Tranches de vie (1)

Avec le premier article de cette nouvelle série, nous allons partir à la rencontre de sudistes souvent anonymes et partager un fragment de leur vie, qu'elle soit professionnelle, associative ou familiale. Ce sont pour la plupart des gens passionnés, dont la motivation n'a d'égal que l'amour qu'ils portent à leur activité. Activité ordinaire ou inattendue, fort répandue ou discrète, se référant à la tradition ou au terroir, à l'histoire ou à la géographie, héritée du passé ou à la pointe de la technologie.

Beaucoup de personnes pourraient entrer dans ces "Tranches de vie" (pour ne pas dire tout le monde !) où l'exceptionnel cotoie souvent l'habituel ; mais s'ils sont mis à l'honneur sur ce site, c'est qu'un jour un journaliste (en général de La Dépêche du Midi) a croisé leur route ! Si tout évolue favorablement, ce sont plusieurs centaines de "Portraits" ou de "Parcours" qui viendront progressivement pénétrer cette nouvelle catégorie du site.

Pour cette première page, nous allons nous balader de l'embouchure de l'Adour à la Méditerranée catalane, des rives de la Garonne au sommet du Mont Valier. Nous y croiserons plusieurs dizaines de professions différentes dans autant de localités, passant sans transition de l'arbitre au braconnier, du gardien de refuge à celui de centrale nucléaire, de l'écrivain reconnu à l'apiculteur amateur, du collectionneur passionné au sismologue exilé...

Publié le 12/11/2011 08:30 | Pierre Chalier

Entre Adour et Garonne, le saumon est toujours en danger

Entre Adour et Garonne, le saumon est toujours en danger

Un ponton au bord de l'Adour, à Urt. Bayonne, l'embouchure ? « C'est à 17 km et nous sommes ici à la fin de l'estuaire, juste à l'intersection des eaux maritimes et fluviales » précise Olivier Azarete. Urt, un bon coin autrefois… « Il y avait encore cinq bateaux il y a cinq ans, lorsque je m'y suis installé. Aujourd'hui, je reste seul », résume le responsable syndical des pêcheurs de l'Adour, témoin direct du recul des grands poissons migrateurs.

36 licences sur la partie maritime aujourd'hui contre 70 il y a encore 4 ans… « Dans les faits, un pêcheur sur deux utilise son droit de pêche et on n'est plus que 17 à pêcher le saumon de mars à mi-juin. En 2010, on en a pris environ un millier. Mais c'était une année exceptionnelle » précise alors Olivier Azarete, fier de cette pêche « ancestrale et noble ». Sans se faire trop d'illusion sur l'avenir.

Car si « les associations de pêche de loisir font un gros travail d'alevinage et nous mêmes, qui vivons de la pêche, faisons des efforts en arrêtant deux jours par semaine pour laisser passer plus de saumons à la remontée », explique-t-il, n'en demeure pas moins que « sur un bassin versant comme le nôtre, toutes les activités liées à l'industrie et à l'agriculture ont un impact direct sur la qualité de l'eau… »

Des saumons de 10 kg en labo

Présence de pyralènes (PCB), de métaux lourds, de pesticides, d'adjuvants… à Navarrenx, « capitale » du saumon, en Béarn, « 1 500 saumons sont remontés par la passe à poissons depuis son ouverture en février, c'est minable » tranche Claude Valéro au Poisson Roy, LE magasin d'articles de pêche de la ville. Et son client Jean-Jacques d'enchaîner « moi, je pense que l'eau n'est pas bonne. Personne ne pêche le barbot, et il n'y en a plus non plus. » souligne-t-il ainsi, tandis que les saumons de 10 kilos ne se trouvent plus ici qu'en carte postale. La faute aux pêcheurs de l'estuaire et à ses filets ? L'éternel point de vue des pêcheurs à la ligne. Pas forcément celui du guide de pêche Hervé Baltar qui a « du mal à jeter la pierre aux professionnels » mais n'en plaide pas moins pour un moratoire sur le saumon. « Il faudrait arrêter de les tuer en pêche de loisir et demander aux inscrits maritimes de relever leurs filets 4 ou 5 jours lors des gros passages, pour protéger et reconstituer les stocks, éviter l'effondrement du prix sur le marché, puis valoriser l'espèce pour le tourisme, comme en Irlande », estime-t-il. Tout en dénonçant une politique incohérente sur l'espèce. Car au delà des rivières et d'un habitat qui sera long à restaurer, s'il l'est un jour, c'est de la mer que vient le danger, et plus des éleveurs que des pêcheurs. Réchauffement climatique qui modifie les courants mais aussi pollution génétique ou parasites mortels comme le pou du saumon d'élevage qui se répandent sur les stocks sauvages… Dans leur laboratoire, certains professeurs fous savent déjà faire des monstres de 10 kg à 1 an, des saumons obèses aux nageoires atrophiées pour plus de rentabilité. S'ils s'échappent et se mélangent, la catastrophe sera totale.

Péril sur les espèces sauvages

« Entre les années 70 et aujourd'hui, la population des saumons sauvages de l'Atlantique Nord a diminué de 70 % », déplore Patrick Martin, directeur du Conservatoire National du saumon. « Il y en avait environ 10 millions, il n'en reste qu'entre 2 et 3 millions. Leur mortalité en mer a doublé… 99,5 % des saumons à la surface du globe sont des poissons d'élevage ». La conférence internationale de La Rochelle qui a réuni 130 spécialistes du monde entier a présenté les résultats du programme de recherche international « Salsea Merge » qui a travaillé pendant trois ans sur les facteurs à l'origine de la surmortalité. Ils sont multiples. « Le réchauffement climatique modifie les courants marins et la composition des zooplanctons dont se nourrissent les saumons en mer. Cela rend leur migration plus difficile et peut les affaiblir » relève le spécialiste à propos du réchauffement qui impacte aussi les saumons dans leur phase de vie en eau douce. « Il y a moins d'eau dans les rivières et elle se réchauffe. Il y a eu un record à 23 °C pour l'eau de l'Allier en avril ». La destruction de frayères, la pollution chimique, la multiplication des obstacles sur la remontée des cours d'eau font aussi partie des facteurs négatifs. « Comme il est difficile de jouer sur la problématique en mer, il faut avant tout améliorer la qualité des rivières ».

P.S.

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Publié le 17/04/2011 03:49 | Jean-Paul Couffin

L'atelier d'Anna façonne le sur mesure

Dans sa « vitrine » de la rue Prestat, Anne Malzac montrant la coupe d'un fauteuil Voltaire./Photo DDM, J.-P. C.

Installée sur le causse, Anna Malzac renoue avec le métier rural de « tapissière d'ameublement » en lui donnant une consonance actuelle pour le moins design

Vive et directe, Anna Malzac appartient à cette génération n'avançant pas à reculons. Artisan ou artiste, la tapissière d'ameublement embarque résolument les deux dans son frêle esquif. Et pas pour faire voguer la galère. Sûre de son fait, dans un atelier à domicile donnant sur le causse de Villeneuve, elle refait les gestes d'un métier ancestral. En plongeant sa raison d'être dans le savoir-faire. Chez elle, la passion affleure. Comme pour bien montrer que c'est aussi le temps qui, en matière de restauration, dicte sa loi, elle détaille les étages d'une coupe de fauteuil Voltaire. Sans se perdre dans d'interminables dédales techniques. Anna Malzac va droit au but. « Je suis tapissière d'ameublement, et quand je refais un fauteuil ou une banquette, c'est de manière traditionnelle avec ressorts et crin ». Sa garantie : une durée de vie de 15 ans. Mieux, n'assurant que du « sur mesure », elle prévient : « Les personnes pour qui je travaille sont maîtres de leurs objets, et elles savent qu'elles n'auront jamais le même que leur voisin ». De quoi faire saliver toute une clientèle avide de mobilier intérieur exclusif qu'elle peut, grâce aux conseils de la créatrice, personnaliser jusqu'à l'infini… Ou presque.

La création, un moteur qui la fait avancer. « Je suis beaucoup dans la recherche personnelle, dans le sur mesure… » Là, elle donne à voir quelques abat-jour façonnés par ses soins au Bouton d'or. Une corde supplémentaire à un arc déjà bien garni. « Mon métier est un métier rural qui s'est installé dans les villes », sourit-elle. Manière de justifier un peu plus le fait qu'elle travaille en rase campagne, à quelques encablures de Villeneuve. Oui, mais nous sommes bien, aussi, dans un métier d'art de tradition. Reconnaissant que ses restaurations, comme ses créations, ont un certain coût, Anna Malzac décline une palette ouverte à… toutes les bourses. « Chez moi on peut venir pour une grosse restauration, comme pour s'offrir un ou deux coussins ». Entre son atelier, des cours et des stages qu'elle anime pour Familles rurales, elle vit à pleines dents en osmose avec ce métier hors du temps qu'elle dépoussière à grands renforts de tissus design. « Les gens qui suivent ces ateliers apprécient ce rapport avec l'objet ; ils prennent conscience des matières… ». Brassant large. Déclinant son talent en picorant ici et là des parcelles d'innovation, Anna ne s'endort sur aucun laurier. Installée depuis 2009, elle mesure combien le chemin peut s'avérer long. « Grâce au bouche à oreille, j'ai réussi à me faire une clientèle ». Mais elle entend bien continuer à avancer. En traçant son sillon. Le sien.

Derrière la vitre

Pas de boutique. « Je ne peux pas me permettre d'avoir un lieu ouvert tous les jours car travailler sur une restauration est long, précis, et je ne peux pas être dérangé ». D'où l'option prise, en décembre dernier, d'investir une vitrine rue Prestat. « On me la prête, du coup cela me permet de mettre en exposition mes travaux, comme ça les gens peuvent comprendre mon métier ». Elle en cherche d'ailleurs une autre, dans des rues plus commerçantes, comme République ou Marcellin-Fabre. Sinon il est possible de la contacter sur son site : http.//malzacanna.jimdo.com

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Publié le 16/01/2011 08:45 | Jean-Paul Couffin

Yves Rouquette, un promeneur de mots

Depuis Camarès, Yves Rouquette dit, parle et écrit avec bonheur, sans discontinuer en occitan comme en français./Photo DDM. J.-P.C.

Professeur de lettres, militant de la cause occitane, écrivain, poète, fondateur de la revue « Viure », chroniqueur à La Dépêche («Accent d'Oc» en page 8), homme de scène aussi, Yves Rouquette a été, depuis plus d'un demi-siècle, de tous les combats, de la grande grève de Decazeville au Larzac, en passant par les luttes vigneronnes. Là-bas, le Rouergue prend l'accent d'un sud profond. On dit même qu'en se faufilant dans le lit de quelque petit cousin de la rivière, on croise des faux airs d'Amazonie. Parce qu'ici, quand le ciel éponge les cumulus, en rougissant, sans que les filles ne l'effleurent, le Dourdou marque plus encore cet improbable territoire. Autour de Camarès, ni Louisiane, ni Italie, c'est encore l'Aveyron, un peu le Tarn et pas mal l'Hérault. Se rendre à Béziers n'est pas moins aisé que de « monter » jusqu'à Rodez. On lèche aussi, avec autant d'aisance, les vitrines d'Albi que celle de la préfecture de l'Aveyron. Il en va ainsi et pas autrement. En sautant avec bonheur, à pieds disjoints, par-dessus des anachronismes administratifs enfermés dans les certitudes bureaucratiques.

C'est là. Dans cet ailleurs de terre rouge qu'Yves Rouquette aime à regarder couler les jours. à « la Serre », sur la parcelle d'Occitanie, où il entend encore au loin sa grand-mère l'appeler dans la langue des siens. Promeneur de verbes d'oc et d'oïl, rabalaïre de mots universels, Rouquette s'est posé non loin du lieu où naquirent les siens. Parce que sa vie en voulait ainsi. Parce qu'aussi, Marie, la compagne de toujours, s'est sentie bien dans ce rougier où les chênes quillent toute leur fierté d'arbre jusqu'aux frontières du ciel. Là, où la liberté jouxte l'infini. Les instants avec l'homme d'oc se partagent comme autant de tranches de bonheur que l'on tartinerait sur le pain noir de l'amitié. D'une langue à l'autre. En toute logique. Puisque les mots savent couler de source. De l'amont vers l'aval. Du premier cri au souffle ultime. Car Yves Rouquette n'est pas homme à s'enfermer dans un qualificatif quelconque. Il est parce qu'il vit.

Militant de la cause Oc, il raconte aussi bien Boudou que Serge Mallet, ce journaliste de France Observateur qui, le premier, lança la notion de « colonialisme intérieur ». Parenthèse. C'était lors de la grande grève de Decazeville (1961-1962). Lui démontra comment la juxtaposition du capitalisme français et de l'État «exploita de façon coloniale, charbon, bauxite, sel, pétrole, production agricole, au mépris des populations locales et à l'unique profit d'un bassin parisien concentrant usines et lieux de décision». La seule et lointaine réponse dans le temps : « la régionalisation très timide du premier septennat de Mitterrand. » 50 ans après, les lois de la République offrent toujours des tours de passe-passe à sens unique. Comme celui, récent, consistant à vider le village de Najac de sa pharmacie au profit d'un autre bourg… de l'Ile-de-France. D'un geste large, Yves Rouquette balaye non-dits, fleurets mouchetés et faux fuyants. Sans concession. Il n'y a plus de place pour elle. Les mots de l'écrivain deviennent uppercut. Telles les « quatre boules de cuir » du petit taureau des Minimes.

La voix rocailleuse de tribun du prof de lettres renvoie dans les cordes, la déshérence des poncifs de l'éducation. « Qu'est-ce que ce j'en ai à foutre qu'un gamin sache résoudre une équation à trois inconnues s'il ne sait pas lire. » Lire. Écrire. Apprendre les maîtres à apprendre. Sans les lâcher sur le ring comme des poussins du mois. Avec le recul du temps, synonyme de lucidité, lui en remet une couche sur la langue d'oc. « à mon avis, nous avons eu tort de rendre l'école seule responsable de la mort de l'occitan, analyse Yves Rouquette, car les gens d'ici ont été heureux que leurs enfants parlent français et puissent, grâce à cela, aller le plus loin possible dans leur ascension sociale. » Un aveu de militant: « je regrette, à l'époque, je ne l'ai pas vu, car on préférait les bisbilles futiles plutôt que regarder la réalité en face. » Ce soir de janvier, les nuances des couleurs du rougier se fondent dans le soleil rouge d'hiver. Dans l'antre de La Serre, Yves souffle sur les braises. Pas besoin de raviver sa flamme. Avec force, il la porte en lui. Jusqu'au bout du chemin.

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Publié le 15/06/2011 08:21 | Pierre Challier

Ferrières (65) : Il sauve son école grâce à une annonce internet

Le maire Jean Miro et tous les parents d'élèves se sont mobilisés pour sauver la classe unique de Ferrières./ Photo DDM P.C.

À la frontière des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées Atlantiques, Ferrières lutte pour garder son école , vitale pour la commune et les familles de la montagne.

Plantée au cœur du village, la mairie impressionne. Une belle architecture solide qui sent bon sa IIIe République, prévue pour abriter la communale aussi, bref célébrer les noces de Marianne avec la grande école de Jules Ferry. Car « il y a un siècle, avec les mines de fer, l'élevage, la sous-traitance pour les fabricants de bérets de Nay ou le travail du buis pour les chapelets de Lourdes, il y avait de l'activité pour tout le monde et Ferrières, c'était 800 habitants avec 300 granges dans la montagne. Moi, quand j'ai passé le brevet en 1949, il y avait encore quatre classes » résume ainsi Jean Miro, le maire. Seulement voilà…

Catastrophe

Les mines ont fermé au début des années 60. Le béret et le chapelet ne sont plus ce qu'ils étaient. Et « aujourd'hui, il reste trois fermes et on est 114 » résume Jean Miro dans la salle du conseil municipal, devant une photo vieille de 60 ans témoignant des prés qui ont été remangés par la forêt. Bref, l'exode a frappé et en novembre dernier, la catastrophe finale a bien failli arriver.

« Une famille qui avait deux enfants scolarisés est partie. L'effectif est tombé à 6. L'inspecteur d'académie nous a mis sur la liste pour supprimer la classe unique. Alors on s'est démené pour l'empêcher. », poursuit le maire.

Parce qu'il faut bien voir que là-haut dans la vallée, juste sous le col du Soulor, « l'école, c'est pour trois communes. Ferrières et Arbéost, en Bigorre, et Louvie -Soubiron, qui, de l'autre côté du torrent, est en Béarn et va jusqu'à la vallée d'Ossau. Fermer, ça signifiait aller à Arthez pour les gosses, à 10 km d'ici. Or on a des enfants qui font déjà 5 km pour venir. Vous imaginez en hiver sur des voies communales escarpées et parfois gelées ? » interroge Jean Miro.

L'idée

Alors tout le monde s'est mobilisé. « Les parents d'élèves, la députée Chantal Robin-Rodrigo qui a interpellé le ministre à l'Assemblée, le conseiller général », énumère l'élu. Mais il y a eu aussi l'idée. La bonne. « On avait un logement libre sur la commune. On a passé une annonce sur internet pour trouver une famille et reçu une réponse d'un Charentais avec deux gosses. Mais il s'est désisté. Heureusement, on a réussi à trouver un autre couple avec un enfant qui lui est venu de Nice. »

Bilan ? Maternelle incluse « avec deux dérogations pour deux petites », Ferrières aura ses huit élèves à la rentrée. « Et l'inspecteur d'académie a pris en compte qu'en fermant une classe, il fermait l'école et nous a annoncé que Ferrières garderait donc son école. »

Gontran, Noé, Yannis, Apolline, Laure, Morgane, Gwénola, Ninon… sur sa feuille, Jean Miro refait le compte. Et sourit… « C'était important, parce que les gosses, c'est la vie. Fermer l'école, c'était signer la mort du village. Les gens auraient eu l'impression d'être abandonnés. » Avant de conclure, plus triste… « Le problème, c'est qu'il n'y a plus de travail, ici. »

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Publié le 22/01/2012 09:55 | S.B.

Sylvain Barre épaule les sismologues en Bolivie

Sylvain dans le désert de sel colombien. /Photo DDM.

Sylvain Barre, 27 ans, travaille en Bolivie depuis un an et demi. Seul français de l'équipe, délégué par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), il entretient des sismomètres au sein de l'observatoire privé de San Calixto à La Paz, principal institut sismologique de Bolivie.

Une situation professionnelle qui ravit et étonne encore Sylvain, lui qui avoue avoir connu un parcours scolaire un moment chaotique ! Mais, le soutient sans faille de sa mère et l'écoute d'un professeur du lycée de la Borde Basse lui ont permis de passer l'étape d'une adolescence contrariée par la séparation de ses parents, puis de trouver sa voie un temps compromise par une orientation à la hussarde.

Aujourd'hui, Sylvain affiche une carte de visite qui porte la mention « ingénieur électronique et télécommunications. Ancien élève de l'ENSEA, École nationale de l'électronique et applications de Cergy-Pontoise, promotion 2006. » Cette carte de visite aurait pu voir gravé : « échec scolaire. Voie de garage ».

La Borde Basse puis Albi

Après le collège de Vielmur, Sylvain a rejoint le lycée de la Borde Basse. Il y fait deux secondes. « Grâce à Mme Bergasse, professeur d'Histoire et Géo, je suis parti en internat à Albi, en Sti. Le temps de retrouver mes marques, j'ai fait deux premières. Après le Bac en 2004, j'ai rejoint l'IUT Paul Sabatier à Toulouse pour deux ans de Génie électrique et informatique industrielle. En septembre 2006, j'ai pu intégrer l'ENSEA. Dans le cadre de mon projet de fin d'études visant à valider le diplôme, durant 6 mois, j'ai intégré l'université de Santiago du Chili, avec laquelle l'ENSEA avait un partenariat. Une fois diplômé, j'ai repéré une offre sur internet mise en ligne par le CEA… et voilà comment je me suis retrouvé en Colombie le 15 août 2010 avec un contrat d'expatrié. »

Sur une quinzaine d'employés à San Calixto, Sylvain est le seul étranger au pays. Il y exerce des fonctions d'analyste-ingénieur : « maintenance réseaux, calibration des sismomètres… Je suis tout le temps sur le terrain. Nous avons une station à environ 5 000 m. Il faut savoir marcher ! »

Le chiffre : 50 CV > 4 retenus. Sylvain n'en revient pas encore. Il a franchi le premier obstacle, qui menait à l'entretien. puis a finalement été sélectionné.

La Paz : Une capitale étonnante

« Je suis fils unique, indique Sylvain. Ma mère, éducatrice à l'APAJH, réside à Vielmur. mon père, ancien militaire, vit en Côte d'Ivoire. Et moi, je réside dans un quartier sympa en Bolivie, à La Paz. Une ville d'environ un million d'habitants à environ 4000 m d'altitude. Une cité où les clivages entre riches et pauvres sont énormes. Une capitale étonnante. En fait, plus on descend d'altitude, plus le niveau social augmente. En ce moment, là-bas, c'est l'été. En fait, il fait parfois plus froid que des journées d'hiver, car c'est aussi la saison des pluies. »

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Publié le 22/01/2012 09:52 | Florent Bascoul

Albi (81) : Les chars attendent le feu vert pour sortir de l'ombre

Thomas Thierry, Roman Meggy et Anne Dufour terminent un des derniers chars./ Photo DDM, JML

N'ayez crainte, ils ne sont pas l'œuvre d'extraterrestres mal intentionnés. Les créateurs de ces improbables véhicules travaillent sans relâche toute l'année avec pour mission de donner du plaisir aux gens.

Thomas Thierry, Roman Meggy, Séverine Calmettes et Anne Dufour sont dans les temps, ils n'ont plus qu'à assembler et peindre les deux derniers chars. Il faut dire qu'ils ont l'habitude, la plupart d'entre eux travaillent dans l'entrepôt depuis une quinzaine d'années. Patience et motivation sont les maîtres mots de ces hommes et femmes qui n'hésitent pas à se faire plaisir au moment de la conception des maquettes. Ainsi, ils font faire des mouvements aux personnages du char, ils leur donnent la parole au moyen de bulles de bandes dessinées. « Le jour du défilé les gens nous reconnaissent dans le cortège et ils nous félicitent. Ces compliments sont notre récompense, on fait un beau métier mais certaines pièces nous donnent du fil à retordre », confie Séverine, 14 ans de Carnaval.

Paradoxalement, le jour où les carnavaliers sont censés être à l'honneur, ils sont d'autant plus attentifs à la bonne santé de leurs chars. « Sur la rocade il y a des éléments qui peuvent tomber, puis une fois dans la ville, les branches des arbres peuvent détériorer les constructions en carton-pâte. Il faut aussi voir si le camion en lui-même n'a pas de problème », affirme Thomas, le seul homme de l'équipe.

Cette année sera inauguré le nouveau trajet du défilé. Même s'il a été proposé par l'association puis validé par la mairie, il s'agira d'un nouveau paramètre difficile à prendre en compte pour les chars. « Tous en scène », les 10 chars vont donc se prêter à une improvisation totale. Raison de plus donc pour se rendre à cette institution du patrimoine culturel albigeois.

Le chiffre : 1,6 KM> le parcours du défilé. C'est la distance que devront parcourir les chars cette année.

Recyclage : les chars vivent 5 ans

L'association du carnaval d'Albi collabore essentiellement avec Montauban et Chalon-sur-Saône. Ainsi après le défilé du dernier dimanche, les chars seront démontés et envoyés chez les partenaires. Ces derniers remontent les figures à leur façon puis font leur défilé. À leur tour ils peuvent fournir les pièces à d'autres villes organisant un carnaval. Les salariés de l'association albigeoise affirment que 5 ans après leur parade dans les rues de la capitale tarnaise, les éléments des chars du carnaval sont encore utilisés.

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Publié le 17/08/2010 16:18 | Jean-Marc Le Scouarnec

Stéphane Amiel, une vie au sommet

Stéphane Amiel sur ses terres d'altitude, à plus de 2 200 m, avec vue imprenable sur l'imposant Mont Valier. Il gère avec Laurent Triolet le beau refuge appartenant à la Communauté de communes de Castillon/Photo DDM

Ancien infirmier devenu accompagnateur en montagne, il est aussi le gardien du refuge des Estagnous, près du Mont Valier, le sommet mythique de l'Ariège. Rencontre avec un solide Pyrénéen, aussi gourmand qu'il est loquace. Et toujours à la recherche de nouveaux projets.

Atteindre le refuge des Estagnous, en Ariège, tout au fond de la vallée de Bethmale, n'a rien d'une promenade pépère. Selon l'itinéraire choisi, il faut compter entre 4 et 5 heures de marche pour avaler 1 400 m de dénivelé. Cet effort, mêlé quand même d'un intense plaisir, dans un paysage somptueux, entre 2500 et 3000 randonneurs y consentent chaque année. Tous ou presque passent une nuit au refuge, la plupart s'offrant le lendemain matin les quelque 600 m supplémentaires qui mènent au Mont Valier, à 2 838 m. Construit en 1912 et rénové en 2000, le refuge des Estagnous est dirigé depuis 9 ans par Stéphane Amiel, un gamin du pays.

Dès 7 ans en haut du Valier

« En fait, j'ai d'abord été infirmier, raconte le solide ariégeois. J'ai fait comme mon frangin, j'ai passé le concours. L'expérience m'a bien plu : j'ai travaillé avec des enfants malades, côtoyé l'univers psychiatrique, pas mal bougé avant de m'installer en libéral à Massat. »

Né à Pamiers, Stéphane Amiel veut avant tout se rapprocher de sa chère montagne. Il soigne les corps tout en passant le brevet d'accompagnateur, sortant ses clients au grand air.

« À l'occasion d'une sortie faune au Valier, le gardien d'alors m'a dit qu'il cherchait un associé. J'ai lâché mon boulot d'infirmier. Le Valier me fascinait. Enfant, je l'avais atteint pour la première fois à 7 ans. J'ai de beaux souvenirs de colonies de vacances, de soirs d'orages impressionnants. »

Animations et gourmandises

Sur place, de juin à septembre (avec quelques week-ends en mai et en octobre), Stéphane Amiel et Laurent Triolet cherchent à multiplier les activités. Chaque dernier vendredi de juin, ils invitent un chef à venir mitonner un dîner gastronomique. Un gros succès maison. Et leur Festi'Valier propose régulièrement contes et concerts.

« Toutes ces animations, c'est pour prolonger les soirées avec nos clients. On reprend le mode de la veillée traditionnelle ; une manière de réunir les gens différemment. Tout le monde est monté à pied, les musiciens ont porté leurs instruments… »

Assumant son isolement estival, Stéphane Amiel porte la parole des gardiens dans les vallées au sein de l'Agrepy (Association des gardiens de refuge des Pyrénées). Tenace, il se bat comme un ours pour associer ses confrères à des projets innovants en matière de téléphonie satellitaires ou d'énergies renouvelables. Mais pas question de transformer les refuges en hôtels. « Bien sûr, il faut moderniser les installations, proposer des dortoirs plus petits, des douches chaudes, de la nourriture de qualité. Mais sans excès pour éviter une augmentation des coûts. La montagne doit rester accessible à tous. Avec en priorité le plaisir de croiser d'autres personnes, de manger ensemble, de dormir en groupe… même s'il y a des ronfleurs ».

Refuge des Estagnous. Demi-pension : 34€. Tél.05 61 96 76 22 (www.ariege.com/refuge-estagnous/)

Le chiffre : 5

Hébergements > Pass'Aran. Une boucle de randonnée a été créée, balisée de deux gîtes et trois refuges, entre l'Ariège et le Val d'Aran, en Espagne. De quoi envisager une belle semaine pyrénéenne.

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Publié le 14/01/2012 03:51 | Jean Guyot

Arcizans-Avant (65) : Une bière d'ici s'il vous plaît !

De la bière artisanale à Arcizans-Avant, brassée par Lisa et Alexandre./Photo Jean Guyot.

Le marché d'Argelès se vide doucement et Lisa est assez satisfaite de sa matinée passée à l'ombre, dans le froid, place du Foirail. Elle y vend la bière des Gaves. Des bières d'ici. Satisfaite, elle a eu de nouveaux clients et mieux encore, des habitués. Son travail et celui d'Alexandre, son compagnon, est reconnu petit à petit et ils comptent bien imposer, en douceur, leur marque dans les vallées.

Si Lisa est du Nord, c'est une habituée de la vallée où elle passe ses vacances depuis sa naissance. Alexandre nous vient des Alpes, qui est le lieu de leur rencontre.

Elle est titulaire d'un DUT d'agronomie et lui d'un BEP de pépiniériste et c'est la visite d'un Salon dédié à la bière, là-haut, dans le Nord, qui les a convaincus que cette voie serait la leur.

Une formation reçue dans les brasseries de Douai et une motivation énorme leur ont permis d'assimiler tout ou presque des secrets de la bière artisanale. Ne s'estimant pas encore au point pour se lancer dans l'aventure, ils persévèrent et font un tour de France des microbrasseries. Dans le même temps, ils commencent à mettre au point leur dossier, sachant que leur lieu de fabrication est là, dans nos vallées. Momentanément établis à Toulouse où ils travaillent, car il faut bien vivre, ils viennent régulièrement ici et trouvent le village dans lequel ils vont s'implanter : Arcizans-Avant. L'eau, après analyse, s'avère parfaite. Avec des échantillons, ils mettent au point leurs recettes, leur entourage servant de dégustateur. Après quelques tâtonnements, ils ont en main des produits dont ils sont fiers. Les dossiers pour les banques sont prêts. La Banque populaire croit en eux. Le bâtiment permet de mettre en œuvre les premières cuvées : la blonde, l'ambrée et l'hivernale, de grands plaisirs en bouche (à consommer avec modération), les dégustations en aveugles les valident.

Le stand rangé, Lisa rejoint Philippe à la Brasserie du pays des Gaves. Ils sont heureux de l'accueil qui a été, dès le départ, réservé à leur bière artisanale. Petit à petit la production augmentera pour satisfaire la demande. En dehors de leur présence au marché d'Argelès, des points de ventes se mettent en place.

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Publié le 13/05/2011 07:57 | Christian Goutorbe

Argelès-sur-mer (66) : les maîtres nageurs déjà à l'œuvre

À Argeles sur Mer (Pyrénées-Orientales), la surveillance de la plage de la commune est dirigée par Jean Luc Bartoli./Photo DDM, Nelson Charles Top Sud.

Cette année, la campagne de sauvetage des maîtres nageurs sauveteurs a débuté plus tôt que d'habitude. Une obligation de sécurité, face à une météo estivale.

Au poste de secours de la plage principale d'Argelès-Sur-mer (Pyrénées-Orientales), les maîtres nageurs sauveteurs de Jean-Luc Bartoli, le chef de plage, sont à déjà l'œuvre. Cette année, ils ont exceptionnellement débuté leur campagne de sauvetage le samedi 23 avril, la veille du dimanche de Pâques, en anticipation. « Nous avons avancé la mise en place des secours sur la plage pour offrir un service très complet aux vacanciers qui choisissent de venir en tout début de saison. La plupart des campings de la station sont ouverts. Ils ont même connu une forte fréquentation. Ces touristes ont droit à la sécurité, même si le premier week-end d'installation a été marqué par la pluie et le mauvais temps » explique Jean-Paul Richaud, le directeur de l'office du tourisme. Argelès-Sur Mer a été ainsi la première station à ouvrir un poste de secours où deux MNS se sont relayés chaque jour pendant les vacances puis le week-end en mai en attendant une mise en place progressive d'ici le mois de juillet. « Nous installons les premiers sauveteurs de la SNSM le 1er juin. Pour que nous puissions ouvrir avant, il faudrait une aide de l'Etat. Or ce n'est pas le cas » explique pour sa part Christian Jeanjean le maire de Palavas-Les-Flots et le président de l'association des ports du Languedoc-Roussillon. Dans la foulée, d'Argelès-Sur-Mer, plusieurs stations ont, elles aussi, anticipé le sauvetage précoce, rattrapés et confortés dans leur choix par une météo qui inspire à la baignade avec tous les risques que cela peut représenter sans les sauveteurs.

Lundi dernier, c'est une famille entière de cinq personnes, qui a été sortie in extremis des vagues par un promeneur sur la plage de Sérignan près de Béziers (Hérault) Sans son intervention, c'était le drame.

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Publié le 16/04/2009 09:37 | Béa. D.

Un Auscitain se distingue au Mondial des pizzaïolos

Yann Klepper a terminé 121e sur 900 en individuel et vice-champion du monde avec l'équipe de France. Une expérience dont profite son élève Jennifer. Photo DDM, Nedir Debbiche

Toujours au four et au moulin Yann Klepper. Samedi, il rentrait du championnat du monde des pizzaïolos organisé à Salsomaggioro, près de Parme, avec la médaille de vice-champion du monde par équipe autour du cou. Et lundi, il ouvrait sa propre école à la Roma, la pizzeria qui l'a fait connaître à Auch.

Jennifer Laurito, sa première élève, est venue de la région Alsace pour améliorer sa technique et en faire profiter les clients de son magasin de pizza à emporter (1). Mais pour elle, Yann a choisi un pâton plus facile à travailler que celui qu'il a utilisé au Mondial pour faire sa pizza aux légumes (marinés à l'huile d'olive et aux herbes) surmontés de mozzarella boffala et d'un carpaccio de filet mignon de porc mariné au piment d'Espelette.

« Tu vois, je la prends délicatement, et je la travaille comme ça », explique le maître en passant la pâte d'une main sur l'autre. Jennifer l'observe attentivement, et enchaîne en étalant les produits frais qui vont régaler le papa impatient de l'autre côté du comptoir qui sépare le four de la salle. Vient enfin la terrible épreuve : faire glisser la pizza sur la pelle. « Tu passes dessous. Et si elle devient ovale, c'est pas grave. Dans le four, en retirant la pelle par petits coups, elle redevient ronde », explique le professeur titulaire d'un master d'instructeur pizzaïolo obtenu il y a quelques semaines à Caorle, près de Venise.

Mais pour l'heure, le geste est encore maladroit pour Jennifer qui a l'habitude des pâtes précuites, donc plus faciles à manipuler, en Alsace. L'entraînement continuera donc après le départ du dernier client.

Matin, après-midi, pendant cinq jours, le stage est intensif dans cette école que Yann a baptisé Scuola italiana pizzaïoli. Pour l'élève… comme pour le maître qui a décidé de faire une pause, la semaine prochaine pour faire du consulting en Pologne à la demande d'un groupe de restaurants. Des pizzaïolos toulousains, bordelais et du nord de la France attendent déjà son retour avec impatience.

La rançon du succès.

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Publié le 27/10/2010 12:25 | Pierre Challier

Irénée, braconnier à l'ancienne des Baronnies (65)

Le câble a l'âge de son propriétaire, mais le coup de main n'a pas pris une ride, pour poser un collet sur le passage d'un sanglier. / Photo DDM P.C.

À bientôt 70 ans, Irénée peut bien l'avouer: le braconnage a été la grande passion de sa vie. Rencontre avec un "braco" à l'ancienne, spécialiste du sanglier au collet.

Face à sa terrasse, la forêt des Baronnies moutonne de vert et d'or. Profonde et attirante. Mais promis, il n'y va plus que pour les cèpes. Ou quelques palombes, « avec le permis », précise-t-il, le sourcil circonflexe sous la cassure du béret. Car officiellement, il a arrêté. Si, si. Depuis… au moins, si ce n'est pas plus. Comme « en prenant de l'âge, on n'aime plus tuer » explique-t-il. Laissant aujourd'hui les chevreuils venir manger derrière chez lui, les couvées de faisan s'épanouir en lisière de son pré.

De fait, quelle que soit la qualité de son coup d'œil et de son coup de fusil qu'on devine intacts… celui qu'on appellera ici Irénée tire surtout sur ses 70 ans, désormais. Et revendique donc la tranquillité du braconnier retraité au vu de ses annuités. « J'avais 14 ans quand j'ai fait mon premier sanglier entre Asque et Banios » se rappelle-t-il ainsi… Car dans son village des Baronnies « le braconnage, c'était une spécialité ». Et chez lui plus qu'ailleurs, sans doute, « parce qu'on avait faim », se souvient le quatrième des cinq enfants d'une ferme pauvre.

Avec la cravate

Grives, merles, pies de mars ou écureuils… pour améliorer l'ordinaire, il a donc appris les secrets du collet au crin de cheval et du fusil dès l'enfance. « On vivait en autarcie, on échangeait quelques volailles pour l'huile, le sucre, le sel et pour le reste, on se débrouillait » poursuit-il ainsi. Et puis un jour qu'on ramassait les feuilles de châtaigniers pour la litière des cochons, il y a eu ce premier sanglier, nos chiens, d'authentiques bâtards pour garder les vaches, l'ont rabattu et on l'a tué à coups de manche et coups de pelle, parce que sinon, on ne mangeait pas de viande » se souvient-il.

Celui-là faisait 40 kilos. Mais Irénée a vite appris à faire mieux et surtout dans les « règles », avec la « cravate ». « Tu repères le passage du sanglier, tu lui balises au besoin et dès qu'il y a deux arbres serrés, tu mets la « cravate », le « corolot », le collet quoi. » Combien en a-t-il pris de la sorte, dans sa longue carrière ? « Oooooh, pfffff ». Vous dire. Mais ce qui est sûr, c'est que le plus gros faisait 105 kg. Et que « quand on voyait le prix du sanglier au croc du boucher, on savait bien que ce n'était pas le prix qu'il nous l'avait payé et loin de là » note encore ce Raboliot des Baronnies. Qui déteste les viandards d'aujourd'hui. « Car nous, on était au milieu de la sauvagine, on empruntait ce qui nous était offert par la nature et comme c'était notre garde-manger, on prenait soin d'en laisser pour la prochaine fois ». Ah, s'il s'est fait piquer une fois par les gardes, Irénée ? « Jamais » répond-il amusé. Mais ajoutant immédiatement « d'ailleurs, je touche du bois. » Sage précaution, puisqu'officiellement, oui, il a arrêté… Promis, juré.

Le chiffre : 105 kilos> le sanglier. C'est le record d'Irénée, pour un sanglier braconné au collet, dans les Baronnies.

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Publié le 01/11/2010 13:15 | Silvana Grasso

Philippe Seilles, ange gardien du château Riquet

Philippe Seilles, président de la commission château à Bonrepos-Riquet./Photo Michel VIALA

Conseiller municipal de Bonrepos-Riquet en Haute-Garonne, Philippe Seilles rend son prestige d'antan à la demeure de Pierre-Paul Riquet, le bâtisseur du canal du Midi.

Boulimique de lecture et de voyage, il a lu « Anges et démons » sur un bateau remontant le Mékong, Philippe Seilles donne à chaque minute une ultime importance. À 48 ans, ce chef d'entreprise, arrivé à Toulouse en 1982 et devenu conseiller municipal de Bonrepos-Riquet, en avril 2008, s'est fixé un but : redonner au château, demeure du fondateur du canal du Midi, Pierre-Paul Riquet, sa splendeur d'antan : « En devenant élu, l'implication dans ce projet est devenue plus facile ».

Pour Philippe Seilles, « les responsabilités sont un moteur à l'existence ». Il ajoute : « Vous imaginez ce château où vécut de 1652 à 1680 le bâtisseur Riquet. Un rêve pour un amoureux du patrimoine ». Pourtant la tâche est de taille : « En ouvrant le château au public, j'ai découvert une bâtisse à l'abandon depuis plus de trente ans, victime des outrages du temps avec un parc transformé en forêt vierge ».

Loin de se décourager, cet amateur de science-fiction se met au travail, entraînant avec lui les habitants de Bonrepos : « Je suis devenu une locomotive », avoue cet homme, dont le charisme n'est pas étranger à ce ralliement. Près de 150 personnes viennent alors avec tronçonneuse et autres matériel de jardinage pour défricher, débroussailler, nettoyer, rendant possible en juin 2008, la première visite publique. 2000 visiteurs découvrent alors le site : « En deux ans et demi, près de 20 000 personnes vont défiler à Bonrepos-Riquet, réparant l'oubli de l'Histoire. Progressivement, les chemins s'ouvrent, le château reprend vie ».

Un projet pourtant pharaonique pour les 240 habitants de Bonrepos-Riquet mais auquel tous croient, consacrant chaque premier samedi à la remise en valeur du château. Le lieu offre, il est vrai, près de Verfeil, un magnifique potentiel touristique, couronné en juillet 2010 par la création d'un syndicat d'initiative, dont Philippe Seilles est le président : « Une manière d'encadrer les bénévoles et d'assurer la promotion touristique », avoue ce dernier, qui, de juin à septembre, devient guide à Bonrepos-Riquet avec dix bénévoles. Une besogne loin d'être achevée : « 22 millions d'€ sont nécessaires à la réhabilitation des bâtiments ».

Pour cela, les mécènes sont les bienvenus. Crédit Agricole et Fondation Total ont déjà mis la main au portefeuille. Et pour encourager les bonnes volontés, Philippe Seilles rappelle : « Les donateurs bénéficient d'une exonération fiscale ».

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Publié le 08/07/2011 10:51 | La Dépêche du Midi

Buzet (31) : Vincent Leyre, un homme du cru

Vincent Leyre a toujours baigné dans les vignes./Photo PB

À 32 ans, le vigneron Vincent Leyre, installé sur Vianne, est devenu le plus jeune président du conseil de surveillance de la cave coopérative de Buzet. Rencontre.

Il est tombé dedans quand il était minot. Petit-fils et fils de vigneron, élevé au biberon de Buzet dès son plus jeune âge, Vincent Leyre ne pouvait pas échapper à sa destinée, ancrée au fil des générations, dans les vignes de Vianne, qui produisent le fameux Sainte-Marthe. Sa vie serait dans le vin, c'était écrit. À 32 ans, il est même devenu le plus jeune président du conseil de surveillance de la cave coopérative de Buzet de l'histoire, suivant en quelque sorte les traces du paternel, Michel, qui fut en son temps, durant plus de vingt ans, un membre très actif dudit conseil de surveillance.

Sa voie était toute tracée.

Brevet de technicien agricole (BTA) et brevet de technicien supérieur (BTS) en viticulture et œnologie en poche, le jeune Vincent, passé par Saint-Emilion SVP, s'installe en 2000 dans la propriété familiale et devient officiellement agriculteur-vigneron. Agriculteur, il y tient, de par ses activités céréalières (blé, maïs, betterave…) même si les 30 hectares de vignes occupent les trois-quarts de son temps. La coopérative de Buzet, il connaît comme sa poche. « Je suivais mon père partout. Tout le monde me connaît, j'étais le petit… » en rigole t-il aujourd'hui. Et le petit est devenu grand. D'abord membre du conseil de surveillance, ensuite du Directoire, avant de devenir, en janvier dernier, donc, le président du conseil de surveillance, succédant ainsi à Philippe Sarion.

« Je suis en CDD d'un an »

« J'étais le seul candidat. Les membres m'ont élu pour un an. Je suis en CDD… ». Les prochaines élections auront lieu en janvier 2012, mais déjà tout le monde vante la disponibilité du bonhomme, sa connaissance du métier, son savoir-faire aussi, ses idées. « Je suis là pour représenter les Vignerons, je suis en quelque sorte le garant du bon fonctionnement de la cave coopérative, une véritable courroie de transmissions entre les Vignerons (234 adhérents) et la direction générale, représentée par Pierre Philippe. »

L'élection de Vincent Leyre découle aussi d'une volonté annoncée de rajeunir les cadres, d'apporter un vent de fraîcheur à la cave coopérative de Buzet, laquelle a su franchir, avec succès, le cap de la modernité ces toutes dernières années, pour rester compétitive dans un marché de plus en plus difficile et concurrentiel. « Nous avons su réinvestir, moderniser, avancer, en restant à l'écoute des clients, en misant sur la qualité » souligne Vincent Leyre. « Buzet a connu une vraie révolution de l'intérieur. Elle était nécessaire. Il était capital de ne pas rater le bon train… » Et on peut dire aujourd'hui que Buzet ne restera pas à quai. Les lourds investissements consentis sont déjà payants.

« Il faut constamment avancer, se remettre en question tous les jours, poursuit encore Vincent Leyre. Avant, le vin était un produit de consommation, aujourd'hui, c'est devenu un produit culturel. Quand on vend une bouteille, on vend une image, un vigneron, un terroir, un savoir-faire… »

Le portrait-robot du nouveau président du conseil de surveillance, doit-il en rougir…

Buzet est bien dans la norme !

En novembre 2010, la cave coopérative de Buzet, première entreprise agroalimentaire à être évaluée, a obtenu la norme internationale ISO 26 000. Une vraie récompense pour tout le travail réalisé en amont pour faire un vin de qualité. tous les paramètres rentrent en ligne de compte, de la traçabilité à la gestion, en passant par l'emballage, l'embouteillage, le traitement des résidus aussi.

« Cette norme est une marque de qualité et de production responsable » résume, avec fierté, Vincent Leyre.

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Publié le 07/07/2010 11:32 | Céline Samperez-Bedos

Carcassonne (11) : Un photographe à l'épreuve du temps

Bernard Soueix a rendu les clés de sa boutique. Le retraité va se remettre à l'argentique./Photo DDM Roger Garcia

Dernier photographe portraitiste de la ville, au coin de la place Carnot, Bernard Soueix a plié boutique. Il prend sa retraite après 32 ans d'une activité dédiée à l'image.

« Ah ben ça commence bien ! », grommelle-t-il dans sa barbe, haussant un sourcil en broussaille. Et là, aïe, votre servante se dit que c'est fichu. Allez savoir pourquoi… Il se nomme Bernard Soueix et on est entré dans son antre en lui donnant du Patrick. Pour tirer le portrait d'un photographe sur le départ après 32 ans de bons et loyaux services, connu comme le loup blanc, il y a mieux comme entrée en matière. Enfin, on dit loup mais on devrait écrire ours, car le bonhomme est un Ariégois congolais. Né à Pointe-Noire, arrivé à Pamiers à l'âge de 13 ans. On fait patte de velours, donc, surtout que l'ogre est du style atrabilaire. Vrai et complètement faux. Un mélange de bourru et de passionné. Le dernier portraitiste de la ville plie boutique. Il s'était installé au coin de la rue Carnot en 1986. Il a rendu les clés, vendu son pas-de-porte à un particulier qui fera ce que bon lui semble avec les locaux. « Je fais courir la rumeur qu'il s'agit d'un café », se marre-t-il en coin. Il a démonté ses machines, éteint ses projos, plié bagages. Et rempli ses valises de boîtiers aussi divers que variés. « J'adorais travailler à la chambre. Ah et puis, ce Mamiya aussi absolument intransportable à l'extérieur mais alors, à l'intérieur... un bijou! ». Que va-t-il faire désormais ? Mais de la photo, ma bonne dame. Pour lui, ses proches, ses amis.

Pourquoi la photo, d'ailleurs ? « Parce que c'est un moyen de communiquer, d'échanger », dit-il. Il est tombé dans le bain révélateur au lycée. Cet autodidacte a ouvert sa première échoppe photo à Carcassonne en 1978, rue Armagnac. Il était arrivé dix ans avant, dans la bastide, en quête d'un job. La bonne émulsion sera la photo. Il se forme sur le tas, par l'entremise du groupement national de la photographie nationale, ici et là, en France, en Espagne et devient à son tour formateur, assurant l'enseignement du portrait, sa spécialité. « Le portrait, c'est la base de la photographie, l'écriture avec la lumière. En studio, on module la lumière, on joue avec elle. Après, on ne prend rien aux gens, c'est eux qui vous donnent, dans la complicité, l'échange. C'est ça qui me plait ». C'était tout un rituel que de venir se faire tirer le portrait par ce photographe amateur de Rubens, de clair-obscur et de rencontre humaine révélée par l'objectif. Un rituel social à la demande des intéressés. Le bonhomme fait partie de cette génération qui a vu s'effondrer la culture de l'image, noyée dans la masse infinie du numérique. Il ne crache pas dessus : « On peut faire des choses extraordinaires avec cet outil ». Ce qui le désole, c'est cet écart entre progrès technique et appauvrissement culturel, la fin d'une certaine convivialité autour du papier, de l'album. Mais le dieu pixel et l'ère de la couleur ultra-saturée ne sont pas venus à bout de la magie du noir et blanc qui reste indéboulonnable dès qu'il s'agit de portrait.

« Yousuf Karsh ? Vous connaissez ? Un magnifique portraitiste. C'est lui qui a fait cette fameuse photo de Churchill comme en train de grogner. Il a eu 10 minutes pour la faire. Il a eu l'idée de lui arracher son cigare ! ». C'est Karsh qui lui a raconté cette anecdote, au tout début des rencontres d'Arles. Doisneau, Dieuzaide, Brassaï, Lartigue… « On pouvait les approcher, c'était facile de discuter et de se lier d'amitié ». Il va se remettre à l'argentique et mitonner du lapin à la moutarde à la broche. « Tiens, l'hôtellerie-restauration, c'est une branche qui m'aurait plu aussi », confie ce bon vivant.

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Publié le 25/12/2011 09:44 | La Dépêche du Midi

Castelnaudary (11) : Noël en péniche pour Ann et Peter

Ann et Peter Passey devant leur péniche illuminée pour les fêtes de Noël./Photo DDM

Amarrée sur le petit bassin, une péniche décorée de guirlandes lumineuses attire l'attention. De la fumée sort du tuyau de poêle, il y a donc quelqu'un. Qui peut bien habiter cette péniche par ce temps d'hiver ? C'est Ann et Peter Passey, venus d'Angleterre, ici depuis octobre et qui comptent rester jusqu'en avril. C'est leur premier Noël dans la ville. Ils ont décoré leur péniche qui s'illumine la nuit. Au menu de Noël : un beau chapon avec des marrons. « On l'a acheté en ville. Mon mari adore les marrons ! » s'exclame Ann. Un Noël en amoureux ou presque puisqu'ils sont mariés depuis trente-cinq ans ! Ann et Peter sont des retraités qui ont choisi de vivre au fil de l'eau sur une péniche entièrement construite par Peter. « C'était le rêve de mon mari, raconte Ann. Il a travaillé longtemps dans la construction de bateaux chez nous. En 2000, il décide de construire le sien qu'il termine en 2005. C'était beaucoup de travail surtout tout ce qui est boiserie. On l'a appelé « Anneter » une contraction d'Ann and Peter. »

Et l'aventure commence ! Pas-de-Calais, vallée de l'Ouche. « C'est là que nous avons vu un sanglier et deux cerfs pour la première fois » ! Le Noël dernier, ils étaient à Toul. Cet été, ils ont descendu le Rhône, « une grande aventure ». L'hiver prochain, ils comptent poursuivre jusqu'à Bordeaux. Quand on leur demande pourquoi ils ont choisi le port de Castelnaudary, Ann s'écrie : « C'est le port le mieux organisé de toute la France ! La dame de la capitainerie est charmante et fait le maximum pour nous. Et puis les gens d'ici sont gentils ». Que faites-vous de vos journées ? « Oh ! Mon mari travaille chez un menuisier et moi je participe à certaines activités. Le jeudi, je fais de la peinture au Présidial et le mercredi, je prends des cours de français. Nous visitons la région avec l'association AVF ».

Bon séjour Ann et Peter dans notre Lauragais et bonne année 2012 au fil de l'eau.

Un menu français

Ann et Peter Passey, venus d'Angleterre, ont amarré leur péniche au port de Castelnaudary depuis octobre et comptent rester jusqu'en avril. Pour le repas de Noël sur leur péniche, ils ont adopté la tradition française : chapon accompagné de marrons !

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Publié le 03/11/2009 03:46 | La Dépêche du Midi

Castéra-Verduzan (32) : Alexis Arilla a choisi de cultiver du safran

C'est à la main que se récoltent les crocus. Photo DDM, F. S-M. DDM

Généralement les fleurs des crocus apparaissent avec le printemps. Il n'en est pas de même pour ceux que cultive Alexis Arilla, qui fleurissent au mois d'octobre. Étonnant ? Non normal, puisque ces crocus-là produisent une épice assez rare : le safran. Jusque-là réservé aux pays orientaux, on le cultive depuis quelques années en France dont quatre exploitations sur le Gers. Voulant prendre une nouvelle orientation dans son exploitation agricole, Alexis Arilla a choisi de se lancer dans ce type de production l'année dernière. Aidés de Régis et Gina Vieux, producteurs de la safranière de Lamazère, Alexis et son épouse ont commencé cette culture délicate. Les crocus à safran ayant une « végétation inversée », ils fleurissent, en octobre, à condition qu'ils ne fassent pas trop chaud.

Vient alors le moment de la récolte, qui elle aussi est délicate et ou tout se fait manuellement : ramassage des fleurs et séparation des stigmates, ces petits filaments ocre rouge, que l'on fait ensuite sécher pour qu'ils perdent 80 % de leur humidité. Ce n'est qu'une fois ce séchage réalisé que l'on peut stocker le safran ou l'utiliser dans différentes préparations. Dominique, l'épouse d'Alexis a choisi d'intégrer le safran dans la préparation de confitures, de miel…, qu'ils vendent sur des marchés dédiés aux produits du terroir. Si leur première récolte, l'an passé était de 14 g, ils espèrent bien, grâce à la multiplication naturelle des bulbes, pouvoir en produire huit fois plus cette année.

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Publié le 09/12/2010 10:22 | La Dépêche du Midi

Foix (09) : Jackie, un demi-siècle au café de Villote

«Même après 50 ans, je suis fière d'être toujours là» confie la cafetière./Photo DDM.

En 1960, à 19 ans, Jackie épousait Claude Delrieu, « le fil du café », comme elle aime à le rappeler, personnage haut en couleur, à la gouaille, la faconde et la bonhomie légendaires, trop tôt disparu en 1998.

Depuis et durant cinquante ans, Jackie Delrieu n'a cessé, avec bonheur, de gérer les intérêts du café de Villote, idéalement situé face aux allées du même nom, devenant, au fil des années, une figure incontournable du paysage fuxéen.

« Je suis fière d'être toujours là et de continuer à vivre ce métier que j'ai toujours aimé. 6 h 15 tous les jours et jusqu'au soir à la rencontre de gens sympas pour la plupart et agréables avec moi », déclare-t-elle en toute simplicité, bien que précisant qu'au fil des époques successives, « les gens ont changé ».

Peu d'exemples, manifestement, en Midi-Pyrénées et ailleurs, de cinquante ans de fidélité et de constance à un métier pratiqué dans la tradition et qui a du mal à résister maintenant aux nouvelles exigences d'une société si différente.

« C'est vrai qu'avant les gens sortaient davantage et qu'une certaine joie de vivre existait. Il y avait plus d'amitié, poursuit-elle dans son langage imagé. Maintenant, avec la difficulté de la vie, c'est chacun pour soi. Comme une tristesse est apparue. »

Cette « tristesse » latente, ce mal de vivre général, Jackie ne veut pas en entendre parler et s'efforce de conforter, rassurer et aider ses clients si elle le peut. Rendre service à ses amis, à ses proches est une quête quotidienne. La vie, pour Jackie, c'est le contact humain. Celui du matin, de l'après-midi avec les turfistes, celui du soir. Tous différents et apportant autant de petits bonheurs que de satisfactions différentes. Jackie est un peu l'infirmière des âmes en peine, mais sait aussi participer pleinement aux instants de liesse.

Caractère et compassion

Entourée d'une famille resserrée autour d'elle (sa fille, la gracieuse Claudette qui gère le PMU ; sa petite-fille, son arrière-petit-fils, sans parler des gendres), Jackie garde « le cœur sur la main » mais ne saurait non plus « se faire marcher sur les pieds ». Comme elle dit : « J'ai du caractère ».

Tous les jours que Dieu fait, le café est son moteur, sa motivation et la fait tellement exister qu'elle n'évoque que rarement le jour où elle devra prendre du recul, « la retraite ». Car les moments de découragement face à la « crise » sont bien vite réfrénés : exit le vague à l'âme.

Plutôt des jours passés à recevoir les confidences de l'un, à écouter les griefs de l'autre, tout en veillant à éviter les exactions au cœur de son établissement.

Les instants de joie pure surviennent à des moments, quand les discussions de comptoir rappellent « le bon temps », celui des années « 60 », « 70 », « 80 », quand l'époque fleurait bon l'abondance et l'amitié communicative.

Le temps du seul « tiercé » dominical qui rapprochait les gens autour d'un plaisir simple, à échelle humaine. Le temps de « l'apéro » célébrant sans excès les petits bonheurs. Comme un sentiment d'un peu de liberté perdu aujourd'hui.

Mais Jackie positive, elle qui sait aussi « s'engager » quand il le faut.

Nul doute qu'elle sera encore là l'an prochain et pas mal d'autres années encore, forte de sa générosité d'esprit, luttant contre les blessures du temps et la morosité ambiante.

Comme un client de qualité et néanmoins de passage le soulignait dernièrement : « Foix sans Jackie ne serait pas Foix ! » Que rajouter de plus ?

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Publié le 12/01/2012 08:31 | Marc Mouisset

Fronton (31) : Youri, le traiteur russe est un vrai chineur de saveurs

Avec Youri, mettez du soleil dans vos assiettes. / Photo DDM

«Il est si bon de faire ses courses sur le marché de Fronton».

Cette phrase prise au hasard dans les allées marchandes du jeudi matin ouvre pertinemment cette chronique.

Toujours à la recherche des nombreuses figures du marché de plein vent, c'est sur la place du 11 novembre, en face du puits central, que nous rencontrons Youri Rodionov.

«Attaché à ses origines»

Son nom ne vous dit peut être pas grand chose si ce n'est qu'il a une consonance russe.

En effet , Youri est Russe et a grandi puis travaillé là-bas. Mais c'est après plus de quarante ans dans la restauration en Russie qu'il décide de changer de vie et de venir en France. Youri précise: «J'ai fais mes valises en 2003 pour rejoindre le pays de mon cœur la France. J'ai immédiatement acheté un camion pour parcourir les marchés et proposer mon travail. J'ai aujourd'hui la nationalité française mais je reste attaché à mes origines. Les spécialités russes bien sûr mais aussi... ».

Justement! «Le «mais aussi» compte. Car, en plus de proposer d'excellents plats russes comme le gouliach ou encore le borchtech, Youri propose à ses clients une gamme très étendue de spécialités espagnoles! Cet homme au fort accent russe porte en lui une âme de chineur des saveurs. Et c'est avec l'amour de la cuisine qu'il nous raconte, tout en nous faisant saliver, les méandres et recoins des differentes cuisines à travers le monde qu'il a pu côtoyer.

Du soleil dans la cuisine

Ainsi, quoi de plus naturel que d'en faire profiter sa clientèle et de choisir du coup, les arômes épicés de l'Andalousie ou les senteurs pleine de soleil d'Aragon, de Galice ou de Catalogne. On peut donc trouver sur son étals paellas, zarzuelas, chorizo comme des côtelettes de volailles à la russe. Youri parcourt cinq marchés au volant de son camion rouge et jaune et pratique également l'activité de traiteur sur toute la région. Un personnage à découvrir et un exotisme qui mêle le soleil hispanique à la chaleur du peuple Russe.

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Publié le 25/09/2011 03:48 | B.G.

Olivier Coadebez : le gardien du temps

Olivier Coadebez./Photo DDM, B.G.

Ce premier entretien avec Olivier Coadebez nous a permis de faire mieux connaissance avec le nouveau directeur de la centrale nucléaire de Golfech. Digest.

Son parcours

Diplômé de l'école nationale supérieure de mécanique de Nantes, devenue depuis école centrale de Nantes, Olivier Coadebez est entré à l'âge de 26 ans chez EDF comme ingénieur de maintenance à la centrale de Flamanville où il a passé 9 ans. En 19 ans de carrière, qui l'ont vu passer aussi par les centrales de Belleville et Chooz, il aura connu toutes les branches de métiers du nucléaire, jusqu'à un poste de directeur délégué à la centrale de Civaux qu'il a assumé durant deux ans. À 45 ans, il est un des plus jeunes directeurs de centrale nucléaire.

Ses passions

Il y a, bien sûr, une vie en dehors des centrales pour Olivier Coadebez, mais ses passions restent, tout de même, axées sur la technique et la mécanique. Féru d'horlogerie qu'il est, les agents du CNPE de Golfech ne pourront guère prétexter une panne de réveil ou de montre avec leur nouveau patron. Ce dernier, qui se dit être « très manuel », est également un passionné de véhicules anciens qu'il se fait fort de retaper lui-même. Ce qui lui vaut d'avoir « un grand garage ».

Son Sud-Ouest

Né à Pau ce Béarnais pur jus défend son appellation d'origine de Coarraze-Nay où sa famille a travaillé dans « la fameuse fabrique de bérets basques ». S'il a tâté du ballon ovale à l'Université, c'est davantage la convivialité et le soleil du Sud-Ouest qu'Olivier Coadebez est content d'avoir retrouvé après avoir passé près de 20 ans dans des contrées « nordiques ». « J'ai eu jusqu'à des moins 20 °C lorsque j'étais à Chooz dans les Ardennes ! » La chaleur, il a, semble-t-il, déjà pu y regoûter depuis dix jours « auprès des agents golféchois ». On ne lui en voudra donc pas d'avoir choisi Agen pour lieu d'habitation. « J'ai bien compris qu'il y a une frontière... mais c'est pour une question de grandeur de garage, je vous l'assure ! »

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Publié le 12/07/2011 09:05 | Sabine Bernède

L'espadrille, c'est chic

Nathalie Ponzio, directrice marketing de Pare Gabia. Ses espadrilles prennent les couleurs de la mode./ Photo DDM. Michel Viala.

A Sainte-Marie-de-Gosse, dans les Landes, Pare Gabia habille des espadrilles qui, perchées sur des talons compensés, défilent sur les podiums de mode.

Vichy ou liberty ? L'espadrille de l'été s'habille dans les Landes, en plein milieu des champs de maïs, chez Pare Gabia. La célèbre « boîte à chaussures » se trouve en bordure de nationale, dans le village de Sainte-Marie-de-Gosse. C'est ici, qu'en 1935, Jean Corbun avait ouvert son petit atelier de confection d'espadrilles.

L'origine de cette sandale remonterait au XIIIe siècle : elle chaussait les fantassins du roi d'Aragon. Début XIXe, une famille de Mauléon utilise le chanvre et le lin cultivés par les agriculteurs du Pays basque pour faire confectionner des espadrilles. Ces sandales aux semelles de chanvre trempées dans le goudron chaussent alors les pieds des pauvres, des mineurs, des ouvriers.

Dans les années 1970, Yves Saint-Laurent fait défiler les espadrilles sur les podiums. Grace Kelly et Brigitte Bardot les mettent à leurs pieds.

La marque Pare Gabia, « Sans pareille » en langue basque, se met à marcher dans le pas des créateurs. En 1995, la styliste Isabelle Varin réinvente la sandale. « Nous avons positionné l'espadrille comme accessoire de mode. Nous l'adaptons aux tendances », souligne Nathalie Ponzio, responsable marketing chez Pare.

Sur les magazines, le tressé, le tissu liberty ou vichy l'emportent cet été. L'espadrille se juche sur des talons compensés en liège recouverts de raphia. La toile coton se borde de cuir cranté perforé, se plisse, s'orne de petits nœuds, de fleurs. Cette sandale a pris de la hauteur.

Et la fabrication a pris le large. Pare Gabia importe la fibre de jute qui a remplacé le chanvre, le coton et le caoutchouc. La fibre de jute, qui vient du Bengladesh, est tressée, puis enroulée sur une ourdisseuse pour former la semelle. Laquelle est recouverte d'une fine couche de caoutchouc naturel.

La laize, la toile de coton teinte en région lyonnaise, est cousue à la main en Tunisie depuis 2008. Le savoir-faire n'a pas changé : une ouvrière du Pays basque est allée former le personnel de l'usine tunisienne pour respecter la qualité du point.

La marque Pare Gabia a délocalisé la fabrication. Mais reste dans le giron français. A la famille Corbun a succédé Luxat ; puis le groupe Royer début 2011.

Que reste-t-il à Sainte-Marie-de-Gosse ? Une vingtaine de personnes, qui travaillent dans les bureaux situés au-dessus du vaste entrepôt et du magasin d'usine, où l'on peut trouver espadrille à son pied pour 10 ou 15 €.

Un descendant de la famille Corbun a ouvert une boutique, Les Sandales d'Eugénie, rue Mazagran à Biarritz, où l'actrice Cécile de France et le chanteur Marc Lavoine commandent leurs espadrilles.

Pare Gabia vend environ 60 000 chaussures chaque année. Une collection d'hiver, en cuir, est apparue. La marque s'exporte, en Asie notamment : d'où le choix de la styliste japonaise Tsumori Chisato pour une collection.

L'espadrille tient toujours la corde.

Le chiffre : 1950

Création > de Pare Gabia. Le sandalier Jean Corbun ouvre un petit atelier de confection d'espadrilles à Sainte-Marie-de-Gosse, dans les Landes en 1935. La marque Pare Gabia est créée en 1950.

Elle se fabrique encore à Mauléon

C'est à Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantiques, que l'espadrille basque est toujours fabriquée. Il reste six sandaliers : Prodiso, Megam, Tauzin, Donquichosse, Armaïté, et Goyhenetchegaray.

Chaque été, au 15 août, Mauléon fête l'espadrille qui occupait jusqu'à 1 500 ouvriers, pour la plupart espagnols, au début du XXe siècle. Sur la place des allées, les fabricants montrent leur savoir-faire.

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Publié le 08/01/2012 09:30 | La Dépêche du Midi

Lescure-d'Albigeois (81) : Yves Gayraud, l'apiculteur qui parle aux abeilles en patois

Yves Gayraud devant sa production et ses derniers trophées.

Depuis sa plus tendre enfance, Yves Gayraud voue une passion sans limite pour les abeilles. Ce technicien forestier, toujours proche de la nature, profite de sa retraite, pour consacrer une grande partie de son temps à ses ruches.«L'apiculture a changé, et il faut un maximun de présence pour bien s' occuper des abeilles, et l'hygiène est primordiale pour leur santé», nous confie Yves.Il est très stict, sur la propreté du matériel, des outils, des ruches, et dans son verger et son jardin, il n'y a aucun produit chimique. «Il faut éviter totalement les colonies faibles qui sont vulnérables, et qui peuvent être la proie des frelons ou tout autres prédateurs» rajoute t'il.

A la 16ème foire au miel du pays tarnais qui se déroulait à Castres, il a obtenu les premiers prix pour les miels de printemps et d'été, des distinctions qui viennent concrétiser tout un savoir faire, notamment: celui de parler à ses abeilles en patois.

En effet, il est impressionnant de le voir approcher les ruches dans le dialecte de la langue d'Oc, et à ce sujet; il est preneur de toutes les anecdotes quant à la façon de dialoguer avec ces insectes jaunes et noir.

Yves est à l'écoute de tout proverbe, de tout ce qui se rapporte à l'apiculture; il contribue à protéger la nature et les abeilles, et pour partager les secrets du bon miel, n'hésitez pas à le contacter au 05.63.47.55.19, il en sera ravi.

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Publié le 01/04/2011 09:17 | F.P.

Limoux (11) : Jo le coiffeur, livre ses souvenirs

Jo le coiffeur et son livre de souvenirs

C'est un petit homme jovial qui garde ses souvenirs comme des trésors, du haut de ses quatre-vingt-quatre ans. Un sourire discret, en pointillé, pour habiller ses traits d'humour. Jo Puy né à l'Aragou, est resté là pendant plus de 40 ans, installé près du Pont Neuf. Il était coiffeur pour hommes. Petit apprenti, les mains dans les shampoings, puis ouvrier aux doigts alertes, c'est à 21 ans qu'il a acheté le fond à son patron. Immédiatement il a écrit son nom « Chez Jo » sur la devanture, en lettrès légères. En coupant les cheveux, il collectait les histoires de ses clients. Celles du quartier, de la ville. Témoin curieux de son époque : « Un autre temps ou j'avais des cheveux et une pope sur le crâne, ou pour écraser le cafard je disais des bêtises hélas il y a longtemps ! » dit-il en riant.

Un temps où il y avait cinq épiceries dans la Petite Ville, trois cinémas à Limoux, le temps ou l'on voyait des pressoirs déambuler dans les rues. Jo le coiffeur a toujours été un peu poète, il a toujours versifié, il avait la rime aussi rapide que les ciseaux et comme le célèbre barbier chantait ses compositions au clair de ses mots choisis. Il a fini par coucher sur le papier ses souvenirs pour en faire un livre édité à compte d'auteur, une centaine d'exemplaires à 10 euros, sans prétention, juste des notes qui au fil du temps sont devenues des phrases, des envolées, des retours dans sa mémoire, celle que l'on mastique quand les jambes sont un peu fatiguées.

Le livre « Jo Puy, le coiffeur » est disponible à la maison de la presse place de la République.

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Publié le 03/03/2009 04:41 | B.R.

Mathieu Revellat, arbitre le samedi, joueur le dimanche

Mathieu Revellat (22 ans) fait le bonheur de Carmaux et du Comité des Pyrénées. Photo DDM,

Voilà un jeune homme de vingt deux ans bien dans sa tête et dans son corps. Mathieu Revellat, encore étudiant, a connu le rugby à l'AJRA et après être passé dans les rangs des Reichel Albigeois, il a rejoint l'Union Sportive Carmausine où il entâme sa troisième saison.

Installé d'abord en troisième ligne, il a vite trouvé sa place à l'arrière, parfois à l'aile et ses relances partant de loin font souvent des dégâts dans les défenses adverses. Rapide et puissant il aime ces ballons qui lui permettent de revenir de loin pour perforer les défenses et parfois conclure derrière la ligne.

« Je vais tenter de gravir les échelons»

Mais Mathieu Revellat, c'est aussi l'arbitre du comité des Pyrénées qui privilégie avant tout sa carrière de joueur en sachant que l'arbitrage sera sa priorité dans quelques années. "Pour le moment, tant que je suis jeune, je préfère rester joueur le dimanche tout en arbitrant le samedi." C'est alors qu'il était junior au Sporting Club Albigeois que la vocation lui est venue. "C'est Serge Cabot qui m'a amené à l'arbitrage. J'ai suivi des stages et j'ai arbitré ma première rencontre juniors avec un accompagnateur. Maintenant, j'arbitre le samedi des équipes de cadets ou de juniors, parfois des séries le dimanche quand je ne joue pas. Petit à petit, je vais tenter de gravir les échelons et j'aimerai parvenir à arbitrer à haut niveau, au moins en fédérale 1 et pourquoi pas en Pro D2. "

L'avenir s'ouvre à lui dans cette corporation, mais pour le moment ce sont les Carmausins qui ont le bonheur de le compter dans leurs rangs et n'ont pas l'intention de le lâcher de si tôt.

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Publié le 07/01/2012 03:50 | Guillaume Lavergne

Miers (46) : Un couple redonne vie à l'épicerie du village

Béatrice et Cyril ne manquent pas d'idées pour leur commerce.

L'année 2012 sonne comme un nouveau départ pour Béatrice Delattre et Cyril Dauge. Après quelques jours d'installation, ils viennent de reprendre l'épicerie du village de Miers. À cette occasion, nous sommes allés à leur rencontre.

Vous êtes fraîchement installés à Miers, mais quel est votre parcours ?

Nous arrivons de Cucugnan dans l'Aude où nous tenions un commerce mais nous sommes bretons d'origine. Nous avons toujours été commerçants et sommes aujourd'hui heureux d'être installés dans le Lot.

Pourquoi reprendre un commerce à Miers ?

Nous avions le souhait de nous rapprocher de notre famille, mais aussi de la nature et de la verdure qui nous ont un peu manqué ces dernières années. Nous sommes plus proches de la culture du coin et avons trouvé le cadre sympathique. L'annonce de la mairie a retenu notre attention et les choses se sont faites naturellement.

Reprendre un commerce en milieu rural n'est pas chose facile. Comment comptez-vous vous y prendre pour relever le défi ?

Notre commerce est principalement une alimentation générale, mais nous entendons développer de multiples services pour répondre à un besoin réel de la population. Plusieurs d'entre eux sont déjà en marche, comme la mise à disposition d'un point Internet, un dépôt de pain (en relais avec la boulangerie), l'envoi de fax, les photocopies… Nous souhaitons être au service des gens en répondant à leurs attentes et en leur proposant des produits de qualité. Nous pensons développer une gamme de produits locaux pour compléter notre offre actuelle, qui compte de multiples références. Nous avons également modifié les horaires d'ouverture, pour nous adapter au mode de vie du plus grand nombre. Notre commerce est ouvert du mardi au jeudi de 8 h 30 à 19 heures (jusqu'à 19 h 30 le vendredi et 20 heures le samedi) et même le dimanche de 9 heures à 13 heures et de 17 heures à 20 heures. Nous sommes aussi joignables par téléphone au 05 81 48 92 88 pour d'éventuelles livraisons, pour ceux qui le souhaitent.

A l'heure des vœux du nouvel an, Béatrice et Cyril se lancent un nouveau défi que nous leur souhaitons plein de réussite !

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Publié le 03/12/2011 09:17 | Dominique Delpiroux

Millau (12) : De l'art au bout des doigts

Abdellah Boubekeur, le coupeur, en compagnie de Nadine Carel-Rubio, Manuel Rubio et Olivier Causse./ DDM

Les gants Causse sont les derniers manufacturiers d'une production emblématique de Millau. Le choix du haut de gamme est une réussite. Causse travaille pour Chanel, Hermès, Lagarfeld…

Commençons avec Karl Lagarfeld. Et supposons qu'il nous fasse un petit coucou de la main. Que remarquera-t-on ? Ses gants, pardi, ces espèces de mitaines, tantôt sobres, tantôt chatoyantes, toujours très chic !

« Karl Lagarfeld met des gants depuis qu'il nous connaît, explique Manuel Rubio, le PDG des Gants Causse, à Millau. Et il ne met que nos gants ! »

Coucou, Karl ! Mais sait-il que tout a commencé sur le Larzac, avec un petit agneau ? Que sa peau a été tannée, puis teintée, et une fois chez Causse, soigneusement étirée par les mains expertes d'Abdellah ?

« Et pour faire un gant, les opérations sont très nombreuses » avertit Manuel. De la coupe à l'assemblage, du garnissage à la couture, en passant par la boîte à lumière, pour débusquer le moindre défaut de coloris. Ah, il en faut des petites mains pour faire ces petits doigts, et des petits doigts pour ces jeux de paumes !

« Aucune machine ne peut être aussi précise » savoure Manuel Rubio. Lui et son épouse Nadine, directrice artistique, viennent des métiers de l'art. Ils ont eu le coup de cœur, il y a une dizaine d'années pour cette entreprise. Ils y ont apporté un petit coup de baguette magique. Tout part de leur studio où ils créent quasiment un modèle par jour, pour Hermès, Chanel ou d'autres grands noms.

« Le couturier nous dessine un modèle et le lendemain, on lui livre à Paris la paire de gants réalisée ! » En un tournemain, en somme !

Le dépositaire de la mémoire de la maison Causse, c'est Olivier Causse, arrière-petit-fils du fondateur. Directeur de production, il est aussi l'héritier des techniques et des savoir-faire. C'est l'association de la créativité et de cet art manufacturier qui assure le succès de ces gants. Qui se vendent à Paris, Tokyo, Hong-Kong, Shanghai… Causse y propose des modèles classiques, mais aussi des gants très étonnants, des mitaines, des gants « décolletés », des longs fuseaux élégants, des styles baroques ou pleins d'humour, des clins d'œil comme ces gants « Mondrian » aux carrés colorés. Les modèles sont portés par Madonna, Inès de la Fressange, Bernadette Chirac, Kylie Minogue ou… Sharon Stone ! Rien de tel qu'un gant pour manier habilement le pic à glace !

Gants Causse : un must !

La maison Causse est aussi un bel endroit. Elle a déménagé sur le site des anciennes ganteries Guilbert à Millau, et l'architecte Jean-Michel Wilmotte (excusez du peu !) a sauvé la façade, et créé par-derrière un espace moderne et lumineux, où l'on peut tout à la fois faire ses achats, visiter un petit musée du gant et observer le travail des gantiers et gantières. On y trouve aussi une petite exposition avec… les visages de la quarantaine d'employés.

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Publié le 17/11/2011 09:45 | La Dépêche du Midi

Montech (82) : Isabelle et son service de secrétariat à la carte

Isabelle, secrétaire à la carte

Isabelle Painot, qui a passé plusieurs années comme assistante commerciale, souhaitait aller de l'avant et proposer ses services aux entreprises et aux particuliers, dans le domaine du secrétariat, sans pour autant être aux ordres d'un patron.

L'idée lui est donc venue de monter son entreprise de secrétariat et d'aider les entreprises dans leurs travaux. Les entreprises ou les particuliers peuvent faire appel à elle en cas de besoins. Ses engagements ne sont aucunement soumis à un engagement de durée. Isabelle peut travailler chez elle, elle envoie ses travaux par Internet ou aller en entreprise pour des missions bien déterminées. «J'ai envie de pouvoir donner aux entreprises une alternative, une autre solution administrative afin d'alléger leur charge de travail sans alourdir leurs taxes», précise la jeune secrétaire.

Isabelle peut effectuer des remplacements en cas de congé ou de maternité, de maladie, pour une journée ou plusieurs semaines ou plusieurs mois. La mission terminée, le contrat se termine aussi. «Avec un regard externe à l'entreprise, je peux aussi prodiguer quelques conseils par rapport à leur organisation, poursuit-elle, en fait, pour chaque besoin, je peux apporter une solution.»

Pour résumer: «IP Secrétariat vous permet ainsi de vous consacrer à votre métier, à vos clients, en toute sérénité, tout en conservant une gestion administrative de qualité et à coûts maîtrisés».

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Publié le 31/12/2011 03:48 | La Dépêche du Midi

Monteils (82) : Les dernières vendanges de Franck

En septembre, autour de Franck Roberties, une équipe sympathique qui clôture 75 ans de vendanges et autant de souvenirs.

L'année prochaine, Franck Roberties aura bouclé un parcours de 75 ans, entouré d'une passion prégnante pour la vigne. Le matériel remisé mérite quelques repos, après de rudes campagnes accomplies par tout temps. Aussi, le tracteur Som 40, des années «60», couleur orangée, caractéristique estampillée de la marque, a regagné pour toujours son abri, la cuve de fermentation a vissé, sans façon, son épais couvercle, le vieux pressoir de 1879 ne fera plus pisser le vin et les indispensables comportes, seaux, sécateurs, sont devenus aujourd'hui, dérisoires. Devant cet inventaire converti depuis en musée, Franck Roberties a classé tous ses souvenirs et chroniques de vigneron. Il en retire, avec amertume, une sage conclusion: «La passion est toujours là, mais le poids des ans m'amène à arrêter. La raison doit l'emporter sur la passion.» Sans repreneur, il y a peu, les 1 100 pieds de vignes ont été arrachés, à contrecœur.

Vendanges amères

En septembre, au «Grinhard», Franck Roberties, 85 ans, a accompli ses 75e vendanges, en compagnie d'amis venus partager ce dernier temps fort, du cycle de la vigne. Après la besogne collective, où les coupeurs ont usé avec vaillance du sécateur, le réconfort s'est appuyé autour d'un fameux repas, où le vin de la précédente récolte, dans la tradition viticole, a régalé la douzaine de convives. Le lendemain, une période privilégiée s'est ouverte sur de délicates opérations qui vont qualifier le vin d'horrible piquette ou l'ennoblir en des termes élogieux, selon la virtuosité du vigneron, sans oublier les aléas de la nature qui tiennent à s'inviter, et à participer ainsi, aux étapes de la vinification: l'égrappage, le foulage, le pressurage. Puis, reste la fermentation, ultime cheminement du vin jusqu'à son plein épanouissement, qu'accompagnent quelques petits secrets propres à Franck, alliés aux traditions ancestrales.

L'année prochaine, le ronronnement typique du Som 40, le cliquetis des sécateurs, la bonne humeur des vendangeurs, l'excellent repas des vignerons, s'effaceront douloureusement, bouleversés par un triste terrain vague, chassant à tout jamais la poésie de la vigne et du vin.

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Publié le 14/01/2012 07:54 | L.P.

Pamiers (09) : Jean-Philippe, l'homme aux motos de légende

Jean-Philippe Montiel restaure les motos d'époque./Photo DDM.

Jean-Philippe Montiel, président de l'association des Amateurs de véhicules anciens, est un fan de moto plus que d'auto. Visite à l'atelier.

La moto d'époque : plus qu'une simple machine, un objet de puissance, de beauté, voire une capsule de souvenirs et de liberté. Jean-Philippe Montiel, président de l'AZA, est un collectionneur heureux. Fou de chromes, passionné de voitures mais surtout de motos, Jean-Philippe nous ouvre les portes de son garage. Un jardin secret ou se cultive la passion des mécaniques. Au travail et entre deux tours de clefs il se souvient : « C'est la découverte, tout à fait par hasard au fond d'une vielle grange de deux motos des années trente, qui m'a mis le pied à l'étrier. » Entièrement restaurés, les deux engins, une Terrot 250 cm3 et une Motoconfort 175 cm3, couleur rouille à la base, ont repris de la fraîcheur et vrombissent à nouveau sur les routes.

Il faut dire que chaque restauration est unique, une aventure pleine de découvertes qui se solde souvent par la réussite. Chose qui n'est pas toujours gagnée. Des motos en très grand nombre, mais qui toutes ne tournent pas. Mais demeure le plaisir de chercher et de trouver la pièce manquante. « Les bourses d'échanges, contacts et réseaux de passionnés de chromes, permettent de redonner une seconde vie aux machines » explique Jean-Philippe qui, malgré son savoir-faire, n'a jamais pris l'habitude de rouler les mécaniques. Il poursuit : « Être collectionneur c'est donner beaucoup de soi pour sa passion. Que ce soit en nombre d'heures passées dans le garage à trouver le bon réglage, ou en achetant, revendant, pièces où motos complète, petites cylindrées, gros cubes, motos d'époques ou actuelles. »

Une quête sans fin pour le président de l'AZA qui a passé dans sa vie plus d'heure en selle, au guidon de ses motos, que les pieds sur terres. Un état d'esprit partagé au sein de l'AZA, ou sorties et rallyes font souffler un vent de liberté sur le pavé. Plusieurs sorties dominicales (avril, juin, septembre, novembre) sont organisées toute l'année par l'AZA, l'occasion de briller et de faire tourner les machines, en toute convivialité. Des promenades agrémentées de visites, sur des itinéraires touristiques de la région, avec la logistique pour respecter la réglementation et assurer le bon déroulement de la balade. Mais aussi la grande bourse d'échange au mois de mai, incontournable place Milliane.

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Publié le 16/07/2010 13:56 | Stéphane Bersauter

Port Sainte-Marie (47) : Docteur Larrieu, médecin rural

Le Docteur Larrieu, médecin rural

40 ans, marié, père de famille et médecin généraliste en zone rurale, à Port-Sainte-Marie. Ça tombe bien, Jean-Christophe Larrieu est originaire du confluent. Le manque de médecins est un sujet qui lui tient à cœur, avec ou sans stéthoscope.

En face du cabinet, l'épicerie est « Utile », de l'enseigne du même nom. S'il avait le droit à la publicité, Jean-Christophe Larrieu pourrait coller l'adjectif au-dessus de sa porte. Il n'a pas vraiment besoin de pub vu son agenda quotidien. Au « Port », l'enfant du pays né à Tonneins y est revenu juste après ses études à Bordeaux. Depuis janvier 1999, il est généraliste sur la place du village. Il est l'exact contraire du portrait-robot du toubib en Lot-et-Garonne, jeune, 40 ans, issu d'une famille modeste, le père boucher traiteur à Vianne, la mère « dans les Postes. Je voulais être kiné ». Celui qu'on tutoie, qu'on appelle par son prénom, a joué au Port pendant une dizaine d'années. Et comme le rugby, c'est la vie du village, on parle de tout et du reste dans son cabinet.

Ce lundi 12 juillet est calme. Une quinzaine de clients dans la matinée (lire ci-contre). Le docteur Larrieu est le médecin traitant de certains, d'autres viennent le voir car le leur est absent, en vacances, en déplacement. En moyenne, les lundis, c'est quarante patients. Un rythme fou, dix minutes souvent par cas mais le docteur sait aussi arrêter le temps quand il estime que c'est nécessaire. « Pendant l'été, c'est quand même plus calme. Les enfants ne sont plus à l'école… ».

Entre deux rendez-vous dans son cabinet, il rappelle un patient dont son secrétariat lui a transmis les coordonnées. Un jour, il a reçu 55 appels. « J'ai dû m'organiser, ce n'était plus possible ». Ses secrétaires répondent aux appels de Mandelieu (Alpes-Maritimes). « La société m'a contacté au bon moment. J'ai dit oui ».

Il a dit non, aussi. Entre la médecine généraliste, la médecine du sport, les pompiers, les deux heures quotidiennes à la maison de retraite locale, les rendez-vous pris après 16 h 30, c'est parfois l'histoire du « Jour sans fin », ce film où la vie du protagoniste se répète à l'infini. Jean-Christophe Larrieu a mis le holà, refuse désormais la « patientelle » de deux de ses confrères. L'un d'eux « fait un burn-out comme on dit. Arrêt d'activités, et départ en octobre ». Le toubib milite pour la création d'une maison de santé à Port-Sainte-Marie (lire ci-dessous) mais conteste l'approche globale qu'ont les élus. Il est à plaindre ? Non. « J'ai les revenus d'un cadre supérieur ».

« Tout le monde ouvre le parapluie »

Le quotidien du médecin est fait parfois de petits riens. Jean-Christophe Larrieu affiche un doux ras-le-bol quand il découvre dans sa boîte aux lettres des courriers de parents voulant un certificat médical nécessaire, paraît-il, pour la participation du rejeton de la famille à un centre de loisirs. « Les parents n'y sont pour rien. Tout le monde ouvre le parapluie aujourd'hui. Chacun veut se prémunir d'éventuels risques mais cela incombe-t-il à un médecin généraliste ? » Ces exigences vont parfois loin. « Imaginez que j'en suis arrivé à établir des certificats d'aptitude à la pratique de la pétanque… » Ce que le corps médical appelle la « bobologie » s'invite aussi dans son cabinet, ce qui gonfle encore la file d'attente dans la salle ad hoc de son cabinet.

Repères :

Le chiffre : 55 téléphone > appels. « J'ai reçu 55 appels en une journée. Je gérais trois consultations en même temps, une dans mon cabinet, deux au téléphone ». Le docteur Larrieu a désormais un secrétariat.

« Pour une part d'entre vous, nous voulons travailler moins certes, mais travailler mieux surtout… » Jean-Christophe Larrieu, généraliste depuis 1999 à Port-Sainte-Marie et père de famille.

C'est l'heure du déjeuner ce lundi. Pour une fois, Jean-Christophe Larrieu peut prendre un peu le temps.

LE FILM D'UNE JOURNEE :

7h30- «C'est l'heure à laquelle j'arrive au cabinet. Ce matin, vers 8 heures, deux patients attendaient». 8h35- Trois patients, des retraités, attendent dans la salle ad hoc. Le docteur Larrieu en a déjà reçu cinq. 8h50- Le premier s'asseoit devant le médecin. «Vous allez bien ?» «Ça irait mieux si je voyais». L'opération de la cataracte est prévue en septembre. «L'ophtalmologie, à Agen, c'est compliqué». Sur la balance, 97 kg. C'est un peu trop. 9 heures- Le patient suivant en pèse 130. C'est beaucoup trop. «Trois croissants au petit déjeuner, c'est un repas», lance le médecin. On parle rugby, de la première du Port, des cartes d'abonnés au SUA. «Rendez-vous dans trois mois, avec 3 kg en moins». 9h10- Une femme de 70 ans parle de son mari victime d'un infarctus. «Sans tabac, sans alcool et il mange bio en plus. Il a pris cela comme une injustice». 9h27- Cette mère de famille s'est baignée dimanche, souffre de l'oreille gauche. Le docteur Larrieu est le médecin traitant de la petite. 9h41 - Encore une mère de famille. Son fils avait de la fièvre jusqu'à hier soir. «Ça peut resembler à une mononucléose». Le fils fait la moue quand il entend parler d'analyses sanguines. 10h03- Une visiteuse médicale a attendu comme tout le monde. Isabelle est prestataire de services, elle vend du générique. 10h43- La petite a eu 39,7°, le père a mal au tendon. 11h06-La première partie de journée s'achève. 15 patients au compteur. Après, les visites à domicile, la maison de retraite et les rendez-vous au cabinet. Jusqu'à 20 heures. 12 heures quotidiennes

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Publié le 29/08/2011 08:18 | Mélisa Guendouzi

Les animaux ont repris du service

Cédric Pielko n'a que ses mains et ses ânes pour travailler ses terres./Photo DDM, M. G.

Sus aux tracteurs et autres engins mécanisés. Les ânes ont repris le boulot sur les terres de Cédric Pielko, un jeune apiculteur et maraîcher de Saint-Parthem, qui se sert de la traction animale pour cultiver ses champs.

Ca pourrait être l'image d'une vieille carte postale noir et blanc. Deux ânes, harnachés comme des bœufs, s'engagent dans un champ. Avec eux, deux hommes, l'un guidant les bêtes, l'autre manœuvrant la charrue qu'elles tirent nonchalamment… Depuis quatre ans, Cédric Pielko, paysan à Saint-Parthem, a renoué avec la traction animale. Une façon de faire, qui change le rapport à la terre et au travail. « J'étais d'abord un apiculteur transhumant, obligé de déménager mes ruches chaque été dans le Cantal. J'avais l'impression de transformer le pétrole en miel… C'est pourquoi, j'ai cherché à me diversifier ; le maraîchage et les ânes se sont imposés ».

Du matériel adapté

L'agriculteur, qui a acquis plusieurs parcelles le long du Lot, s'est procuré du matériel d'attelage adapté aux ânes. Et c'est « en autodidacte » qu'il a appris à se dépatouiller avec la kassine, cette espèce de charrue où viennent se greffer disques et socs.

« Les ânes ne sont pas que des tondeuses. Ils ont suffisamment de force pour tirer du matériel, même s'ils sont plus petits et légers que des chevaux ». Pour preuve, Rosine et Quarambar, ses deux bourricots, sont régulièrement de permanence dans les champs pour semer courgettes et cucurbitacées, désherber les rangées d'épinards ou butter les pommes de terre. Sauf que la productivité n'est pas la même qu'avec un tracteur : à chaque aller-retour dans les prés, les bêtes ont droit à une vingtaine de secondes pour souffler, avant de repartir pour un tour. « Ca ralentit énormément le travail… Mais c'est un choix de vie de ma part, je n'ai pas de gros besoin : je n'ai ni voiture, ni télé, ni Internet ». Ce que Cédric Pielko loue par-dessus tout, c'est une forme de quiétude : « Les ânes ont une relation familière avec l'homme, et ils sont doux et coopératifs du moment qu'on a gagné leur confiance. Travailler avec eux, c'est évoluer sans bruit, dans le calme, et profiter de l'environnement ». Sans compter l'intérêt agronomique : ces équidés un peu à part fournissent aussi du fumier pour fertiliser naturellement les terres.

Un retour au grand galop

Cédric Pielko n'est pas un cas à part. Plutôt un exemple parmi bien d'autres du retour de la traction animale. Un phénomène qui pourrait faire autant d'émules que celui des circuits courts. à Saint-Affrique, le CFPPA de La Cazotte propose depuis cinq ans une « sensibilisation » pour un public désireux de découvrir « l'utilisation d'un animal - un cheval plus généralement - pour le travail du sol », explique Thierry Tricou, le directeur. En guise de première approche, la formation évoque la relation homme/bête : « C'est la première question que l'on doit se poser : est-ce que je vais être capable de gérer un animal ? ». Avant de passer à la pratique. Les stagiaires sont généralement des personnes en reconversion professionnelle, plutôt de sensibilité bio, qui découvrent en même temps, et l'agriculture, et la technique : « La traction animale est un véritable choix de départ. Et ce n'est pas idiot… Sur de petites parcelles de maraîchage, la mécanisation n'est pas indispensable. Et c'est surtout plus respectueux pour les sols qui ne subissent pas la tassation liée à des outils lourds et vibrants ». Reste quand même à évaluer l'intérêt économique : « Un tracteur au garage ne coûte rien, quand il faut nourrir son cheval toute l'année… ».

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Publié le 02/01/2012 10:28 - Modifié le 02/01/2012 à 15:23 | S. G

24 heures dans les cuisines d'un Mc Do

Une majorité de femmes dans l'encadrement et plus de 80 % du personnel issus de la promotion interne. / Lisa Barthe

Il est 10 heures et le Mc Do route de Narbonne à Toulouse ouvre ses portes au public. Les salariés sont déjà en place depuis 7 h 30 pour assurer les procédures de sécurité alimentaire. Nous allons passer une journée dans les cuisines de ce Mc Do et avant toute chose, nous devons mettre des chaussons et un bonnet par souci d'hygiène.

Dirigé par Benjamin Wanbue, ce restaurant créé par Gérard Ramus, franchisé Mc Donald's depuis 1987, pratique en interne chaque jour 100 vérifications dont la température des équipements. Les restaurants Mc Donald's appliquent une vigilance majeure aux questions d'hygiène et de sécurité alimentaire ». « Avant chaque prise de poste, chaque changement et chaque manipulation d'ingrédients, les équipiers se lavent les mains et les avant-bras », rappelle Benjamin Wanbue. L'étiquetage des produits est aussi très réglementé. Chacun est étiqueté en amont, par le fournisseur e t en aval, par le restaurant : « Dès que le produit sort de son emballage, une nouvelle date de consommation, plus courte, est apposé. Ce produit sera utilisé en priorité ». Autre rigueur incontournable : le sandwich non délivré au client dans les dix minutes est jeté. Tout comme les frites après 7 minutes.

Promotion rapide

Chez Mc Do, le parcours d'un salarié est aussi atypique que le suivi des aliments. « Je suis entré dans ce Mc Do en 1997 comme équipier à temps partiel, témoigne Benjamin Wanbue. À l'époque j'étais étudiant en sociologie et je recherchais une autonomie financière ». Très vite, Benjamin se laisse prendre au jeu de cette entreprise : « Ici, les jeunes peuvent progresser rapidement. En seulement deux ans et demi, j'ai rempli les fonctions successives de formateur, de responsable de zone avant d'être manager au restaurant de St Orens ».

Ce qu'apprécie Benjamin chez Mc Do, c'est la richesse humaine : « On travaille avec des gens d'horizons très divers et on développe rapidement ses compétences. Pour un jeune qui démarre, c'est exaltant ! ».

Depuis sa création il y a vingt-cinq ans, le regard des clients sur Mc Donald's a beaucoup changé. « En France, nous faisons partie désormais du paysage de la restauration, relève Gérard Ramus. C'est le fruit du travail réalisé ».

L'agglomération toulousaine compte 28 restaurants, 2 000 salariés et sert 30 000 repas par jour.

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Publié le 14/01/2012 12:20 | La Dépêche du Midi

Valence d'Agen (82) : La Binocle tape déjà dans l'œil des clients

J.-C. Nègre est heureux de son installation./Photo DDM, M. Bony

Depuis le début du mois de décembre dernier, une nouvelle enseigne est venue grossir le nombre des commerçants valenciens. Si le cœur de la ville hébergeait déjà deux opticiens, c'est une troisième boutique dédiée aux lunettes qui vient d'ouvrir ses portes 3, rue des Limousins. Son enseigne est révélatrice: La Binocle. Il y a bien longtemps de cela, on disait communément «il porte des binocles». Cette expression est restée gravée dans la mémoire de Jean-Christophe Nègre, le nouveau maître des lieux, qui nous confie: «Je crois toujours en cette convivialité qui doit régner dans les métiers du commerce. Nous sommes des artisans et nous devons toujours être là, près de nos clients, pour leur rendre service.

Agé de 34 ans, vivant en couple et père de deux enfants, ce Tarn-et-Garonnais d'origine - de Lacourt-Saint-Pierre - vivant à Bressols, est ravi d'être devenu un commerçant valencien. Après avoir fait ses études à l'école d'optique de Grenoble, dont il est sorti avec un BTS, il a entamé son parcours professionnel dans le département, au sein d'entreprises mutualistes françaises, notamment dans le secteur de Moissac et de Castelsarrarin. Quand on l'interroge sur son choix d'installation à Valence-d'Agen , son visage s'illumine: «J'ai eu l'occasion de venir ici et de goûter au dynamisme du cœur de ville. Cela bouge beaucoup côté commerçants , c'est très vivant! J'ai rencontré Ernest Lopes, l'élu qui s'occupe du commerce. Très vite, j'ai compris que c'était ici que je devais m'installer. Il s'est montré très rassurant et l'accueil que m'ont réservé les autres commerçants a été très chaleureux.»

Il ne pensait pas que son activité démarrerait aussi fort, ce qui le rend très confiant en l'avenir. «J'avais fait une étude de marché et j'ai compris que dans le bassin de vie de Valence, qui comporte près de 20 000 habitants, il y avait une place à prendre. Je l'ai prise et j'en suis ravi.» Jeudi soir, il avait tenu à organiser une réception pour fêter son arrivée. De très nombreux commerçants ont répondu présent, tout comme des élus du conseil municipal qui sont venus souhaiter la bienvenue et une belle réussite au nouveau commerçant de la rue des Limousins.

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Publié le 20/12/2011 09:08 | Jean-Louis Amella

Villeneuve-sur-Lot (47) : Nicolas, écrit nounou au masculin

NIcolas Josserand est l'un des dix assistants maternels du département./Photo DDM

Il ne manque personne dans la crèche. Les Rois Mages sont déjà arrivés et le petit Jésus n'a pas attendu Noël. Le sapin est dans un coin du salon, bien décoré. Au pied, un petit train électrique ajoute à la magie d'une fête qui prend, ici, tout son sens, « avec mon épouse, nous avons 4 enfants ! ». Les deux plus grands sont à l'école maternelle. Les deux plus petits font la sieste en ce début d'après-midi. Deux autres enfants sont partis pour le pays des rêves, après le repas de midi et avant le goûter. « J'ai l'agrément pour 4 enfants. » Nicolas Josserand est devenu après une formation de 60 heures et une envie de tourner une page professionnelle, l'un des 10 assistants maternels au masculin du Lot-et-Garonne sur un total de 1650. « Il y a bien des sages-femmes hommes… » Et puis, « de toute manière mon épouse qui travaille dans l'administration pénitentiaire fait déjà un métier atypique. Alors pourquoi pas moi ? »

Pendant l'essentiel de sa vie professionnelle, Nicolas Josserand a fréquenté les beaux hôtels et les beaux restaurants, « J'étais maître d'hôtel. J'ai évolué en permanence entre Reims et la Champagne et la Côte d'Azur. » Il faudra un gros orage, des inondations, les drames qui ont suivi et une mutation professionnelle pour que Nicolas et son épouse quittent le Var pour le Villeneuvois. « Dans la restauration, ici, ce n'était pas possible. De toute manière il y a longtemps que j'avais envie de m'occuper d'enfants. » Après une période de chômage, après avoir convaincu son épouse pas plus surprise que cela, Nicolas Josserand se lance. « D'abord une formation de 60 heures sur la sécurité, la nutrition. Accueillir un enfant dans de bonnes conditions, c'est aussi aménager la maison. De toute manière c'est indispensable pour obtenir l'agrément du conseil général. »

Des barrières de protection pour limiter l'accès à la cuisine ou à l'escalier ; les produits d'entretien sous clefs ; les clôtures suffisamment hautes, des cache-prises pour éviter les accidents électriques, un détecteur de CO2, un détecteur de fumée… « Le rôle d'assistant maternel est évidemment un peu différent du rôle de papa. » Les premiers contacts avec les parents ont bien sûr été excellents. « Tout se passe bien avec les enfants. Les sourires sont venus quasiment de suite, dès le début. » Avec cette voix douce et ce regard bleu lumineux, Nicolas Josserand sait mettre en confiance. Les enfants le sentent, les parents aussi. « En plus, compte tenu des horaires de travail de mon épouse, je propose des horaires atypiques pour la garde d'enfants, tôt le matin, tard le soir et même la nuit. » La passion des enfants ne fait quand même pas oublier qu'assistant maternel, c'est un métier, un vrai.

Nicolas Josserand, aprés une carrière dans la restauration, vient d'entamer une reconversion professionnelle. Il est l'un des premiers hommes assistants maternels en 47.

Assistant maternel

L'assistant maternel accueille les enfants le plus souvent en journée, lorsque les parents vont travailler. Professionnel rémunéré, il exerce grâce à un agrément délivré par les services de protection maternelle et infantile (PMI) de son départe ment. Les horaires d'accueil journalier, le nombre de jours de garde par semaine et par an sont très variables : ils sont généralement liés aux obligations professionnelles des parents et aux besoins de l'enfant. Les activités et les prestations sont déterminées en accord avec la famille.

Page réalisée à partir du site ladepeche.fr

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