30/11/2015 Les forces de notre nouvelle région : Santé

 Les Forces de la nouvelle région (5/6) 

Publié le 10/10/2015 à 07:36  | La Dépêche du Midi |  Sophie Guiraud (Midi Libre)

Premières médicales à Montpellier


Christian Jorgensen et Jean-Marc Lemaître, pionniers de la médecine régénératrice./ Photo DDM Christophe Fortin

La tradition “médicale” de Montpellier et de Toulouse n'est plus à démontrer. Médecins, chercheurs, universitaires... Les deux agglomérations ont une réputation à défendre.
Le 9 juillet 2015, l'hôpital toulousain de Rangueil fait l'actualité, avec pour la première fois au monde, une greffe du rein réalisée par voie vaginale, avec l'assistance d'un robot. La patiente est... une Perpignanaise de 44 ans, Béatrice Perez. Mais cette fois, ce n'était pas le Languedoc-Roussillon qui était à l'honneur.

Pourtant, Montpellier, plus vieille faculté de médecine du monde occidental en activité, continue régulièrement à faire la Une de l'actualité, bien après l'époque médiévale des Arnaud de Villeneuve et Gui de Chauliac, Rabelais, Chaptal, jusqu'à Jeanbrau, qui “inventa” la transfusion sanguine sur le front de la guerre de 14-18.
«Il y a ici le creuset qui permet une certaine inventivité» Jacques Bringer, doyen de la faculté de médecine de Montpellier

Les héros du XXIe siècle, médecins, professeurs, chercheurs au CHU, s'appellent Coubes, Renard, Lemaître, Hamamah, Duffau, Sultan, Jorgensen... Il y a vingt ans, le premier a révolutionné la lutte contre la dystonie en libérant les malades enfermés dans un corps parcouru de douloureuses contractions musculaires grâce à des électrodes fichées dans le cerveau. Le deuxième prend la suite d'une tradition d'excellence dans la lutte contre le diabète, et intègre les premiers patients américains à ses recherches sur le pancréas artificiel.

Coopération entre Toulouse et Montpellier : Le professeur Acar, cardiologue pédiatre et le professeur Léobon, chirurgien cardiaque./ Photo DDM

Le biologiste Samir Hamamah repousse sans cesse les limites de l'infertilité.
Le neurochirurgien Hugues Duffau forme ses collègues du monde entier à une technique qui lui a valu l'équivalent du Nobel en neurochirurgie, la médaille Herbert Olivecrona, pour l'opération à “cerveau éveillé” qui lui permet d'enlever une tumeur.
L'endocrinologue pédiatrique Charles Sultan est “la” référence médicale internationale sur l'impact des polluants environnementaux sur le développement des bébés in utero.

Quant à Lemaître et Jorgensen, ils écrivent l'histoire de demain : rajeunir une cellule centenaire, et régénérer les cartilages abîmés par des cellules souches. Séparément d'abord, à l'institut de génomique fonctionnelle pour Jean-Marc Lemaître, directeur de recherche Inserm, au CHU de Montpellier pour Christian Jorgensen, également directeur de recherche Inserm. Ensemble désormais, au sein de l'institut de médecine régénératrice et de biothérapies (IRBM), inauguré le 27 avril dernier.


CHU de Montpellier / Photo ML, JMM

Made in Languedoc
«Il y a ici le creuset qui permet une certaine inventivité, de l'innovation, du dynamisme», affirme Jacques Bringer, doyen de la faculté de médecine de Montpellier. Il prend justement appui sur la recherche sur la régénération du cartilage : «C'est un projet dont la valeur et le succès s'appuient sur l'association des recherches en thérapie cellulaire, et des travaux sur la réhabilitation à partir de la plateforme Euromov, spécialisée dans le mouvement. Ailleurs, on trouve des compétences identiques. Mais leur association est unique», détaille le doyen, qui précise d'ailleurs que «Toulouse vient de demander de rejoindre le projet».

Enfin, il y a en Languedoc-Roussillon «des cohortes» de patients prêts à entrer dans les essais cliniques, comme ceux menés sur le cartilage régénéré. A se prêter à une intervention jamais tentée, comme Béatrice Perez.
La touche “made in Languedoc” est même associée à une des plus grandes aventures médicales actuelles : la coque du cœur artificiel Carmat est fabriquée aux portes de Montpellier, à Mauguio, par une PME spécialisée dans les prothèses de hanches et de genoux, Dedienne Santé.

Zoom : Le modèle Nahum


Bertin Nahum pdg de l'entreprise Medtech / Photo DDM, Midi Libre

Il a fait ses études à Lyon et au Royaume-Uni, mais c'est à Montpellier que Bertin Nahum, 45 ans, «a fait le choix» de développer Medtech, qui innove depuis 2002 avec ses robots d'assistance à la chirurgie micro-invasive, Rosa. Medtech, 60 salariés, a placé une cinquantaine de machines dans les blocs opératoires du monde entier, 2 400 patients ont été opérés, «pas à Montpellier ni à Toulouse», confie Bertin Nahum, faute de «relations entre donneurs d'ordre publics et PME».

En 2012, Bertin Nahum (photo Mickael Esdourrubailh) a été sacré 4e entrepreneur le plus révolutionnaire du monde par la revue canadienne Discovery Series après Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron. Pas moins.

Pourquoi a-t-il choisi Montpellier ? «Il y avait un écosystème favorable avec des incubateurs d'entreprises, une politique de soutien forte des collectivités locales, une facilité à trouver des talents», y compris s'ils viennent d'ailleurs : «Les gens adhèrent à un projet de vie ici».
Montpellier est riche d'autres pépites : Sensorion (acouphènes, surdité), Ciloa (vaccins)... Elles se fondent dans le riche tissu industriel régional de la santé, 685 entreprises, 10 000 salariés, 9,7 Mds€ de chiffre d'affaires, évalue la Direccte. Pour 230 sociétés, 9 500 salariés en Midi-Pyrénées.


Publié le 10/10/2015 à 07:36  | La Dépêche du Midi |  D.D.

A l'Oncopole, l'espoir dans la proton-thérapie

Sur le site de l'Oncopole à Toulouse, sont réunis plusieurs établissements dont un hôpital investis dans dans lutte contre le cancer./ DDM, XdeF

L'aventure de l'Oncopole à Toulouse est peu banale. C'est la catastrophe d'AZF qui est à l'origine de cet hôpital adossé à la recherche et aux laboratoires.
On y vient pour un vilain bouton sur la peau, pour des ganglions sous les seins, pour les tumeurs de la gorge ou de la vessie… En tout, 70 000 consultations par an, 2 500 patients traités en radiothérapie chaque année, 300 lits et la prise en charge par 1 400 professionnels.

Et, à deux pas de cet Institut universitaire du cancer, les laboratoires de recherche des groupes Pierre Fabre et Sanofi Aventis. Il ne faut pas oublier sur le même site, l'Institut des sciences et des industries du Vivant (ITAV Pierre-Potier), qui regroupe les énergies de chercheurs venus du CNRS, de l'université Paul-Sabatier ou de l'Insa, ainsi qu'une pépinière d'entreprises, avec une quinzaine de start-up. L'idée, c'est de voir des chercheurs pratiquement au chevet des malades. Une réalisation unique en France.

Un lieu d'espoir
Elle avait été lancée fin 2001 par Philippe Douste Blazy, qui était alors maire de Toulouse.
C'était après la catastrophe d'AZF, qui avait rayé de la carte cette usine chimique et ravagé un tiers des habitations de la Ville rose…

Toulouse candidate à l'obtention d'un centre de protonthérapie. / Photo DDM

«L'idée était double, explique Philippe Douste-Blazy. D'une part, on ne pouvait pas se contenter à Toulouse d'une mono-industrie ; même si nous sommes leader en matière d'aéronautique, il fallait se diversifier. L'idée était de s'ouvrir aux biotechnologies, aux thérapies du vivant et de faire éclore ici un vivier d'entreprises. La deuxième idée était de rebondir après l'explosion d'AZF qui avait provoqué une ambiance terrible : je ne voulais pas que le site retombe entre les mains des promoteurs, mais devienne un lieu de vie et d'espoir. Non seulement un endroit où l'on accueille les malades et leurs familles, mais aussi les chercheurs du monde entier, dont les recherches puissent bénéficier directement au malade. Le projet est lancé, et j'espère bien que d'ici 30 ans, on aura tordu le cou au crabe !»

Un an après son inauguration, le campus a déjà pris une envergure respectable, notamment en immunologie. «Un essor que l'on doit en grande partie à Christophe Cazaux, récemment disparu», tient à préciser Philippe Douste Blazy.

L'Oncopole accueille des chercheurs venus du monde entier, à qui on a offert la possibilité de chercher et de s'investir dans le projet. Et ça marche plutôt bien !

Transplantation rénale réalisée avec l'aide d'un robot au CHU de Toulouse, première mondiale / Photo DDM

Philippe Douste-Blazy est aujourd'hui le président de la Fondation Toulouse Cancer Santé, bras armé financier de l'Oncopole, et celle-ci met beaucoup d'espoir dans le développement de la proton-thérapie, une nouvelle piste qui permet, entre autres, de traiter les tumeurs cérébrales des jeunes enfants.

«Il faut faire le choix. Toulouse s'impose, parce que non seulement ici, on travaille sur la biologie, mais nous sommes aussi en pointe sur la bio-informatique et les nano-thérapies, trois éléments qui nous rendent très attractifs pour les chercheurs.»
En matière de proton, Toulouse est également en pointe en ce qui concerne ses applications en matière de défense, et là aussi, c'est ici que les chercheurs se trouvent. Sur les lieux de la vieille usine d'engrais, c'est la matière grise que l'on fait fertiliser.

Zoom : Il y a 30 ans, les premiers “stents”

Le professeur Lareng et son équipe devant un hélicoptère du Samu. / Photo DDM

Toulouse n'a pas eu besoin d'attendre l'Oncopole pour démontrer son excellence en matière médicale.
Ainsi, la chirurgie cardiovasculaire est depuis toujours en pointe dans la Ville rose. Ce sont les Toulousains Christian Rousseau et Jacques Puel qui ont été les premiers au monde, en 1986, à poser des «stents», ces dispositifs destinés à déboucher les artères, technique devenue depuis très courante. A Rangueil, où le bâtiment H1 est presque entièrement réservé au cœur, on réalise à peu près une greffe cardiaque par semaine. 

La cardiologie est aussi la spécialité de la clinique Pasteur. A titre anecdotique, c'est à Toulouse que le MEDES réalise ses expériences de médecine spatiale, notamment les «bedrest» et c'est toujours à Toulouse que le Pr Louis Lareng a inventé le SAMU, «l'hôpital au pied de l'arbre», concept qui a été imité dans le monde entier.


La clinique Pasteur (Toulouse) mise sur la santé connectée / Photo DDM

Sélection d'articles réalisée à partir du site : http://www.ladepeche.fr
 

 
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