Publié le 11/08/2017 à 07:59   | La Dépêche du Midi |   Pierre Challier

Le bon sens c'est Claire à Gavarnie

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Claire Acquier veille sur la signalétique des sentiers… et l'éducation aux voies durables, pour l'environnement./ Photo DDM/P.C.

Donner des repères solides aux enfants comme aux parents, fait aussi partie du métier de garde-moniteur. Au propre comme au figuré, pour Claire Acquier, chargée notamment du balisage sur Luz-Gavarnie.

De Gavarnie, «une montagne et une muraille tout à la fois», Victor Hugo a fait le Colisée de la nature servant de socle à Dieu, titre de son poème inachevé. C'est dire la dimension du «bureau» de Claire Acquier, lorsqu'elle y monte travailler depuis Luz, son berceau familial et sa base, en tant que garde-monitrice du Parc national.

Ce matin ? Les murs y sont encore accrochés de quelques lambeaux de nuages. Mais rien pour décourager touristes et randonneurs : les 1 500 m de parois verticales et les 423 m de la Grande Cascade attirent toujours le marcheur comme un aimant, colonne de fourmis multicolore gravissant le caillou, là-bas, au bout des jumelles.

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Gardes et personnels du Parc au Pic du Midi / Photo PNP, Christophe Cuenin

L'appel de la forêt
Pour autant, Claire, 33 ans, n'est pas le genre à se laisser hypnotiser par l'immédiat spectaculaire. Les saisons qui se succèdent en Pays Toy, le temps long et ce «je-ne-sais-quoi», ce «presque rien» qui font indice des grands changements en cours… C'est plutôt ça son quotidien.

Petite, à l'école, elle préférait déjà regarder la forêt que le tableau noir. Bac scientifique en poche et culture pastorale en bandoulière, «mon boulot est un rêve d'enfant : travailler au contact de la nature», résume-t-elle aujourd'hui, attentive au vivant, à ce martinet à ventre blanc qui passe, ce faucon pèlerin qui pique, «à ce qu'annoncent les floraisons», les crocus étant déjà là… comme déjà une touche automnale en ce début août qui vient de voir un voile de neige se rappeler aux sommets.

Marcher. Au cœur des Pyrénées. Et sentir cet «au-delà de l'air» autrefois cher à Jean Giono lorsqu'il écrivait sous la dictée du Grand Pan… Exercice pour le corps et l'esprit qui chemine aussi, les deux (re) prenant conscience qu'ils font partie d'un grand tout, d'une pyramide de dominos plus fragile que les parois devant…


Inventaire d'espèces présentes sur un secteur / Photo PNP

«Au Parc, nous les gardes-moniteurs travaillons tous avec les écoles et ce que j'essaye de transmettre aux enfants, c'est que chaque geste dans la vie quotidienne entraîne une responsabilité. Que malgré les apparences en montagne, l'eau n'est pas inépuisable, par exemple. Que lorsqu'on parle changement climatique et que chacun pense à l'ours polaire parce qu'il l'a vu à la télé, ça se passe ici aussi, la menace sur les espèces ou sur nos glaciers qui disparaissent. Car il faut leur parler d'ici et maintenant pour évoquer ce que chacun peut changer à son échelle en modifiant son mode de vie : trier les déchets, récupérer l'eau de pluie…», explique-t-elle.

Concrètement du global au local ? «Il y avait une coupe de bois à faire à Arribama, en zone cœur de Parc sur le chemin du cirque. Avec les 4e de Luz nous sommes allés étudier le débardage du bois mis en place avec une paire de mulets pour préserver les lieux», poursuit Claire.

Indiquer des sentiers voire des mondes à découvrir, tant à certains gamins de la vallée n'ayant jamais vu Gavarnie qu'aux visiteurs… Certes, c'est l'un des aspects de son métier, puisqu'elle veille aussi sur les panneaux qui informent et orientent les randonneurs et sur les itinéraires balisés du secteur, du Néouvielle à la vallée d'Ossoue.
Mais si vous la croisez, tournevis en main, engagez avec elle la conversation sur les «petits bonheurs», la crête de Diauzède, le col de Ripeyre, le grand tétras… Et au-delà des panneaux, le chemin tendra peut-être un autre miroir sur le sens de vos pas.


Apprentissage de la biodiversité en Vallée d'Ossau / Photo PNP,  Delphine Pelletier

Patrimoine mondial
Sur 23 km de frontière, le secteur de la vallée Luz-Gavarnie compte les trois fameux cirques de Gavarnie, Estaubé et Troumouse, inscrits il y a 20 ans sur la liste du Patrimoine mondial par l'Unesco au sein du site Pyrénées Mont-Perdu. L'ensemble y figure à double titre : pour ses patrimoines naturel et culturel. À Gavarnie, l'église Saint-Jean-Baptiste est également classée au titre des «Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle». Grand site d'Occitanie, le cirque enregistre à lui seul entre 250 et 300 000 visiteurs en été sur les 1,5 million que recense le Parc chaque année.

Le chiffre : 350 kilomètres > sentiers balisés. Le Parc national des Pyrénées est sillonné par 350 km de sentiers balisés parmi lesquels 14 sentiers d'interprétation. Huit maisons du Parc national et trois points d'information estivale accueillent les visiteurs.


Publié le 12/08/2017 à 08:38  | La Dépêche du Midi |   Pierre Challier

Aux origines… les botanistes


Gérard Largier devant les rayons où sont soigneusement conservés les herbiers de Louis Ramond de Carbonnières./ Photo DDM, P.C.

Créé en 1999, le Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées est un partenaire scientifique incontournable du Parc, les botanistes ayant aussi été des précurseurs.

L'avertissement fait toujours son effet. Pour prévenir autrefois des attaques d'insectes ou de champignons, «On saupoudrait les feuilles de sels d'arsenic ou de mercure et certaines collections sont empoisonnées…», prévient Gérard Largier en enfilant une paire de gants pour ouvrir l'antique herbier, sous le regard de Louis Ramond de Carbonnières, mort… il y a 190 ans. Mais dont le portrait veille toujours les collectes séchées, au Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, dans les anciens thermes du merveilleux vallon de Salut, à Bagnères-de-Bigorre.


La ramondia pyrénéica : une fleur endémique, qui porte le nom de Ramond./ Photo DDM, Hélène Dubarry

De Ramond à Gaussen
Le rapport avec le Parc national des Pyrénées, demanderez-vous ? Eh bien… c'est que sans les botanistes montagnards, sans l'aïeul Ramond, père du pyrénéisme et incarnation de l'esprit encyclopédique des Lumières, sans ces infatigables marcheurs des XVIIIe et XIXe siècles qui arpentaient pentes et sommets pour herboriser et observer la nature afin de bien nommer le monde pour mieux le comprendre… sans doute les Pyrénées n'auraient-elles pas été aussi bien «inventées» (1) ni inventoriées quant aux espèces… Et qu'il aurait manqué aussi au Parc national d'aucuns de ses plus grands noms, tels «Henri Gaussen, père de la carte de la végétation de la France, ou Georges Dupias», rappelle en substance Gérard Largier, responsable aujourd'hui du Conservatoire et des 32 personnes qui y travaillent.

Avec pour mission de connaître et conserver la flore sauvage et bien sûr, de protéger les espèces menacées, sans oublier son volet «expertise et appui technique auprès des pouvoirs publics et information et sensibilisation du grand public», précise le chercheur.

Car les rayonnages d'archives des grands anciens tels Ramond, Bosc ou Massey et les 100 000 échantillons de plantes soigneusement entreposées ne doivent surtout pas résumer l'établissement à un musée parfumé aux noms rares, entre asphodelus sphaerocarpus, l'asphodèle des Pyrénées et xatardia scabra, la xatardie rude… C'est aussi l'état de notre monde ici et maintenant que raconte le végétal aux botanistes.


Station de Dryade octopetale / Photo PNP, Patrick Nuques

En 1967, premier président du comité scientifique du Parc à la conscience écologique bien avant l'heure, le botaniste et biogéographe Henri Gaussen, qui s'était déjà battu pour sauver des grands barrages les cascades de Cauterets, avait impulsé un état des lieux naturaliste. L'inventaire de Dupias avait alors recensé environ 1 800 espèces de plantes, mousses, lichens, champignons et il était urgent d'agir. Cueillie sans restriction pour vendre aux pèlerins de Lourdes, l'edelweiss devait être protégé, l'aster des Pyrénées était menacé et la diacocéphale d'Autriche avait déjà disparu dans les Pyrénées-Orientales.

Aujourd'hui ? «La mode des produits naturels a relancé la cueillette avec des risques de pillage pour la gentiane jaune ou l'arnica des montagnes», constate Gérard Largier qui avec les scientifiques suit l'évolution des menaces. Déprise agricole favorisant certaines espèces au détriment d'autres, fermeture des milieux néfaste au grand tétras ou à la perdrix des Pyrénées, développement des plantes exotiques envahissantes tel le buddleia de David «lié à l'altération des milieux par l'homme»… Les enjeux restent plus importants que jamais côté pression humaine sur la biodiversité. «En France, un département est bétonné tous les six ans», rappelle le botaniste…
(1) José Cubéro, L'Invention des Pyrénées, éditions Privat


Lis des Pyrénées / Photo PNP, Jérôme Démoulin

Particularité des Pyrénées
«Les Pyrénées ont pour particularité d'accueillir la flore de la montagne calcaire la plus haute d'Europe et donc plus de diversité que sur le granit, acide», souligne Gérard Largier. D'où des espèces endémiques et emblématiques : l'aster des Pyrénées ou la dioscorée des Pyrénées et l'androsace des Pyrénées qui ne se trouvent qu'à Gavarnie et sont donc vulnérables. Quant à la célèbre ramondie des Pyrénées, ramonda myconi (photo) ? Elle ne doit pas son nom à Ramond de Carbonnières mais elle lui a été dédiée, hommage d'un botaniste à son œuvre.

Le chiffre : 2500  espèces > végétales. Le Parc national des Pyrénées, ce sont 2 500 espèces végétales et 80 espèces de plantes endémiques (qu'on ne trouve que localement), richesse indispensable à la biodiversité et au plus de 1 000 espèces animales identifiées dont 240 vertébrés.



Publié le 13/08/2017 à 10:29  
| La Dépêche du Midi |  Pierre Challier

Réchauffement : Eric mesure le spectaculaire recul des glaciers


Eric Boyer, marquant les limites du Parc national des Pyrénées, sur une crête ./ Photo PNP.

Depuis 2013, le Parc national des Pyrénées travaille aussi sur le changement climatique. Glaciers, combes à neige, oiseaux d'altitude : Eric Boyer observe faits et indices...

Il est venu au métier pour «l'image de la nature, du grand air», sourit-il. Il avait étudié la physique et la chimie à Jussieu, passé un BTS production forestière, tâté des laboratoires en y vendant du matériel… «Lorsque je suis devenu garde moniteur, oui, c'était un peu L'Appel de la Forêt… », résume Eric Boyer, 47 ans. «Mais la réalité a d'abord été physique, c'est un métier éprouvant dans un milieu âpre», rappelle-t-il. «Un métier dans lequel il y a une charge mentale très forte, aussi : personne ne mesure à quel point les gardes se sentent investis de leur mission, à quel point ils font un avec «leur» Parc dont ils se savent les représentants aux yeux des gens», ajoute-t-il.

Durant 17 ans, il a ainsi été l'un d'eux en Val d'Azun et à Luz, vivant «quelques moments de grâce» comme «pouvoir toucher l'ours Papillon, endormi lors d'un piégeage» ou «des réveils dans la neige comme un matin du monde, lors de comptage de lagopèdes». Tout un univers montagnard dont il a alors pu mesurer la fragilité et qu'il suit d'encore plus près, désormais, en tant que technicien chargé du changement climatique, au Parc.

Carte au mur semée de post-it et de repères sur les relais radio dont il a aussi la charge, il pointe… «La première fois que j'ai pris conscience du réchauffement ? C'était là et ça a été très rapide : en 2005, lorsque je suis monté au Vignemale, j'ai halluciné en constatant le retrait glacière qu'il y avait eu sur le glacier d'Ossoue. J'avais aidé le glaciologue à noter les fronts glacières successifs avec de la peinture et des photos du XIXe siècle… Et là, je posais le pied sur des roches où aucun homme n'avait marché depuis la dernière glaciation. Un choc…», se souvient Eric Boyer qui résume :


La fonte du glacier d'Ossoue révèle une porte de Russell / Photo DDM Asso. Moraine

«En 50 ans, c'est-à-dire depuis 1967, date de la création du Parc, 80 % du principal glacier des Pyrénées françaises ont disparu». Ailleurs ? Il poursuit… «J'ai fait une photo sur la Brèche de Roland dans une grotte glacière qui s'est ouverte en 2005. Il y restait alors cinq mètres de glace. L'année suivante, plus rien…» Voilà pour le factuel. Mais pour le reste ? «Aujourd'hui, le Parc a un rôle sentinelle et d'observateur du changement climatique, grâce au suivi des oiseaux d'altitude qu'il effectue par des relevés de chants et par le suivi de la flore spécifique des combes à neige, milieux froids par définition.»

Batraciens malades, feuillus grignotant l'espace des conifères… Il faut quinze ans pour dresser un diagnostic scientifique fiable aux yeux des spécialistes du climat… Mais sans attendre le Parc travaille donc aussi à mettre en place les changements de comportement. Labellisé «écomobilité», il donne ainsi l'exemple le premier, côté rupture avec les énergies fossiles. Vélos et voitures électriques proposées aux habitants, familles «à énergie positive» encouragées dans son espace… «Les animaux s'adaptent, c'est la naturalité, à l'homme de retrouver celle qu'il a oubliée», conclut Eric.


Les participants de la première étape de la Traversée du Parc / Photo PNP, Marie Hervieu

Une grande traversée pour célébrer le cinquantenaire
Dans le cadre du 50e anniversaire du Parc national des Pyrénées, les gardes moniteurs réaliseront à pied une très symbolique Traversée du territoire, du samedi 19 au vendredi 25 août 2017. Cette grande randonnée permettra ainsi aux marcheurs de rallier la vallée d'Aspe (Béarn) à la vallée d'Aure (Bigorre).

La Traversée sera l'occasion chaque soir, en refuge (refuge d'Ayous, refuge de Pombie, refuge du Larribet, refuge du Clôt et refuge des Espuguettes), d'animations gratuites, proposées par le Parc national et ses partenaires, rendez-vous qui seront autant d'invitations au partage et à la communion avec la nature et les amoureux des grands espaces. Pour le grand public, le départ officiel sera donné le samedi 19 août à 11 h 30, sur la piste forestière au-dessus d'Urdos dans les Pyrénées Atlantiques. 

«En 50 ans, 80% du principal glacier des Pyrénées ont disparu...»
« Le réchauffement augmente tous les effets de la météo, le vent, la pluie, les tempêtes. Les assureurs sont d'ailleurs les premiers à demander des informations au GIEC...»  Eric Boyer

Le chiffre : 64 communes > Charte. 64 communes adhérent à la charte du territoire du Parc national des Pyrénées dont l'objectif est de protéger et valoriser les patrimoines naturel, culturel et paysager et de soutenir l'économie locale, dans une perspective de développement durable.


Publié le 24/08/2017 à 18:50  | La Dépêche du Midi |   Andy Barréjot

À travers les Pyrénées, les agents du Parc font cheminer leurs idées


Le groupe s'offre une halte au barrage d'Ossoue, en redescendant des flancs du Vignemale. / Photo DDM, A.B.

Les agents du Parc national des Pyrénées se relaient de la vallée d'Aspe à celle d'Aure sur une semaine, à l'occasion des 50 ans de cette structure officielle. L’occasion d’aller à la rencontre des acteurs, de faire cheminer la nécessaire préservation de cet espace, mais aussi de jouer les ambassadeurs pour la grande fête prévue samedi à Saint-Lary.

"Ce n'est que ce qu'on fait tous les jours sur le terrain, explique humblement Didier Moreilhon, garde-moniteur en vallée d'Aure et instigateur de ce projet. Mais là, on fédère nos équipes autour de ce territoire qui nous fait vivre. Une richesse, une vitrine fragile qu'on doit préserver pour ceux qui nous suivront."



Publié le 28/08/2017 à 08:15  | La Dépêche du Midi |   Cyrille Marqué

Feu d'artifice pour les 50 ans


La préfète, le président Laurent Grandsimon et la sous-préfète d'Oloron ont visité le village de Saint-Lary./ Photo DDM, Laurent Dard.

Un grand village d'animations a été dressé sur le parking de la télécabine de Saint-Lary, à l'occasion des cinquante ans du Parc national des Pyrénées. Une journée de rencontre et d'échanges qui restera dans les mémoires.

Participer à une simulation de lancer de pêche à la mouche ou encore réaliser des moulages de desman, un animal emblématique : voilà un échantillon des nombreuses animations proposées dans le cadre des 50 ans du Parc national des Pyrénées samedi. Sous la forme d'un village dans lequel les visiteurs pouvaient se promener au gré de leurs envies, les 60 partenaires de l'espace naturel devenue institution étaient regroupés par thème : rue de l'agriculture et du pastoralisme, rue du développement durable, rue de l'eau et de la forêt, etc. 

Comme l'ont rappelé son président Laurent Grandsimon et la préfète Béatrice Lagarde, le Parc national des Pyrénées offre «un havre de paix pour la faune et la flore» encore plus sacré à l'aune «des enjeux environnementaux et climatiques» de notre planète. La réintroduction du bouquetin avec un prochain lâcher dans la vallée de Luz courant septembre, en est un parfait exemple. Mais la menace de disparition pèse tout autant sur les animaux domestiques que sur la faune sauvage, comme le soulignent les bergers qui ont sauvé de l'extinction les brebis de la race lourdaise dont un millier à peine subsiste aujourd'hui et celles de la race Aure et Campan dont les effectifs sont passés de 25.000 à 6.000 en quarante ans. 


Trois jeunes des quartiers rénovent le patrimoine historique montagnard : Toues de Cétira et du Liantran / Photo DDM, A.B.

Il ne faut pas oublier, a insisté le président du Département Michel Pélieu, que «le Parc est aussi un territoire d'hommes et de femmes qui y vivent, y travaillent, y créent, y fabriquent, un espace naturel en mouvement et non pas sous cloche, tout sauf un sanctuaire hors-sol». Comme l'a rappelé le maire de Saint-Lary Jean-Henri Mir, le Parc est né de «la volonté des populations de développer leur vallée tout en préservant leur patrimoine, sans opposer les deux». 

Le président de la Chambre d'agriculture Jean-Louis Cazaubon ne dit pas autre chose en rendant hommage aux bâtisseurs du Parc il y a 50 ans : les montagnards, fils de bergers et d'agriculteurs qui ont préféré prendre leur destin en main plutôt que de se faire dicter la loi par «des technocrates parisiens», reprenant les mots de Marcel Pagnol. Le débat sur la réintroduction de l'ours montre combien est tumultueuse l'histoire du Parc national au cœur d'enjeux parfois antagonistes. 


Garde sur le terrain : comptage des rapaces / Photo PNP, Delphine Pelletier

La préfète qui a confirmé qu'elle n'était pas parisienne, ne s'y est pas trompée : «Partager la montagne entre tous est un grand défi». «Le chemin parcouru a été long, souvent joyeux, parfois difficile» a résumé Laurent Grandsimon. «Mais les moments merveilleux l'ont emporté sur les moments difficiles. Le Parc est un espace de nature, de liberté, d'éducation et de découverte» estime la préfète Béatrice Lagarde. Un patrimoine de l'humanité que les nouvelles générations sauront à n'en pas douter fructifier. «Car les 50 ans du Parc national ne sont qu'un début» a esquissé son président. Et il reste tant de choses à faire comme le classement de la réserve du Néouvielle en Grand Site Occitanie.

Des artisans, une marque
La marque «Esprit Parc national des Pyrénées» se manifeste à travers un artisanat local de qualité : la fabrique de couvertures et lainages des Pyrénées La Carde, le relooking de meubles aux couleurs d'inspiration pyrénéenne par Pyrénées Tendances, la scierie Rouger de Bazus Aure qui avait fabriqué pour l'occasion un chalet en sapin du pays, sa spécialité.


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(Photo : à la découverte des lacs du Néouvielle / DDM)


 
 
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