Sécheresse printemps 2011

 

Publié le 03/06/2011 07:54 | Dossier Jean-Marie Decorse

58 départements concernés par la sécheresse

 

Un léger répit pour le Grand Sud, qui, cette semaine, voit se succéder les orages. Mais la pluviométrie de ces derniers jours ne parviendra pas à combler le déficit hydrique.

Cinquante-huit départements sont concernés par au moins un arrêté préfectoral en vigueur limitant l'usage de l'eau. Parmi ces départements, six en Midi-Pyrénées, dont quatre classés au niveau 3 incluant des mesures « très fortes » d'usage de l'eau. Il s'agit du Gers, du Lot, du Tarn-et-Garonne, du Tarn, mais aussi du Lot-et-Garonne pour la région Aquitaine.

La France vit le printemps le plus chaud depuis 1900 et le plus sec de ces cinquante dernières années, selon Météo France. Mercredi encore, le ministre de l'Agriculture, Bruno le Maire, déclarait que le printemps 2011 pourrait être « plus terrible encore » que la grande sécheresse de 1976.

De fait, la solidarité s'organise et de diverses façons. Exemple comme un autre : hier, une dizaine de particuliers de Dordogne ont proposé leur terrain à faucher pour aider les éleveurs touchés par la sécheresse, dans le cadre d'une opération solidarité lancée pendant le pont de l'Ascension par France Bleu Périgord en collaboration avec la Chambre d'agriculture.

Et puis, il y a les « dégâts collatéraux ». Mercredi, un incendie a ravagé près de 100 hectares de forêt à Soyaux, dans l'agglomération d'Angoulême (Charente). Un sinistre qui semble être dû aux conditions climatiques, la Charente étant de loin un des départements les plus touchés par la sécheresse.

Autre conséquence directe de la sécheresse, selon l'Observatoire du nucléaire, un réacteur nucléaire de la Vienne a dû être mis à l'arrêt. Depuis mercredi soir, la tranche numéro 2 de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne) est en effet stoppée.

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Publié le 02/06/2011 15:12 | Richard Hecht

Lot-et-Garonne : Trouver du foin à tout prix ?

Depuis janvier, la terre manque d'eau. Cette absence se fait sentir au niveau des stocks de paille et le foin Photo DDM, Morad Cherchari.

La solidarité pour éviter la spéculation : tel est le message que veut faire passer le syndicat agricole présidé par Jean-Luc Poli, la FDSEA. La chasse au foin est lancée.

Du foin entre d'Espagne à des prix élevés. Parfois multipliés par trois, selon Jean-Luc Poli, le patron de la FDSEA de Lot-et-Garonne. L'enjeu est important. Pour conserver son cheptel, il faut le nourrir, quitte à faire venir de plus loin la matière première. Vendredi dernier, le syndicat agricole a lancé un questionnaire dans les campagnes pour connaître et recenser les besoins. « Pour 300 hectares de surfaces en paille disponibles, nous avons une demande de plus de 400 tonnes. Avec un rendement de 1,5 à 2 tonnes l'hectare, l'offre et la demande sont équilibrées ». Plus délicate est la question de ressource en foin. « Pour éviter que la spéculation se développe, nous encourageons la solidarité de proximité. La demande en foin est de 500 tonnes. Les éleveurs rencontrent un bon accueil mais « il est nécessaire de faire beaucoup de surfaces pour constituer un stock qui n'est pas suffisant ».

La recherche du fourrage sur une grande distance est techniquement difficile en termes de transports et de coûts. C'est pourquoi la filière locale est exploitée à plein. Même les bords de rivière sont fauchés mais le rendement n'est pas élevé : 6 à 7 boules de 400 kilos par kilomètre. Des particuliers, des collectivités territoriales participent à l'effort collectif. Dans les coteaux, explique Jean-François Bourgade, responsable de la section élevage viande à la fédération, « on ne fait que du nettoyage. » Là où l'élevage est peu pratiqué et où les cultures céréalières sont plus présentes, la solidarité joue mais pas sur les mêmes bases. Les échanges se font sur la base d'une valeur agronomique estimée de 14 à 25€ la tonne de paille au champ. « Nous voulons éviter la spéculation et des reventes à 35€ aux éleveurs.

Même si la situation se tend, elle n'est pas aussi problèmatique que pour les éleveurs du Massif central. Des départements comme l'Aveyron et la Dordogne prospectent en Lot-et-Garonne.

« L'eau, une richesse collective à partager »

La FDSEA prend acte du déblocage d'un million d'€ par la région aux éleveurs, l'engagement du département d'abonder dans le même sens, fait observer que le dispositif calamités de l'Etat ne touchera que peu d'éleveurs pour des sommes réduites.

La fédération demande le report des annuités (cotisations MSA), le report du paiement de l'impôt foncier et le degrèvement et avec les banques la renégociation avec des prêts à taux zéro.

L'organisation agricole demande des ressources nouvelles en eau passant par la réalisation de retenues au lieu de « se réunir chaque semaine pour gérer la pénurie ».

L'agriculture, vue par la Fdsea, ne doit pas servir de bouc émissaire. « Entre 2003 et 2007, le volume d'eau prélevé pour l'irrigation était en baise de 39 % » souligne Jean-Luc Poli. le maïs ? « Pour produire un kilo de grains de maïs il faut 450 litres d'eau, 600 litres pour un kilo de blé. L'eau, c'est un problème sociétal, une richesse collective que nous devons partager. »

 

Publié le 02/06/2011 14:24 | LaDepeche.fr

Tarn-et-Garonne : La restriction d'eau est assouplie pour le Tescou

La sécheresse reste d'actualité malgré un bon arrosage tombé du ciel en début de semaine sur tout le département. Néanmoins, les chutes de 10 à 50 millimètres d'eau enregistrées selon les secteurs ont permis de regonfler le débit de nombreux cours d'eau. « Assoiffée » le 30 mai avec un débit de 0, 4 m3 par seconde, la Lère a ainsi retrouvé le lendemain un niveau de 9 m3/s. A Loubejac, l'Aveyron est passé de 5 à 19 m3/s. Et le Tescou de 20 litres par seconde, à 480 litres.

La soudaine amélioration de la situation hydrologique va alléger à partir de samedi les restrictions sur le Tescou réalimenté. Les prélèvements agricoles y seront désormais interdits un jour par semaine au lieu de 3, 5 dans le précédent arrêté. En revanche, les interdictions de 1 jour sont maintenus pour le Lamboulas aval et la Séoune, et de 2 jours par semaine pour le Lamboulas amont. L'interdiction totale des prélèvements agricoles reste enfin de mise pour le Tescou non-réalimenté. La cellule sécheresse doit réexaminer la situation mercredi prochain, avec dans la foulée une réunion du Codre (comité départemental des ressources en eau) qui ne s'était plus tenue depuis 2008.

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Publié le 02/06/2011 08:28 | Propos recueillis par J-M. F.

Montfaucon (46) : Brebis au régime sec

Le cheptel de Frédéric Addenin sur une prairie brûlée comme en fin d'été./ Photo DDM, Marc Salvet.

Sur le causse de Montfaucon, l'herbe ne monte plus à cause de la sécheresse. Frédéric Addenin, éleveur, ne sait plus où faire paître ses 750 brebis. Dans le Lot, le déficit de fourrage atteint 80 % par endroits.

L'eau tombée lors des orages du début de semaine ne suffira pas à étancher la soif des terres lotoises. Sur Montfaucon, les deux mois de sécheresse commencent à marquer l'aridité du paysage. « L'herbe ne monte plus » se désole Fréderic Addenin. L'éleveur, âgé de 38 ans, est propriétaire d'un cheptel de 750 brebis, des « Causse du Lot », la race à lunettes. Sur son exploitation individuelle, il fait de l'agneau Label rouge. Même si La Feyrie est une exploitation vaste dont la surface en herbe atteint 90 hectares, les réserves en fourrage s'épuisent : « Les parcelles fauchées n'ont donné que le tiers de l'herbe produite les années passées ». L'éleveur estime qui lui manquera entre 70 et 80 % du fourrage nécessaire pour nourrir ses bêtes. Il en est réduit à trouver des pis aller, comme conduire son troupeau dans les sous-bois devenus un pacage de substitution. « Mais rien n'y pousse ».

L'agriculteur recherche des solutions : « J'ai essayé de faire du sorgho, la céréale plus résistante à la chaleur, réclame moins d'eau mais c'est difficile. Je suis contraint de donner aux brebis le foin à peine récolté ».

Si la pluie se décidait ces jours prochains à arroser les sols, Fréderic Addenin parviendrait à passer le cap. Il garde cet espoir en tête, des éleveurs sont dans une autre logique, plus pessimiste sur la suite de l'histoire : « Il y en a, déjà, qui songeraient à vendre quelques bêtes par crainte de ne plus pouvoir y arriver ».

L'éleveur de Montfaucon compte sur la solidarité régionale ; la paille apportée des départements épargnés par la sécheresse pourrait permettre de limiter les dégâts. Un approvisionnement de dépannage qui ne réglera pas tous les problèmes. Frédéric Addenin ne se fait pas d'illusion : « Parti comme c'est parti, nous aurons beaucoup de mal à refaire du stock ». L'hiver sera long et la nourriture comptée pour les brebis à lunettes du causse de Montfaucon.

Le chiffre : 50 000 tonnes > Besoins en fourrage. Selon une première estimation, les besoins en paille sur les deux départements du Lot et de l'Aveyron se monteraient à 50 000 tonnes. Les demandes précises des agriculteurs devraient être connues d'ici huit jours.

Nouvelles mesures de restriction de l'irrigation./ DDM, JMM

«Il faut sauver l'élevage et l'emploi»

Alain Lafragette, le nouveau président de la FDSEA du Lot s'explique sur l'ampleur de la crise.

Votre organisation a-t-elle mis un dispositif spécial en route pour aider les éleveurs ?

Il y a une huitaine de jours, nous avons réactivé la cellule de crise sécheresse qui avait été créée en 2003. Elle est composée de l'ensemble des organisations professionnelles, groupements et coopératives. Le but est de recenser les besoins des agriculteurs.

Une solidarité régionale se met-elle en place ?

La FDSEA a pris l'initiative d'entrer en relation avec le Languedoc-Roussillon. Le Lot et l'Aveyron sont les principaux demandeurs. Ce sont des dizaines de milliers de tonnes de paille qui sont en jeu mais il faudra se positionner très rapidement sur ce fourrage étant donné le nombre de demandes provenant de toute la France.

Un risque de spéculation existe-t-il ?

Comment maîtriser cet aspect spéculatif alors que les prix sont libres ? Disons que nous avons fixé un prix maximum, la paille doit revenir à moins de 100 € la tonne.

Et pour les céréales ?

Les coopératives auraient des possibilités en Espagne mais là encore on craint le côté spéculatif.

La situation est-elle grave ?

Nous l'avons dit au préfet, seul un soutien financier fort nous permettra de nous en sortir. Il n'y a plus de trésorerie dans l'élevage, sans aide conséquente, certains risquent de décider de vendre les bêtes et de décapitaliser. Sauver l'élevage, c'est préserver l'emploi, la Capel dans le Lot c'est, par exemple, 800 emplois. Les procédures classiques de report de crédit ou de cotisations sociales ne suffiront pas.

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Publié le 02/06/2011 08:25 | LaDepeche.fr

Ariège : Les restrictions sont maintenues

Les précipitations des derniers jours ne suffiront pas pour rétablir la situation hydraulique précaire que traverse le département./Photo DDM

De la pluie certes, mais pas en assez grande quantité. Le comité sécheresse interdépartemental qui s'est tenu hier, à la préfecture, a décidé de maintenir les restrictions d'eau.

Année 2011 : l'année la plus chaude depuis cent ans, le printemps le plus sec depuis cinquante ans. Une situation qui inquiète les autorités.

Au niveau local, le comité sécheresse s'est tenu hier. Il réunissait les préfets ou leurs représentants de l'Ariège, de l'Aude, de la Haute-Garonne, les représentants des chambres de l'agriculture des trois départements, l'institution interdépartementale pour l'aménagement de Montbel, l'institution pour l'aménagement hydraulique de la Montagne Noire, le SMDEA, les responsables des associations des maires de chaque département, un représentant du syndicat intercommunal de l'aménagement hydraulique de la basse vallée de l'Ariège et trois référents des irrigants. Au cœur des discussions : malgré les précipitations de ces derniers jours,, quelles mesures sont à mettre en place ? Suite à la synthèse des éléments scientifiques et techniques apportés au cours du comité, les mesures restrictives prises le 18 mai restent inchangées : les prélèvements agricoles en eau dans l'Hers sont interdits un jour sur quatre. En parallèle, une attention particulière sera portée sur le milieu aquatique (faune et flore), sur les niveaux des nappes, la quantité de l'eau potable et le taux de remplissage des retenues.

Cette situation critique est le résultat d'un hiver sec (peu de neige donc peu de stock sur les massifs) couplé à un printemps sec. « Le barrage de Montbel a une capacité totale de 60 millions de mètres cubes, explique Guillaume Rougé, chef de service pour le barrage de Montbel au SMDEA. À cette période de l'année, il en contient en moyenne presque 48 millions. À ce jour, seuls 34 millions de m3 sont retenus dans le barrage. La ressource étant restreinte, il faudra certainement limiter les besoins grâce à des mesures.» Si la pluie est la bienvenue, et qu'elle permet de redresser certains niveaux, elle reste cependant insuffisante.

Le chiffre : 10 millions m3> Barrage de Montbel. C'est la quantité d'eau qu'il manque à ce jour dans le barrage de Montbel pour appréhender sereinement l'été.

« Cette année, la campagne d'irrigation a commencé avec un mois d'avance». Guillaume Rougé, chef de service pour le barrage de Montbel (géré par le syndict mixte départemental d'eau et d'assainissement)

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Publié le 01/06/2011 09:35 | LaDepeche.fr

Aude : Les agriculteurs appellent à la solidarité

Face à la grande difficulté dans laquelle se trouvent les éleveurs en cette année de sécheresse exceptionnelle, les Jeunes agriculteurs Languedoc-Roussilon et la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles demandent à tous les collègues agriculteurs une solidarité massive. Prix au vendeur retenu : 20 €/tonne (paille). Besoins : foin, paille, mais aussi paille de riz, écarts de triage de la filière fruits et légumes, pulpe de raisin, etc

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Publié le 01/06/2011 08:00 | S. F.

Premières restrictions d'eau dans le Sud Tarn

Les communes d'Escoussens, Navès et Saïx sont plus particulièrement concernées./Photo DDM, archives J.-M. L.

A compter de ce jour, 8 heures, la situation hydrologique des cours d'eau du département du Tarn impose de nouvelles mesures d'interdiction de prélèvement en eau et d'usages, cela afin de préserver les milieux aquatiques et les usages.

Ces mesures ont été prises suite à la réunion du comité de gestion de la ressource en eau, qui s'est tenue hier avec les principaux partenaires du domaine de l'eau. Elles impliquent l'interdiction totale de prélèvements dans les cours d'eau l'Assou, l'En Guibbaud, le Cérou, l'Agros, le Tescou et le Bernazobre. Pour ces 6 cours d'eau, les débits sont en dessous des seuils critiques qui peuvent mettre en péril les milieux aquatiques.

S'agissant du bassin du Bernazobre, les interdictions concernent les prélèvements dans la nappe. Les usages domestiques suivants sont aussi interdits sur les communes d'Escoussens, Navès et Saïx : le remplissage complet des piscines, le lavage des véhicules en dehors d'une station de lavage, le nettoyage des terrasses et façades ne faisant pas l'objet de travaux, l'arrosage des pelouses et espaces verts, le remplissage diurne des piscines pour leur remise à niveau, l'arrosage diurne des potagers. « Il est vrai que le Bernazobre manque d'eau, confirme Marc Cousinié, maire de Navès. Il y a longtemps que nous avons alerté les autorités sur les problèmes liés à ce ruisseau : quand il y a un peu de sécheresse, tout le monde continue à prélever ! Des études ont été réalisées, des solutions existent mais on ne veut pas en entendre parler… Je déplore une politique de l'autruche sur un problème que nous soulevons depuis près de cinquante ans. La solution, c'est la réalisation d'un barrage sur le Bernazobre ou un de ses affluents… » Du côté d'Escoussens, l'adjointe au maire Marie-Thérèse Davidou constate aussi : « La pluie de ce mardi est insuffisante, il faut faire quelque chose de toute manière. Au village, tout le monde se plaint, les usagers ont fait des efforts sur le plan domestique mais il va falloir que chacun y mette du sien. »

Par ailleurs, une interdiction de prélèvements limitée à un jour par semaine concerne le cours d'eau le Bagas et ses affluents, dans le Lautrécois. Soit du vendredi 8 heures au samedi 8 heures en rive droite, du lundi 8 heures au mardi 8 heures en rive gauche.

La situation hydrologique sur les principaux cours d'eau du département (Tarn, Agout, Dadou, Sor…) demeure pour l'instant satisfaisante, les débits mesurés restant néanmoins toujours très bas pour cette époque de l'année. L'état de remplissage des barrages permettra, si nécessaire, d'assurer un soutien étiage sur l'ensemble de ces axes.

Un rappel au civisme

Dans ce contexte, les services de la préfecture du Tarn rappellent: «Il est nécessaire de se montrer particulièrement vigilant et il est appelé au civisme et à la responsabilité de tous les particuliers et professionnels pour une gestion de l'eau la plus économe possible, que ce soit à partir de prélèvements en cours d'eau ou à partir des réseaux de distribution d'eau publics, et cela sur l'ensemble du département.»

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Publié le 01/06/2011 07:43 | LaDepeche.fr

Villefranche-de-Panat (12) : Un agriculteur du Gers offre sa paille

Bruno Bodart a accueilli hier Francis Galtier et André Lafon, à qui il va offrir sa paille afin qu'ils nourrissent leurs bêtes./Photo DDM, S. Lapeyrère

Des rigoles d'eau boueuse traversent les routes. Bruno Bodart montre son pluviomètre : « 41 mm en une demi-heure ». L'orage qui a traversé ses tournesols, blés et sojas avant de remplir son lac collinaire, redonne le sourire à cet agriculteur, maire de Lussan. En ce début d'après-midi, il attend des éleveurs aveyronnais à qui il va offrir sa paille. Il y a là Francis Galtier, éleveur de Limousines à Villefranche-de-Panat, accompagné de son fils Julien, et André Lafon, éleveurs de vaches à lait et viande, à Pont-de-Salars. Le dernier a commencé à vendre une partie du troupeau. Ils estiment la perte de récolte sur le fourrage à 50 %. Installé à 1 000 mètres, Francis Galtier a des fournisseurs en paille « mais ils étaient incapables de m'annoncer un prix alors j'imaginais le pire : 90 ou 100 € la tonne ». Or, les trésoreries se sont vidées ces dernières années. Il vient de finir de rembourser son dernier emprunt sécheresse. Ce cadeau vient sauver les meubles.

« On s'est dit : on vient dans le Gers, qu'est-ce qu'on peut bien amener ? », sourit-il. C'était la pluie. Le blé ne devrait pas être moissonné avant fin juin mais les Aveyronnais sont venus voir les lieux, préparer le travail et surtout rencontrer celui « qui a eu plus que la gentillesse de proposer sa paille à ces éleveurs ». Car Bruno Bodart ne réclame pas un sou pour une paille qu'il broyait pour amender ses sols. « C'est essayer d'inventer ce que faisaient nos grands-pères, le mutualisme », dit-il. La sécheresse va pourtant jouer sur ses rendements.

Les Aveyronnais devront botteler et surtout transporter, le gros morceau. Or aller jusque dans le Gers est « à la limite du raisonnable ». Avec les rendements espérés sur ces 92 hectares, il faudra environ dix-sept tours de camion.

Ces agriculteurs se sont rencontrés grâce à la bourse à la paille et au fourrage de la Coordination rurale. Elle recense demandes d'éleveurs et offres de céréaliers, gratuites ou raisonnables.

Le chiffre : 12 pays > Frappés par la sécheresse. Selon Jean-Michel Schaeffer, «toute la France, sauf le pourtour méditerranéen», et douze pays de la façade atlantique sont concernés par la sécheresse.

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Publié le 31/05/2011 16:49 - Modifié le 31/05/2011 à 18:04 | © 2011 AFP

Printemps 2011 : le plus chaud depuis 1900, le plus sec depuis 50 ans

Les gens profitent du temps ensoleillé à Bordeaux, le 8 avril 2011 Pierre Andrieu AFP/Archives

Le printemps 2011 est déjà entré dans les annales de la météorologie : il est le plus chaud depuis 1900 et le plus sec des cinquante dernières années, entraînant des restrictions d'usage de l'eau dans plus de 50 départements.

"Avec une température moyenne sur la France supérieure d'environ 2,6 degrés à la moyenne de référence sur la période 1971-2000, ce printemps 2011 se positionne au premier rang des printemps les plus chauds depuis le début du XXe siècle", selon le bulletin provisoire publié mardi par Météo France pour les mois de mars, avril et mai en France métropolitaine.

Les deux autres printemps les plus chauds de ces dernières années ont été ceux de 2007 (+2,1°C) et de 2003 (+1,8°C). Les écarts sont encore plus marqués pour les températures maximales de l'après-midi (+3,8°C) et les minimales de fin de nuit (+1,4°C).

A Montpellier, par exemple, un record journalier de chaleur a été mesuré à 32 degrés le 24 mai au centre-ville. Dans l'intérieur des terres héraultaises le mercure est monté ce jour-là à 35 degrés.

Côté ensoleillement, la moitié nord du pays a connu une fois et demi plus de périodes baignées de soleil en ce printemps 2011 que la moyenne de référence 1991-2000.

Ce printemps est aussi exceptionnel par ses faibles précipitations.

"La quantité d'eau recueillie sur la France représente environ 45% du cumul moyen de référence mesuré entre 1971 et 2000", selon le bilan.

Historiquement, il s'agit du printemps le plus sec des cinquante dernières années, même plus sec que ceux de 1976 et 1997.

Cependant, si le nord et l'ouest souffrent de déficits de pluies, le Languedoc et l'est de la Corse ont été largement arrosés.

Ces conditions exceptionnelles, alliant faibles pluies et températures élevées, ont "entraîné un assèchement extrêmement précoce des sols superficiels sur la quasi totalité du pays", a poursuivi Météo France. Les seules exceptions ont été enregistrées en région méditerranéenne où le printemps a été normal.

En l'absence de pluies de printemps, qui, en temps normal, viennent réalimenter les nappes phréatiques et permettent surtout à la végétation de s'épanouir en pleine période de croissance, le gouvernement a imposé dès avril des restrictions d'usage de l'eau.

Début mai, plus des deux tiers (68%) des bassins aquifères affichaient un niveau inférieur à la normale. Et en date de lundi soir 54 départements sur les 95 de métropole restaient soumis à des limitations d'eau pour le lavage des voitures ou le remplissage des piscines et arrosage de jardins, selon le ministère de l'Ecologie.

Et la situation devrait perdurer dans les mois à venir.

En effet, Météo France table sur un "été chaud": "sur la majeure partie de l'Europe on prévoit un scénario plutôt chaud, donc des températures au-dessus des normales saisonnières", a indiqué à l'AFP, Jean-Pierre Céron, directeur adjoint de la climatologie à Météo France.

"Par contre, en précipitations, on n'a pas de scénario privilégié parce que les modèles divergent" pour établir des prévisions saisonnières pour la pluviométrie de l'été, selon l'expert.

Peut-on en tirer des conclusions sur le réchauffement climatique ?

M. Céron met en garde contre tout raccourci. Il souligne cependant qu'en prenant l'augmentation observée des températures à laquelle on superpose la variabilité climatique naturelle qui fait qu'il y a des étés plus ou moins chauds et des hivers plus ou moins doux, "on note simplement que les hivers doux sont de plus en plus doux et les été chauds de plus en plus chauds".

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Publié le 31/05/2011 12:26 - Modifié le 31/05/2011 à 12:57 | © 2011 AFP

Sécheresse : il faudra des centaines de millions d'euros pour indemniser les éleveurs

Des vaches dans un pré à Saint-Martin-en-Haut, près de Lyon, le 26 mai 2011 Philippe Desmazes AFP/Archives

Indemniser les éleveurs frappés par la sécheresse coûtera "plusieurs centaines de millions d'euros", qui seront versés par le fonds de garantie des calamités agricoles, a déclaré mardi le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Le coût de ces indemnités sera de "plusieurs centaines de millions d'euros", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse.

Les responsables du fonds se réuniront le 15 juin, a indiqué le ministre, précisant que les paiements pourront intervenir le 15 septembre.

Ces indemnités ne concernent que les éleveurs, car ceux-ci n'ont pas la possibilité de souscrire une assurance, contrairement aux céréaliers.

La semaine dernière, M. Le Maire avait déclaré que ce fonds était doté d'une centaine de millions d'euros.

En déplacement lundi en Seine-et-Marne, le ministre avait plaidé pour une "solidarité à tous les niveaux" face à la sécheresse, "nouvelle calamité pour l'agriculture française", tout en se disant défavorable à un impôt-sécheresse comparable à celui instauré pendant la canicule de 1976.

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Publié le 31/05/2011 09:25 | LaDepeche.fr

Gauré (31) : Didier Barthes est un agriculteur solidaire

Didier Barthes s'inquiète pour les tournesols. La pluie est fortement attendue./Photo DDM

Gauré, avec 500 habitants pour 1 347 hectares, soit 37 habitants au km², fait figure de commune rurale. À ce titre, l'agriculture est la principale activité économique du village. Comme toute la Haute-Garonne, et à l'instar de 53 autres départements, Gauré est aujourd'hui touché par la sécheresse.

Didier Barthes, agriculteur, cultive 200 hectares de terrain. Il nous a livré son sentiment sur ce printemps aride : « Pour le blé, avec 17 jours d'avance, on limite les dégâts. Pour le tournesol, en pleine croissance, la situation est grave mais pas encore catastrophique ».

Didier Barthes précise néanmoins que si la sécheresse persistait, les conséquences seraient dramatiques pour les oléagineux.

Depuis plusieurs années, les états de sécheresse se répétant, les agriculteurs ont appris à « faire avec ». Mais, ceux qui souffrent le plus de cet épisode climatique sont les éleveurs. Pour beaucoup, ils ne sont plus en mesure de nourrir le bétail et s'apprêtent donc à subir de lourdes pertes. C'est pourquoi Didier Barthes, conscient des difficultés rencontrées par les éleveurs, a affecté 50 hectares de ses terres à la production de paille destinée aux éleveurs Aveyronnais. Pour Didier, la solidarité n'est pas un vain mot : « C'est un geste normal et courant. On est tous solidaires ! »

Les agriculteurs et éleveurs de Haute-Garonne attendent maintenant avec impatience les pluies annoncées, et espérées, dans les jours prochains.

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Publié le 31/05/2011 08:45 | D. D.

Montbel (09), un réservoir convoité

Le lac de Montbel peut contenir 60 millions de m3 d'eau./ Photo DDM Hélène Dagues.

Il y a comme un avis de tempête au-dessus du barrage de Montbel. Car la sécheresse qui est en train de sévir accentue les tensions autour de cette précieuse réserve de 60 millions de mètres cubes, située au pied des Pyrénées, à la lisière de l'Ariège et de l'Aude. Un réservoir qui a été créé en 1985, sous la houlette de trois départements. L'Ariège avait financé à hauteur de 50 %, tandis que la Haute-Garonne et l'Aude apportaient chacun 25 % .

Aussi, naturellement, l'Ariège a donc droit à 30/ 60e des réserves en eau tandis que Haute-Garonne et Aude ont droit à 15/60e chacun.

Or il se trouve que l'Aude se sert de Montbel pour alimenter une autre réserve, le lac de la Ganguise qui est lui à la frontière de la Haute-Garonne et de l'Aude, pour l'irrigation du Lauragais.

« Or, cette année, explique Jean Mistou, spécialiste des questions de l'eau à la Chambre d'Agriculture de l'Ariège, quand on a vu en janvier la sécheresse se dessiner, le lac de la Ganguise était plein et Montbel avait besoin de se remplir. Or, malgré les demandes du monde agricole, les politiques des trois départements ne se sont pas entendus pour faire ce que l'on demandait : fermer le robinet pour la Ganguise et remplir Montbel. On se trouverait aujourd'hui dans une bien meilleure situation. »

L 'Ariège dépend à 90 % de Montbel pour son irrigation. Et ce département est en quelque sorte le château d'eau naturel de l'agglomération toulousaine.

Comme bien d'autres responsables agricoles, Jean Mistou plaide pour la création d'urgence de réserves d'eau : « Avec Charlas et ses 110 millions de m3, on serait tranquille pour 30 ans ». Sans se mouiller.

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Publié le 31/05/2011 08:02 | Dominique Delpiroux

Grand Sud : Sécheresse, la bataille de l'eau

À Saint-Nauphary, dans le Tarn-et-Garonne, le 22 mai dernier./ Photo DDM, Jacques Décatoire

Alors que la sécheresse s'accentue, les préfets sont convoqués chez le ministre et les agriculteurs réclament la création d'urgence de réserves d'eau.

L'eau manque et les agriculteurs sont furieux. « Et ne croyez pas qu'on va réclamer un impôt sécheresse, avertit Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre régionale d'Agriculture de Midi-Pyrénées. Les agriculteurs n'en veulent pas, c'est une mauvaise image. Ce que nous voulons c'est que l'on crée rapidement des réserves d'eau ! »

En France, c'est l'alarme. Malgré les quelques orages qui ont humidifié la terre hier, l'eau manque partout. Hier, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a convoqué tous les préfets de région, et a annoncé « une solidarité à tous les niveaux ».

Tout cela arrive dans le contexte d'un arbitrage qui doit être rendu ces jours-ci à l'Élysée autour de la réforme de l'irrigation. Une réforme qui inquiète beaucoup les agriculteurs, qui craignent de voir leur capacité d'irrigation sérieusement rognée. Voilà qui ne tombe pas la meilleure année. Car très bientôt, on risque de voir les préfets prendre des décisions département par département suivant les situations : restrictions, tours d'eau, voir, dans la pire des hypothèses, interdiction de prélèvement.

Alors, si les agriculteurs pestent, c'est surtout parce que les réserves en eau font défaut. « Il tombe deux milliards de m3 de pluie et neige chaque année sur les Pyrénées, explique l'Ariégeois Jean Mistou, si on pouvait en récupérer le centième ! ».

Dans un champ de blé touché par la sécheresse à Samatan, en Midi-Pyrénées, le 25 mai 2011 Pascal Pavani AFP

« Et qu'on ne nous dise pas qu'il faut réorienter nos productions, en évitant le maïs, gourmand en eau ! tempête Jean-Louis Cazaubon : cette année, la sécheresse a fait du mal au blé, à l'orge et aux fourrages ! Si des éleveurs peuvent acheter un peu de maïs pour nourrir leurs bêtes, ils seront très contents ! »

Et le responsable agricole de réclamer d'urgence une politique de créations de réserves d'eau.

« De l'eau, il y en a l'hiver. Il y a des dizaines de projets qui ne demandent qu'à être réalisés. Il y a les financements, les emplacements… Alors qu'on ne nous oppose pas ici l'écrevisse à pattes blanches, là le crapaud accoucheur ou ailleurs la création d'une zone humide ! Depuis quatre ans, on n'a pas vu un chantier de réserve d'eau, et aujourd'hui, on se retrouve dans la panade ! »

« Avec peu de neige hivernale, peu de neige de printemps, des étiages précoces, cette année ressemble à ce que l'on nous décrit si les modèles du réchauffement climatique se confirment… », observe Bernard Leroy du Smeag.

Et si la sécheresse exceptionnelle de 2 011 devenait la généralité pour le siècle qui vient ? Voilà qui mérite qu'on y réfléchisse. Sans réserve !

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Publié le 30/05/2011 08:07 | LaDepeche.fr

Gestion de l'eau : l'Aude en vigilance

Le comité de gestion de l'eau, réuni en fin de semaine dernière, propose de placer le département de l'Aude en situation de vigilance. Les cours d'eau ne présentent pas encore des conditions d'étiage estival ; L'ouest audois et la bordure ariégoise connaissent cependant de forts déficits pluviométriques.

La climatologie du mois de mai nécessite un suivi continu de l'évolution de l'ensemble des cours d'eau du département.. C'est en revanche sur le bassin versant de l'Hers Vif (hors Vixiège) que la situation est préoccupante. Donc, conformément aux dispositions interdépartementales prévues sur ce bassin, un arrêté sécheresse va être appliqué pour interdire les prélèvements pour l'irrigation 1 jour sur quatre.

Le reste du département est placé en situation de vigilance : les usagers et les gestionnaires veilleront à prendre les mesures d'économie les plus strictes pour les usages tels que l'arrosage des jardins, espaces verts, le remplissage des piscines et le lavage des véhicules hors station de lavage.

Par ailleurs l'irrigation devra être pratiquée en règle générale la nuit.

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Publié le 29/05/2011 03:47 | LaDepeche.fr

En Midi-Pyrénées, jusqu'à 50%de pertes

Les plans de sécheresse se multiplient dans les département où des restrictions de prélèvements d'eau se multiplient. premières touchées : les cultures céréalières./Photo DDM.

La sécheresse exceptionnelle frappant depuis plusieurs mois Midi-Pyrénées a déjà causé des dégâts irrémédiables aux céréales d'hiver (blé, orge...), dont la moisson prochaine pourrait révéler des pertes de rendement allant jusqu'à 50% dans certains départements.

Midi-Pyrénées, l'une des principales régions céréalières de France avec 240.000 hectares, est particulièrement affecté dans certaines parties du Lot et du Tarn-et-Garonne, ainsi que dans des zones plus limitées du Gers et de la Haute-Garonne.

Irrigation avancée

«On constate les dégâts jour après jour», se désespère le président des Jeunes agriculteurs du Gers, Stéphane Zanchetta, qui exploite 240 hectares à Montaut-les-Créneaux, près d'Auch.

La moisson du blé se fera avec au moins 15 jours d'avance, ce qui a un impact sur la qualité et la quantité. En effet, il y aura peu d'épis, peu de grains à l'hectare et des grains mal remplis.

La région a été particulièrement malmenée par la météorologie ces derniers mois: elle a subi le plus important déficit de pluviométrie depuis 1949, avec un excédent de températures de 5 à 10 degrés sur mars, avril et mai.

Pour le moment, 2011 est «l'année la plus sèche jamais enregistrée» dans le Gers, ajoute-t-il, avec «une continuité des mois secs depuis le mois de janvier».

D'où les plans sécheresse avec restrictions des prélèvements d'eau qui se multiplient dans la région et qui affectent l'irrigation des céréales.

«On manque d'eau, la situation est plutôt alarmante», reconnaît un responsable de l'Agence de l'eau Adour-Garonne. Depuis novembre 2010, selon lui, le déficit de pluviométrie sur le bassin a été de 25 à 30%, atteignant même en avril 50 à 90%. Et la neige, peu abondante, a fini de fondre, avec un mois d'avance.

En Midi-Pyrénées, souligne l'Agence, «l'irrigation est sur le point de démarrer avec quasiment deux mois d'avance». Or le débit d'un fleuve comme la Garonne était déjà au 18 mai à Toulouse la moitié de la normale à cette époque-là.

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Publié le 29/05/2011 07:07 - Modifié le 29/05/2011 à 07:21 | Anne-Sophie Talayssat

Sécheresse : la situation s'aggrave...

«On constate les dégâts jour après jour », se désespère le président des Jeunes agriculteurs du Gers, Stéphane Zanchetta, qui exploite 240 hectares à Montaut-les-Créneaux, près d'Auch. « Dans le meilleur des cas, on pense qu'on va faire des rendements en baisse de 40 % sur les céréales à paille (blé), de 50 % sur le colza, de 30 % sur l'orge », précise-t-il. La sécheresse exceptionnelle qui frappe depuis plusieurs mois la région Midi-Pyrénées a déjà causé des dégâts irrémédiables aux céréales d'hiver (blé, orge…), dont la moisson prochaine pourrait révéler des pertes de rendement allant jusqu'à 50 % dans certains départements. Face à ce déficit de pluviométrie important, des arrêtés de limitation des usages de l'eau ont été pris dans 6 départements sur les 8 de la région : en Ariège, dans le Gers, en Haute-Garonne, dans le Lot, le Tarn et dans le Tarn-et-Garonne. Dans le Lot-et-Garonne, de nouvelles mesures de restriction et d'interdiction des prélèvements d'eau ont également été prises dans les bassins versants de la Lède,lla Masse de Prayssas, le Tolzac et la Séoune. La situation sur le front de la sécheresse dans le Grand Sud, et globalement dans l'Hexagone, ne semble s'améliorer.

Pas de pluie à l'horizon

Si des orages sont prévus demain avec un coup de fraîcheur annoncé mardi, la pression devrait remonter très rapidement, dès mercredi, avec à nouveau des valeurs d'été attendues pour la fin de la semaine. Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo France, explique : «Il n'y a pas de perturbations pluvieuses en vue. Le peu d'eau qui pourrait tomber localement à partir de demain ne compensera pas le déficit pluviométrique actuel.» Il poursuit : «Les sols sont si secs que lorsqu'il pleut, l'eau ruisselle sans pénétrer la terre.» Pour M. Nathan, la sécheresse qui sévit actuellement est particulièrement alarmante : «Ce printemps 2011 devrait être le printemps météorologique le plus chaud depuis au moins un siècle. L'état des sols à la fin mai est catastrophique et ce, partout en France à l'exception du Languedoc-Roussillon et d'une partie de la Corse et de la Côte d'Azur. Par endroits, la situation est pire qu'en 1976.» Ces derniers mois, Midi-Pyrénées a subi le plus important déficit de pluviométrie depuis 1949, avec un excédent de températures de 5 à 10 degrés sur mars, avril et mai.

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Publié le 28/05/2011 10:25 | Pierre Sauvey

Sécheresse : les huîtres aussi manquent d'eau douce

Pour Benoît Massé, les huîtres ont aussi besoin d'eau douce./ Photo DDM,Pierre Sauvey

« Cela étonne certains, mais les huîtres ont besoin d'eau douce, même si elles sont dans l'eau de mer » constate Benoît Massé, ostréiculteur à Château d'Oléron. « L'eau douce qui arrive par les rivières permet la croissance des micro-algues dont se nourrissent les huîtres. S'il n'y a pas assez d'eau douce, les huîtres ne grandissent pas et il n'y a pas de développement larvaire », explique-t-il.

Pour les ostréiculteurs du bassin de Marennes-Oléron, l'enjeu est particulièrement important cette année. « Nous avons des mortalités de 70% des jeunes huîtres depuis trois ans. Si nous n'avons pas de reproduction cette année, nous sommes morts » prévient Benoît Massé. Or les bassins ostréicoles sont situés en aval des fleuves Charente et Seudre, particulièrement affectés par la sécheresse précoce et les prélèvements d'irrigation agricole.

« Nous avons juste besoin d'un débit normal des rivières. Mais nous arrivons en dernier : tout le monde se sert avant nous. On nous coupe le robinet alors que nous sommes déjà mis à mal par la nature » déplore-t-il. Cette nouvelle difficulté surgit alors que la mortalité des huîtres juvéniles a déjà repris cette année. « Nous l'observons sur le Bassin d'Arcachon depuis la mi-avril. Elle est déjà de l'ordre de 50 à 60 % sur les jeunes huîtres de l'an dernier. Cela arrive largement un mois plus tôt que les années passées. Cela démarre dès que l'eau dépasse 16°C » remarque Jean-Charles Mauviot, directeur de la Section Conchylicole d'Arcachon.

Là ce n'est donc pas directement la sécheresse qui est en cause, mais les fortes températures et l'ensoleillement qui règnent en maîtres depuis le début du printemps.

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Publié le 28/05/2011 03:53 | LaDepeche.fr

Saint-Céré (46) : le débit de la Bave au plus bas

La rivière Bave à la « Ségarie » n'est qu'un mince filet d'eau.

Jeudi, à l'heure de la rédaction de cet article, les orages et les pluies tant attendus ne sont toujours pas venus. Cette période de sécheresse commence à avoir des répercussions sérieuses sur l'agriculture, et risque d'impacter sérieusement la vie aquatique. Dans le nord du département, pourtant protéger par une hygrométrie favorable, la situation est en train de se détériorer, notamment sur le bassin de la Dordogne.

Ce 26 mai, plusieurs des affluents de cette belle rivière sont en forts déficits et l'étiage y est sévère. La Corrèze et la Vézère atteignent le débit de crise, le Céou avec 0,16 m3/s est en débit d'alerte. Il en est de même pour la Tude qui débite actuellement à 0,23 m3/s. Pour ce qui concerne la Maronne, avec 0,14 m3/s, le débit est très faible. Pour ce qui concerne la Bave, le débit d'alerte est fixé à 0,45 m3/s. Celui de crise à 0,18 m3/s. La lecture de ce jour annonce un débit de 0,72 m3/s. Il est en chute régulière depuis le 14 mai, date de la dernière pluie, où il annonçait, 1,21 m3/s.

Les débits actuels sont inférieurs à ceux de l'étiage de septembre 2010. Ils impactent la vie active de tout le bassin et peuvent faire envisager, si l'on n'y prend garde, des conflits d'usages et plus gravement, aboutir à des « assecs » complets des cours d'eau. Vigilance !

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Publié le 28/05/2011 03:50 | LaDepeche.fr

La FDSEA demande l'aide de l'Etat sans impôt

Les éleveurs sont les premiers touchés./Photo J-M. Mazet

La FNSEA, principal syndicat agricole, a demandé hier que l'Etat apporte son aide aux éleveurs, premières victimes de la sécheresse, tout en écartant un nouvel impôt sécheresse, comme celui décidé lors de la canicule de l'été 1976.

«Il est hors de question pour nous de réclamer un impôt sécheresse comme en 1976», a affirmé Xavier Beulin, patron de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) lors d'un point presse.

Selon lui «ce serait contre-productif». M. Beulin craint pour l'image des agriculteurs: cet impôt «a été mal compris. On nous le ressert régulièrement».

Le patron de la FNSEA insiste en revanche sur «l'urgence» pour les éleveurs de disposer de trésorerie pour acheter de quoi nourrir leurs bêtes, faute d'herbe dans les p?turages en raison du manque de précipitations.

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Publié le 27/05/2011 12:15 | S.B.

Sécheresse : l'élan de solidarité

Michel de Lapeyrière au chevet d'éleveurs et de producteurs touchés par ce printemps trop sec pour ne pas avoir de répercussions sur l'agriculture./ Photo DDM.

Spontané, un élan de solidarité se met en place pour venir en aide aux éleveurs touchés par la sécheresse et le manque de foin et de paille pour le bétail.

Combien sont-ils ? 100, 200 ? Après l'appel à la solidarité lancé, entre autres, par la chambre d'agriculture, des particuliers ont joint le geste à la parole en offrant leur foin aux éleveurs en difficulté depuis le début de la sécheresse. En visite hier à Bourgougnagne, près de Lauzun, le président de la chambre d'agriculture confirme cet élan de solidarité.

Bourse au fourrage

« Il ne passe d'ailleurs pas toujours par nos services et pourquoi pas d'ailleurs » lâche Michel De Lapeyrière, qui a pu constater chez un éleveur l'étendue des dégâts causés par le manque de pluie, en dépit des quelques gouttes tombées en début de matinée hier. « On sait que des non-agriculteurs se sont spontanément présentés chez leurs voisins pour leur offrir ce qu'ils avaient comme foin. C'est déjà un premier pas, qui est à saluer. Cela montre que les gens ont été sensibilisés à l'appel que nous avons lancé, et aux informations dont ils ont eu connaissance depuis un mois. »

La chambre d'agriculture a de son côté lancé une bourse au fourrage et à la paille à la fois entre agriculteurs, mais « également vis-à-vis de particuliers qui sont détenteurs de surfaces non-utilisées. » Cette pratique est encadrée, « les administrations sociales et fiscales ont donné leur accord. » À la mi-mai, une vingtaine d'offres a été comptabilisée par le service élevage de la chambre d'agriculture.

Éleveurs en premier ligne

S'il ne sombrait pas dans le catastrophisme la semaine dernière, Michel De Lapeyrière rappelait toutefois que les éleveurs étaient les premières victimes de cette sécheresse de printemps qui fait les anciens se souvenir de 1976. Dans l'Agenais par exemple, la famille Sabadini par exemple se retrouve sans nourriture pour le troupeau, contrainte d'acheter l'alimentation en Espagne, « à des prix qui ont déjà grimpé » constatait Annick, la fille de la famille, qui ne voulait pas vendre ses bêtes pour nourrir les autres.

Cette sécheresse ne touche pas encore les autres filières. En début de semaine, le préfet Bernard Schmeltz a toutefois annoncé qu'il pourrait prendre de nouvelles mesures de restriction du pompage à usage agricole si la situation climatique ne s'améliore pas du côté du ciel.

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Publié le 27/05/2011 08:38 | J.-M.D.

Vigilance pour les centrales nucléaires

« Nous suivons l'état de sécheresse de très, très près », indique l'Autorité de sûreté nucléaire./Photo DDM, Jean-Michel Mazet

Dans une situation très problématique de sécheresse, l'Autorité de sûreté nucléaire pourrait ordonner l'arrêt d'une centrale. Si la sécurité des installations n'est pas menacée actuellement, cette hypothèse a été clairement énoncée hier par Patrice Russac, le directeur régional de l'ASN. L'organisme indépendant a effectivement le pouvoir d'une telle décision « s'il y avait des aléas absolument extrêmes et si les exigences de refroidissement n'étaient plus satisfaites. » Si la centrale du Blayais dispose de grosses quantités d'eau, c'est moins le cas de Golfech sur la Garonne et de Civaux, sur la Vienne.

Hier, Patrick Russac, délégué régional de l'ASN, était à Toulouse pour présenter le bilan annuel de l'ASN. En 2010, l'Autorité de sûreté a mené une soixantaine de contrôles sur les centrales de la grande région Sud-Ouest. « Une organisation robuste et des installations correctement exploitées et entretenues… » : c'est l'appréciation globale qui est donnée au fonctionnement de Golfech (82). L'ASN, que les Français ont appris à mieux connaître depuis le drame de Fukushima, souligne que Golfech s'en sort mieux que la moyenne des établissements nucléaires français. Mais le tableau n'est pas totalement élogieux. L'ASN pointe quelques bémols, notamment sur la vigilance des installations. « Malgré des résultats dans l'ensemble satisfaisants, on a constaté en 2010 une « baisse de rigueur lors de certaines opérations d'exploitation… », précise le rapport. Vingt-deux incidents ont été déclarés, dont trois de niveau 1 sur l'échelle INES comprise entre 0 et 7.

L'autre volet du rapport annuel porte sur l'utilisation des sources radioactives en médecine et dans les labos de recherche, ce qu'on appelle le « nucléaire de proximité ».

En 2007, avaient surgi l'affaire des irradiés d'Épinal, mais aussi celle du CHU de Toulouse-Rangueil. À l'époque, 145 patients soignés en neurologie avaient subi des doses excessives de rayons, un incident dû à un mauvais étalonnage des appareils. Depuis ces événements, les contrôles se sont amplifiés. Mais trop peu d'informations remonteraient encore. « Sur les sept centres de radiothérapie recensés dans la région, seuls deux ont signalé un incident à l'ASN. C'est trop peu. Il y a eu un relâchement en 2010 », regrette Anne-Cécile Rigail. Chef de la division ASN de Bordeaux qui gère aussi l'espace Midi-Pyrénées, elle a été obligée de « rappeler à l'ordre » les centres en question.

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Publié le 27/05/2011 08:22 | Denis Slagmulder

Agriculture : vers un été 2003, en pire

Au vu de la situation actuelle, la FDSEA craint une sécheresse pire qu'en 2003./Photo DDM, archives.

La FDSEA lance une opération « paille » afin de permettre aux éleveurs de faire face à la sécheresse. Pour le président du syndicat agricole, Dominique Fayel, le spectre de 2003 se profile et, si rien ne change, le département court à la catastrophe.

Pour les uns, « c'est comme en 2003 ». Pour les autres, plus anciens, forcément, « c'était pareil en 76 ». Nous sommes en 2011, l'été - selon le calendrier - n'est pas encore arrivé et pourtant, déjà, se profile le spectre d'une sécheresse. Nombreux, en effet, sont les jardiniers amateurs à se plaindre de températures dignes de mois estivaux et du manque de pluie qui font du mal aux potagers.

Mais la situation est pire pour les éleveurs, bovins et ovins, du département, soit 95 % de l'agriculture aveyronnaise. La paille se fait, en effet, déjà cruellement sentir. À tel point que, mardi et mercredi soir, dans chaque canton, la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), les Jeunes agriculteurs (JA) et la fédération des coopératives d'utilisation de matériel agricole (CUMA) ont tenu des réunions d'organisation sur l'opération « paille » mise en place par la FDSEA.

« Il y a trois semaines, nous avons demandé à nos adhérents d'estimer leurs besoins en paille, sachant qu'au vu de la situation des estives - l'herbe n'a pas poussé sur l'Aubrac - il faudra tenir jusqu'à la fin de l'hiver prochain. Les réunions de cette semaine ont permis de passer des commandes fermes », explique Dominique Fayel, président du syndicat agricole majoritaire en précisant : « A ce jour, et ce n'est pas terminé, nous avons commandé 15 000 tonnes (à 20 € la tonne de paille au départ du champ) pour, environ, les deux tiers du département. »

Pour mémoire, cette quantité représente le tiers de la paille extérieure au département livrée en 2003. Dominique Fayel, toutefois, estime que la situation actuelle « n'est pas comparable » avec la précédente grosse sécheresse. D'une part, rappelle-t-il, l'opération de l'époque s'était prolongée jusqu'à la fin de l'hiver. « Là, nous travaillons beaucoup plus tôt », indique le président de la FDSEA.

Ensuite, le même précise qu'en ce printemps 2011, les premières coupes de paille sont « moins bonnes » que voilà huit ans et, que toujours par rapport à 2003, « il y a moins de réserves ». Bref, la situation semble encore plus mauvaise qu'au début de la décennie passée. D'autant, poursuit Dominique Fayel, que les éleveurs, victimes de la crise l'an dernier, connaissent de gros problèmes de trésorerie. « On le sent chez les éleveurs qui, lors des réunions de cette semaine, ont hésité à passer commande », analyse-t-il en prédisant : « Pour se couvrir jusqu'en avril prochain - y compris cet été - les sommes seront colossales ». La paille, pourtant, viendra de moins loin qu'en 2003 (Espagne) puisque la FDSEA 12 a fait appel à ses homologues de l'Aude, de l'Hérault, du Gard et de la Haute-Garonne.

Mais Dominique Fayel veut « garder l'espoir » d'une amélioration climatique avec davantage de précipitations, des pluies plus régulières et des températures moins élevées. Sinon, la profession, déjà en difficulté avant la sécheresse, pourrait avoir du mal à sortir de cette nouvelle crise.

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Publié le 27/05/2011 08:12 | Walter Desplas

Aude : Des restrictions d'eau à prévoir

Les collectivités et les particuliers sont appelés à faire un usage raisonné de l'eau. / Photo DDM archives, Jean-Louis Pradels

Même si les régions méditerranéennes restent moins exposées du fait des pluies de mars et avril, les premières mesures de restriction d'usage de l'eau ont été prises dans l'Hérault.

Malgrè les pluies importantes du mois de mars dernier, avec des cumuls allant de 100 à 150 mm par endroit dans le département de l'Aude, les cours d'eau, à commencer par l'Aude, reviennent vers leur niveau le plus bas. Il y a bien eu quelques orages et fortes pluies lors du week-end Pascal, mais depuis plus rien. Ce qui inquiète, c'est la forte chaleur de ces derniers jours avec des températures estivales, la Tramontane et le Cers qui soufflent et continuent d'assécher les terres. La situation n'est pas pour l'instant alarmante, mais pourrait rapidement le devenir si avant la période estivale il n'y avait pas de nouvelles pluies conséquentes.

Pas de pluie en vue

Les régions méditerranéenes connaissent d'ailleurs chaque année des situations de stress hydrique, avec la mise en application par les services préfectoraux de mesures de restriction d'usage de l'eau. Pour l'instant, les services de Météo France ne prévoient pas l'arrivée prochaine d'un épisode pluvieux, tout au plus une baisse des températures et des orages attendus pour lundi et mardi prochain. La situation nationale en ce qui concerne les ressources en eau est d'ailleurs inquiétante dans plusieurs régions. Dans l'Aude, ce n'est pas encore le cas en raison des fortes pluies de mars et avril. Pourtant, le département voisin de l'Hérault, qui accueille en ce moment à Montpellier le salon Hydrogaïa consacré à la problématique de l'eau, les régions méditerranéennes étant les plus fortement exposées aux changement climatiques et aux problèmes liés à la gestion et à la ressource en eau dans les années à venir, vient de prendre les premières mesures de restriction de l'usage en eau: les bassins versant de la Lergue (Lodévois), de la Vis (Saint-Guilhem le Désert) et de l'Etang d'Or (Grande Motte) sont passés en vigilance sécheresse; celui de l'Orb (Biterrois) est maintenu en vigilance sécheresse. Les collectivités et les particuliers sont appelés à faire un usage raisonné des ressources en eau afin d'éviter toute situation d'alerte, avec la période de forte chaleurs qui se profile. Ce qui est valable pour nos voisins de l'Hérault risque prochainement de s'appliquer dans le département de l'Aude.

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Publié le 25/05/2011 07:50 | Dossier Jean-Marie Decorse

Sécheresse : seuil critique

Les premières victimes de la sécheresse sont les éleveurs, privés de fourrage, et les céréaliers./ Photo DDM, Jacques Decatoire

La dégradation orageuse attendue pour ce jeudi ne fera pas reculer l'état de sécheresse constaté sur la moitié du territoire. Dans 43 départements, des arrêtés d'usage de l'eau ont été pris par les préfets sur certains territoires. Le spectre de 1976 n'est pas loin.

Il n'y a que les vacanciers de mai et les paludiers en avance d'un mois sur les récoltes de sel pour nous rappeler les bienfaits du soleil. Car la sécheresse que connaît l'Europe, et notamment la France, premier producteur de blé du continent, suscite de très vives inquiétudes. Ce n'est pas la dégradation orageuse attendue pour demain jeudi sur notre région qui va remonter le moral des agriculteurs.

Dans le Grand Sud, de Poitou-Charentes à Midi-Pyrénées, la situation s'aggrave de jour en jour, surtout pour les éleveurs qui manquent cruellement de fourrage. Des exploitants désespérés conduisent leurs bêtes à l'abattoir faute de pouvoir les nourrir. Dans les champs, le blé déjà bien vert et dru dissimule mal une terre craquelée comme au cœur de l'été. Et les consommateurs redoutent à leur tour une nouvelle flambée des prix alimentaires, les prévisions de récolte de blé ne cessant de chuter.

Cette année, la sécheresse pourrait atteindre, voire dépasser, les proportions de celles de 1976. « Ce pourrait être le cas dans certains secteurs de Midi-Pyrénées où la pluviométrie accuse un déficit de 50 à 90 %. Il n'est tombé, par exemple, que 8 mm d'eau à Agen en un mois », rappelle Marc Abadie. Le directeur de l'agence de bassin Adour-Garonne évoque une « situation préoccupante », surtout sur la rive gauche de la Garonne. L'état de remplissage des barrages, comme celui de Montbel en Ariège, se révèle déjà problématique. Et à la chaleur, s'ajoutent les vents qui accélèrent encore l'évapotranspiration.

Face à ces phénomènes, la famille agricole s'organise autour d'une nécessaire entraide entre céréaliers et éleveurs. La FNSEA appelait, ces jours-ci encore, à des jumelages solidaires entre départements, à la rédaction de contrats types pour éviter la spéculation, conseillant vivement aussi de ne pas broyer les pailles pour conserver le fourrage pour le cheptel… Un dispositif d'urgence que le ministre entend compléter de son côté.

Ces jours-ci, la firme française d'analyse des marchés Agritel prévoyait cette année une baisse de la production de 11,5 %. Habitué à l'extrême volatilité des prix, le consommateur s'attend dans ces conditions à un nouvel emballement du marché des céréales, dont les cours restent influencés par les fonds spéculatifs. Avec la sécheresse, tout le monde, ou presque, sera perdant.

Dans la perspective d'inévitables nouvelles sécheresses, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a annoncé une réflexion pour favoriser des cultures et une irrigation plus économes en eau, ainsi qu'à des investissements pour la retenir en hiver.

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Publié le 24/05/2011 18:59 - Modifié le 24/05/2011 à 23:11 | © 2011 AFP

Restrictions dans la moitié de la France, la Loire sous surveillance

Le lit asséché sous le pont d'Ancenis, dans l'Ouest, le 19 mai 2011 Frank Perry AFP/Archives

Près d'un département sur deux fait l'objet de mesures restreignant l'usage de l'eau en raison de la sécheresse constatée depuis quelques semaines, et des mesures ont été prises pour garantir le débit de la Loire, qui assure le refroidissement de quatre centrales nucléaires.

Quarante-six départements sont désormais concernés par au moins un arrêté préfectoral limitant l'usage de l'eau, selon le bilan actualisé publié mardi par le ministère de l'Ecologie.

Le précédent point de samedi faisait état de 42 départements, sur les 96 de la métropole.

Dix-huit départements sont concernés par les mesures les plus fortes.

Les restrictions d'eau limitent les usages jugés non prioritaires pour les particuliers (arrosage, lavage de voitures, remplissage des piscines) et peuvent aussi encadrer l'irrigation agricole.

Une très large partie de la moitié nord de la France est concernée, à l'exception de la Bretagne et le nord-est. Dans le sud, des mesures sont prises principalement dans les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.

Cinq départements sont par ailleurs placés en situation de vigilance, précise le ministère sur son site internet ().

"On est en situation de crise et de gestion de crise", avait souligné la semaine dernière la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, après avoir réuni avec un mois d'avance la commission de suivi hydrologique (dit "comité sécheresse") rassemblant les représentants du BRGM (bureau de recherche géologiques et minières), tous les usagers de l'eau, des élus et des experts, afin de faire le point sur la situation.

"On est dans une situation de mois de juillet en ce qui concerne tous les indicateurs: nappes, débit et fonte des neiges", avait-elle ajouté alors que Météo France a annoncé samedi ne pas attendre de précipitations significatives dans la semaine.

Le "comité sécheresse" doit se réunir régulièrement et au plus tard à la mi-juin, en fonction de l'évolution de la situation.

Par ailleurs, des mesures préventives pour garantir les débits de la Loire, qui assure le refroidissement de quatre centrales nucléaires et connaît des niveaux dignes d'un mois de juillet, ont été annoncées mardi par la préfecture de la région Centre.

Ces mesures s'adressent aux gestionnaires des barrages qui jalonnent le fleuve et certains affluents, notamment les barrages de Naussac (Lozère) et de Villerest (Loire). Ces réservoirs ont été construits pour soutenir le débit du fleuve, dont l'étiage -basses eaux- est particulièrement précoce cette année en raison de la sécheresse.

La préfecture de région a décidé d'abaisser les objectifs de débit à Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme) sur l'Allier, et à Gien (Loiret) sur la Loire, afin d'"économiser l'eau" à titre préventif.

L'objectif de débit a ainsi été abaissé de 60 à 50 m3/seconde à Gien.

Un tel débit, explique la préfecture, "permet une exploitation coordonnée et, a fortiori, la sécurité des quatre centrales nucléaires bordant la Loire": Belleville-sur-Loire dans le Cher, Dampierre-en-Burly dans le Loiret, Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher et Chinon en Indre-et-Loire.

"On baisse les objectifs maintenant pour pouvoir tenir dans la durée (...) au cas où la sécheresse s'installerait durablement", a expliqué à l'AFP Emmanuel Didon, responsable du service Loire et Bassin Loire-Bretagne à la DREAL (Direction régionale de l'environnement, de l'Aménagement et du Logement).

Les retenues des barrages de Naussac et Villerest sont actuellement proches de leur remplissage maximal et la sécurité des centrales ou l'alimentation en eau potable ne sont pas menacées à ce stade, souligne la préfecture.

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Publié le 28/02/2011 08:45 | Dominique Delpiroux

Les agriculteurs défendent leur eau

Les agriculteurs défendent l'irrigation, une pratique souvent critiquée par les écologistes /Photo DDM,

C'est la fronde contre l'état du côté des agriculteurs irrigants. Jusqu'alors, ceux-ci puisaient dans les rivières de quoi arroser leurs champs. Et lorsque les rivières s'asséchaient, les préfets prenaient, au coup par coup, des arrêtés pour suspendre les prélèvements. Mais le Grenelle de l'environnement est passé par là et une loi très précise veut que désormais, on se réfère à des volumes globaux prélevés, sous le contrôle d'organismes chargés de veiller au respect de ces quotas.

« On ne peut pas gérer l'eau dans le Pas de Calais comme dans la Gascogne, s'indigne Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre régionale d'agriculture. Pour l'instant, si la pluie réalimente les cours d'eau, nous pouvons reprendre les irrigations. Avec ce système, nous verrons passer l'eau dans la rivière d'un côté et nos cultures crever de l'autre ! »

Les agriculteurs s'insurgent contre ce qu'ils appellent le « dogme » de la désirrigation et répondent aux écologistes qui les accusent de siphonner les trois quarts des ressources en eau. L'irrigation du maïs, très vorace en arrosage est notamment visée. Mais les agriculteurs rappellent que ce grain, c'est la nourriture des canards pour la fabrication du foie gras.

Créer des réserves

« Si on n'irrigue pas, alors, la production agroalimentaire va chuter, avertit Jean-Louis Cazaubon. Nous avons fait faire des études et l'on estime que 5600 emplois pourraient être supprimés sur le bassin Adour-Garonne ! »

Les agriculteurs veulent donc rencontrer les conseils généraux pour leur faire part de leurs inquiétudes. Et surtout, réclamer la création de réserves, rapidement !

« Récupérer en hiver l'eau qui déborde et dont on aura besoin l'été, ça c'est intelligent ! martèle Jean-Louis Cazaubon, surtout dans un contexte de changement climatique qui risque de perturber la manière dont l'eau nous arrivera. »

Aujourd'hui, plus personne n'ose prononcer le nom de Charlas, du nom du barrage avec une retenue géante en projet depuis 30 ans dans le sud de la Haute-Garonne. Mais la création de réserves d'eau plus petites mais plus nombreuses apparaît comme une alternative. Les agriculteurs font aussi remarquer qu'ils ne sont pas les seuls utilisateurs de l'eau, et que les consommateurs et les industriels sont eux aussi concernés par la manière dont sera gérée la ressource dans les années à venir.

En attendant, les agriculteurs veulent un moratoire pour pouvoir s'adapter à ces nouvelles réglementations. Et n'entendent pas être mis au régime sec.

 

Publié le 26/05/2011 08:45 | P.Mz (Tarn & Garonne)

Mai : le mercure monte et la pluie ne tombe pas

Avec un mercure oscillant depuis plusieurs jours aux alentours de 30° (chiffre qui devrait être dépassé ce mercredi avec 32° annoncés), des précipitations inexistantes (en tout cas nettement insuffisantes) et un ensoleillement maximum, le département a presqu'envie de prendre ses quartiers d'été.

Depuis le début du mois de mai, nous n'avons recensé que trois jours de précipitations (16 mm cumulés) alors que la moyenne des trente dernières années se situe à 11 jours de pluie (78,9 mm) en moyenne. Loin du record mensuel pour un mois de mai établi en mai 2007 (avec 164,8 mm). Loin des trombes d'eau du 28 mai 1957 où il était tombé 73 mm.

Sur le thermomètre, ce mois de mai affiche également de drôles de chiffres sachant que pour l'heure le record du mois date du 11 mai dernier avec 29,6° Record qui devrait sans aucun doute être battu dans les prochains jours.

Notons que depuis le début du mois la température moyenne est de 11°. Cette moyenne se situe à 10,1° sur les trente dernières années pour un mois de mai. La valeur quotidienne la plus basse pour ce mois de mai 2011 est de 19,1° (le 14 mai). Qui se souvient que le 1er mai 1960, le mercure était passé sous zéro avec -1°.

 

Publié le 26/05/2011 08:45 | Philippe Siogli

Le fourrage en danger

La peur du manque de fourrage pour l'alimentation du bétail. /Photo DDM,

La sécheresse qui menace contraint le monde agricole à envisager des solutions pour pallier le manque de fourrage… et assurer l'alimentation du bétail.

Le déficit très important en pluies de printemps a amené une baisse du débit des rivières jamais observée à ce jour. Cela affecte évidemment cruellement les cultures nécessitant un arrosage important, et l'arrêté pris le 23 mai restreint déjà le pompage sur le Tescou.

Pour ce qui concerne la production de fourrage, non seulement le déficit en précipitations a eu un effet négatif sur la croissance des prairies naturelles et semées, mais la nature même des sols arables a aggravé le problème : les sols superficiels des causses, dans la partie nord-est du département, du fait de leur grande perméabilité, n'auront que des rendements très faibles, probablement inférieurs de moitié, voire davantage.

Jachères en pâture

Les pouvoirs publics sont particulièrement attentifs aux conséquences prévisibles de cette sécheresse, et ont dès le 13 mai donné l'autorisation de pâturer les jachères, décision nécessitant évidemment l'accord de l'Europe, du fait des subventions allouées. C'est une solution d'attente, mais qui ne pourra pas pallier une situation exceptionnelle.

Les pailles, qui étaient ordinairement broyées et enfouies pour amender les sols, vont être mises à contribution, mais la pousse difficile des céréales, privées d'eau au moment crucial, produira des tiges beaucoup plus courtes, donc une perte de rendement de cet aliment de substitution. Certains éleveurs, comme le relève Pierre Gautier à la DDT, recherchent déjà de la paille en Espagne.

Le Ministère de l'agriculture, devant l'ampleur des pertes probables, et les conséquences sur le cheptel, a annoncé des mesures d'aide sous la forme de paiements anticipés des primes aux vaches allaitantes.

Josian Palach, éleveur à St Antonin, nous parle des conséquences déjà palpables du déficit hydrique : « il va probablement falloir décapitaliser, donc réduire le cheptel. Ce qui risque de faire baisser les cours, donc accentuer davantage encore une situation déjà très critique. Il serait bien sûr théoriquement possible d'affecter la production de maïs en aliment de dépannage, mais les quantités récoltées seront forcément très inférieures aux rendements normaux. Le tableau est donc passablement sombre, risques de spéculation sur les éventuels fourrages disponibles, chute des cours s'il se fait trop de décapitalisation. »

Il évalue la perte de production fourragère à 30 % pour les sols profonds, qui ont mieux retenu l'eau, et au-delà de 50 % pour les sols superficiels.

En attendant la pluie…

De fait, Christian Leray à la Maison de l'Agriculture, confirme le côté exceptionnel de la situation : « Ordinairement, mai est le mois le plus pluvieux de l'année ; pas celui-ci, comme chacun a pu le constater ».

La situation est suffisamment préoccupante pour que mardi dernier le ministre réunisse le Fonds d'indemnisation des calamités agricoles, qui va dresser un état des lieux courant juin. Évidemment, même si l'on sait déjà qu'il n'y aura vraisemblablement pas de repousse, il n'est pas exclu que des précipitations bienvenues permettent de ne pas avoir de trop grandes pertes sur les céréales. Mais l'anticyclone bien installé n'offre, à ce jour, aucune garantie de ce genre.

 

Publié le 20/05/2011 08:40 | LaDepeche.fr

Le Tescou sous la cote d'alerte

Le Tescou hier

La rivière la plus touchée par la sécheresse est passée hier en dessous de la cote d'alerte avec un débit de 94 litres par seconde pour un seuil objectif situé à 100. Les techniciens vont effectuer de nouveaux relevés aujourd'hui et demain. Si le débit reste en dessous de la cote trois jours consécutifs, un arrêté préfectoral de restriction d'eau sera vraisemblablement pris lundi pour le Tescou. Lors d'une réunion qui s'est tenue hier à la Salvetat-Belmontet et dans un souci d'économiser la ressource, les agriculteurs n'ont pas demandé d'avancer le calendrier des lâchers d'eau de la retenue du Thérondel destinés à réalimenter la rivière et prévus normalement à partir du 1er juin.

 

Publié le 23/05/2011 07:43 | Thierry Dupuy

Tescou : le temps des restrictions

Christophe Pendaries s'est activé hier avant les restrictions d'eau prévues ce début de semaine./Photo DDM J.D.

Le premier arrêté de restriction de l'usage de l'eau dans le Tarn-et-Garonne devrait tomber en ce début de semaine pour le Tescou. Cette nouvelle et précoce sécheresse inquiète les agriculteurs.

«Avant, c'était toujours réglé. Entre le festival de Cannes, Roland-Garros et la période des cerises, la pluie était au rendez-vous. Aujourd'hui, c'est terminé ! » Parole d'agriculteur. Même s'il a transmis l'exploitation à son fils, Denis Pendaries guette ainsi le ciel avec impatience à Saint-Nauphary. « On a eu la chance de prendre 18 millimètres le week-end du 14 et 15 mai, autrement, on ne passait pas ! » Christophe, son fils travaille 130 hectares et s'est spécialisé dans les semences de maïs, tournesol, colza…

Des cultures fragiles, pointues, plutôt gourmandes en eau. Ses terres sont irriguées grâce à deux rivières, le Tordre et le Tescou, ainsi que deux lacs collinaires. A partir d'aujourd'hui, l'agriculteur s'attend à devoir se passer de la ressource du Tescou. Depuis jeudi dernier, le cours d'eau a franchi son seuil d'alerte, en affichant un débit inférieur à 100 litres par seconde. Dans un communiqué diffusé vendredi, la préfecture a d'ailleurs jugé bon de tirer la sonnette d'alarme : « Un premier arrêté de restriction devrait être pris sur l' axe du Tescou dès le début de la semaine prochaine (NDLR : ce début de semaine). »

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