, a été rouverte à la circulation.

Nettoyage à Montauban
Dans la Haute-Garonne, la rivière n'a pas inquiété, notamment à Villemur, malgré un très haut niveau. À Montauban, en revanche, les vannes antiinondations ont été fermées avant-hier matin. Malgré cela, les berges du fleuve ont été envahies par les eaux. Hier, l'heure était au nettoyage : et on a dû utiliser des chasse-neige, notamment sur les voies sur berge, pour enlever les tonnes de boues qui s'étaient déposées. Un certain nombre de bâtiments ont été touchés dans le chef-lieu du Tarn-et-Garonne. En revanche, les routes qui avaient été coupées samedi ont été rouvertes à la circulation hier.
Enfin, en Haute-Garonne, un avis de vigilance a été émis sur les rivières Ger et Salat.


Publié le 01/12/2014 à 08:03  | La Dépêche du Midi |

Montauban : Après la crue, les opérations de nettoyage se sont déroulées hier toute la journée

Le chasse neige reste encore le meilleur moyen d'extraire la boue de la chaussée. /Photos DDM, Manu Massip

Le Tarn a retrouvé sa configuration hivernale normale (moins de 3 mètres hier après-midi) après avoir entamé sa décrue dès samedi en fin de journée. Restaient hier au lever du jour, les stigmates de ces caprices fluviaux avec boues et alluvions déposées en épaisseur partout où l'eau est passée samedi. Soit, les berges immédiates du fleuve rives droite et gauche et par conséquent, les chaussées, les cours intérieures et les caves riveraines. Dès hier matin, les services de nettoyage municipaux étaient à pied d'œuvres équipés d'engins performants tels chasse-neige et pelleteuses pour redonner aux lieux une configuration conforme et praticable pour les Montalbanais. Ailleurs aussi, les caprices de la rivière se diluaient progressivement, la RD.927 qui avait été coupée ayant été rendue à la circulation.


Publié le 01/12/2014 à 08:48  | La Dépêche du Midi |  Benoît Garret

Saint-Affrique (12) : Crue du siècle pour la Sorgues

Dans la rue du Traupont, les détritus attendent d'être ramassés./Photo DDM, B.G.

Vendredi 28 novembre, à 21 heures, la crue du siècle de la Sorgues a laissé des traces indélébiles dans toute la ville de Saint-Affrique. Arrivé à un niveau jamais atteint de 6,80 m et enjambant le pont du Centenaire à plus d'un mètre au-dessus de ses rambardes, la Sorgues chargée d'embâcles et d'alluvions a fait de gros dégâts : quais arrachés, murs en pierres démontés… et inondations massives à plus de 1,50 m dans les habitations et bâtiments commerciaux environnants.
Le nettoyage, qui avait déjà commencé dès le samedi matin (notre édition précédente), s'est poursuivi hier.

Les 200 sapeurs-pompiers venus de tout l'Aveyron mais aussi du Lot, de Tarn-et-Garonne et de Haute-Garonne, associés à la centaine de locaux, se sont répartis sur les secteurs de la ville meurtris pour nettoyer l'épaisse boue. Les deux jours précédents, ils avaient effectué 100 mises en sécurité et 11 sauvetages dont l'un in extremis. Des jeunes étaient accrochés à des poteaux pour échapper aux flots tumultueux. «Un nombre d'interventions inédit pour les pompiers de l'Aveyron», souligne le colonel éric Flores, directeur du SDIS de l'Aveyron, présent hier. «Et s'il n'y a eu aucune victime à déplorer, ce n'est pas le fruit du hasard mais grâce à l'intervention des pompiers», renchérit le président du SDIS Jean-Claude Anglars. «Je suis impressionné par l'état de la ville.»

Une armée de bénévoles a aussi répondu à l'appel. «Ils sont nombreux à s'être présentés spontanément à la salle des fêtes et nous les avons envoyés dans les secteurs les plus touchés», souligne le maire Alain Fauconnier. «Les agents des collectivités sont également déployés.»

«On estime que la ville est sinistrée à hauteur de 20%»
Le centre hospitalier, le foyer-logements, La Miséricorde, l'îlot Voltaire, l'école Blanchard-Caussat, Les Cazes, Chantefriboule, Les Marronniers, le lotissement Les Bleuets, Les Rives, la rue du Docteur-Valentin… et la rue Denis-Affre sont autant de secteurs où l'épaisse boue a été évacuée à coup de raclettes, de lances à incendie et de véhicules dont certains de particuliers venus en renfort. La solidarité marche à plein régime et le chantier de nettoyage durera encore plusieurs jours.

De nombreuses personnes étant particulièrement choquées par la violence de ce sinistre, une psychologue des sapeurs-pompiers a été appelée en renfort.
Lors des différents points, tant à la cellule de crise qu'au centre de commandement chez les pompiers, l'importance des dégâts a été rappelée.

«On estime que la ville est sinistrée à hauteur de 20 %», indique le maire Alain Fauconnier. «C'est énorme et beaucoup n'ont pas encore pris la mesure de ce qui s'est abattu sur la ville. La nuit dernière, nous avons aussi évacué 94 personnes de tous les services de l'hôpital dont certains âgés de plus de 90 ans avec des pompiers de l'Hérault et des gendarmes pour sécuriser le transfert. Il ne reste sur place que l'EHPAD de la Sorgues et les urgences.»

Les victimes ont été prises en charge toute la journée dans la salle des fêtes où des agents des collectivités et des bénévoles ont distribué de l'eau, des vêtements, des chauffages et des repas chauds.


Publié le 01/12/2014 à 07:38  | La Dépêche du Midi |

À Saint-Affrique, le grand nettoyage se poursuit et on fait les comptes


Opérations de nettoyage à Saint-Affrique / Photo DDM

Après avoir stoppé les opérations une partie de la nuit de samedi à dimanche, les équipes de pompiers et des différents services remettaient le couvert hier matin à Saint Affrique. Dans les communes proches, touchées aussi par les sorties des eaux du Dourdou, du Rance et du Cernon, comme Camarès, Saint-Sernin ou Saint-Rome-de-Cernon, la situation évoluait positivement. Un gros nettoyage qui se poursuivra avec la présence de quelque 200 pompiers du département, mais aussi du Lot, du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne, durant la journée de ce lundi. Journée aussi qui verra la tenue d'une réunion de crise à la sous-préfecture de Millau. 

Le président du Conseil général de l'Aveyron Jean-Claude Luche se rendra aussi à Saint Affrique avec son collègue Alain Marc, afin de mesurer, notamment, les dégâts à la Subdivision des routes. Du côté des services de secours, ce dimanche, on confirmait que des équipes d'interventions inondations seraient présentes tout au long de la semaine sur Saint Affrique, avec des moyens allégés par rapport au week-end. Reste l'évaluation du nombre de personnes contraintes au chômage technique et le coût global de cette sortie soudaine de la Sorgues. Pas simple, confirmait le maire de Saint Affrique Alain Fauconier…


Publié le 01/12/2014 à 08:44  | La Dépêche du Midi |

Déluge et frayeurs sur les Corbières

A Portel, la Berre a fait de nouveau ravages. Les riverains mesurent, impuissants, les dégâts de cette nouvelle crue./Photo DDM

Sur certains secteurs des Corbières, il est tombé plus d'eau qu'en 1999. Mais si le bilan provisoire est déjà lourd, on ne déplore, dans l'Aude aucune victime. Des villages étaient hier soir encore isolés par la montée des eaux.

Si des inquiétudes subsistaient la nuit dernière encore sur de probables précipitations susceptibles de toucher la Haute Vallée de l'Aude ou le Pays de Sault, les services de sécurité estimaient, hier en fin de journée, que la décrue amorcée et le retour du vent de Cers marquaient la fin d'un épisode critique pour les Corbières et le Narbonnais. Sur la partie Est du département, il est tombé, sur certains secteurs, plus d'eau que lors de la crue meurtrière de 1999. Le spectre de cette catastrophe, toujours présent dans la mémoire des riverains, et les aménagements qui ont été réalisés depuis, ont permis d'éviter le pire.

Si, au final, le bilan est lourd pour l'Aude, on ne déplore fort heureusement aucune victime, et les très nombreux services d'intervention mobilisés ont pu se concentrer sur quelques cas délicats. 
Des hélitreuillages et des évacuations à l'aide d'embarcations ont été réalisés pour secourir des sinistrés en difficulté. Une situation gérée avec beaucoup d'appréhension par les autorités. Le préfet de l'Aude s'est rendu hier après-midi à Sigean aux côtés du président du conseil général, André Viola, qui a reçu un message de soutien du Premier ministre. Malgré la décrue, de nombreuses routes seront fermées aujourd'hui encore entre Lézignan et Narbonne.


Publié le 01/12/2014 à 07:51  | La Dépêche du Midi |  J.-L. D.-C.

Lézignanais et Corbières, une nouvelle fois sous les eaux

Rue Mayral, Jean-Claude Cantele est venu constater les dégâts : sa maison surnage dans plus d'un mètre d'eau./Photo DDM, J.-L. D.-C.

Névian coupée du monde. Villedaigne coupée du monde. Ornaisons sous 40 centimètres d'eau… Le Lézignanais a une nouvelle fois été touché par les inondations. À Ornaisons, l'Aussou a débordé, noyant les habitations qui le longent. En fin de matinée, Gilles Casty, le maire, vient de raccrocher le téléphone. En lien permanent avec la préfecture pour connaître l'évolution de la situation, il souffle enfin après une nuit agitée. Il est 10 h 30. «On a évacué une dizaine de personnes dans la nuit. Elles ont trouvé refuge chez des amis. La salle polyvalente était prête à accueillir du monde mais nous n'en avons pas eu besoin.»

Au bord des vignes que l'Aussou a pris pour sa baignoire, Marie-Christine écope la cave de sa maman, Éliane, à l'aide d'une bassine, pendant que son mari en fait de même côté garage. «En deux heures, ça a été l'apocalypse ! Mais rien à voir avec 1999. On a 40 cm d'eau, il y en avait un mètre», explique-t-il. La chaudière a sans doute rendu l'âme, mais l'essentiel est sauf. «On a installé maman chez nous, dans le village. Et on garde le moral et le sourire», lance Marie-Christine.
Pour rejoindre Villedaigne, pas question d'emprunter la 113. L'Orbieu y a pris ses aises, faisant disparaître la route sous les gros bouillons d'un fleuve boueux.

«On est impuissants»
À la sortie du village, le garage Renault a souffert. Les pompiers viennent de hisser leur bateau sur son châssis. Ils ont porté secours à trois personnes, dont un octogénaire souffrant d'insuffisance respiratoire.

Ils ont aidé une dame handicapée un peu paniquée à sortir de chez elle. Le frère de celle-ci, Jean-Claude Cantele, remonte la rue Mayral, désolé. Il vient de constater les dégâts chez lui : «Il y a eu 1999, il y a eu 2005 et 2006… Là, ça bat tous les records. Mais bon, qu'est-ce qu'on peut y faire ? On est impuissants», dit-il, résigné. Avec sa femme et ses enfants, ils ont trouvé refuge au premier étage de la maison du voisin. «Il nous héberge tant que la vague n'est pas passée. Heureusement qu'on s'entraide…»


Publié le 01/12/2014 à 07:50  | La Dépêche du Midi |  A.C. (avec R.L.)

Le camping Le Pavillon évacué à Sigean (11)

Dans le camping évacué, pas de victime, mais l'émotion est très forte. /Photo DDM, Aube Coya

Il est 17 heures, samedi quand le plan d'urgence est mis en place à Sigean : tous les habitants du camping du Pavillon doivent quitter les lieux, la cote d'alerte du canal de dérivation qui passe juste à côté a été atteinte. Une heure plus tard, l'eau remonte déjà des égouts, inondant les rues, et menaçant les premiers mobile-homes. Gaël, pompier à la retraite et habitant du parking, s'est mis immédiatement à disposition des secours : «On a passé toute la nuit ici. On a évacué plusieurs personnes. En l'espace de trois-quart d'heure, l'eau est montée jusqu'à la barrière. Il n'y a pas de victime humaine, mais des animaux n'ont peut-être pas pu être sauvés».

Très ému, et exténué après une nuit à aider les autres, Gaël a lui aussi subi des dégâts qu'il n'a même pas pu aller constater, occupé qu'il était au service des autres. Les habitants sont évacués dans la salle annexe du gymnase où pompiers et secouristes ont installé 50 lits et servent des repas préparés par la cantine municipale. Béatrice Obara, la sous-préfète de Narbonne est venue à la rencontre des habitants sinistrés. À 16 heures, M. Louis Lefranc, préfet de l'Aude, est arrivé à son tour en compagnie d'André Viola, président du Conseil Général de l'Aude, en hélicoptère sur le stade de Sigean pour se rendre compte des dégâts occasionnés. Ils étaient attendus par Michel Jammes, maire de la commune, pour se rendre en véhicule tout-terrain avec le Chef Christian Garcia, de la BSL (brigade de surveillance du littoral) de Port-la-Nouvelle, faire un point des évènements à la cellule de crise qui était mise en place à la mairie.

300 personnes sinistrées
Le préfet précisait que toutes les personnes sinistrées étaient prises en charge, soit par des amis, de la famille, des voisins ou des proches, soit dans les structures mises en place à Sigean. Quant à Jean-Pierre Cirès, capitaine des Pompiers de Sigean, il indiquait que si en 1999 le niveau d'eau avait atteint 6 m, cette année il avait atteint les 8,20 m.
Beaucoup de personnes n'ayant pu regagner leur logement, ce n'est que ce lundi matin que bon nombre pourront faire, après la décrue, un premier bilan des dégâts.


Publié le 01/12/2014 à 07:54  | La Dépêche du Midi |

Inondations : retour à la normale dans les Pyrénées-Orientales

Des véhicules immergés en raison de la crue de la rivière La Berre à Portel-des-Corbieres - Eric Cabanis - AFP

La situation dans les Pyrénées-Orientales s'orientait lundi vers la normale après une crue exceptionnelle qui a fait un mort et quelque 3.500 déplacés, a déclaré lundi matin à l'AFP la Préfète, Mme Josiane Chevalier.
"Les cours d'eau sont repassés en vigilance jaune", tout comme l'ensemble du département, a-t-elle indiqué et les personnes déplacées sont rentrées chez elles au terme de ces quatre jours d'intempéries.

La préfecture a néanmoins décidé de "fermer les transports scolaires aujourd'hui", en raison de la difficulté de circulation sur certaines routes ou d'écoles fermées en raison des dégâts, a-t-elle encore indiqué.
En raison de ces "inondations exceptionnelles", un total de 77 axes ont été partiellement fermés, 32 axes fonctionnent alternativement et 10 passages à gué sont interdits, a indiqué Mme Chevalier à l'AFP

Des personnes évacuées par précaution sont rassemblées à la mairiée le 30 novembre 2014 à  Rivesaltes / Photo DDM

"Cet après-midi nous réunirons l'ensemble des maires pour faire le point et préparer le dossier de catastrophes naturelles", a-t-elle également déclaré. Elle se référait à l'engagement du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve de classer en état de catastrophe naturelle l'Aude et les Pyrénées-Orientales, "dès lundi matin", lors d'une visite dimanche après-midi à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), très touchée par les inondations.
Dans l'Aude voisine, l'alerte rouge "crues" avait été levée dès dimanche soir après une montée des eaux de 3,5 m dans la Berre, touchant notamment la commune de Portel-des-Corbières.

L'Aude restait toutefois en vigilance orange lundi matin à 06h00, tout comme le Var. Météo-France a en revanche rétrogradé les Pyrénées-Orientales en vigilance jaune, tout comme 13 autres départements.
En tout 24 personnes ont péri dans les intempéries dans le sud de la France depuis le début de l'année, sans compter les disparus.

Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr

 
 

 
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