Les Pyrénéennes, salon agricole du Sud

Publié le 19/09/2021 à 05:18  | La Dépêche du Midi |  Hervé Boucleinville

À Saint-Gaudens, les Pyrénéennes entrent dans une nouvelle dimension



Magali Gasto-Oustric (Cœur et coteaux du Comminges) et Carole Delga (présidente de la Région) lors de la visite inaugurale du Salon.Magali Gasto-Oustric (Cœur et coteaux du Comminges) et Carole Delga (présidente de la Région) lors de la visite inaugurale du Salon. / Photo DDM, Jal

Tout le monde l’a remarqué : les Pyrénéennes – ce grand rendez-vous agricole en cours à Saint-Gaudens – sont entrées dans une "nouvelle dimension". Le résultat d’une année de préparation, et les prémices de nouvelles ambitions.
Plus de superficie (25 hectares), plus d’animaux (2 500), plus d’écoliers (près de 7 000), plus d’exposants, plus d’éleveurs, plus de partenaires, plus de visiteurs, des concours nationaux… C’est vrai que le rendez-vous a grandi.


Les animaux s’installent : "Quand on arrive en ville" / DDM, JAL

Jérôme Adoue a été le premier à souligner la "nouvelle envergure – dans un contexte difficile" de ces Pyrénéennes. Mais comme il est président du pôle d’organisation de l’événement, son commentaire peut apparaître biaisé.
Jean-Pierre Gajan en revanche est un acteur important de la filière bovine (directeur de la race Gasconne des Pyrénées) et il confirme une indéniable "montée en puissance de cet événement" : "Aujourd’hui les Pyrénéennes sont l’équivalent de ce qui se fait à Cournon (63)". Ce qui place Saint-Gaudens dans les trois ou quatre leaders du secteur en France.

Et ce n’est pas fini promet Magali Gasto-Oustric. La présidente de Cœur et Coteaux du Comminges (la communauté de communes qui porte l’événement) a maintenant l’ambition de devenir le 2e rendez-vous agricole en France – derrière l’incontournable salon parisien.


Les Pyrénéennes, pour le plaisir des petits et des grands, des hommes et des bêtes. / DDM, JAL

"Dynamique en place"
Tout le monde y croit. Le président du département, Georges Méric, voit dans ces Pyrénéennes la "détermination du monde agricole et celle du Comminges" ; le préfet de Région, Etienne Guyot, "constate cette nouvelle ampleur" et apprécie qu’elle soit bâtie sur une "logique de qualité" et dans "une démarche de proximité" ; la présidente de Région, Carole Delga, – qui a porté le concours de la Région à 200 000 € – fait "confiance à nos agriculteurs" et croit en "un avenir radieux" pour cette manifestation hors normes.

Le Comminges y croit, ses partenaires aussi, "Il existe ici une dynamique, on avance ensemble, toujours dans un esprit d’ouverture et de partage . Ces Pyrénéennes en sont un symbole", poursuit Carole Delga.


Bienvenue à la plus grande ferme du Sud. / DDM, Jal

Dans cet esprit, les Pyrénéennes sortent de leur statut de "vitrine" et deviennent "un moteur et un tremplin pour le développement économique du territoire" appuie Magali Gasto-Oustric. Car l’événement ne met pas en valeur que l’agriculture, il assure plus généralement la promotion de l’ensemble du territoire, de ce Comminges ancré à la chaîne des Pyrénées, qui veut exister, conscient de ses faiblesses et sûr de ses atouts.

Trop souvent encore "la ruralité est perçue comme un lieu de vacances" commente Magali Gasto-Oustric, "mais nous avons d’autres atouts, venez découvrir notre qualité de vie, nos produits, nos filières, notre gastronomie, nos valeurs" !
Le territoire rural de Haute-Garonne tend la main aux urbains. Pour peu qu’ils respectent les us et coutumes locales (les cloches qui sonnent, les grenouilles qui coassent…), ils sont les bienvenus. En attendant, ils peuvent consommer le Comminges dans leur assiette.


La race s’offre un 2e label et… Nadau comme confrère


Nadau / FB, Pyrénéennes

La Gasconne des Pyrénées, c’est l’Occitanie. "80 % de nos producteurs sont de la Région" indique Christian Asna, président de la Gasconne des Pyrénées. Cette fin de semaine n’a pas manqué de rythme pour la race, avec un Top 100 (concours national) de haut niveau, un 2e label et l’intronisation de Nadau dans la confrérie du Gascon !

Côté label, la Gasconne des Pyrénées était déjà servie, avec un label rouge pour ses vaches depuis 1997. Elle a profité des Pyrénéennes pour lancer son 2e label rouge "le vrai bœuf".


Des vacances à la ferme et sous le soleil... "mais ici, on bosse!" / DDM, JAL

"Aujourd’hui, sous l’appellation bœuf, on trouve essentiellement de la vache (la Gasconne des Pyrénées par exemple)" explique Jean-Pierre Gajan (directeur de la race). "Et seulement 3 % de "vrai bœuf’’, c’est-à-dire un mâle castré. Les deux produits sont excellents, mais différents. Notre démarche vise à répondre au souci de transparence souhaité par les consommateurs".

Et cerise sur le gâteau, la confrérie du Gascon a désormais Nadau en son sein. L’artiste commingeois, le Gascon, a cédé de bon cœur à son parrain, Philippe Lacube, et aux valeurs de la Gasconne des Pyrénées.


Publié le 16/09/2021 à 19:24  | La Dépêche du Midi |  Jean-François Lardy-Gaillot

Pyrénéennes à Saint-Gaudens : pendant quatre jours, c'est la plus grande ferme de France


Sept mille écoliers de toute la région vont approcher plus de 2500 animaux./ Photo DDM, Jal.

Depuis ce jeudi matin [16.09], et jusqu’à dimanche [19.09], le parc des expositions de Saint-Gaudens accueille les Pyrénéennes, le plus grand Salon de l’agriculture de France. Plus de 100 000 visiteurs sont attendus.

Tous les trois ans, Saint-Gaudens accueille les Pyrénéennes, un événement moins médiatique et moins politique que le Salon de l’agriculture de Paris, mais trois fois plus vaste, sur 25 hectares. Jérôme Adoue, président du pôle d’organisation de l’événement, en explique le concept.


Engagé sur les fronts, le lycée agricole et le CFAA tiennent aussi leur stand et vendent leurs yaourts. / DDM

C’est quoi, les Pyrénéennes ?
C’est la plus grosse ferme de France, le plus gros salon depuis deux ans. On y travaille depuis 18 mois. C’est une vitrine de l’élevage et de l’agriculture des territoires des Pyrénées et des coteaux, avec notamment 600 éleveurs de Haute-Garonne, du Gers, des Hautes-Pyrénées, de l’Ariège, et du Sud de la France.

Ils y présentent toutes les espèces : 2500 animaux, bovins, ovins, caprins, chevaux, ânes, lapins, volailles, pigeons… On a aussi des délégations espagnoles et andorranes. Nous avons plusieurs pôles, sur l’avenir de l’agriculture, l’innovation, les circuits courts et de proximité.


Manon, Yoan et Léo en première année de BTM à Gourdan. / DDM

Quel est votre objectif ?
Au-delà des concours des plus beaux animaux de races prestigieuses, des rendez-vous professionnels, notre fil conducteur c’est aller « de la fourche à la fourchette », montrer aux consommateurs tout ce que l’on fait, du produit à l’assiette, et que les gens ne savent pas. Nous visons l’autonomie alimentaire du pays.


Et pourtant, selon certains producteurs, 80 % de la viande consommée à Toulouse serait d’origine étrangère…
La communauté de communes Cœur et coteaux du Comminges veut réunir et développer les abattoirs de Saint-Gaudens et Boulogne-sur-Gesse, pour mieux transformer et valoriser les produits locaux du Comminges, mais aussi des départements voisins. 
De nombreuses études internationales montrent que les produits alimentaires français sont les plus sains, les plus sécurisés. Nous devons montrer que nous sommes les meilleurs, qu’on n’a pas besoin de bovins, porcs ou volailles étrangers dont on ne connaît pas la qualité, les normes de production, que l’on peut acheter français...


Au bar à lait, l’animation ne manque pas de dynamisme. / DDM

Que représente l’agriculture en Comminges ? Quels sont les produits phares ?
80 % des éleveurs de Haute-Garonne sont ici. Notre fleuron, c’est le célèbre veau sous la mère, avec les vaches grasses, des Blondes d’Aquitaine, des Gasconnes des Pyrénées…. Nous aurons des  concours nationaux, avec  30 veaux et 170vaches, parmi tant d’autres.

Que répondez-vous aux agri-sceptiques ?
Nous aimons nos territoires, nous y vivons, nous les aménageons, nous nous adaptons à toutes les normes. Faites-nous confiance ! On regrette qu’une minorité de gens veuille imposer leur régime à ceux qui veulent consommer des produits locaux et de qualité.

On entend parfois le mécontentement de certains agriculteurs…
Nous avons l’habitude des nouvelles réglementations, on les respecte, on s’y adapte sans cesse. L’état est à notre écoute, on travaille ensemble même si on a besoin d’aide administrative. La France est assez grande pour que tous les agriculteurs vivent de leur production.


Les enfants découvrent différents types de culture./ photo DDM, Jal

De nombreux jeunes participent au Salon…
Sept mille écoliers de nos territoires, y compris de Toulouse, sont accueillis pendant deux jours et vont pouvoir côtoyer les animaux. Des centaines d’élèves de quinze lycées agricoles ou hôteliers d’Occitanie participent à l’organisation, au nourrissage, à la présentation des bêtes, au nettoyage, enlèvent le fumier, cuisinent ou servent dans les pôles restauration.
C’est un stage grandeur nature, en totale immersion. Ce week-end, avec leurs familles, les enfants vont pouvoir approcher, caresser des centaines d’animaux en plein air, sur un espace de 6 hectares.

Le Salon a aussi un accent touristique…
Le tourisme, les circuits courts permettent à certains d’entre nous de diversifier leurs activités. Sans agriculteurs, il n’y a pas d’aménagement d’espaces, pas d’entretien des beaux paysages des coteaux et de montagne. Sans transhumance, sans estives, sur les pelouses, on ne peut pas skier l’hiver.



 
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