Villefranche-d'Albigeois fête ses 750 ans -1-

  «Autrescòps à Vilafranca»  




Publié le 11/10/2019 à 07:46  | La Dépêche du Midi |

Villefranche-d'Albigeois : Le village fête ses 750 ans


La rue principale, écoliers et couverts

750 ans, c'est un bel âge synonyme d'une bien longue histoire pour une multitude de Villefranchois, profondément attachés à ce coin de terre, qui y ont vécu, l'ont construit, l'ont défendu et l'ont particulièrement aimé à travers les siècles. 

La contrée villefranchoise occupe depuis l'Antiquité une position remarquable et intéressante, située le long de l'axe reliant le Languedoc au Rouergue, entre Monts de Lacaune et plaine albigeoise, surplombant le Tarn.

À la limite des possessions des Trencavel et du comte Raymond VI de Toulouse, Philippe de Montfort (le neveu de Simon, le chef des Croisades contre les Albigeois) installera son camp, un castrum rudimentaire en bois sur ce lieu stratégique dominant le secteur, en bordure de son territoire séparé depuis peu de «l'Ambialadés» et rattaché au comté de Castres. 

Bientôt, paysans et hommes d'armes s'installeront autour du château de ce jeune seigneur, bien protégés par de hautes murailles de pierres ceinturées de fossés. Le 12 octobre 1269, il y a 750 ans, Philippe de Montfort, souhaitant remercier, attirer et fidéliser les habitants, signera avec eux une charte leur accordant diverses franchises et privilèges. Elle mentionne même le nom et le titre des résidents de l'époque. 
Le village était né, il tirera son nom de là, c'est Villa Franca qui deviendra Villefranche de Calvin


Publié le 02/09/2019 à 08:32  | La Dépêche du Midi |

Mise en valeur du lieu-dit de la «Bouriote»


Plaque qui rappelle le temps florissant des foires et des comices agricoles / Photo DDM

Dernièrement, le lieu-dit «La Bouriote» a été mis en valeur. Ce hameau se compose de 3 bâtisses du côté du nord de Villefranche-d'Albigeois. Il signifie petite métairie, une «boria» dont le suffixe «ote» différente du «ette» de «la bouriette», apporte un caractère affectueux et chaleureux.

Le bâtiment du fond avec sa forge, le plus ancien, date au moins du XVIe et domine le vallon. À la Révolution, propriété de Pierre Bonnal, cabaretier au village, elle a appartenu successivement aux familles Roumégoux, Clermont, Clermont-Pezous et Fabre.

Ce lieu a vu défiler bon nombre de métayers. Le dernier était René qui, en plus de son métier d'agriculteur, tressait des paniers en osier que beaucoup conservent précieusement chez eux. Les plus anciens se souviennent de ses parents Louisou de la Bouriote et de son épouse Maria qui distribuait après la traite le lait cru, tout chaud, aux amateurs de produit naturel.


Les Gîtes de la Bouriote

Réhabilitation du lieu-dit
Il y a peu, ce lieu a repris vie. Stéphanie et André ont remis l'ensemble des bâtisses au goût du jour en aménageant leur habitation et en créant de magnifiques gîtes : Les Gîtes de la Bouriote.
Lors de ces travaux de rénovation, ils ont trouvé une plaque qui nous rappelle le temps florissant des foires et des comices agricoles sur la commune.

Lors de ces manifestations, les agriculteurs se retrouvaient pour échanger leurs expériences, améliorer les techniques. Un concours réunissait les éleveurs, accordait un prix aux plus belles bêtes de chaque catégorie et honorait leur propriétaire.
La plaque de La Bouriote a été attribuée le 8 septembre 1901 à M. Huc pour le troisième prix de la catégorie génisse. Chaque maison recèle ses petits trésors pleins d'intérêt à partager, qui aident à se remémorer le passé, à retracer nos racines, à déterminer et à construire ce que nous sommes.


Mis à jour le 07/07/2019 à 09:04  | La Dépêche du Midi |  Bruno Bousquet

La communion de Malou, la fille de Jean Jaurès


Madeleine entourée de sa mère, de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère (4 générations). / Photo DDM.

Aujourd'hui 7 juillet 2019, qui se souvient du dimanche 7 juillet 1901 et de la fameuse communion de Madeleine Jaurès, la fille de Louise et Jean Jaurès, que son père appelait affectueusement Malou ?

Ce jour de fête religieuse à Villefranche restera dans les annales de 1901. Cette cérémonie de la communion solennelle de Madeleine va prendre une dimension inimaginable et avoir un retentissement national. Villefranche sera à la une de nombreux journaux. Comment Jean Jaurès, leader socialiste et anticlérical, peut-il faire faire la communion à sa fille ? Cette communion fut commentée, analysée, moquée, caricaturée dans les journaux locaux, régionaux, nationaux et même internationaux en raison de la stature de Jean Jaurès.

Auguste Andrieu, curé de Villefranche, répondra à la demande d'un journaliste qui publiera sa lettre dans le journal «L'Aurore» où il expliquera que Madeleine a montré «beaucoup de piété et d'édification».


Jean Jaurès en famille à Bessoulet vers 1900 / DDM

Les nonnes de Villefranche
Mme Jaurès avait décidé que sa fille devait faire, comme elle, la communion solennelle. Au printemps, Madeleine était malade à Paris. Louise et les enfants, Malou et Louis, arrivent à Bessoulet dès le 15 juin. Aussitôt tout s'organise. Madeleine va tous les jours, avec ses camarades du moment, à Bénêche, au couvent «des bonnes sœurs» comme on l'appelait, avec la carriole conduite par Martin Fournier.

Dans les journaux, on parlera des «nonnes de Villefranche». En réalité, la paroisse n'avait pas de salle paroissiale et utilisait une salle du couvent pour faire la préparation à la communion. Madeleine n'a pas fréquenté l'école privée comme cela fut dit mais a juste suivi des cours pour se présenter à l'examen de la communion.

Sous les ombrages des marronniers de la place de l'Église, le tout Villefranche discute après l'office. C'est jour de marché entre l'église et la route départementale. Ce dimanche-là, les commentaires vont bon train : on a admiré, d'une part, les communiantes endimanchées pour l'occasion et, d'autre part, la présence exceptionnelle, à l'église, de Jean Jaurès, arrivé depuis la veille pour assister à la communion de sa fille.


Domaine de Bessoulet 

Après la messe, la famille Jaurès déjeunera chez l'arrière-grand-mère de la communiante, Virginie Gisclard, au Barry. Au menu «des écrevisses de l'Assou», des volailles de la Chiffoulié, leur métairie, un rocher de choux de chez Lacroux le pâtissier.

Fête de famille
Des photos immortaliseront l'événement, une sur laquelle Madeleine est entourée de sa mère, de sa grand-mère et de son arrière-grand-mère (4 générations). Dans l'intimité de ce moment, tous sont heureux de se retrouver en ce début d'été pour cette fête de famille. Personne ne se doute un seul instant ni du retentissement de cet événement, ni de l'épreuve que subira le couple Jaurès qui devra s'expliquer publiquement sur les circonstances de la communion de leur fille.


Mis à jour le 30/06/2019 à 09:57  | La Dépêche du Midi |  Bruno Bousquet

Domaine de Bénêche : plus de 450 ans d'histoire


Le couvent de Bénêche en carte postale début du XXe siècle. / DDM

Notre rubrique mensuelle «Autrescòps à Vilafranca», s'intéresse aujourd'hui au lieu où est installée la communauté Emmaüs.
La communauté Emmaüs, qui fête ses 70 ans ce week-end a établi un centre de collecte et dépôt-vente à Villefranche- d'Albi sur le site de Bénêche dont voici l'histoire.

Pour beaucoup, l'évocation du nom «Bénèche» est synonyme de communauté d'Emmaüs où l'on peut aller chiner ou faire des dons en nature, au profit des plus démunis Le nom du lieu vient d'une plante, la pariétaire appelée «benecho» en occitan.

On retrouve la première trace du lieu-dit Bénèche, dans la compoix de 1562. à cette époque, le domaine de Bénèche est la propriété de Jean Albert qui deviendra par la suite propriétaire de la seigneurie d'Alban. La famille Rolland, métayers de père en fils, entretiendra le domaine pendant tout le XVIIIe siècle.
À la révolution, le domaine appartient à Jean-Jacques Puel, personnage important de Villefanche. Il y réside et cumule les fonctions de médecin et de juge de paix. Son domaine est l'un des plus imposants du village.



Avec la congrégation St-Joseph d'Ouilas
Jean-Jacques Puel épousera Dame Louise Onillon, veuve en première noce de son cousin Gisclard, boulanger au village. Leur fils, Emile Puel, hérite du domaine. Il n'a pas d'enfant et léguera le tout à son demi-frère Aristide Gisclard, alors curé de Salvagnac, à la condition que sa veuve Émilie Puel y habite jusqu'à sa mort. Aristide Gisclard réaménage les bâtiments, crée un couvent avec la congrégation St Joseph d'Ouilas, fait construire une chapelle dans laquelle il sera inhumé.

Il léguera à Joseph Cayzac, vicaire général et ancien curé de Villefranche, la propriété de Bénèche. Celui-ci en fera, de son vivant, donation à la congrégation des Sœurs de St Joseph.

Cinq clauses devront être respectées : l'instruction et l'éducation des filles, la pharmacie, l'asile (école maternelle) devront être assurés gratuitement. Les pauvres bénéficieront aussi d'un accueil, Emilie Puel y sera hébergée sa vie durant. Dans le cas où les conditions ne seraient pas remplies, le domaine reviendrait à la mairie de Villefranche cosignataire de la donation. Puis au fil des ans, seule subsistera l'éducation des filles et des jeunes enfants.

Les héritiers contestent la donation
Dès 1904, les héritiers contestent l'application de la donation et réclament le domaine. Les religieuses quittent Bénèche en 1978 après avoir suivi de nombreuses générations de jeunes filles.

Depuis 1985, l'ancien bâtiment du couvent accueille la communauté d'Emmaüs. L'épilogue aura lieu en 1992 où la municipalité trouvera un compromis avec la congrégation. La mairie négociera, rachètera des terres pour faire un lotissement, la cantine, le centre des autistes, la zone artisanale et recevra une somme d'argent pour construire la cantine et restaurer l'église.


Mis à jour le 02/06/2019 à 09:54  | La Dépêche du Midi |  Yves Carrel

Le «droit de cuire» dans le four du seigneur


Un four et son toit de construction extérieure. / Photo DDM

Dès la construction de la Bastide, il y a plus de sept siècles, le four a fait l'objet de toutes les convoitises. Dans la charte fondatrice et dans tous les avenants au fil des siècles, il est fait mention du «droit de cuire» dans le four du seigneur de Villefranche, c'était le four banal.

Un trentième du pain cuit revenait au seigneur. On ne plaisantait pas à l'époque, il est même stipulé qu'en cas de fraude sur le poids, si le fraudeur ne pouvait pas payer son dû, il serait contraint de courir tout nu dans la rue principale de Villefranche. Un extrait du texte original dit : «E se donar no los podia, deu corre tot nutz per la major carriera de la sobre dicha vila».

Le four devient communal
Jusqu'à la révolution, seul le seigneur du village possédait le four et était également propriétaire du moulin et du pressoir. Ce four se trouvait au milieu de l'actuelle rue de l'école qui s'appelait alors carriera del four. Il était possible de l'utiliser moyennant redevance (droit de fournage) en contrepartie, le seigneur se devait d'entretenir le four et ses abords. D'autres fours à pain ont été répertoriés en dehors du village, à Cambieu, à Taur, à St-Chameaux (Fabas), à la Sigaudié, à la Valette, à Fonferrières et sur le domaine de Bénêche, fief des Seigneurs Albert.



à cette époque, c'était un luxe d'avoir un four à pain. Après la révolution, avec l'abolition des privilèges, les fours banaux sont devenus communaux et ont continué à être utilisés par les habitants. Pour les faire fonctionner (s'occuper du feu, entretien des lieux, pour couper le bois, pour organiser et gérer les cuissons), les communes rétribuaient un «fournie» terme certainement à l'origine de nombreux noms de famille. Aujourd'hui dans la commune, existent toujours de nombreux fours. Certains peuvent fonctionner.

50 minutes à 230°
à l'intérieur d'anciennes demeures de notables, dans une pièce attenante à la cuisine ou parfois à l'extérieur des habitations, ces petites constructions arrondies en pierres et en terre tassée et une sole de briques réfractaires pour garder la chaleur, sont surmontées d'une grande cheminée et fermées par une porte en fer. Une fois par semaine, ou plus, les familles utilisaient le temps de four qui avait été chauffé pendant deux ou trois heures. Une fois les braises étalées et sorties, la cuisson de 50 minutes environ, se faisait autour de 230 degrés.
(à suivre)


 
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