28/12/2015 Noël 2015 au balcon

Publié le 26/12/2015 à 07:45   | La Dépêche du Midi |  D. D.

Noël se prend pour le printemps

A Nice, le père Noël a pu prendre un bain de mer. - Lionel Cironneau - AP/SIPA

Avec 9,5° de moyenne sur les trois premières semaines, le mois de décembre est 3° plus chaud que la moyenne. Pour aller skier, il faudra monter plus haut que les autres années, et certains préfèrent ainsi aller à la plage ! Faut-il y voir l'amorce du changement climatique ?

«C'est une fin d'année blanche pour la neige ! observe, malicieux, Pascal Boureau, météorologiste à Météo-France Haute-Garonne. Nous allons conserver un temps doux jusqu'à la fin de l'année, et aucune chute de neige n'est à prévoir d'ici au 1er janvier.»
Ce sera Noël au balcon, avec des températures nettement supérieures à la moyenne, un tout petit béret blanc pour les sommets pyrénéens, et un joli soleil d'hiver sur les plages du littoral.

«C'est étonnant, mais ce n'est pas exceptionnel, indique Pascal Boureau. Nous avons connu déjà des Noëls très doux, comme en 1989 ou en 1953. Là, c'est une douceur qui concerne toute l'Europe : il faisait 7° à Moscou, ces jours-ci !» D'ordinaire en décembre, les températures sont négatives sur la Place Rouge !
Ce que remarque aussi le météorologue, c'est que les mois de décembre doux sont en général pluvieux.

«Or, là, nous avons eu un mois de décembre, plus chaud que d'habitude, plus sec que d'habitude et plus ensoleillé que d'habitude !»
La faute à une grosse patate anticyclonique écrasée sur la France, et qui n'autorise que les remontées de vents chauds et secs venus des tropiques.

La Mongie  : À la Laquette, les deux-roues se joignent aux spatules./ Photo DDM, François Laboissette.

Cette météo exceptionnelle sur la région et sur la France va-t-elle modifier nos vacances ? C'est possible. Sur les Pyrénées, il n'y a pas la neige que l'on trouve habituellement. Malgré tout, les stations de haute montagne arrivent, tant bien que mal à sauver le peu de neige qui est tombé pour permettre quelques belles glissades.

«En cette saison, le soleil est trop bas pour pouvoir faire fondre la neige» précise Pascal Boureau.
En revanche, l'heure n'est pas venue d'ouvrir pour les petites stations à faible altitude, qui devront attendre des jours meilleurs – plus froids !

En revanche, ce temps doux donne envie aux vacanciers d'aller faire de belles promenades… en bord de mer. Pas de baignade en perspective – à part pour les fous furieux du bain de Noël ! – mais des dégustations d'huîtres en terrasse avec un rayon de soleil dans les verres de vin blanc.


Inquiétude chez les producteurs floraux et fruitiers : La météo exceptionnelle avec un mercure dépassant les 15° et un soleil généreux n'est pas sans conséquence sur les arbres et les fleurs / Photo DDM, C.B.

On peut donc faire contre mauvaise neige bon cœur et savourer la douceur. On peut aussi s'interroger, trois semaines après la COP 21, sur ce mois de décembre qui est encore parmi les plus chauds, même s'il ne bat pas des records.

On constate malgré tout que d'année en année, les mois jouent à la main chaude, en grillant des records. Faut-il en incriminer le changement climatique ou mettre ça sur le compte de variations qui ont toujours existé ?

En tout cas, on peut aussi s'interroger sur l'influence du phénomène «El Niño» qui s'est encore déchaîné dans le Pacifique cette année, et dont les effets se font peut-être sentir jusque chez nous. Là aussi, avertissement d'un changement global ou caprice des cieux ? Réponse dans quelques années…


Publié le 26/12/2015 à 07:44   | La Dépêche du Midi |   Recueilli par Dominique Delpiroux

Laurent Cabrol : «L'effet de fœhn et El Niño nous réchauffent»


Laurent Cabrol, journaliste météo sur Europe 1. -/ Photo DDM, SIPA

Que se passe-t-il actuellement dans les Pyrénées ?
En ce qui concerne la neige, les Pyrénées ne sont pas les plus gâtés ! En effet, ces montagnes sont le théâtre d'un phénomène qui s'appelle l'effet de fœhn. C'est typique des Pyrénées.

Comment est-ce que cela fonctionne ?
Ce sont des vents qui viennent du sud, côté espagnol, et qui escaladent les Pyrénées. Au passage, les nuages qui sont sur les sommets se vident, l'air s'assèche, et redescend sur le versant français. Mais en descendant, ces masses d'air subissent une accélération : c'est comme dans une pompe à vélo, ça chauffe ! Nous avons donc un air très chaud qui descend et qui se répand sur Tarbes, Pau, Biarritz, avec des températures très élevées. C'est un phénomène que les montagnards connaissent bien et qui va durer tant qu'il y aura ces vents du sud qui nous viennent du Maghreb et même du Sahara, ces vents subtropicaux qui maintiennent la chaleur dans la région. Voilà pourquoi les Pyrénées seront les derniers servis en matière de neige. Peut-être pourra-on espérer un saupoudrage du côté des Alpes, mais globalement, toutes les régions de France vont rester sous l'influence de cet anticyclone. Celui-ci tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, et donc nous attire les masses d'air du sud. On retrouve une situation identique en France, jusque dans les Balkans.

C'est une situation inédite ?
Non, il ne faut pas être impressionné par ce qui se passe. On a connu des épisodes semblables dans l'histoire du climat, que j'ai étudié avec attention. Ainsi, on a connu 22° à Tarbes à Noël en 1997, 27° à Saint-Girons en 1989/1990, en 1983, 26° à Pau, 32 au Pays Basque : ce sont des valeurs qu'on a déjà connues au moment de Noël : l'expression «Noël au balcon», ce n'est pas moi qui l'ai inventée ! Le fait qu'il puisse faire chaud à Noël n'est pas quelque chose d'exceptionnel. Je ne suis donc pas surpris. En revanche, ce qui est plus remarquable, c'est que cette douceur dure : novembre a été chaud, décembre a été chaud, et toujours avec les mêmes vents du sud…

Soleil, chaleur, ciel bleu : les Auscitains sont de sortie / PHoto DDM, S.L.

Voyez-vous une explication à ce phénomène ?
Nous connaissons actuellement une recrudescence du phénomène «El Niño». C'est un cycle qui revient environ tous les 8 ans. On se retrouve avec au milieu de l'Océan Pacifique une circulation des eaux en forme de bouilloire, qui rejette des quantités de chaleur de façon ahurissante. Ainsi, normalement, aux Philippines où on devrait trouver des eaux chaudes, on se retrouve avec des eaux froides, et à l'inverse, à l'autre bout de cet océan, les côtes du Pérou, qui sont ordinairement des côtes froides se retrouvent avec des eaux chaudes. C'est un grave problème notamment pour les pécheurs péruviens, qui ne peuvent plus trouver les poissons qu'ils pêchent habituellement dans leurs eaux territoriales. Avec le phénomène «El Niño», les vents s'inversent, les climats s'inversent, et tout cela à une influence énorme sur les deux continents. Il faut bien comprendre que l'océan, c'est le carburant de l'atmosphère : l'océan conditionne notre climat. C'est dans l'océan que la chaleur pénètre et s'enfouit, c'est dans l'océan que la chaleur est transportée, c'est l'océan qui la libère. Et quand le phénomène «El Niño» est plus marqué, cela a une influence sur les climats en Amérique et en Asie.

Oui, mais chez nous, est-ce que «El Niño» peut avoir une influence ?
En Europe, on n'a pas pu vérifier directement si «El Niño» avait ou non une influence. Mais ce que l'on a remarqué, c'est que lorsque le phénomène a lieu, dans 70 % des cas, alors, il y a un hiver plus doux sur l'ensemble de l'Europe. «El Niño», cela veut dire «l'enfant» et c'est une allusion directe à Jésus, à l'enfant de la Nativité, puisque «El Niño» se produit toujours au moment de Noël. C'est un phénomène rare, qui n'arrive pas tous les ans, mais une fois tous les huit ans, mais qui semble bien avoir une influence partielle chez nous. Alors, entre «El Niño» et le réchauffement de la température globale de la planète, qui est à mon sens réel, on a ici une très grande douceur.

A quelques jours de Noël, le café se boit en terrasse à Agen. Le thermomètre est grimpé jusqu'à 20°C ! /Photo DDM, Jean-Michel Mazet

Est-ce normal ?
Si l'on examine l'histoire du climat depuis mille ans, cela n'a plus rien d'exceptionnel. On a connu des réchauffements plus importants, avec parfois des températures plus élevées. Le fait d'avoir de la neige à Noël, ce n'est pas sûr à 100 %. C'est ce que les gens attendent, c'est l'image qu'ils voudraient voir, mais la réalité est différente !

Et pour la suite de l'hiver, avez-vous des indications ?
Le mois de janvier devrait être doux, et ensuite février et mars assez froid. Mais là encore, ce n'est pas une certitude absolue. Quand je réalise ces prévisions, c'est avec les techniques modernes, mais c'est aussi avec mes lectures et mon bon sens paysan, celui d'un agriculteur qui sait aussi observer le ciel et les saisons.


 
Publié le 26/12/2015 à 07:30  | La Dépêche du Midi |   Alexandre Guérin

Faute de neige, la station Hautacam passe en mode été


Faute de neige, les vacanciers font de la descente en trottinette./ Photo DDM, A. G.

Dans les Hautes-Pyrénées, la station de Hautacam est bien verte cette semaine. À 1 800 mètres d'altitude, difficile de déceler un monticule de neige. Il ferait presque chaud sur le sommet. Alors, les skis ont été remis au placard et remplacés par les vélos électriques, les trottinettes sur herbe ou encore les «dévalkarts». La station de sports d'hiver s'est repliée sur ses activités estivales. Une décision prise il y a dix jours «quand nous avons vu que la neige n'était pas annoncée», confie Camille Castéran, la commerciale de la station. En vérité, face à des neiges de plus en plus tardives, Hautacam se positionne comme parc de loisirs «avec supplément neige». S'il y en a. 

Évidemment, l'absence de neige n'est pas sans poser quelques difficultés. Sur une trentaine de contrats saisonniers, seulement trois ont commencé à travailler. Les autres seront embauchés obligatoirement le 11 janvier. «Si la neige ne tombe pas avant», tente de rassurer Cathy Nogué, la responsable du site. Et, forcément, un forfait ski n'a pas le même poids dans le chiffre d'affaires qu'une location de trottinette ou un ticket pour la «Mountain luge» sur rails. Mais, la situation pourrait franchement être bien pire. En s'adaptant aux conditions quasi estivales, la semaine n'a pas été mauvaise. À titre d'exemple, le mardi, 565 passages ont été recensés sur la station. «C'est l'équivalent d'une bonne journée durant les vacances de Pâques et d'une petite journée au moment des vacances d'été», révèle Cathy Nogué. Et, cela permet même de lancer la toute récente location de VTT électriques sur la station, testée un peu durant l'été dernier.

À Luz-Ardiden, ils vont jusqu'à damer avec les skis./Photo DDM, OT Luz.

«Tous les jours, les huit vélos sont loués. Les vacanciers peuvent profiter de l'espace nordique», souligne Cathy Gamel du magasin de location. Car, la vue imprenable sur les Pyrénées, elle, n'a pas bougé. En tout cas, côté visiteurs, on apprécie ces activités qui correspondent à la réalité climatique du moment. Virginie et Jean-Michel sont habitués à partir dans les montagnes pour skier, à ce moment de l'année. Mais, «nous avons amené les enfants ici, car il y a plein de choses à faire. Même sans la neige». Alors, la famille de Pierrefitte-Nestalas, à quelques kilomètres de Hautacam, en a profité pour tester toutes les activités proposées. «Ce n'est pas pareil que le ski, mais ce sont de bonnes sensations quand même», sourit Virginie. 

Venue de Bordeaux, initialement pour le ski, Clotilde a renoncé à monter à Cauterets ou à Luz Ardiden. Elle s'est repliée sur la station pour «s'amuser tout de même, en montagne». «Il y a des groupes qui descendent d'autres stations pour alterner avec le ski, car c'est assez limité», note Camille Castéran. Proposer ces activités qui ont normalement cours l'été permet à la station de faire tourner les téléskis. Une alternative qui permet de faire vivre le site et de ne pas fermer. Tout simplement.


Publié le 26/12/2015 à 07:30   | La Dépêche du Midi |  J.-M.D.

L'air est pollué à cause de la bulle anticyclonique


Le département des Hautes-Pyrénées est le plus impacté par cette pollution de l'air persistante. / Photo DDM

C'est bien la première fois qu'on assiste à un phénomène aussi persistant et qui est la conséquence directe de cette météo printanière. Toute cette semaine, l'Observatoire de l'air Midi-Pyrénées (ORAMIP) a multiplié les bulletins d'information en raison de la pollution. «C'est le résultat de la bulle anticyclonique que nous connaissons depuis plusieurs jours. Les particules en suspension dans l'air se sont accumulées sur une partie de la région sous l'effet des émissions et de conditions météorologiques stables qui limitent la dispersion des polluants. Une augmentation marquée des concentrations en particules est venue impacter la Région, notamment le département des Hautes-Pyrénées. Et le même constat pourrait se prolonger ce samedi», soulignait, hier, Vincent Crassier, ingénieur d'études à l'ORAMIP.

Les départements de la Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne sont concernés à moindre degré. Des prévisions de concentrations en particules en suspension (PM10) supérieure à 50 microgrammes par mètre cube ont été confirmées dans la nuit de jeudi à vendredi. De fait, conformément à l'arrêté préfectoral du 12 octobre 2012, le préfet de Haute-Garonne a été tenu de mettre en œuvre la procédure d'information et de recommandation du public.

Multiples départs de feu en Haute-Ariège et dans le Couserans, alimentés par une végétation sèche / Photo DDM, Florent Raoul

Mais d'où provient cette pollution ? À la fois des pots d'échappement des voitures, mais aussi du chauffage des habitations, des feux de cheminée, des écobuages et de tous les déchets qui sont brûlés ailleurs que chez soi. La présence des particules est d'autant plus confirmée qu'il n'y a ni pluie (pas un grain de tout le mois de décembre), peu de neige, et pas du tout de vent. À peine l'Autan est-il venu, notamment hier, tempérer le phénomène, ajoute l'observateur de l'air. Il est arrivé que, très ponctuellement, un air pollué vienne stationner au-dessus de nos têtes en période hivernale, mais jamais avec cette répétition. Pour l'Observatoire de la qualité de l'air dans notre région, ce pourrait donc bien être une première.

Il faut le savoir : l'étude de l'Institut de Veille Sanitaire dans neuf villes françaises a démontré que les niveaux modérés de pollution observés tous les jours ont un impact plus important que les pics de pollution observés quelques jours par an.

 
Publié le 26/12/2015 à 07:30   | La Dépêche du Midi |

Cette année, El Niño se déchaîne

L'effet d'El Niño. / Photo DDM

Météo-France surveille particulièrement le phénomène El Niño dans le Pacifique équatorial. L'anomalie de température dépasse actuellement les 3°, comparable donc à l'épisode de 1997-1998, qui était le plus intense jamais observé.

Le phénomène marque son influence sur toute la zone du Pacifique Sud ainsi que toutes les régions tropicales du globe, assure Météo-France : «Au-delà, il influence sensiblement l'ensemble du système climatique océan-atmosphère, en augmentant notablement son inertie.»

L'océan est la principale source d'énergie et d'humidité pour l'atmosphère. Lors d'un phénomène El Niño, nous indique Météo-France, les zones d'ascendance orageuses les plus importantes de l'atmosphère suivent les zones de plus fortes anomalies de température de l'océan dans leur déplacement. Le régime des précipitations s'en trouve modifié dans de nombreuses régions.


Météo France : «Le manque de neige pourrait durer plusieurs semaines…» / Photo DDM

Les impacts climatiques du phénomène El Niño en cours sont déjà importants et se poursuivront début 2016. On peut citer parmi les dégâts occasionnés, une sécheresse importante en Indonésie, au Brésil ou en Afrique du Sud. Le phénomène entraîne aussi une modification de la saison cyclonique dans l'Atlantique, où elle a été très faible, et dans le Pacifique Nord qui, à l'inverse, a connu une saison cyclonique particulièrement intense.

On s'attend à la poursuite de la sécheresse en Afrique du Sud, à son accentuation en Australie.

À l'inverse, les précipitations pourraient être excédentaires en Californie : tant mieux après la série d'incendies subie par cette région. Dans le Pacifique, la trajectoire des cyclones dans les prochains mois pourrait s'infléchir vers la Polynésie, habituellement épargnée par ces phénomènes. Plus globalement, on comprend que le globe entier est concerné…


Plateau de Beille : Halte aux idées reçues... Il y a de la neige en station à 1800 m d'altitude / Photo DDM

Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr
 

 
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