Midi-Pyrénées :

La région en 2030

Publié le 26/01/2011 07:56 - Modifié le 26/01/2011 à 10:17 | Jean-Marie Decorse

Transports en 2030 : une révolution en marche


Le réseau de transport régional a rapproché les viles moyennes de la métropole. Mais il reste encore beaucoup à faire./ Photo DDM, Xavier de Fenoyl

« Midi-Pyrénées, quels futurs pour 2030 ? » A cet exercice prospectif se livrent lundi 31 janvier, à l'hôtel de Région, le Conseil économique et social, la Région Midi-Pyrénées et les services préfectoraux. Nous saisissons l'opportunité de ce colloque pour consacrer une série aux différents thèmes abordés ce jour-là : les infrastructures de transport, l'agriculture, l'industrie, la culture, le rayonnement international…

Alors que le transport aérien ne cesse de se développer, confirmant l'ancrage de l'aéroport de Toulouse, Midi-Pyrénées attend son TGV pour 2018 et ose croire enfin à des vraies liaisons transpyrénéennes, routières et ferroviaires.

Date référence : En 2011, la réalité régionale est assez proche de l'image décrite dans le Scénario « tendanciel » écrit en 1990 : une aire métropole attractive et dynamique, mais qui peine à réaliser les aménagements nécessaires.

TER /Photo DDM archives

Une journée de colloque pour un aussi grand exercice prospectif… Certains y verront une gageure, l'éphémère confrontation entre responsables élus, représentants des grands corps d'État et observateurs extérieurs. Les débats qui s'ouvriront lundi auront pourtant l'avantage de fixer de vraies pistes de réflexion sur ce que sera en 2030 notre territoire régional.

Les infrastructures de transport à cette échéance seront un des thèmes de prédilection abordés à cette occasion, la Région ayant longtemps cumulé des handicaps très visibles en la matière. Certes, on a beaucoup investi et construit depuis vingt ans, des autoroutes aux deux lignes de métro, en passant par le tramway.

Jusqu'au Plan rail qui a volé au secours d'un réseau condamné. Mais il reste des « faiblesses persistantes » qui sont le non-raccordement avec le réseau français et européen à grande vitesse victime de retards successifs après que les collectivités et l'État eurent bataillé sur leur responsabilité financière respective.

Le projet d'autoroute entre Castres et Toulouse devrait enfin voir le bout du tunnel. /Photo DDM archives

Par ailleurs, Midi-Pyrénées voit toujours s'élever des obstacles à la circulation transpyrénéenne, la TCP jouant l'Arlésienne depuis 20 ans.

Autre constat, le service SNCF offert sur les liaisons nationales est jugé de « médiocre qualité », tout comme sont souvent évoqués les retards dans la connexion routière de Toulouse avec Auch, Castres-Mazamet, ainsi que la mise en œuvre de l'autoroute Albi/Rodez/Lyon.

Mais restons résolument optimistes : en 2020, Toulouse sera à 3 heures de Paris grâce au TGV. La Traversée centrale des Pyrénées inscrite au Schéma européen des grandes infrastructures verra ses travaux démarrer en 2025. Et Castres sera enfin relié à Toulouse par autoroute.

Et il est déjà une autre réalité bien palpable en matière de réseau, virtuel cette fois, c'est le développement du très haut débit qui permet de rapprocher les populations et les décisions. Même si, là encore, il est encore des zones d'ombre.

Le grand projet de TGV Sud-ouest est soumis à l'arbitrage de l'état ./Photo DDM, Jean-Michel Mazet

Laborie : « Le TGV va tout bouleverser… »

Jean-Paul Laborie, membre du Conseil économique, social et environnemental régional et professeur de géographie au Centre interdisciplinaire d'études urbaines, université de Toulouse-Le Mirail.

On fustige souvent les retards du Grand Sud en matière d'infrastructures. Pourtant, quand on fait le bilan de ces 20 années écoulées, entre le lancement des projets à grande vitesse, le Plan rail, le métro, le tramway… ?

Les acquis obtenus en 20 ans sont conformes aux prévisions de cette époque. On a construit toutes les autoroutes à l'exception de Toulouse-Castres aujourd'hui programmée ; on a bâti aussi l'étoile autoroutière de Toulouse. Il manque l'aménagement de la RN 88 qui devait préfigurer la diagonale Toulouse-Lyon. Seule Toulouse-Rodez devrait être terminé ces prochaines années grâce au Plan de relance. De l'autre côté de la Région, il reste à achever la 2x2 voies Toulouse-Auch pour laquelle le Gers a beaucoup investi aussi. Sans oublier l'axe européen transfrontalier E 9 toujours dans les cartons. En 20 ans, les travaux se sont donc succédé.

À l'exception toutefois du projet de grand contournement de Toulouse ?

En 1990, on émettait déjà l'hypothèse d'un grand contournement. Il n'est plus à l'ordre du jour, les collectivités ayant fait le choix de développer le transport public. Les progrès de ces deux dernières décennies ont favorisé l'accès à la métropole. Mais les crédits mis sur le transport public ont été relativement faibles et le chantier du métro a coûté cher à la collectivité. Certes, depuis, il y a le tramway, mais la difficulté est de savoir comment ou pourra limiter l'engorgement intra-muros. Même si des efforts ont été faits, nous ne sommes qu'au milieu du gué et le problème de l'accessibilité dans Toulouse demeure.

Le métro toulousain / Photo DDM Thierry Bordas

L'arrivée du TGV Bordeaux-Toulouse va-t-elle modifier la donne ?

Tout le monde mise sur l'arrivée du TGV, mais personne ne réfléchit à ses conséquences. Agen ne sera plus qu'à une demi-heure de Toulouse, Bordeaux à une heure. Cela va modifier l'organisation territoriale. Alors que l'axe de développement était plutôt Nord-Sud, le long de l'A 20 et de l'A 62, le Val de Garonne deviendra le grand axe structurant de la région.

Y aura-t-il, de fait, un rapprochement entre Bordeaux -Toulouse, les sœurs ennemies ?

Ce rapprochement risque de se faire dans la douleur. Bordeaux sera à 2 heures de Paris dans moins de dix ans, et en tirera avantage. Un certain nombre de services peut très bien être délocalisé en Gironde. Cette prise en compte doit rester une des priorités. Il faut réfléchir plus que jamais à la place de Midi-Pyrénées dans un ensemble territorial desservi par le TGV.

Et l'autre priorité, selon vous ?

Poursuivre l'amélioration du transport public pour rapprocher la métropole des villes moyennes qui doivent pouvoir bénéficier de la croissance toulousaine. Ce rapprochement intervient déjà grâce au plan Rail et la refonte des TER.

Recueilli par Jean-Marie Decorse

Rétrospective : il y a 20 ans

Voilà 20 ans, voyait le jour le Syndicat mixte d'études de l'agglomération toulousaine (Smeat) chargé de s'engager « dans une réflexion sur l'évolution et le devenir de l'agglomération toulousaine. » À cette époque, le Smeat décrivait une région « longtemps restée sous-équipée en grandes infrastructures interrégionales. » Le même diagnostic indiquait : « Si la mise en service récente de « l'autoroute des deux mers » Bordeaux-Narbonne a permis d'arrimer la métropole toulousaine au Grand Sud européen, l'absence de grandes liaisons directement vers Paris, Lyon, Barcelone et Madrid, reste un facteur handicapant pour l'ensemble de la région… »

Depuis, on a créé deux lignes de métro, un tramway, le Plan rail piloté par la Région. Mais le TGV ne verra pas le jour avant 2018-2020, la Traversée centrale des Pyrénées et l'axe européen E9 sont toujours dans les cartons. Et la seconde rocade toulousaine est passée à la trappe…

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Publié le 27/01/2011 09:46 | Jean-Marie Decorse

La région en 2030 : avec l'Espagne, un avenir commun


La coopération transfrontalière, priorité des 20 prochaines années, passe notamment par Barcelone. /Photo MaxPPP

Dans vingt ans, les relations entre le Grand Sud et les provinces du nord de l'Espagne devraient être encore confortées. Les instances transfrontalières préparent l'avenir sur tous les fronts.

Dans l'Europe, Midi-Pyrénées y est entrée de plain-pied, comme le résument à eux seuls les succès d'Airbus, d'ATR ou des constructeurs de satellites EADS-Astrium ou Thales Alenia Space. Mais, avec l'Espagne, le Grand Sud entretient une relation privilégiée et historique, déjà parce qu'il lui faut partager un patrimoine commun, celui des Pyrénées.

Une frontière qu'on aimerait aussi ouverte que les chemins de Compostelle, lesquels ont su jouer un rôle majeur dans les échanges culturels entre la péninsule ibérique et le reste de l'Europe.

Communauté des Pyrénées rassemblée à Luchon : une instances de travail soucieuse de préparer le massif pyrénéen aux défis de demain./Photo DDM, archives

Loin de grands axes transfrontaliers qui peinent à émerger, freinés par des budgets considérablement revus à la baisse, le Grand Sud n'a eu de cesse de multiplier les instances de concertation pour faire du lobbying et prouver son dynamisme.

L'Eurorégion Pyrénées -Méditerranée, qui associe depuis 2004 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, s'est rapprochée de la Catalogne, de l'Aragon et des Baléares pour parler d'une seule voix dans les institutions communautaires.

Autre partenariat transfrontalier présidé aujourd'hui par Martin Malvy, président du conseil régional, la Communauté de travail des Pyrénées dont les priorités restent les infrastructures et voies de communication, la culture, la jeunesse ou encore le développement technologique…

Alors que 2011 a été déclarée « Année des Pyrénées » pour promouvoir un peu plus le tourisme, les actions de coopération devront monter en puissance. L'Eurorégion a donné naissance en 2009 à l'Eurocampus pour intensifier les bourses d'études et les aides à la mobilité. Un million d'euros a été ainsi débloqué pour cette année. N'oublions pas que l'académie de Toulouse et le rectorat restent un des plus hispanisants de France.

Chemin de Saint-Jacques : la coquille Saint-Jacques jalonne les sentiers occitans./Photo DDM.

La Communauté de travail que préside Midi-Pyrénées entend bien développer aussi l'Observatoire pyrénéen du changement climatique lancé en janvier 2010 et auquel l'Espagne est associée de fait. En un siècle, la température s'est accrue de 1,1°et c'est tout l'avenir des stations de ski, mais aussi des écosystèmes qui est impacté. N'estime-t-on pas menacées 60 % des espèces végétales de montagne ?

Au fait, il y a une question à laquelle ni les Français ni les Espagnols ne peuvent répondre : y aura-t-il encore des ours dans les Pyrénées en 2030 ?

Le chiffre : 408 chèques > Eurocampus : Créé en 2009 à l'initiative du conseil régional Midi-Pyrénées, l'Eurocampus a permis d'intensifier les bourses d'études à l'étranger. 408 chèques Eurocampus ont été attribués.

La phrase : « Il faut que la Communauté de travail des Pyrénées devienne une sorte de Pyrénées avenir » Martin Malvy, président du conseil régional.

Traversée Centrale des Pyrénées (TCP) : Les tracés plus ou moins étudiés sont divers et variés. Même si certains spécialistes estiment aujourd'hui que le réseau ferré actuel pourrait très bien absorber tout le fret que l'on veut transporter, mais que c'est, finalement, la volonté d'abandonner l Les tracés plus ou moins étudiés sont divers et variés. Même si certains spécialistes estiment aujourd'hui que le réseau ferré actuel pourrait très bien absorber tout le fret que l'on veut transporter, mais que c'est, finalement, la volonté d'abandonner l

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Publié le 28/01/2011 14:58 | J.-M. D.

Midi-Pyrénées : Le tourisme, richesse de demain


Nous ne sommes qu'au 8e rang des régions touristiques, mais bénéficions pourtant d'un patrimoine (ici Albi) et de sites naturels reconnus.

Comment évoluera la demande touristique en 2030 ? C'est l'inconnue. Seule assurance : Midi-Pyrénées sera la terre d'accueil d'une clientèle étrangère plus exigeante, provenant aussi des pays émergents.

Midi-Pyrénées a hérité d'un patrimoine naturel qu'elle entend bien préserver comme une ressource économique à part entière. Certes, tous les flux migratoires qui traversent la région de part en part ne sont pas dictés par de simples logiques hédonistes ; l'emploi restant le principal moteur des mouvements de population. Mais reconnaissons que l'attractivité régionale demeure un vrai atout, même s'il y a encore du chemin à parcourir pour asseoir encore le rayonnement de Midi-Pyrénées.

Certes, nous figurons parmi les premières régions européennes pour l'équipement hôtelier et les campings, mais au 8e rang des régions touristiques de France, derrière des territoires, tels l'Aquitaine et le Languedoc-Roussillon, qui tirent largement profit de leur façade maritime. Seulement 15 % de la clientèle de vacanciers de Midi-Pyrénées est étrangère, et encore ces chiffres doivent-ils être lus à travers le prisme déformant de « l'effet Lourdes » et de ses six millions de pèlerins.

Les Laquettes, au coeur de la réserve Naturelle du Néouvielle / photo DDM CDRandonnée 65

Pour ces prochaines décennies, la Région entend bien tirer tous les fruits des arbres qu'elle a plantés ou qui lui ont été donnés par surcroît. Albi a rejoint le cercle très fermé des sites classés par l'Unesco (ils sont sept dans le Grand Sud). Autre « don du ciel », l'existence de quatre parcs naturels, Midi-Pyrénées étant la région la mieux dotée de France en parcs naturels régionaux (PNR). Un patrimoine protégé qui sera étendu à l'Aubrac grâce à une initiative inter-régionale.

Mais ce tourisme durable a bien du mal à prédire l'avenir. Comme l'explique par ailleurs Philippe Guérin, le président du Comité régional du tourisme (CRT), l'évolution du tourisme reste trop dépendante d'autres facteurs : que seront demain les infrastructures de transport, quel sera le pouvoir d'achat des ménages ou l'état des finances publiques… ?

Seule certitude : l'arrivée d'une clientèle étrangère, désormais aussi russe ou chinoise, qui voue une prédilection particulière pour l'Hexagone. On a des espaces naturels, on cultive l'authenticité, notre gastronomie est reconnue… Reste à parfaire une hôtellerie qui a toujours privilégié le « deux étoiles » aux dépens d'un plus haut de gamme qui trouverait facilement sa clientèle. Mais les grands groupes hôteliers sont-ils prêts à investir dans la Région ? C'est une autre histoire.

Toute la beauté du prestigieux Hôtel de la Cité à Carcassonne /Photo DDM

Expert : Hôtellerie, « Monter en gamme »

Quelle sera l'évolution touristique à l'horizon 2030 ?

C'est un peu la boule de cristal car il est des éléments qu'on ne peut mesurer. Quel sera par exemple l'impact du TGV qui sera sans doute un facteur de structuration du territoire. Midi-Pyrénées ne sera qu'à deux heures de Paris et Toulouse sera reliée enfin au réseau à grande vitesse. Mais quid de l'enneigement dans les Pyrénées ? Heureusement, les stations apprennent à diversifier progressivement leurs offres sur la partie randonnées, thermoludisme…

Quels sont les handicaps auxquels il faudra remédier ?

Pour répondre à la demande provenant des marchés émergents, comme la Chine, mais aussi des nouveaux clients, qu'ils soient Japonais, Québécois ou Américains, il faudra monter en gamme sur toute la partie hôtellerie. C'est sur la gastronomie que nous restons au top. Il nous faudra aussi insister encore sur les notions d'authenticité, de tourisme durable, auxquelles la clientèle reste fondamentalement attachée.

Les touristes étrangers toujours plus nombreux dans le Lot./Photo DDM B.-H. S.-P.

Le chiffre : 6 00 000 Chinois > En France. C'est le nombre de touristes chinois venus en France l'an passé. Le taux de croissance est de 20 % par an. Midi-Pyrénées fait également partie des destinations.

La phrase : « Nous devons cultiver plus que jamais tout ce qui est tourné vers le durable, l'authenticité, la gastronomie. » Philippe Guérin, CRT.

Dans le cadre du contrat Grand site, développer la partie touristique de sa ville est une des volontés du maire de Lourdes Jean-Pierre Artiganave. /Photo DDM

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Publié le 29/01/2011 | Jean-Marie Decorse

Il faut préserver notre matière grise

Avec 18 670 chercheurs, Midi-Pyrénées figure parmi les 4 premières régions françaises en matière de recherche, tant en terme d'emplois que de dépenses consacrées à ce seul secteur /Photo DDM


L'avionneur européen Airbus a annoncé qu'il pourrait embaucher 3 000 personnes en Europe en 2011, dont la moitié en France /Photo DDM

Page réalisée à partir du site ladepeche.fr

L'entreprise Actis démarrera 2009 avec deux nouveaux produits pointus. /Photo DDM

 

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