Grand Sud :

L'âme de Laguiole

29/10/2011, 12 h 53 | HUGUES MÉNATORY | Midilibre.fr

Laguiole (12) : La ville a modifié la loi française sur la propriété intellectuelle

Le député et le maire de Laguiole peuvent se flatter d'avoir fait évoluer positivement les choses... (PHOTO : YVES ESTIVALS)

Laguiole est en train de se réapproprier son nom. Le député Yves Censi et le maire de Laguiole, Vincent Alazard, gagnent la bataille législative. Laguiole a modifié la loi française. L’affirmation pourrait paraître comme relevant d’un certain ethnocentrisme laguiolais, mais il se trouve que c’est bel et bien la vérité. Dans la lutte à couteaux tirés qui oppose les adeptes de la contrefaçon aux artisans du cousu main en terme de fine lame, les tenants de l’authenticité viennent de remporter une belle bataille.

Tout a commencé en février dernier lorsque le député Yves Censi a amené le secrétaire d’État Frédéric Lefebvre sur le terrain. Ce dernier a ainsi pu mesurer l’acuité du problème en discutant avec le maire, Vincent Alazard, qui lui a expliqué qu’il devait demander l’autorisation de faire un logo pour sa commune à une personne privée qui, il y a de nombreuses années, en a acheté les droits. Une situation ubuesque, bien connue dans le département.

Yves Censi a alors impulsé la mise sur pied d’un groupe de travail, qui a débouché sur le vote d’un amendement porté par Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Le code de la propriété intellectuelle a donc été modifié, instaurant un droit d’opposition aux collectivités territoriales, si l’utilisation de la marque, qui est aussi leur nom, porte atteinte à leur image ou à leur renommée.

Dans le même élan, il a été prévu un décret obligeant à informer les collectivités lorsqu’on veut se servir de leur nom. Ce dernier point, on l’aura compris, a été adopté afin de permettre au maire de défendre l’honneur de sa commune, mais aussi afin de ne pas fragiliser le savoir-faire d’une entreprise.

On en conviendra, il s’agit là d’un grand pas en avant, le contenu de la loi ayant été salué comme une "avancée historique", par tous les professionnels concernés.

Parallèlement, et conformément au droit européen, la procédure d’IGP (identité géographique protégée), instaurée par le projet de loi, va permettre de protéger les savoir-faire artisanaux de la même façon que l’on protège la qualité des produits alimentaires. Et si les couteaux sont, ici, intéressés au premier chef, une foultitude d’autres produits, en France, le sont tout autant.

Les offensives commerciales, parfois douteuses, devraient donc, à présent, être contenues dans un cadre réglementaire. En clair, n’importe qui pourra continuer à fabriquer des couteaux "Laguiole", comme aujourd’hui, mais, à présent, ils ne pourront pas revendiquer cette IGP, véritable fibre identitaire synonyme de qualité. Le consommateur y gagnera en lisibilité, ce qu’il demandait d’ailleurs depuis bien longtemps. "Tous les outils sont là, il faudra simplement en fixer le cadre", précisent d’une même voix Yves Censi et Vincent Alazard.

Le texte va arriver devant le sénat. "Il ne comporte que des avancées, et j’espère qu’il n’y aura pas de recul, dans quelque domaine que ce soit" précise Yves Censi. "De toute façon, en deuxième lecture, l’Assemblée nationale le votera".

À partir du moment où les savoir-faire régionaux seront plus facilement détectés, les entreprises et les territoires qui les abritent, s’en porteront mieux. À laguiole, on ne s’en plaindra pas.

 

05/10/2011, 17 h 00 | Midilibre.fr

Le couteau Laguiole bientôt en IGP ?

Une démarche qui ne réjouit pas tout le monde... (Archives ML)

L’Assemblée a voté vendredi une extension de la notion d’indication géographique aux produits non alimentaires pour permettre à certains produits artisanaux d’être protégés sur le territoire national, lors de l’examen du projet de loi sur la consommation.

Une indication géographique est la dénomination d’une région ou d’un lieu servant à désigner un produit (hors agriculture, forêt, alimentation, mer) qui en est originaire, précise notamment le texte.

"Les artisans réclament depuis de nombreuses années d’avoir droit à ce système veillant à ce que la mondialisation ne fasse pas disparaître un certain nombre de savoir-faire", a observé le secrétaire d’État à la Consommation, Frédéric Lefebvre, dans l’hémicycle.

Et, en vertu d’un amendement UMP adopté vendredi, toute collectivité territoriale devra "être informée de l’utilisation de son nom ou de ses signes distinctifs, notamment à des fins commerciales, dans des conditions fixées par décret" pour pouvoir s’opposer à l’enregistrement d’une marque qui porterait atteinte à son nom, son image ou sa renommée.

L’absence de protection du nom de ces produits contribue à l’essor de produits similaires

Le savon de Marseille a ainsi fait l’objet d’un plaidoyer de la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer (UMP), soucieuse de défendre la recette et l’utilisation de ce nom pour "ne pas tromper le consommateur" alors que "du savon dit de Marseille est vendu dans le monde entier".

Très offensif, le député du Puy-de-Dôme André Chassaigne (PCF), auteur de plusieurs amendements, a soulevé le cas des couteaux Laguiole français, "produits à 80 % dans la ville de Thiers", pour s’inquiéter que leur fabrication soit limitée à l’appellation géographique du village de Laguiole, ce qui porterait "un coup terrible" au bassin d’emploi auvergnat de Thiers.

Et, a-t-il observé, "il y a des dénominations devenues génériques (Laguiole, Vichy, Sèvres, etc), des noms communs, il faut donc être attentifs à des difficultés judiciaires". Les autorités ont été saisies de plusieurs demandes de protection de noms géographiques de produits non alimentaires comme la porcelaine de Limoges et les couteaux de Laguiole notamment.

L’absence de protection du nom de ces produits contribue à l’essor de produits similaires fabriqués notamment à l’étranger, ce qui crée une concurrence déloyale pour les entreprises concernées, selon le gouvernement.

 

Publié le 16/07/2011 10:49 | La Dépêche du Midi

Contrefaçon : une expo au musée du couteau à Laguiole

Destruction de contrefaçons au Musée du couteau de Laguiole à l'inauguration de l'exposition « Contrefaçon sans façon »./Photo DDM

Pour la septième année consécutive, le musée privé du Couteau de Laguiole présente l'exposition « Contrefaçon, sans façon ! » Cette exposition est réalisée par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) et le Comité national anti-contrefaçon (CNAC) avec le concours de l'Union des fabricants (UNIFAB), des Douanes, de PSA et de Renault. Elle met l'accent sur la thématique de la « contrefaçon dans la vie quotidienne » et notamment sur le secteur de l'automobile. Des panneaux expliquent l'importance prise par la contrefaçon dans l'économie. On peut y voir des contrefaçons de pièces automobiles ainsi que d'objets de la vie quotidienne : lunettes de soleil, cigarettes, iPhone, stylos, briquets, robots ménagers… Tous ces objets ont été prêtés par le musée de la Contrefaçon de Paris. « En ce qui concerne le couteau Laguiole, nous ne pouvons pas parler de contrefaçon, puisque ce couteau qui existe depuis plus de 150 ans est tombé dans le domaine public international. Mais nous dénonçons les importations pakistanaises et chinoises qui portent le nom Laguiole sans préciser que l'objet en question a été produit au Pakistan ou en Chine, laissant croire au consommateur qu'il s'agit d'un véritable Laguiole » explique Christophe Durand, le directeur du musée. Faux cosmétiques, fausses plaquettes de frein… La contrefaçon représente de 5 à 10 % du commerce mondial, 38 000 emplois perdus en France, 10 % du marché mondial des médicaments et 5 à 10 % des pièces automobiles dans l'UE. « La contrefaçon est un fléau pour les entreprises et un danger pour la santé et la sécurité des consommateurs. La lutte contre la contrefaçon et la sensibilisation des consommateurs doit être une priorité » rappelle Christophe Durand.

 

10/10/2011, 17 h 17 | Midi Libre

La Fonderie de Laguiole est née

Le "Toro" est le premier emblème de la Fonderie de Laguiole. (© D.R)

Ame d’acier et esprit de feu. Telle est la devise de la nouvelle "Fonderie de Laguiole" qui vient d’être créée. Une idée née de la rencontre entre trois hommes : Michel Frayssou, coutelier-forgeron à Laguiole, Marc Millet, ingénieur commercial et Thierry Saint-Luc, expert internet, concepteurs et architectes de cette aventure.

Ces trois hommes ont additionné leurs compétences pour se lancer dans la belle, mais délicate, aventure de la création d’entreprise.

Des hommes qui se définissent ainsi sur leur site internet : "Nous sommes tous des Aveyronnais, pourrions-nous dire. De Toulouse à Clermont-Ferrand, de Paris à Brest, tellement l’attachement aux valeurs de ce terroir est fort."

Le "Toro", un couteau à fromage en acier

Des hommes qui savent que pour intéresser et se faire une place sur ce marché, il faut sortir de l’ordinaire. Alors bien sûr, comme tous couteliers de Laguiole, ils commercialisent le couteau ancestral, celui qui a fait la renommée du plateau de l’Aubrac. Avec aussi quelques pièces d’exception, comme un exemplaire en acier damassé.

Mais ils ont également voulu mettre à profit leur créativité pour lancer le "Toro", un couteau à fromage en acier, dont le manche en bronze reprend la silhouette d’un taureau bondissant. "Dans les traditions antiques, le couteau était également essentiel dans de nombreux cultes. Outil sacrificiel, il est le prolongement du bras du prêtre égyptien ou inca lors des cérémonies rituelles destinées à relier les Hommes aux Dieux", souligne la "Fonderie de Laguiole" dans un communiqué.

Effectivement la force animale du taureau est présente depuis des millénaires, dans toutes les civilisations ancestrales, depuis la mythologie grecque, en passant par les civilisations précolombiennes ou bien encore les religions méditerranéennes de l’Égypte antique au Mithraïsme mésopotamien.

Même si, dans le cas de cette création contemporaine, on peut regretter que ce "Toro" ressemble davantage à un Miura de corrida qu’à un monstre de l’Aubrac.

 

Publié le 30/07/2011 08:24 | Mélisa Guendouzi

Rodez : La boutique Calmels joue à fond la tradition

Dans sa boutique de la rue du Bosc, Isabelle Calmels, l'héritière de l'inventeur du couteau laguiole, perpétue un savoir-faire séculaire./Photo DDM

À Rodez, les magasins qui commercialisent le fameux couteau laguiole sont nombreux. Mais la boutique Calmels peut se vanter d'être l'héritière de l'inventeur, Pierre-Jean Calmels.

En France, le laguiole passe pour le couteau d'un terroir où l'on aime manger. En Aveyron, il est une sorte de lame à tout faire de la vie ordinaire. Un outil presque. Il sert pour les casse-croûtes, pour ouvrir une bonne bouteille, pour couper une ficelle… « L'un de mes clients l'utilise pour curer sa pipe ! ».

Isabelle Calmels est la propriétaire de la coutellerie du même nom, installée rue du Bosc à Rodez. Une jolie échoppe à l'ancienne créée en 1927 ; héritée de son grand-père, Jules, et de son père Jacques. Mais la belle épopée des Calmels et du laguiole, c'est Pierre-Jean qui l'a introduite en 1829, en inventant la fameuse lame : un couteau pliant, pratique, utilitaire avant tout. « Mon nom est aujourd'hui un gage de qualité, et j'essaie d'en être digne », explique Isabelle.

Dans sa boutique, ni bois, ni aluminium, ni design excentrique à la Philippe Stark ou à la Sonia Rykiel. Pas même un de ces coloris fantaisistes qui ont envahi les coffrets de couteaux de table. « Tout ça je ne fais pas. Moi je ne vends que la tradition : des couteaux une, deux ou trois pièces au manche en corne. C'est ça l'Aubrac et ses vaches ». Isabelle Calmels est une puriste. Et ça vaut aussi quand on évoque l'abeille, censée garantir l'authenticité de la pièce : « Pour moi, c'est une mouche. Et l'explication, elle est toute simple : en coutellerie, cette partie-là s'appelle la mouche ! ». Dans son magasin, on trouve des touristes, venus quérir leur « passeport aveyronnais », mais aussi des agriculteurs du coin « qui se servent du laguiole pour tout. Je suis très fière de compter encore ce type de clientèle ». Les prix démarrent à 40€, « jusque très haut. Mais on peut dire qu'avec 80 €, on a déjà un très bon matériel. Et grâce à notre service après-vente d'aiguisage et réparation, il pourra durer des années et des années ».

Repères : Le chiffre : 40 € pour un laguiole > Chez Calmels. Un premier prix raisonnable pour un couteau qui dure...

« Je ne suis pas sectaire »

Elle n'est pas aussi bornée qu'elle le dit… Même si c'est vrai que le laguiole reste sa priorité, Isabelle Calmels commercialise aussi d'autres produits : quelques étains - « un petit plus qui me fait plaisir »- et des articles de cuisine : couteau à tartine, tomate, volaille ; ciseau ou pierre à aiguiser. « Je fais un peu de Thiers, parce que finalement, je ne suis pas sectaire… Un peu de Sauveterre, puisque c'est la région… Et des couteaux suisses, parce que c'est très bien. Ce sont tous des produits auxquels je crois ».

 

Publié le 24/06/2011 09:21 | La Dépêche du Midi

Laguiole : Le jour des couteliers

Jean-Michel Cayron avec sa réalisation lui ayant permis de décrocher un deuxième titre./Photo DDM

Ce samedi 25 juin, dans les locaux de l'office de tourisme de Laguiole, Jean-Michel Cayron, lauréat en couteaux de table, et les finalistes du vingt-quatrième concours des meilleurs ouvriers de France présentent leurs œuvres. Jean-Michel Cayron, seul coutelier lauréat en 2011 et troisième coutelier à obtenir pour la deuxième fois le titre depuis la création du concours en 1924, entouré des finalistes, au nombre de quatre. Ce qui fait de l'Aveyron le département le mieux représenté lors de ce prestigieux concours. Le public est invité à venir admirer leurs œuvres et échanger avec cette « confrérie » de couteliers d'excellence.

Le lauréat et les finalistes seront honorés et heureux de partager la passion de leur métier. Ils donnent rendez-vous à l'office de tourisme de Laguiole de 9 heures à 18 heures, ce samedi 25 juin. Le vernissage de l'exposition aura lieu en présence de la préfète Danièle Pové-Montmasson, du président du conseil général Jean-Claude Luche, du député Yves Censi, du maire de Laguiole et conseiller général Vincent Alazard et du commissaire départemental du comité d'organisation du concours « un des meilleurs ouvriers de France » Edgard Wermuth.

 

Publié le 08/06/2011 17:19 | La Dépêche du Midi

Laguiole et ses étoiles

Restaurant, fromage, couteaux, charcuterie, race aubrac… Laguiole ne compte plus ses étoiles uniquement dans le Guide Michelin qui a consacré Michel Bras au firmament de la gastronomie mondiale.

Ainsi, l'aventure de la coutellerie est exemplaire d'une belle réussite en milieu rural.

Depuis 1981, la relance de la production s'est appuyée sur la tradition locale revisitée par des designers de renom comme Philippe Stark, Yann Pennor's ou Philippe Raffy.

Devenu objet culte, le couteau de Laguiole porte l'économie locale (120 personnes travaillent à sa fabrication).

La renaissance du fromage témoigne également de la volonté d'un terroir « de résistants », qui n'a pas accepté de voir partir (et peut-être disparaître) une part de l'identité et de l'économie locales.

L'aventure autour de la coopérative Jeune Montage (renseignements au 05 65 44 35 54 pour les visites) se poursuit aujourd'hui avec le fromage AOC (un peu plus de 700 tonnes par an) mais aussi avec l'un des plats emblématiques de l'Aubrac, l'aligot. La fête en plus !

 

Publié le 18/05/2011 08:10 | J.M.

Le Laguiole, une arme blanche ?

Isabelle Calmels vend des laguiole, sympathique ambassadeur de l'Aveyron et... arme de 6e catégorie./Photo DDM

On a tout dit, tout écrit ou presque sur le légendaire laguiole, ustensile domestique que portent et transportent des milliers d'Aveyronnais couramment. À ceci près que le laguiole est une arme blanche de 6e catégorie. Les Aveyronnais seraient-ils des milliers à être en infraction ?

«Quel que soit son type, on n'a pas à avoir un couteau sur soi. Je pense que les gens le savent, mais je le rappelle souvent aux clients qui le demandent », explique Isabelle Calmels, responsable du magasin éponyme, qui vend des laguioles depuis 1829 (et 1927 à Rodez).

Et aux yeux de la loi, Isabelle Calmels a raison. Le laguiole, comme l'opinel ou le thiers sont des armes blanches de 6e catégorie. Leur port et leur transport sont strictement interdits sous peine de condamnation pour port d'arme prohibé, ce qui n'est pas un chef de prévention léger.

Et pourtant la tradition a la dent dure : de génération en génération, en Aveyron comme ailleurs, on a son laguiole en poche, prêt à dégainer dès que se présente un branchage récalcitrant ou un fromage appétissant. Le laguiole est même un ambassadeur de choix de l'Aveyron à travers tout l'hexagone voire bien au-delà. Alors, des milliers de porteurs de laguiole sont-ils pour autant des délinquants en puissance ? Bien sûr que non…

L'ambiguïté d'avoir un couteau dans sa poche

« Tout dépend évidemment des circonstances d'utilisation : il y a certes le cadre strict de la loi mais il y a d'un côté la cueillette des champignons et de l'autre les bastons », témoigne un représentant des forces de l'ordre. « Tout est question de bon sens. On retiendra la loi stricto sensu en cas de menace ou de bagarre, on ne va pas s'amuser à verbaliser tous les gens. Et comment voulez-vous savoir qu'une personne est porteuse d'un laguiole : une fouille au corps nécessite un cadre légal très précis. Mais c'est vrai qu'il existera toujours une ambiguïté à avoir un couteau dans sa poche. Le tout est de gérer son utilisation en bon père de famille. »

En attendant, chez Calmels comme chez les autres couteliers aveyronnais, on continue à vendre des myriades d'un couteau à l'abeille qui sera encore longtemps « tendance ».

Le laguiole, toujours « tendance »

Manche en corne traditionnelle ou en plastique rose fluo, on décline désormais le laguiole sous des dizaines de formes, pour répondre à trois types de clientèles. L'utilitariste, pour qui le laguiole est un outil à tout faire ; le citadin, qui l'utilise souvent comme couteau de table ; le collectionneur, passionné par l'objet en soi. Et ça dure comme ça depuis des décennies. En revanche, il s'avère que se développe une mode du « laguiole en ville ». Il serait à la mode de sortir son couteau à l'occasion d'un dîner en ville ou d'un banquet. À Paris, surtout.

 

Publié le 14/05/2011 09:18 | La Dépêche du Midi

Vers une protection du couteau laguiole ?

Dans les ateliers des Forges de Laguiole, des colis d'objets destinés à être réparés arrivent tous jes jours, même s'ils n'ont pas été fabriqués par l'entreprise. /Photo DDM,, J.P.

Dans son combat pour faire reconnaître la spécificité du «vrai» couteau laguiole, Thierry Moysset a trouvé de nouveaux espoirs dans la double action menée par le député Yves Jégo: un label France dès le 19 mai, et le dépôt d'une résolution pour apposer une identité géograpique aux produits manufacturés.

« Tous les jours on reçoit des couteaux ou d'autres accessoires pour les réparer, raconte Thierry Moysset, gérant des Forges de Laguiole. Les gens sont persuadés qu'ils viennent de chez nous alors qu'ils ont été fabriqués en Chine ou ailleurs en France. » À ces particuliers, qui confient parfois dans une lettre tenir particulièrement au couteau offert trente ans auparavant, le gérant est obligé de répondre que l'objet ne provient pas des Forges.

L'appellation « Laguiole » n'étant pas protégée - mise à part pour le fromage - n'importe quelle entreprise peut inscrire « Laguiole » sur son emballage. Et qui pense à vérifier le verso du plastique pour y remarquer en tout petit « made in PRC » (République Populaire de Chine) ? Difficile de résister, pour l'entreprise laguiolaise aux 94 salariés.

L'espoir de l'IGP industrielle

Alors, Thierry Moysset a entamé un long combat : une dizaine de procès en cours, des conférences, une participation au nouveau Comité stratégique de la filière des industries des biens de consommation (qui réfléchit à la protection de la filière)… Une lutte à la Don Quichotte ? Pas si sûr. Car les Forges ont également été auditionnées dans le cadre du rapport du député Yves Jégo sur la traçabilité des produits, rendu au président de la République en mai 2010. Or, à partir de ce rapport, le parlementaire a élaboré une résolution déposée à l'Assemblée nationale et au Sénat, visant à créer une identité géographique (IGP) industrielle. L'équivalent de celle existant pour les produits alimentaires. Pour Thierry Moysset c'est la meilleure chance de mettre fin à l'« aberration totale » actuelle.

« L'idée n'est pas d'interdire les produits chinois, précise le gérant, c'est de donner le choix au consommateur en identifiant clairement le produit. » Et de renchérir que « protéger l'origine du produit permet de protéger le savoir-faire et le territoire qu'il y a derrière. »

Seul bémol : l'IGP industrielle ne restera qu'un doux rêve français tant que l'Union européenne n'en aura pas décidé autrement puisque les règles régissant le commerce sont de sa compétence exclusive. La résolution (dont la date de vote n'est pas fixée) ne serait donc qu'une pression symbolique de l'État.

En attendant, les Forges de Laguiole misent sur un nouveau label « Marque France » (voir encadré). Il ne précisera pas la provenance laguiolaise mais assurera au moins le consommateur que le produit provient du territoire national.

 

Publié le 22/04/2011 08:02 | Jean-Paul Couffin

Le Laguiole, bien plus qu'un couteau

Thierry Moysset met tout en œuvre pour que la Forge continue d'aller de l'avant./Photo DDM.

À la sortie de Laguiole, direction les pistes et le village d'Aubrac, la lame de l'usine de la Forge darde le ciel du plateau. Tout un symbole pour ces femmes et ces hommes qui s'engagent pour que le couteau continue d'être un vecteur de territoire.

Plus qu'une histoire économique, celle de la renaissance du couteau de Laguiole a rejoint l'engagement pour un territoire lorsque certains, à l'instar du maire d'alors, Jean-Louis Cromières, déplorèrent la migration de l'activité coutelière vers Thiers. Il aura fallu le feu sacré de passionnés pour qu'à la fin des années « 80 », celle-ci retrouve sa vraie raison d'être. Parmi d'autres, ces croisés qui portèrent la Forge de Laguiole sur les fonts baptismaux. La manufacture Forge de Laguiole a vu le jour en 1987. Il s'agissait de l'aboutissement d'un projet de passionnés. En point d'orgue, le design de cette usine-atelier avec sa lame cinglant le ciel de l'Aubrac, émanant de la créativité de Philippe Starck. Tout un symbole. Autour des Boissins, Costes et d'autres, la marche en avant était enclenchée. « ça a fonctionné très fort, et jusqu'en 2002, l'entreprise n'a fait que grossir », raconte aujourd'hui le nouveau PDG, Thierry Moysset. Jusqu'à ce qu'une partie des parts tombe dans l'escarcelle de Divisia, société spécialisée dans le luxe. « La limite, poursuit Thierry Moysset, c'est que cette société n'avait aucun ancrage dans ce produit issu d'un héritage et d'un territoire. » Résultat, un aller simple vers le dépôt de bilan en avril 2007.

L'actuel responsable se souvient : « Quatre Aveyronnais ont lancé un cri du cœur, nous avons repris la société (lui, Jean-Marc Calvet, Jean-Luc Bessodes, et Christian Valat : N.D.L.R.) une semaine avant le dépôt de bilan, sinon, cela aurait été catastrophique. » Là, démarrait une nouvelle aventure avec la relance d'une société en grosse difficulté, puis derrière on s'est mangé une crise. » Plan social, inquiétudes, et remises en question s'imposèrent pour redresser la barre. Parmi, les remises en questions se trouvent le leitmotiv de la créativité. Thierry Moysset le mesure et l'analyse. « Nous devons faire de la création une ambition, de l'invention une exigence, du nouveau une nécessité… et une entreprise comme la Forge ne peut innover que dans son héritage, qui est aussi son code génétique », analyse le chef d'entreprise. à ses yeux, « l'entreprise territoriale » qu'il dirige « est là pour générer de l'emploi et non des richesses ; d'où notre engagement qui est de donner une dimension humaine aux choses, détaille Thierry Moysset en défendant aussi, notre entreprise doit participer à la vie de Laguiole et du département et donner à nos collaborateurs la possibilité de se révéler… »

Militants du « made in france »

« Nous avons loupé quelque chose ! Bien sûr, en relocalisant le laguiole sur sa terre d'origine, nous lui avons donné une aura, mais nous n'avons pas réussi à le protéger. »

C'est ce que Jean-Louis Cromières, ancien maire de Laguiole, disait au Point en janvier 2007. Car, faute de protection, le nom et la forme du laguiole sont utilisés sans contrôle. Partout dans le monde et n'importe comment. C'est bien là dessus que Thierry Moysset met l'accent en se battant pour le « made in France », comme il l'a fait cet automne devant les caméras d'Envoyé Spécial et auprès du député Yves Jego. Pour lui, il est fondamental que la main-d'œuvre soit issue de l'Aubrac.

Et que le mot « Laguiole » ne soit plus galvaudé.

Le chiffre : 94 salariés > à la Forge de Laguiole. Après le passage délicat vécu par l'entreprise, le nombre de salariés est aujourd'hui de 97. Le marché se situe à 50 % à l'export et 50 % au niveau hexagonal.

« Généralement, on est encore rythmé par les saisons. Mais sur l'Aubrac, nous sommes rythmés que par nous-même. »

Thierry Moysset, PDG de la Forge de Laguiole

Les maestros à lames mouchetées

Derrière la baie vitrée, séparant le magasin de leur atelier, ils lèvent pas la tête. Trop accaparés par leur tâche. Les deux maestros de la Forge que sont Virgilio Munoz Cabellero (meilleur ouvrier de France 1986) et Stéphane Rambaud (meilleur apprenti 1987 et préparant le concours de meilleur ouvrier de France) jouent dans la cour des (très) grands couteliers.

Eux, ne travaillent que sur des couteaux de savoir-faire, ayant, comme se plaît à le souligner Thierry Moysset, « une valeur morale autour du travail bien fait. » Savoir-faire et savoir-être marchent dans les pas des deux créateurs. Là, hormis lorsque ronflent les machines, c'est un monde de silence. Quasi monacal. Munoz ne parle guère. Avare de ses mots, ses yeux pétillent cependant lorsqu'il tend à son interlocuteur l'ébauche d'une création en devenir. Ces deux-là, savent tout faire. Artistes dans l'âme, ils apportent toujours un plus technique, tellement millimétré, qu'il coupera le souffle au profane. On est dans le sur mesure, dans la commande. D'ailleurs, ceux qui peuvent s'offrir un « Munoz » se font photographier avec l'artiste lorsqu'ils viennent chercher la « pièce ». Les deux chefs s'escriment à la lime et au burin. 14 heures, 15 heures, « pour les plus simples », lâche Stéphane Rambaud. Virgilio opine. Pour les autres, motus et bouche cousue. Le temps passé sur une œuvre ne se mesure plus en heures. Le duo sait tout faire : dessiner, sculpter, façonner, aller chercher ce détail qui assurera la différence.

Sans perdre de vue l'essentiel : un Laguiole doit rester un Laguiole.

D'acier et de corne

La naissance d'un couteau Chaque couteau est une naissance. à la Forge de Laguiole, sa fabrication, qui implique une quarantaine d'étapes (l'estampage, la découpe, l'ébavurage, le blanchissage, le guillochage, le perçage, le façonnage, le détourage, le polissage et le lustrage…), prend des heures et parfois des jours. Chaque lame est forgée, puis trempée dans l'usine. Par souci de traçabilité, un seul coutelier modèle et assemble le même modèle.

Les manches sont réalisés en corne, en bois, en aluminium, en os, en carbone… Depuis plusieurs années, en partenariat avec les éleveurs du plateau, la volonté est d'utiliser au maximum des cornes de vaches Aubrac.

Même, si de nombreux designers (Philippe Starck, Sonia Rykiel, Courrèges, Jean-Michel Wimotte, Ora-Ito…) se l'approprient, la ligne du couteau continue de plonger dans les racines du profil esquissé par ces précurseurs que furent les couteliers du XIXe siècle.

Par souci d'innovation, la Forge propose plusieurs types d'aciers forgés. Si l'acier au carbone est le plus ancien, la lame « brut de forge » est elle façonnée à l'ancienne, éboutée et reprise à la main en sortie de forge. Quant aux lames Damas Carbone 140 couches, elles sont issues d'une technique de forge consistant à empiler acier dur et acier plus doux en alternance…

 

Publié le 20/03/2011 08:05 | Françoise Cariès

Laguiole : Rien que des fines lames dans le Marais

Au 6 rue du Pas de la Mule, près de la place des Vosges où habita Victor Hugo, le Laguiole n'est plus un simple couteau, il devient un objet d'art et de passion. La boutique n'est pas grande, 15 m2 à peine, mais l' adresse est célèbre. Les amateurs de beaux couteaux et de Laguiole en particulier y accourent du bout du monde et de partout . Bien des restaurateurs s'y donnent rendez-vous sous l'œil attentif de Marie-Christine, la souriante vendeuse. A la «Coutellerie du Marais» c'est elle qui se tient derrière le comptoir quand les patrons de bistros et de grandes et bonnes adresses viennent faire aiguiser leurs stocks de Laguiole et autres couteaux de cuisine ou les faire réparer. Longtemps ce privilège fut réservé à l'Espalionnais, Bernard Audren, maintenant à la retraite, remplacé par son disciple, le maître coutelier, Michel Cholé.

«Ici, nous savons remédier au moindre souci d'un couteau de Laguiole à commencer par la casse d'un ressort de tire-bouchon», précise Marie-Christine à qui les chefs de la Tour d'Argent ou de l'Ambroisie sont venus apporter leurs très chers outils en piteux état . «Un cuisinier sans ses couteaux, çà n'existe pas». «Quand c'est grave, on expédie le malade à Laguiole qui nous le renvoie en parfaite santé». C'est en effet à Laguiole et à Montesic que Cathy Capelle dirige la maison mère et l' atelier de création et de réparation. «Je voulais vivre en Aveyron et j'ai choisi cet artisanat de qualité qui le rendait possible», explique-t-elle , modeste sur les heures de travail et la qualité de son savoir faire.

Extraordinaire sélection

A côté descentaines de Laguiole à la personnalité unique, « La Coutellerie du Marais» propose aux connaisseurs comme Mathieu Chédid et Audrey Toutou, ses clients, d'autres couteaux de tradition française, tels que le Nontron, le Perceval, le Sauveterre, le Thiers ou encore le Camargais. Mais Cathy Capelle ne s'en est pas tenu à la production française.Ayant fait franchir les frontières à ses Laguiole, elle a souhaité que les Français puissent s'offrir des lames venues d'ailleurs. Elle met à leur disposition une superbe sélection de couteaux suisses signés Wenger et une trés exceptionnelle gamme de couteaux de cuisine japonais , des Douk-Douk à la lame en céramique dont rafollent les fanas des fourneaux et de la nouvelle cuisine .

Les musts

Pour l'offrir en cadeau d'aniversaire à un ami , un amateur vient de commander un Laguiole de 12 cm et 710€ . Son manche sera en ivoire de mammouth de Sibérie et sa lame en damas. Les initiales de son propriétaire seront gravées sur le ressort et un fer à cheval remplacera la mouche. Sont également proposés des couteaux dont le manche est constitué d'un morceau du Concorde vendu en 2008 aux enchères, d'autres dont le manche est réalisé dans une partie du France , d'autres depuis 2010 dont le manche est un morceau du Golden Gate de San Francisco

 

Publié le 15/03/2011 08:15 | La Dépêche du Midi

Des couteaux laguiole forgés dans l'histoire

Harmonie des matières, symphonie des couleurs, galbes et ciselages… En 200 ans, les couteaux Laguiole ont affûté leur renommée.

La Coutellerie de Laguiole (à ne pas confondre avec la Forge de Laguiole) apporte son écot à l'histoire. Créée en 1987 par Honoré Durand père et gérée désormais par Christophe et Honoré Durand fils, La Coutellerie de Laguiole compte 30 salariés répartis sur trois sites : atelier-magasin principal (zone artisanale La Poujade), magasin-atelier (rond-point des Cayres) et un magasin (15, allée de l'Amicale, en centre-ville).

« Passionnés par la création vivante », chacun des 15 artisans-couteliers sculpte, assemble, ajuste, polit dans le respect de la tradition. « Nous maîtrisons en interne la fabrication de A à Z des couteaux (forge d'acier Damas, ciselage au burin, gravure Scrimshaw, sculpture des manches, abeilles forgées dans la masse…). Nous sommes les seuls en France à tout maîtriser », assure Honoré Durand fils. Un savoir-faire précieux, dans la lignée de la devise : « Un homme, un couteau. » Ici, pas de robots, ni de machines automatisées.

Concurrence asiatique

« 20 000 sont confectionnés par an, de 50 à 3 000 € pour les produits de luxe. 5 % de notre production est exportée dans le monde. Nous souffrons de la concurrence asiatique (absence de marque déposée du couteau Laguiole), de la crise, et de la conjonction d'un dollar fort et d'un euro faible », explique le co-gérant Honoré Durand fils, fait maître-artisan en art coutelier en 2010.

La Coutellerie a reçu 180 000 personnes en 2009. « Les visites gratuites du magasin principal (ZA La Poujade) sont une priorité, pour la découverte du métier (musée, atelier, forge, conférence sur l'histoire du couteau en amphithéâtre). Août est le mois le plus intense. Par contre, l'hiver, le monde ne se presse pas avec la neige. Dans cette Aveyron authentique, l'état des routes et l'isolement et nous défavorisent », poursuit le gérant Honoré Durand. Des propos coupants pour un avis tranché.

Palmarès : entreprise du patrimoine vivant 2008 (prix national), trophée de la vente à distance du grand Sud-ouest 2005, 1er prix national Mercure d'or Paris 2002, prix artisans et métiers d'arts de l'an 2000 (prix national), pris de la dynamique artisanale 1995 (prix départemental). Meilleur ouvrier de France en coutellerie 2007 : Jean-Michel Cayron.

 

Publié le 05/03/2011 12:16 | La Dépêche du Midi

De fines lames au lycée d'Aubin

La plate-forme technologique bois du lycée aubinois au service du couteau de Laguiole./Photo DDM.

Face à la concurrence tous azimuts, les entreprises développent des politiques d'innovation originales. C'est aujourd'hui le cas de la plate-forme technologique du lycée des métiers du bois et de l'habitat, basé à Aubin, qui met tout son savoirfaire au service de la coutellerie des Forges de Laguiole.

Le but de l'opération consiste, non pas à fabriquer en série, mais plutôt, selon Didier Youf, le chef des travaux du lycée, « à assurer la maîtrise technique des procédés de fabrication des plaquettes en bois situées de part et d'autre du manche des couteaux de Laguiole ».

À l'instar d'un bureau d'études, le personnel pédagogique de l'établissement aubinois a planché sur les différentes étapes de ce challenge : de la découpe au ponçage en passant par l'ajustage millimétré des différentes essences de bois qui parent ce symbole de l'artisanat aveyronnais.

« Quantité limitée

« Les essais en cours se révèlent fort concluants », se réjouit Didier Youf, sous sa casquette d'animateur de l'unique plate-forme technologique bois de Midi-Pyrénées.

Dénouement logique de ce partenariat, « une fois les techniques d'usinage assimilées, nos lycéens en fabriqueront une quantité volontairement limitée à des travaux pratiques », poursuit le même.

Le programme « plaquettes de couteaux bois » mené à bon port, il suffira ensuite aux responsables de production de l'unité nord aveyronnaise de prendre livraison du « bébé » assorti de son trousseau. En l'occurrence ses plans, ses procédés techniques de fabrication sur machines à commandes numériques et l'inventaire détaillé du matériel spécifique à sa production à grande échelle.

 

Publié le 02/03/2011 10:42 | La Dépêche du Midi

Espalion : à propos d'Annat et du laguiole

Une conférence va être proposée autour de la belle histoire du couteau laguiole./Photo DDM

Joli succès pour l'Union des associations Culture et Patrimoine d'Espalion, et la conférence « Le Rouergat et le jeune roi » donnée par Yves Palobart. Une soirée à la rencontre de François Annat, né à Estaing, qui fit ses humanités à Rodez et son noviciat à Toulouse : premier livre pour défendre « la théologie du libre arbitre », rôle de ce Rouergat nommé confesseur du jeune Louis XIV ; un confessorat mouvementé (1654-1670), soulignant l'intime complicité des deux hommes face au jansénisme.

Le public, étonné de n'avoir jamais entendu parler de la vie extraordinaire de leur compatriote, souhaitait donner enfin à François Annat la place qu'il mérite dans la culture rouergate ou son nom à quelques rues ou places…

« L'homme des lumières secrètes » (qui raconte la vie extraordinaire de François Annat) peut se découvrir, à Espalion : librairie Pont virgule, Maison de la presse ; à Estaing : point presse au café du Lac ; consulter : francois-annat.blogspot.com ou edition-aburadou.fr. Après les conférences de Paris, Rodez et Espalion, la prochaine sera organisée par la médiathèque d'Estaing, le vendredi 25 mars.

Le laguiole démystifié

L'Union des associations Culture et Patrimoine d'Espalion recevra, le samedi 5 mars, à 20 h 30, salle de la Gare, Christian Lemasson, ethnographe, pour une vidéoconférence sur l'histoire du couteau de Laguiole. L'histoire des couteliers du nord Aveyron, revisitée au gré des nouvelles découvertes, nous sera présentée. Christian Lemasson tord le cou à certaines légendes sur l'origine du célèbre couteau et de sa naissance. La réalité n'est pas moins belle. Après la conférence, l'auteur dédicacera son livre.

 

Publié le 12/02/2010 09:24 | La Dépêche du Midi

L'Aveyron en force avec ses couteliers

Tristan Lassère, Jean-Michel Cayron, Stéphane Rambaud, Serge Cecon, Benoît Mijoule, les couteliers admis en finale. Photo DDM

Les 18 et 19 janvier dernier, les candidats couteliers, au titre d'un des meilleurs ouvriers de France, participaient aux épreuves qualificatives à Thiers. Ils devaient pour cela présenter au jury des pièces démontrant qu'ils maîtrisaient parfaitement l'art coutelier. Voici la liste des candidats admis en finale en coutellerie : Jean-Michel Cayron (couteaux de table) et déjà MOF en couteaux de chasse, Serge Cecon (couteaux de chasse), Tristan Lassère (couteaux de table), Benoît Mijoule (couteaux de chasse), Cyrille Manelphe (couteaux de chasse) et Stéphane Rambaud (couteaux de chasse). Ainsi, avec six candidats couteliers dont cinq de Laguiole, autorisés à participer aux épreuves finales, l'Aveyron est le département le mieux représenté dans cette classe.

Le commissaire départemental et les membres du COET 12 sont heureux et fiers des résultats obtenus par ces candidats en route vers l'excellence professionnelle. Les candidats recevront prochainement les sujets pour réaliser leurs chefs-d'œuvre. Ils auront jusqu'en mai 2011 pour réaliser des pièces d'exception et ainsi tenter d'entrer dans le cercle restreint des titulaires du titre des meilleurs ouvriers de France.

Certains ont exprimé leurs craintes de voir l'examen dévalorisé par la modernisation inévitable qu'il fallait apporter. Les premières constatations démontrent tout le contraire, pour exemple, dans l'ancien système, un coutelier réalisait trois pièces en environ 18 mois. Avec les nouvelles modalités, ce même coutelier doit réaliser deux pièces pour l'épreuve qualificative en environ six mois, puis, s'il est admis en finale, il devra réaliser ses chefs-d'œuvre en un an et, de plus, démontrer son savoir-faire au public lors de l'Exposition nationale du travail.

Souhaitons qu'une majorité de candidats toutes spécialités confondues puisse participer à l'Exposition nationale du travail qui clôturera cette session et qui se déroulera en mai 2011, à Clermont-Ferrand.

Après des années d'absence et un renouveau depuis le 23e concours avec deux lauréats, l'Aveyron doit enfin trouver la place qui lui revient au sein de l'excellence nationale.

 

Publié le 18/01/2010 15:53 | Relaxnews

Le couteau Laguiole fête ses 180 ans avec une édition spéciale

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La manufacture Arbalète Genès David a créé une édition spéciale de son couteau Laguiole pour célébrer les 180 ans de son modèle. Produit en édition limitée, ce "Laguiole 180 ans" est réalisé en acier carbone et utilise des pièces issues des années 40. Le couteau Laguiole est apparu en 1829, devenant un objet d'art de la table, synonyme de goût et de perfection.

Le couteau Laguiole a été créé par Pierre-Jean Calmels en 1829. Pour son époque, ce couteau est une véritable petite révolution dans le monde des objets d'art de la table car il est le premier modèle fermant à cran forcé. Le nom Laguiole ne désigne pas une marque mais plutôt la forme du couteau.

La manufacture Arbalète Genès David est l'une des plus anciennes maisons à fabriquer ce modèle. Son édition "180 ans" pour l'anniversaire du Laguiole allie des pièces vieilles des années 40 à la technique innovante de lustrage et de brossage. Sa lame est en acier carbone, son mitre en laiton et son manche en pointe de corne.

Quelque 180 exemplaires ont été fabriqués à la main, sont gravés et numérotés. Compter 390 euros pour cette édition spéciale, disponible sur la boutique Laguiole de la manufacture.

 

Publié le 17/12/2009 14:25 | Les élèves de DP3 du collège de la Viadene.

Quand coutellerie rime avec écologie.

Situé à Laguiole dans l'Aveyron, la Forge, fabrique des couteaux depuis 1987.

Une entreprise où l'écologie est une éthique. Dans l'immensité du plateau de l'Aubrac entre bois et prairies, s'élève un étrange bâtiment. Au loin, une grande lame paraissant relier ciel et terre, annonce la forge. Installée dans un cadre qu'elle désire protéger elle est dirigée par monsieur Moysset. Dans chaque atelier il présente plaisamment les quarante étapes du désormais célèbre couteau de Laguiole. « Nous utilisons très peu d'instruments de

mesure, raconte-t-il, le coup d'œil, la précision et le toucher sont des qualités indispensables pour mes monteurs, polisseurs, estampeurs, émouleurs, guillocheurs, scieurs et autres forgerons et couteliers d'art ».

L'écologie est dans cette structure moderne, un véritable cheval de bataille.

Fier de lui, Monsieur Moysset explique : « Avec 80 employés, nous ne rejetons pas plus de déchets qu'une famille de quatre personnes! » Puis il enchaine: « Ici la plupart des matières premières sont achetées localement pour être transformées sur place. »

En effet, tous les déchets sont recyclés, comme l'acier et les autres métaux ou transformés : la corne et les os en engrais.

En sortant, l'air vif et le grand calme de l'Aubrac ont du mal à nous faire oublier les odeurs des métaux, chauds ou froids, et les bruits des outils et machines qui résonnent encore dans nos têtes. En montant dans le bus les senteurs épicées des essences de bois ne nous ont toujours pas quittées, la radio annonce le prochain sommet de Copenhague sur l'écologie, une date à retenir.

 

Publié le 16/07/2009 10:11 | La Dépêche du Midi

Laguiole combat la contrefaçon

La coutellerie Honoré Duran s'est engagée pour le respect d'une qualité authentique.

Chez Honoré Duran, la haute qualité est un sacerdoce. Photo DDM.

Stop à l'arnaque. Le musée du couteau Laguiole et la coutellerie Honoré Durand, à Laguiole, accueillent depuis hier le public à l'exposition « Contrefaçon, sans façon ! ». D'année en année, cette exposition réalisée par l'Institut national de la propriété industrielle avec le concours de l'Union des fabricants et des constructeurs automobiles s'enrichit de nouvelles collections. C'est que pour les couteliers, comme pour les industriels, la contrefaçon est un fléau international. L'exposition participe à la lutte en sensibilisant un large public à ses méfaits. Non seulement elle nuit à l'économie en détruisant chaque année plusieurs dizaines de milliers d'emplois ; mais les contrefaçons peuvent aussi nuire à la santé des consommateurs et les mettre en danger (médicaments, lunettes, pièces détachées). Cette année, l'exposition de Laguiole présente une collection de produits artistiques de contrefaçon (Botero, Miro, Gallé…). De nombreux objets vrais et faux sont exposés : pièces automobiles, parfums, DVD. Honoré Durand a fait de ce combat une affaire personnelle justifiée par la défense des intérêts du couteau aveyronnais. En cette année de crise, les couteliers ont souffert ; de quoi renforcer leur combat contre la concurrence déloyale qui les parasite et qui mine leur activité.

Le fléau du couteau

Importés par milliers, ils arrivent à 1 euro du sud-est asiatique et ils sont revendus de 10 à 25 fois plus dans certaines boutiques, ou - par lot - sur les marchés de toute la France. Les faux laguiole sont devenus la plaie des couteliers aveyronnais, lesquels sont victimes sont de l'absence de protection de la marque. Nombre d'entre eux se sont mis d'accord sur un système d'étiquetage qui défend la production locale - « Fabriqué en Aveyron » - mais celui-ci reste peu connu des consommateurs et ne constitue pas une barrière suffisamment puissante face à la guerre des prix. Reste le créneau de la qualité, où les Aveyronnais excellent.

 

Publié le 16/02/2009 08:28 | La Dépêche du Midi

La Forge célèbre les 100 ans de son couteau

La célèbre entreprise de Laguiole a imaginé quatre couteaux d'exception et prépare une grande fête, au mois d'août.

Un travail minutieux réalisé par Virgilio Munoz Caballero dans son atelier de La Forge de Laguiole. Photo DDM, S. Ferrer.

En 1909, à Laguiole, un coutelier décidait d'apposer une abeille sur son couteau. Depuis, cette dernière s'est forgé une réputation qui a largement dépassé les frontières. Gage d'authenticité, elle fait aujourd'hui la fierté de ceux qui ont su préserver ce savoir-faire. Aussi, la Forge de Laguiole a décidé de rendre hommage à cette abeille qui fête aujourd'hui ses 100 ans. Et l'entreprise a souhaité donner à ce centenaire un éclat tout particulier en imaginant quatre couteaux d'exception. Ciselés, sculptés, ces objets sortent des mains désormais célèbres de Virgilio Munoz-Caballero, meilleur ouvrier de France, et de Stéphane Rambaud. Et tous les deux mois, pendant une année, cinq autres couteaux numérotés seront imaginés et créés par les deux artistes de la Forge. Une collection complétée par le couteau du centenaire. D'un prix de 250 €, il est fait d'une belle corne noire d'Aubrac et d'un manche à la courbe élégante surmonté d'une abeille en ivoire de mammouth, sculptée dans la masse. La lame brut de forge est passée à l'émoulure, pratique qui consiste à l'aplatir et à l'aiguiser sans la presser.

« Les joyaux de l'abeille »

C'est le premier des quatre pièces d'exception. Pour ce couteau au manche en pointe de corne noire clouté de saphirs roses et à la lame forgée en acier inoxydable, Stéphane Rambaud a imaginé une abeille avec des yeux de diamant, des ailes en pierre semi-précieuse de couleur verte et un corps de tourmaline rose (3 897 €).

« Et si c'était vrai » a été réalisé par Virgilio Munoz : une abeille sculptée dans la masse en acier du ressort, qui s'encastre au prolongement du guillochage qui décore le manche (1 456€).

« Forge de laguiole prend son envol » est un couteau pliant imaginé par Stéphane Rambaud, orné d'une abeille mécanique aux ailes en laiton doré. Les ailes sont repliées lorsque le couteau est plié, déployées quand le couteau est ouvert (5 349€).

« Un détail qui change tout » est le nom de cet autre couteau créé par Virgilio Munoz. L'abeille est installée en position inversée à la hauteur des mitres, tandis qu'une kyrielle d'abeilles sont ciselées sur le guillochage. Le manche est en buis de couleur miel (1 067 €).

Fête en août

En marge de ces créations, Thierry Moysset, gérant de La Forge, annonce une grande fête qui se déroulera en août. Il prépare aussi un « événement surprise » pour le mois de mai, quelque chose de jamais fait qu'il préfère, pour l'instant, garder secret. En attendant, les célébrités se précipitent déjà pour acquérir ces pièces précieuses : deux couteaux ont été vendus à Jean Todt, très attaché à l'Aveyron, et à Édouard Baer, et un autre est commandé par le baron Bic.

 

Publié le 06/02/2009 10:30 | Christine Roth-Puyo

Le beau savoir-faire des couteliers du Grand-Sud

Le Laguiole est le plus connu d'entre tous. Dans son sillage, ils sont des dizaines à marquer la région de leur empreinte.

A Espalion, la fabrication du Laguiole « Concorde ». Photo AFP A

Donner un couteau dit-on, c'est perdre le pouvoir qu'il représente et prendre le risque de couper l'amitié. Sauf à recevoir un sou en échange. En laisser tomber un à terre présagerait d'une visite dans le foyer…

En la matière, les maximes ne manquent pas, le couteau exerçant depuis toujours un intense pouvoir de fascination sur l'homme. Au point de le rendre diablement superstitieux et tout aussi inspiré.

La longue lignée de couteliers que compte la France en témoigne. Depuis la nuit des temps, ils n'ont de cesse de forger sa lame, de sculpter son manche et de s'épuiser jusqu'à trouver son juste équilibre pour l'adapter à son environnement. L'histoire du « Laïole » en est le plus bel exemple.

Né sur le plateau de l'Aubrac, il est devenu une des cartes de visite maîtresses pour la Région Midi-Pyrénées.

Son abeille et son manche en forme de corne de taureau ont traversé bien des frontières. La poésie trottinant à ses côtés. D'aucuns disent que si l'on regarde le manche d'un Laguiole formé de deux pièces, lame et tire-bouchon, on le définit façon « jambe de femme ». Si la mitre du bas est concave, elle a l'aspect d'une chaussure à talon aiguille avec le mollet féminin.

Dans cette histoire d'homme, la femme n'est jamais bien loin. Dernière preuve en date ? L'aventure de Jean-Pierre Mutter et de son « Toulousain ».

En se mariant à une Toulousaine en 1996, ce Nîmois a non seulement promis amour et fidélité mais, à la demande de sa future femme, il a dû ajouter un avenant au contrat : la promesse de réaliser un jour un couteau en l'honneur de cette Ville rose qui l'avait adoptée. Trois ans de travail ont été nécessaires avant de commercialiser en juin 2008 le premier modèle du « Toulousain ».

Sur son manche, il arbore une gravure en bois du célèbre Pont-Neuf et une croix occitane plaquée or fait la jonction avec la lame forgée dans le meilleur acier du monde, de l'inox suédois.

Le Toulousain vient grossir la production fertile des couteaux nés des entrailles régionales. Le Monségur, le Capucin ancêtre magnifique du Savignac, le Berger, le Boule, l'Ariégeois, l'Agenais, le Saint-Amans, le Sauveterre, le Corèze, le Tarbais, le Manant, le Lou Lauzas, le Montagne Noire, le Nontron… Ici, pas une terre, pas un pays qui ne soit marquée de l'empreinte de son outil.

Sans lui, l'homme ne serait probablement pas ce qu'il est. Il est d'ailleurs vraisemblable que c'est en taillant des rognons de silex pour les rendre coupants qu'il s'est aperçu qu'il produisait des étincelles et qu'il parvint ainsi, il y 600 000 ans, à maîtriser le feu.

Depuis, le couteau n'a plus quitté sa poche. Il s'est décliné dans tous les matériaux et à toutes les sauces. Sans jamais oublier que derrière sa beauté se cachait une arme à double tranchant.

 

Publié le 04/02/2009 21:14 - Modifié le 04/02/2009 à 21:46 | © 2009 AFP

Un peu de Concorde dans des couteaux, Laguiole aiguise le mythe

Couteaux Laguiole en forme de Concorde, et contenant des morceaux de métal de celui-ci, le 2 février 2009, sur un établi de l'entreprise Laguiole en Aubrac. Rémy Gabalda AFP

Marier le traditionnel couteau Laguiole et l'alliage sophistiqué du Concorde, c'est le pari réussi du coutelier Laguiole en Aubrac qui ne sait plus où donner de la tête pour répondre aux commandes des fanatiques du supersonique de légende.

L'idée de faire des couteaux avec des morceaux de Concorde a surgi pendant une vente aux enchères de pièces détachées de l'avion, en septembre 2007 à Toulouse. Venu pour s'acheter un petit souvenir, Christian Valat, patron-fondateur de Laguiole en Aubrac, est reparti avec un ailevon (volet arrière) enlevé pour 23.000 euros.

"Ramené au kilo, c'est le prix de l'ivoire d'éléphant", observe-t-il en examinant un exemplaire du Laguiole Mach 2, tout juste sorti de l'atelier.

Pour l'occasion, le Laguiole s'est effilé afin de se rapprocher des lignes épurées du Concorde. La lame a été percée de plusieurs trous représentant les hublots et une encoche pour le cockpit.

La lame reprend la forme de l'appareil en configuration de vol, alors que sur le manche on retrouve la position de stationnement, la tête recourbée vers le bas.

La traditionnelle abeille, sceau des couteaux Laguiole, est entièrement constituée d'AU2GN, alliage proche de l'aluminium spécialement conçu pour le Concorde, et elle a pris une forme minimaliste inspirée de l'aile de l'avion.

Sur le manche, une autre pièce du Concorde est plaquée, mais la lame et l'armature restent en acier.

Sur le bureau de Christian Valat à Espalion, les lettres de remerciements s'empilent, dont une invitation à Marseille pour rencontrer André Turcat, le pilote d'essai du Concorde.

"Je ne pensais pas que le Concorde était un tel mythe. Je n'arrête pas de recevoir des commandes et des lettres. Je ne vais malheureusement pas pouvoir répondre à toutes", témoigne ce passionné du Concorde autant que de son Aubrac natal.

"Tous ceux qui ont travaillé de près ou de loin sur le Concorde en ont acheté un. J'ai aussi reçu beaucoup de commandes de femmes qui voulaient l'offrir à leur mari", poursuit le volubile chef d'entreprise, également actionnaire majoritaire de la Forge de Laguiole, le concurrent.

L'alliage du Concorde, "c'est un métal difficile à travailler, conçu pour résister à des efforts mécaniques importants et qui se dilate. C'est un casse-tête car tout est fait à la main", explique Pierre Martin, un des concepteurs du "Laguiole origine Concorde".

"L'idée du hublot, ajoute-t-il, est venue comme ça, à l'apéro sur un coin de comptoir".

Il y a suffisamment de matière première dans l'atelier pour fabriquer entre 5.000 et 6.000 couteaux. Chaque pièce (80 euros le coupe-papier, 440 euros pour le coffret de six couteaux de cuisine) est vendue avec un plan du Concorde, certifié par huissier, sur lequel figure l'emplacement de la pièce d'origine.

Lors de la vente aux enchères, l'Aveyronais a acheté des supports-moteur et cabine, une partie d'un frein, en titane, mais les techniciens n'ont pas encore trouvé de solution pour la découpe.

"Si j'ai réussi à acheter, c'est parce que je suis allé à la vente du dimanche à 08h00 du matin. Avec le décalage horaire, les Américains dormaient, les Japonais aussi, c'est le seul moment où c'était à peu près accessible", raconte Christian Valat.

En cette période traditionnellement creuse, les ouvriers de la coutellerie peuvent se consacrer aux couteaux Concorde, à quelques semaines du 40e anniversaire du 1er vol d'essai, le 3 mars 1969.

 

Publié le 20/01/2009 18:58 | La Dépêche du Midi

Acier, bois, corne, l'ABC du coutelier

L’entreprise "Laguiole Tradition" utilise pour la fabrication de ses fameux couteaux des matériaux qui marquent son originalité. Immersion dans un monde où la lame et les histoires sont méticuleusement aiguisées. La crise ne mettra pas le couteau sous la gorge de l’entreprise espalionnaise. Créée en 1992 à St Côme d’Olt avec deux salariés elle embauche aujourd’hui près de cinquante personnes. «Nous utilisons l’acier pour les lames, la corne et de nombreuses essences de bois pour les manches. Les bois comme l’amourette, l’ébène, le bois de rose, le gaïac proviennent d’importation principalement d'Amérique du Sud et le noyer, le houx, le buis, le genévrier sont fournis par des bûcherons locaux» nous explique Thierry Valat, chef d'atelier-coutelier. Il poursuit : «la corne quant à elle provient des zébus d'Afrique». La diversité de tous ces matériaux permet de proposer une gamme de couteaux très variée. Outre la couleur et la texture naturelle de ces produits, l'entreprise propose également des modèles originaux avec de la marqueterie.

De plus l'entreprise cherche sans cesse à développer de nouveaux modèles qui sont essentiellement créés par trois ouvriers. Dernièrement M. Valat a participé aux enchères du Concorde afin de récupérer des bouts d'aluminium nécessaires à la fabrication d'une gamme rappelant le célèbre avion. «Une fois les matériaux choisis, jusqu'à 216 opérations sont nécessaires pour arriver à obtenir un produit qui doit être vraiment parfait» explique encore Thierry.

La production est elle aussi très internationale puisque 70% des couteaux sont vendus à l'étranger comme à Londres, Tokyo et au Canada, les 30% restant étant commercialisés en direct ou dans leurs propres magasins à Paris, Chamonix, Saint Emilion et Rodez.

Les 3ème D.P. Collège L.Denayrouze Espalion.

 

Publié le 27/08/2008 09:49 | Sylvie Ferrer

Un laguiole d'exception pour un émir du Golfe

Après un couteau à 67 000 € pour une princesse, La Forge en conçoit un autre au budget… illimité.

Virgilio Munoz ne réalise que des couteaux d'exception, de vingt à cinquante pièces par an. Photo DDM, Viviane Laporte.

Tout le monde, en Aveyron, connaît la Forge de Laguiole et sa réputation de savoir-faire. Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est que l'entreprise travaille désormais pour le monde entier, notamment dans le domaine du luxe. La dernière commande en date vient ainsi d'un fils d'émir du golfe, qui souhaite offrir un sommelier à son père. « Cet homme nous a contactés après avoir vu une émission à la télé, alors qu'il était en France. La seule piste dont nous disposons est que cet émir est un grand amateur de vin. Maintenant, c'est à nous de creuser, de nous renseigner sur ses goûts, ses passions », explique Thierry Moysset, PDG de La Forge, qui poursuit : « Pour épater ces personnes-là, il faut des matières les plus simples possible. Elles veulent une pièce unique, faite par quelqu'un d'unique. C'est ça le luxe ».

Aucun délai n'a été imposé pour la réalisation de ce sommelier. « Nous ne sommes plus dans l'achat de consommation, il s'agit d'un achat guidé par le plaisir », poursuit le responsable. La Forge a donc du temps pour réfléchir à cette pièce d'exception. Et de l'argent puisque le budget est indifférent.

Un couteau à 67 000 €

Peut-être le prix de ce sommelier dépassera-t-il le record enregistré par l'entreprise de l'Aubrac qui, en 2007, a réalisé un couteau pour une princesse en exil à 67000 €. « Cela a été notre plus grosse commande. Nous avions été consultés par un monsieur qui a visité l'entreprise. Après deux mois de silence, la commande est arrivée », confie Thierry Moysset. Un couteau arabisant - avec une double platine sculptée dans laquelle s'incruste le manche, une mitre en or, des pierres précieuses - est ainsi sorti de l'atelier de Virgilio Munoz Caballero, sacré meilleur ouvrier de France en 1986, qui, avec Stéphane Rambaud, se consacre exclusivement à ces couteaux d'exception. La gravure et la sculpture sont ses passions, qu'il assouvit avec une incroyable dextérité. « Plus c'est difficile, plus je me régale. Lorsque je me fixe un but, il faut que j'y arrive par tous les moyens », sourit-il.

Lui et son collègue réalisent de vingt à cinquante pièces par an. Salarié de l'entreprise depuis 1994, Virgilio est sur le point de terminer une commande un peu spéciale également, trois couteaux, dont un gigantesque et agrémenté de fils d'or torsadés, pour un total de 50 000 €.

Ces commandes prestigieuses, qui demandent de trois jours à un mois de travail pour un couteau, ne font toutefois pas tourner la tête de Thierry Moysset : « Ce n'est pas un exploit. L'exploit, c'est de toucher des gens, de leur donner du rêve. Du 100 % Laguiole, du 100 % main ». Il est vrai qu'à La Forge, on ne fait pas les choses à moitié : toutes les pièces sont fabriquées sur place, les couteaux sont sertis à la main et chaque monteur les réalise de A à Z. Une succession de tâches impressionnante qui débute autour de la forge pour se terminer au contrôle, où aucun défaut n'est négligé. De même, tous les matériaux utilisés viennent de l'Aveyron, qu'il s'agisse du bois ou du cuir. « Nous défendons ainsi ce que l'on est, en allant jusqu'au bout », se félicite Thierry Moysset.

Un livre sur La Forge

«Forge de Laguiole, voyage au centre d'une légende»: c'est le titre du livre qui va paraître, le 5 septembre, aux éditions Au fil du temps. Plus qu'un ouvrage sur La Forge, c'est un hommage à l'Aubrac que rendent Patrice Thébault, photographe, et Philippe Gagnebet,qui a écrit les textes. Ce livre sera en vente à partir du 7 septembre, au prix de 19,50€.

Sarkozy, Barnier, le prince Albert…

La Forge de Laguiole ne manque pas d'exemples pour illustrer son savoir-faire. C'est ainsi qu'elle a aussi fabriqué un couteau sorti en série limitée, le premier des 170 exemplaires appartenant à Nicolas Sarkozy. Le prince Albert possède le second, Michel Barnier le soixante-quatorzième. « Le manche est fabriqué en os de bœuf d'Aubrac trempé dans du thé d'Aubrac et l'étui, fabriqué par Max Capdebarthe, de Sauveterre, est en cuir de vache aubrac. Ce couteau, une copie d'un modèle de 1910, possède une lame en acier. Les 170 exemplaires, tous numérotés, ont été vendus en un mois. Cette pièce, qui lui a été remise au dernier Salon de l'agriculture, symbolise tout l'Aubrac et son histoire, c'est ce que souhaitait le Président », confie Thierry Moysset. Édouard Baer, Jean Todt, le fils du baron Bic, sont aussi des clients de La Forge. Ainsi qu'Anne-Sophie Pic, meilleur chef français en 2008. Onze couteaux de l'entreprise de l'Aubrac sont d'ailleurs chez les douze premiers trois étoiles Michelin. « Toutes les pièces, celles d'anonymes comme celles de gens célèbres, ont pour moi autant de valeur qu'un objet à 60 000 €. La Forge, c'est ça », insiste le chef d'entreprise.

Le savoir-faire de La Forge a été récompensé, fin 2007, par le label « Entreprise du patrimoine vivant », décerné par le secrétaire d'état chargé des entreprises et du commerce extérieur. Et le 5 octobre, il recevra le prix Janus de l'industrie décerné pour le couteau créé par Olivier Gagnaire, designer parisien, à l'intention de Pierre Gagnaire qui a ouvert des restaurants à Séoul.

 

Publié le 01/12/2007 07:29 | Marie-Christine Bessou

Yannick Jauzion visite la Forge de Laguiole

Le rugbyman de l'équipe de France apprécie les couteaux.

D'une grande simplicité, d'une extrême amabilité, les yeux bleus captivés par ce qu'il voit, le rugbyman Yannick Jauzion, l'un des meilleurs ouvreurs au monde, a promené hier sa grande carcasse chaloupée de 1m93 dans les ateliers de la Forge de Laguiole. Une visite qui a réjoui les 96 salariés de l'entreprise que dirige depuis avril dernier, Thierry Moysset. Venu plusieurs fois à Nasbinals pour des préparations physiques, le joueur du Stade toulousain a été séduit par l'Aubrac, Laguiole et ses couteaux.

« Mes parents, exploitants de brebis, livrent le lait à la société Roquefort et chez nous tout le monde connaît le Laguiole. C'est un produit noble. Les ouvriers effectuent un travail minutieux, de la véritable orfèvrerie. La passion de ceux qui le polissent transparaît sur l'objet qui est une véritable œuvre d'art », raconte, passionné, l'international de rugby. Hier, Yannick Jauzion, ingénieur de formation, s'est totalement imprégné du produit et un travail en collaboration avec la Forge est envisageable. Mais pour l'instant, les deux hommes restent secrets sur leur projet et ses modalités. Et Thierry Moysset de conclure qu'il est important que des gens extérieurs, comme le castrais aux « valeurs saines », s'intéressent au couteau de Laguiole.

 

Publié le 15/11/2007 15:42 | La Dépêche du Midi

Coutellerie : Grande première sur l'Aubrac.

Laguiole : Jean-Michel Cayron meilleur ouvrier de France DDM

Pour la première fois depuis la naissance du couteau de Laguiole, un fils originaire du village, Jean-Michel Cayron, 35 ans, est nominé meilleur ouvrier de France en coutellerie. « Dans cette catégorie, depuis trente ans, ce ne sont que huit meilleurs ouvriers de France qui ont été nominés », note avec fierté son employeur, Honoré Durand, de la coutellerie de Laguiole.

Le jeune artisan a passé presque toute une année à fabriquer les trois couteaux qu'il fallait présenter au concours : un couteau de chasse à lame fixe de 320 mm de longueur, un couteau fermant multipièces (lame, scie, lame à éviscérer et tire-bouchon) et un troisième couteau libre à l'initiative du candidat pour lequel Jean-Michel était inspiré par un ancien modèle de couteau de Châtelrault.

Pour chaque création, le jury évaluait les détails d'exécution qui devaient faire preuve d'une technicité irréprochable - finition, ajustage ou fonctionnement - et coter également la créativité et l'aspect esthétique de chaque œuvre.

L'artisan artiste

La créativité a été toujours un compagnon constant de Jean-Michel Cayron qui même en tant que gamin aimait toujours dessiner. « J'ai une chance incroyable d'avoir trouvé un travail dans ma passion de créer », confie-t-il.

Après sa scolarité à Laguiole, Jean-Michel descend à Rodez où il obtient un bac électrotechnique et ensuite un BTS en mécanique et automatisme industriel qui allait l'emmener dans un milieu industriel. Mais un désir de rester dans son pays natal et travailler dans la coutellerie lui semblait un meilleur chemin. En 1994, il intègre La Coutellerie de Laguiole pour une formation. Dans ses premières rencontres avec le couteau, il est accompagné par un maître de formation, Dominique Biondi, et « le jeune artisan a rapidement franchi les échelons pour arriver au plus vite tout en haut de l'échelle », dit Honoré Durand.

Le chef-d'œuvre exposé à Lyon

Son chef-d'œuvre reste exposé jusqu'au 18 novembre à la cité-centre de congrès de Lyon, où s'est tenu le concours cette année. En début 2008, il y aura la remise des médailles à la Sorbonne et une belle réception à l'Élysée. évidemment heureux de participer dans ces événements et comblé de joie d'être un MOF, Jean-Michel Cayron note que ce qui compte le plus pour lui c'est « de pouvoir arriver tous les matins à l'atelier pour faire le maximum de belles choses ».

 

Publié le 20/04/2007 19:00 | La Dépêche du Midi

Le couteau de Laguiole sauvé

Le tribunal de commerce de Rodez a accepté l'offre de reprise de la Forge de Laguiole par une holding composée de cinq repreneurs, dont deux couteliers. La manufacture Forge de Laguiole, créée en 1987 pour valoriser la fabrication du couteau de Laguiole, célèbre pour sa forme particulière et la qualité de sa lame, assure toutes les étapes de sa fabrication.

Thierry Moisset, ex-directeur d'une société aveyronnaise, prendra la tête de la holding, a-t-on indiqué auprès d'Aveyron Expansion, service économique du conseil général. La reprise devrait assurer la pérennité du couteau de Laguiole et les emplois qui lui sont associés, a-t-on indiqué de même source.

"Cette disposition donne la possibilité de lancer l'Association de défense du nom Laguiole", a observé Hubert Calmettes, directeur d'Aveyron Expansion.

Cette association aura "pour vocation de préserver le mot Laguiole de toutes les utilisations abusives" qui peuvent en être faites, a ajouté ce responsable évoquant les copies du couteau en Chine et au Pakistan. Elle permettra par diverses actions en justice, la marque Laguiole n'étant pas déposée, de la défendre "afin que ce nom ne soit pas galvaudé".

Le lancement de cette association, dont l'assemblée générale constitutive devrait se tenir avant l'été, avait été retardé en raison des difficultés financières de La Forge de Laguiole. "Désormais on peut remettre le couvert sur ce projet", a déclaré M. Calmettes.

Page réalisée à partir des sites ladepeche.fr et midilibre.fr

 

 

 

 

 

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