Grand Sud

11 novembre

Publié le 10/11/2011 11:44 | avec Agence

11-novembre : pourquoi c'est férié ?

11 novembre : en souvenir de tous / DDM

Le 11 novembre 1918, un armistice est signé entre les Alliés et l'Allemagne. Les combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918) prennent fin. Victorieux, les Alliés ont réussi à obtenir la capitulation de l'Allemagne. Français et Allemands peuvent enfin se regarder sans s'entretuer.

Signé à Rethondes, en forêt de Compiègne, l'Armistice (arrêt des combats) déclencha des scènes de liesses et de fraternisation au front comme dans toute la France. Le cessez-le-feu, effectif à onze heures, mit fin à quatre années de guerre qui avaient fait plus de 18 millions de morts et des millions d'invalides et de mutilés.

Journée du souvenir

Le 11-novembre est devenu au fil des décennies une des grandes dates de la vie commémorative française.

En 1920 apparaît l'idée de rendre hommage aux soldats morts pour la France mais non identifiés. Suite à une loi votée à l'unanimité par le Parlement, la dépouille mortelle d'un soldat inconnu, choisi parmi plusieurs autres dans la citadelle de Verdun, est placée, le 11 novembre 1920, dans une chapelle ardente à l'Arc de Triomphe, à Paris. Puis, le 28 janvier 1921, le soldat est inhumé sous l'Arc de Triomphe dans une tombe. Trois ans plus tard, le 11 novembre 1923, une flamme est allumée, par André Maginot, ministre de la Guerre. La flamme ne s'est jamais éteinte depuis, donnant au tombeau du Soldat inconnu une forte portée symbolique et politique.

C'est en 1922 que la date du 11-novembre devient officiellement, par la loi du 24 octobre 1922, un jour de mémoire. Grâce aux anciens combattants qui réussirent à convaincre le Parlement, la date devient fête nationale.

Jour férié, le 11-novembre avec son lot de cérémonies permet d'évoquer chaque année un épisode particulier de la Grande Guerre mais aussi de questionner et de mieux comprendre l'Histoire. La date est aussi un hommage aux anciens combattants et aux valeurs qu'ils ont défendues.

Cette journée de mémoire est observée dans toute l'Europe et dans les pays du Commonwealth. Aux Etats-Unis, sa commémoration a été étendue à tous les vétérans de guerre.

Et en Allemagne ?

Le 11-novembre n’est pas célébré en Allemagne et il n’est pas férié pour les institutions communautaires, pas plus que le 8 mai (qui célèbre la capitulation allemande en 1945). L’Allemagne n’a jamais compris que l’on continue à célébrer cet anniversaire. Si l'armistice marque la fin d’une guerre civile européenne, il est aussi une des causes de la guerre de 1939-1945.

En Allemagne, c'est le 9 mai qui est fêté, cette date anniversaire de la déclaration de Robert Schuman qui lança la construction communautaire en 1950. Alors à quand la fête de l’Europe à la place du 8 mai ?

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Publié le 12/11/2011 09:25 | Valérie Sitnikow

Journal du front d'un médecin toulousain

Michel Sicard feuillette les vieux carnets de son père Laurent / Photo DDM

Des carnets, des croquis, des cartes manuscrites, des photos, une correspondance riche de six cents lettres… la vie quotidienne des tranchées dans l'Aisne en 14-18, vue à travers le témoignage de ce médecin toulousain, a pu être reconstituée par sa famille. Un livre document, paru ces jours-ci.

1914. Laurent Sicard a vingt ans. Ce Toulousain en fac de médecine, est enrôlé dans le 417e régiment d'infanterie de Toulouse. Il est affecté dans l'Aisne, en première ligne. 2001, l'usine AZF explose. Un carton, oublié parmi des livres dans un appartement dévasté des Oustalous route d'Espagne, est découvert par hasard. Une demi-douzaine de carnets, six cents lettres, des photos, des croquis, des cartes… le quotidien au front de Laurent Sicard, devenu médecin à Saint-Lys, décédé en 1941, livre enfin ses secrets à sa famille. Son fils, Michel Sicard, prof de génétique à Paul-Sabatier à la retraite avec son épouse Nicole, ancienne directrice de recherche au CNRS, et Germain Sicard, son frère, ancien prof d'histoire en droit, ont passé ces dix dernières années à éplucher ces incroyables documents. « 1915-1918 : Un médecin toulousain, des tranchées de l'Aisne aux Monts de Champagne » est paru ces jours-ci. Ce modeste recueil, à compte d'auteur, livre cependant un témoignage inédit et apporte une réelle dimension historique à ce volet soissonnais de la première guerre mondiale…

« Il était sergent, médecin auxiliaire sur le front de l'Aisne entre 1915 et 1918. Deux fois blessé dans les tranchées, rentré en 1918, avant d'être à nouveau mobilisé en 1939-1940, et décoré par deux fois dont la médaille de la Légion d'honneur en 1940. Devenu le médecin de Saint-Lys, il est décédé en 1941 à Toulouse. Sans doute des suites de ses blessures. J'avais alors 9 ans »,

Michel Sicard, 79 ans, a l'œil humide lorsqu'il feuillette les vieux carnets, la photo jaunie de son père Laurent, posant fièrement dans sa capote à deux rangées de boutons et bandes molletières… « Mon père n'évoquait jamais les deux guerres. Nous avions quelques planches photos à la maison. Il avait ramené de nombreux clichés du front 14-18. Mais tout a basculé lorsqu'on a découvert ce carton… il y raconte l'horreur des tranchées, l'absurdité de la guerre, ses joies de soldat aussi parfois. Il était passé chez les Zouaves. Il relate la grande bataille du Mont Cornillet en mai 1917. « Une boucherie » qui diffère de la version officielle où 700 Allemands ont été tués. À l'aide d'une carte manuscrite des tranchées et des postes de secours qu'il avait dressé on a pu retrouver un ossuaire qui n'était pas répertorié ». C'est aussi cette nouvelle dimension de la Première Guerre mondiale qu'a rapportée dans ces carnets, ce médecin toulousain.

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Publié le 12/11/2011 14:21 | La Dépêche du Midi

Beaumont-de-Lomagne : Un Beaumontois dans le détachement français de 1917

Jules Fourcade, quatrième en partant de la gauche, lors de la dure conquête de Jéricho.

Tous les anciens Poilus sont aujourd'hui décédés. Pourtant leur mémoire reste figée sur les monuments aux morts et dans leurs familles. Heureusement, certains sont revenus soit blessés physiquement pour 20% d'entre eux mais la quasi-totalité que l'on retrouve dans des archives familiales. Le Beaumontois Jules-Antoine Fourcade a, pour sa part, réussi à se sortir de l'enfer. Né à Beaumont, en 1881, père d'un enfant né en 1908, il part au début de la guerre de 1914, tout est miraculeusement épargné par la boucherie de Bertix qui a vu disparaître un contingent tarn-et-garonnais parti dans la fleur de l'âge.

Deux mois d'abord à Marrakech

Il connaîtra les tranchées et le chemin des Dames. En 1917, suite au désastre des Dardannelles, le gouvernement français décide d'envoyer un détachement français en Palestine afin de contrecarrer l'influence anglaise sur le Moyen-Orient. C'est alors que Jules Fourcade va tout d'abord être envoyé 2 mois à Marrackech pour parfaire la connaissance du terrain. Il débarque à Port Saïd et une partie du détachement occupe les deux pôles du canal de Suez alors franco-britannique. C'est alors que la vie de Jules Fourcade va prendre une autre dimension. Il est affecté comme ordonnance auprès du colonel de Piepape, commandandant du détachement français, et comme dans le civil, il était maître d'hôtel, il aura la responsabilité partagée des réceptions où se trouvent souvent le général Allenby et le négociateur Georges Picot et peut-être le lieutenant Lawrence.

Ensuite, c'est la reconquête sur les Turcs de Gaza, Beyrouth, Jéricho et la reddition de Jérusalem où il entre avec Anglais et Français.

Cette période a été terrible en intensité et cruauté jusqu'à l'arrivée à Damas. Jules fut blessé deux fois par une balle turque et un éclat d'obus. Avec du recul et au fur et à mesure de l'avancée militaire, il apparaît que, dans les 120 cartes postales envoyées à son fils, Jules Fourcade a saisi les beautés de cette épopée, de cette remontée d'Egypte et surtout ce choc de culture Orient-Occident.

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Publié le 11/11/2011 09:00 | S.B.

Les poilus du Grand Sud sont tombés les premiers

Les communes de France (ici le monument aux morts de La Sauvetat de Saveres dans l'Agenais) rendront aujourd'hui hommage à leurs poilus./ DDM, J.-M.M.

Aujourd'hui, dans des centaines de communes du Grand Sud, on va célébrer le 97e anniversaire de l'armistice de la guerre 14-18. Même si les acteurs ont tous disparu, la mémoire de ce conflit majeur est toujours aussi vive et son empreinte marque notre temps.

L'historien Rémy Pech évoque, à l'occasion de ce 11 novembre, la Grande Guerre, qui a vu naître les prémices du monde moderne.

On commémore aujourd'hui la fin de la Grande Guerre. Quel est le tribut payé par le Sud-Ouest en 14-18 ?

Il est énorme. Il faut savoir que les paysans du Midi ont constitué l'essentiel de l'infanterie. Davantage que les artilleurs ou les marins, ce sont eux qui prenaient les obus sur la figure (lire ci-contre). Le taux de décès était de 25 %. Au total, sur 8 millions d'hommes mobilisés en France entre 1914 et 1918, 1.400 000 ont été tués et 4 millions blessés. La tranche de population des 20-30 ans a été largement décimée. Cela a représenté un énorme traumatisme pour la France et nos régions à dominante rurale. Il s'agit d'une véritable saignée qui explique en partie le pacifisme des années trente. Un pacifisme qui explique en partie la « drôle de guerre » pendant laquelle on a attendu qu'Hitler attaque en Pologne sans réagir, qui explique peut-être aussi le refus d'intervenir pendant la guerre d'Espagne.

Les régiments du Midi sont montés au front les premiers ?

Dès 1914, en effet, le 16e corps de Montpellier, le 17e de Toulouse et d'autres, sont montés en première ligne en Lorraine. De nombreux tués l'ont été au début de la guerre. Ils partaient au front avec leurs pantalons rouge garance et tombaient comme des lapins. Pour masquer les erreurs grossières de l'état-major, on a dit que les soldats du Midi étaient des couards, qu'ils n'étaient pas de bons soldats. C'est faux. Ils se sont défendus comme des lions, cela a été démontré depuis par les historiens.

Certains poilus se sont mutinés ?

En 1917, il y a une vague de mutinerie, notamment après l'offensive très meurtrière de Nivelle. En réalité, il y a eu plus de « fusillés pour l'exemple » en 1914 qu'en 1917. Face à la mort, au froid, à la boue, certains craquaient. Ils refusaient d'aller au combat, ils agressaient parfois des officiers. C'était le plus souvent des réactions de désespoir et les exécutions étaient mises en scène pour marquer les esprits. Combien y en a-t-il eu ? Quelques centaines. La plupart ne méritaient pas d'être fusillés. Dans les communes, leurs noms ont d'ailleurs été rajoutés sur les monuments aux morts et, depuis une dizaine d'années, on assiste à la réhabilitation de ces hommes. C'est une bonne chose.

Que représente pour vous le 11 novembre ?

Un devoir de mémoire. Mes deux grands-pères ont fait la guerre de 14 et ils en ont réchappé. Ils me parlaient des Allemands, jamais des Boches, et disaient à l'enfant que j'étais qu'ils n'avaient jamais tué personne. Oui, Il faut que nous tous, nous ayons une pensée pour ces hommes qui ont été les acteurs de cette terrible guerre.

Parmi les victimes : plus d'Aveyronnais que de Toulousains

Notre région a payé un lourd tribut à la guerre, et particulièrement dès les premiers combats, avec 162 334 morts recensés, originaires de Bordeaux à Montpellier en passant par Brive et Tarbes. Notamment :

Ariège : 8 000 morts

Aude : 9 500

Aveyron : 15 000

Corrèze : 13 756

Haute-Garonne : 12 800

Gers : 8 000

Gironde : 22 634

Hérault : 13 858

Landes : 11 750

Lot : 6 500

Lot-et-Garonne : 9 504

Hautes-Pyrénées : 6 307

Pyrénées-Orientales : 8 400

Tarn : 10 175

Tarn-et-Garonne : 6 150.

Le refus d'une commémoration unique

Une phrase, extraite du message de Nicolas Sarkozy qui sera lu ce 11 novembre, met le feu aux poudres. Selon le président national de la FNACA, le Toulousain Guy Darmanin, elle ferait ressortir la perspective de la mise en place d'un « mémorial day », c'est-à-dire une proposition de commémoration unique pour tous les conflits. « D'abord, ce n'est jamais Sarkozy qui écrit ce genre de message. Cela nous a alertés. Même si Marc Laffineur, le secrétaire d'État aux Anciens combattants m'a téléphoné pour m'assurer du contraire, on craint que le président n'envisage une date unique. Il est impensable de vouloir supprimer des dates historiques qui ont marqué notre pays pour créer une journée unique du souvenir » précise-t-il. Pour le maire de Toulouse, Pierre Cohen, il est hors de question « d'alléger » les commémorations, « ces moments précieux où des générations se souviennent et réfléchissent ensemble aux attitudes qui ont permis l'horreur. « Les années passant, cela comporte un risque fort et intolérable de glissement vers l'oubli pour des milliers de Français morts pour leur pays» ,a-t-il précisé, hier, dans un communiqué.

Verfeil-sur-Seye : Denis Bach est mort à la veille de l'Armistice

Au petit cimetière de Verfeil-sur-Seye, Tarn-et-Garonne, une douzaine de roses en plastique garde la tombe de Denis Bach, bourrelier de profession et mort en soldat à Resna, Macédoine, le 28 octobre 1918. C'était quatorze jours avant l'Armistice. À bord d'une ambulance, il a succombé à une broncho-pneumonie grippale.

La bataille des Flandres, le Pas-de-Calais, Verdun, la Marne, la Somme, les Balkans, Denis Bach a tout connu de la Grande Guerre…

« Il est emblématique de ces soldats qui ont parcouru avec leur barda toute l'Europe à pied », raconte François Mathieu. Ce dernier est l'auteur, avec son fils Frédéric*, d'un livre témoignage sur la guerre où ont été enrôlés tous les fils de « cultivateurs » de la région : des sans-grades, moqués pour leur accent du Sud-Ouest. Encore comprennent-ils le français, ce qui n'est pas le cas de nombreux Bretons, par exemple.

Denis a déjà 30 ans lorsqu'il est mobilisé. Il avait fait son service militaire (2 ans) dans le régiment de zouaves envoyé en 1904 en Algérie, et à son retour, il avait repris son métier (le travail du cuir pour les licols et les brides) à Carmaux, à Montesquieu et à Verfeil, d'où il est appelé, comme des centaines du village le seront tout au long de la guerre. Verfeil, avec ses hameaux, compte alors 1 000 habitants, et selon une statistique morbide commune aux autres villages, il perdra 3 % de l'ensemble de sa population au front.

Denis est appelé dès la mobilisation générale d'août 1914 : incorporé le 13, il participe dès le 17 à la bataille des frontières, avant d'être envoyé à Ypres face à la grande offensive allemande en Belgique. Son régiment, le 80e d'infanterie, y perd 396 hommes : « C'est à la baïonnette et jusque tard dans la nuit que les Français doivent se battre », raconte Frédéric Mathieu. Denis Bach reçoit un éclat d'obus à la fesse. Envoyé en convalescence, il ne sera pas pour autant démobilisé, et on le retrouvera un an plus tard dans l'horreur de Verdun, des combats de la Marne et de la Somme. Il se retrouve même à l'automne 1918 face aux Bulgares dans les troupes franco-serbes. La fin de la guerre est en vue. Mais une autre catastrophe mondiale arrive : la grippe espagnole. Malade, Denis Bach meurt, sans avoir revu son village. P.M.

Pas de tombe pour Guillaume

Guillaume Lafuste fait partie de ces soldats sans sépulture dont le nom ne figure même pas au monument aux morts. Apprenti boulanger, Guillaume était le fils de la patrone du café de Saint-Sardos (Tarn-et-Garonne). Appelé dès les premiers jours de la guerre, il combat à Ypres, où il meurt , vraisemblablement l'année de ses 20 ans. La famille n'a aucune information sur le lieu ni les circonstances de sa mort.

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Publié le 11/11/2011 12:57 | Jean-Marc Guilbert

Castres : Le témoignage du sous-préfet sur 14-18

Colin Miège, sous-préfet, présentera photographies et documents lundi devant de nombreuses personnalités./Photo DDM

Le grand-père du sous-préfet de Castres était un poilu et, pendant la Grande Guerre, il a réalisé un millier de photographies sur le front. Aujourd'hui, Colin Miège veut partager ce témoignage d'une grande richesse.

Aujourd'hui à Castres, le sous-préfet de la circonscription Colin Miège sera dans son uniforme de représentant de l'Etat pour participer aux commémorations du 11 novembre. Mais cet homme passionné d'histoire porte avec lui depuis de longs mois un travail de témoignage personnel autour de son grand-père Désiré Sic et la Grande Guerre.

Dans la maison familiale située dans les Alpes de Haute-Provence, le sous-préfet a retrouvé une malle remplie de documents appartenant à son grand-père et surtout un millier de photographies environ prises par le Poilu tout au long de la guerre : « Il s'était engagé dans l'armée en 1910 comme sapeur mineur et va intégrer un régiment du Génie. Après le Maroc, il va se trouver sur la ligne de front en France. Et il obtiendra de son Général l'autorisation de prendre des photographies. »

Les clichés que Colin Miège présentera lundi soir à des personnalités de la région sont d'une incroyable qualité. Le sous-préfet a numérisé les « stéréoscopes » de son aïeul pour les présenter. Désiré Sic, homme modeste, avait l'œil du photographe et même du reporter. Il met en scène les soldats, montre la réalité des campements, de l'armement ou des préparatifs au combat. Il saisit des clichés poignants, des convois de blessés ou même les fossoyeurs à l'œuvre. On y voit l'incroyable dureté des conditions de vie des soldats mais aussi des scènes de leur quotidien. De la bataille de la Marne au chemin des Dames, le sud alpin consignait dans de tout petits agendas son journal de campagne. Un vrai travail de documentariste qui montre à la fois des images et « de l'humain ». Cet ensemble cohérent pourrait faire l'objet de la parution d'un livre : « Je voudrais bien partager l'histoire de cet homme, mon grand-père, à la fois photographe et soldat. Un homme méticuleux qui notait tout et gardait tout. »

Une fois retourné « au pays », en 1933, Désiré Sic ne parlera plus jamais de la Guerre avec les siens. Mais il a laissé derrière lui ses images prises avec son « aléthoscope » que son petit-fils aujourd'hui sous-préfet, va pouvoir transmettre pour mieux faire comprendre ce qu'a pu être le vécu d'un homme qui a traversé la guerre 14/18.

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Publié le 11/11/2011 12:24 | Hélène Dubarry

Tarbes : Ces jeunes gens que la guerre a fauchés

Le monument aux morts de Campan, érigé en 1926, est l'un des rares en France à ne porter aucun symbole de guerre./ Photo DDM Laurent Dard.

Ils étaient jeunes, très jeunes parfois : 18 ans, 22 ans, 30 ans… On se les représente comme des papis ronchons ou radoteurs, pas toujours très drôles à ressasser leur guerre. À présent que le dernier poilu est mort, il n'y a plus personne pour raconter. Lazare Ponticelli s'est éteint à 111 ans. On imagine à peine qu'il a été jeune et que sa jeunesse s'est brûlée dans un enfer sans nom. Un enfer qu'aucun jeu vidéo n'inventera jamais. Un enfer qui est devenu une abstraction presque totale. Et pourtant… Ces listes interminables de noms gravés sur les monuments aux morts de nos villages, que l'on regarde distraitement, parlent, à ceux qui savent écouter, de gens qui ont à peine vécu, parlent des « d'jeuns » d'une époque pas si lointaine.

Jeunes de Visker

Des d'jeuns qui avaient envie de rire, de s'amuser, de faire la fête, de danser avec les filles du village. Derrière les noms alignés froidement sur la pierre, il y a des p'tits gars qui n'avaient rien demandé à personne et qui sont allés, par dizaines et milliers, se faire massacrer. Ces jeunes avaient un visage, un sourire, une identité qu'un homme n'a pas voulu oublier : Jean Lalanne, décédé il y a peu, a cherché ces jeunes de son village, Visker. Une étude minutieuse, que Robert Domec a reprise et publiée dans un petit fascicule, très émouvant, qui balaie plusieurs guerres, dont celle de « 14-18 ». On y découvre des prénoms aujourd'hui tombés en désuétude, des âges, des maisons de naissance et les circonstances qui ont fait que le nom est gravé. Jean-Auguste Abadie est né au village, dans la maison Payèze ; son père s'appelait Dominique, et sa mère Virginie. Le 25 septembre 1915, à 23 h 45, il est fauché par une rafale allemande et s'écroule dans la boue près de Tourbe dans la Marne. Il avait 22 ans. Hilaire Courtade, soldat au 55e régiment d'infanterie, avait vu le jour dans la maison Yan Deth Ser. Le matricule 186 s'enfonce dans le bois de Beaumarchais, dans l'Aisne, quand un obus éclate près de lui dans l'après-midi. Il reçoit une volée d'éclats et agonise, jusqu'à 23 heures. Il avait 27 ans et n'est jamais revenu à Visker. Tous les noms du monument sont ainsi passés au crible, pour une mémoire vivante.

Le monument pacifiste

Ils sont rarissimes en France : on en dénombre à peine trois. Campan fait partie de ceux-là : les monuments aux morts dits « pacifistes ». A Campan, au pied de la très célèbre « Pleureuse » du sculpteur bordelais Edmond Chrétien, aucun signe ne rappelle la guerre : pas d'obus, ni de fusils, ni de soldat agonisant ou de coq triomphant. Seulement des évocations agricoles ou pastorales, des évocations de paix, après les fracas d'une guerre épouvantable.

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Publié le 11/11/2011 13:47 | La Dépêche du Midi

Fleurance : Justin Labrouche, la vie d'un combattant exemplaire

Justin Labrouche devant le Bréguet 14 à Meknès, au Maroc. /Document collection des frères Da Silva, musée de Brugnens.

Xavier et Elian Da Silva, créateurs du musée de Brugnens, travaillent avec obstination depuis leur plus jeune âge à réunir des documents sur les combattants fleurantins. A l'occasion de la 93e commémoration de l'armistice de 1918, ils décrivent le parcours du Justin Labrouche, né le 18 août 1892 à Samadet, dans les Landes. Diplômé de l'école d'agriculture de Saint-Sever, engagé volontaire en mars 1912, Justin Labrouche n'a pas encore 20 ans lorsqu'il est incorporé au 4e régiment d'infanterie coloniale de Toulon, à la 12e compagnie d'instruction. Mobilisé en août 1914, il participe avec son régiment aux combats de Burlioncourt (20 août) Rossignol (22 août) Saint-Vincent (24 août), Magnicourt - Goncourt (Bataille de la Marne en septembre). Nommé sergent-major le 21 juin 1915, Justin passe au 33e régiment d'infanterie coloniale. Blessé le 30 mai 1918 par deux balles de mitrailleuse en observant les positions ennemies, le sous-officier Labrouche est cité à l'ordre du régiment, Croix de Guerre avec étoile de bonze.

Après sa convalescence à l'hôpital de Chambéry puis Rochefort-sur-Mer en Charente-Maritime, il est affecté au 21e bataillon de marche colonial. Il embarque au Havre à destination de la côte mourmane le 17 septembre 1918, pour participer à la Guerre dite « d'intervention » avec les Anglais à Mourmansk et au Caucase. Quinze jours plus tard, il débarque à Arkhangelsk, détaché à la mission militaire française. Il quitte la Russie du Nord le 29 août 1919. Désigné pour le Maroc en 1920, il intègre la 4e Escadrille du centre d'aviation de Mecknès comme mitrailleur. En raison de son courage lors de délicates missions de bombardement et de mitraillage de l'ennemi à distance rapprochée des positions françaises, il est cité à l'Ordre de la Colonne. Croix de Guerre des Théâtres d'opérations extérieures, chevalier du Ouissam Alaouite Chérifien (Croix de la paix marocaine). Sa carrière militaire terminée en 1930, l'adjudant aviateur est préposé des PTT à Fleurance. Il assumera la distribution du courrier de Lagarde. Titulaire de la Légion d'Honneur et de la Médaille militaire, Justin Labrouche sera de nombreuses années le porte-drapeau. Il décède le 9 décembre 1976.

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Publié le 11/11/2011 09:27 | Pauline Croquet

Toulouse : les insolites des monuments aux morts

La crypte des 1 600 poilus.

Pour le 93e armistice du 11-Novembre, ce sont plus de vingt gerbes de fleurs qui seront déposées en ville. On compte aussi une centaine de monuments aux morts. Parmi eux, des édifices ont une histoire particulière.

« En comptant les plaques, il y a au moins 120 monuments aux morts à Toulouse », recense Anaïs Julien, une étudiante du Mirail qui a écrit un mémoire sur le sujet. Et d'autres s'ajoutent. Courant 2012, Michel Pech, conseiller municipal en charge de la Mémoire et du Monde combattant, fera poser au pied de la stèle de Philippeville, une plaque mentionnant les Harkis, ces Algériens rangés du côté de la France pendant la guerre d'indépendance de leur pays. « Ce sera la première fois que l'on emploiera ce mot. » Toujours en 2012, l'élu doit se charger de faire déplacer le monument (guerre de 1870) des allées Jules-Guesde. Il se trouve sur le tracé du tram Garonne et devrait trouver une place à proximité du monument des allées Verdier. Sous l'arc de triomphe justement, Michel Pech prononce ce matin le discours national à la cérémonie. Et il ne lira pas, comme depuis toujours, la lettre du secrétaire d'État aux anciens combattants. Car cette année, « une première », il s'agira de déclamer une missive du Président Nicolas Sarkozy.

Hommage dans le stade

La version moderne du monument aux morts du Stade Toulousain, dans le stade Ernest-Wallon, a été inaugurée en décembre 2004. Six panneaux en verre trempé et gravés, œuvre de l'atelier toulousain Bataillou. Par deux fois détruit avec les rénovations du stade, le monument des anciens membres « morts pour la France », comporte les 79 noms des stadistes morts en 1914-1918, les 6 noms de ceux de 1939-1945, et le nom de celui tombé lors de la guerre d'Algérie. Parmi eux, Alfred Mayssonnié dit « Maysso » tué au combat le 6 septembre 1914 dans la Meuse. Demi de mêlée, puis ouvreur, il est considéré comme le stratège de la « Vierge rouge », l'équipe de rugby de Toulouse qui fut championne de France en 1912.

Gérée par les associations des anciens du Stade et des amis, la cérémonie se déroule aujourd'hui à 16 heures. Le matin, les Rouge et Noir se recueillent place Héraklès, avec les autres clubs sportifs.

À Guilheméry, le monument est pacifiste

« Arrête-toi et pense aux deuils accumulés au seuil de cette pierre et aux horreurs de la guerre. » Cette phrase chapeaute la liste des 162 soldats du monument installé au 114, avenue Jean-Chaubet. Un nom qui figure d'ailleurs dans cette liste et rappelle que ce résistant, chef du maquis de Saint-Lys fut abattu par les Allemands le 12 juin 1944. Si les monuments pacifistes sont nombreux en France, les historiens estiment que moins de 10 monuments dans l'Hexagone sont porteurs d'un message « anti-guerre » aussi explicite. Pour la cérémonie 2011, les anciens combattants se sont recueillis mardi matin.

La sculpture déménagée depuis l'Algérie

Situé au cimetière de Salonique, ce relief en bronze sculpté en 1924 par Camille Alaphilippe, a été déplacé de Philippeville (Skikda aujourd'hui) en Algérie en 1969.

Alertés par le premier élu de Philippeville au hasard d'une rencontre, Pierre Baudis, le maire de l'époque et son adjoint aux anciens Combattants Pierre Maubec décident de sauver l'installation de la destruction au moment de l'indépendance du pays. Il rend hommage aux poilus d'Afrique du Nord. Pour cette année, la cérémonie (accès avenue de la Gloire-boulevard des Crètes) s'est déroulée hier à 17 heures.

Héraklès archer : le plus artistique

Situé sur la place éponyme, à proximité des allées de Barcelone, c'est le monument de la ville dédié aux sportifs morts sur le champ d'honneur. Il s'agit une sculpture d'Antoine Bourdelle, artiste né à Montauban en 1861, proche de Rodin et Maillol et reconnu dans le monde entier. Mais c'est à l'initiative de Paul Voivenel, neuropsychiatre, journaliste et notable de la région, que le monument est érigé en 1925. Il rend notamment hommage au rugbyman toulousain Alfred Mayssonnié, mort en 1914. Plusieurs modèles de cette sculpture, la plus connue de Bourdelle, se trouvent un peu partout dans le monde. Une version plâtre repose au Musée Ingres de Montauban. Chaque année, les clubs sportifs de la ville y déposent une gerbe. Aujourd'hui, la cérémonie démarre à 9 h 30.

Le lieutenant américain identifié

17 août 1944. Un jeune aviateur de l'US Air Force est abattu par la DCA au-dessus de l'usine Saint-Eloi (usine Airbus des Minimes). Pendant près de 50 ans, son identité reste un mystère. En 1996, après une enquête d'une journaliste sur cet officier, la ville de Toulouse réhabilite la mémoire de Daniel Haley en posant une plaque rue Roland Garros : « Le second lieutenant Daniel M. Haley, né à Chicago le 11 novembre 1923. Mort pour la France .» Une gerbe sera déposée aujourd'hui à 9h 30.

La crypte des 1 600 poilus

Non loin de la stèle de Philippeville, dans le cimetière de Salonique, émerge le « vrai monument aux morts de Toulouse », celui des allées Verdier étant dédié à tous les combattants de Haute-Garonne.

Au dessous, une crypte qui renferme plus de 1 600 corps de soldats, Vietnamiens et Toulousains, tombés pour la majorité lors des différentes batailles de la Première Guerre mondiale. Chaque nom des soldats est gravé ainsi que le lieu où il a succombé. Cela en fait le plus gros carré funéraire de Poilus en ville. Et à proximité du cimetière, dans le parc Félix Lavit, le dernier monument aux morts érigé à Toulouse en 2009 : le mémorial de la fraternité portant les noms de 192 soldats de Haute-Garonne ayant perdu la vie pendant la guerre d'Algérie.

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Publié le 09/11/2011 08:52 | La Dépêche du Midi

Saint-Ybars (09) : Commémoration et mémoire collective

Louis Flourac

Alors que nous nous apprêtons à commémorer l'Armistice du 11 novembre 1918, marquant la fin des combats d'une guerre atroce qui a entraîné la mort de 18 millions de personnes, et à rendre hommage aux soldats des tranchés, ayant combattu dans l'enfer de la boue, de la crasse, du froid et de la faim, notre devoir de mémoire a pris un sens particulier depuis que, le 20 juin 2007, des élus ont pris l'initiative de faire graver le nom d'un jeune homme « fusillé pour l'exemple » sur le Monument aux Morts du village, aux côtés de 47 autres soldats « Morts pour la France ».

Louis Flourac, 24 ans au printemps 1917, né à Saint-Ybars, soldat du 60ème bataillon de chasseurs à pied, refusera de remonter au front. Il sera « fusillé pour l'exemple » le 20 juin 1917 à Charcrise, dans l'Aisne, avec un autre camarade, tandis que 14 autres soldats seront condamnés aux travaux forcés, et ce dans le souci de maintenir les troupes dans un parfait état d'obéissance. Il aura fallu attendre 90 ans, et le courage d'élus Eparchois, à la tête desquels Henri Esquirol, pour que Louis Flourac soit rétabli dans son honneur. Après Blangy-sur-Bresle, Saint-Ybars est ainsi la deuxième commune en France à avoir fait inscrire le nom d'un soldat fusillé sur un monument aux morts. En ce 11 novembre 2011, l'Association culturelle et historique parchoise (ACHE) rappelle qu'il est du devoir de tous de ne pas oublier la barbarie de la guerre, et de toutes ses victimes.

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Publié le 11/11/2010 07:47 | Jean-Claude Souléry

Drôle de guerre

Ce 11-Novembre nous vaudra sans doute, à Paris comme à Séoul, son pesant de déclarations solennelles d'une guerre mondiale (qui, voici bientôt un siècle, sacrifia hardiment toute une génération d'hommes) à cette guerre économique mondialisée (où, aujourd'hui, sans règles ni solidarité, s'affrontent les États et se démènent les peuples).

Rien à voir, dira-t-on, entre les offensives aveugles des états-majors militaires des années 14-18 et celles, différemment dévastatrices, des états-majors financiers et économiques. Rien à voir, forcément, entre le sort de nos Poilus et la mauvaise fortune des petits épargnants. Pourtant, la fin de la Grande Guerre, qui redessina pour un temps la carte de l'Europe sans parvenir à assurer bien longtemps l'équilibre du monde, déboucha sur la grande crise économique dont les méfaits allaient durer près de dix ans, ruinant des millions d'hommes de part le monde, jusqu'à ce que les États versent dans une nouvelle guerre, tout autant effroyable…

Il semble, bien sûr, impossible que l'Histoire réécrive sous nos yeux un aussi terrifiant scénario - les grandes puissances d'aujourd'hui savent ce qu'il en coûte, les guerres restent pour ainsi dire marginales, même celles où nous sommes engagés, et, quitte à s'affronter, les États privilégient la bataille économique et monétaire, avec des armes convenues comme, par exemple, la concurrence déloyale en matière commerciale ou encore les coups bas sans foi ni règles sur les marchés financiers. On parle ainsi de la « guerre des monnaies » entre les États-Unis et la Chine, les deux États réputés les plus puissants de la planète, qui par ailleurs n'hésitent pas à bâtir des lignes Maginot pavées de taxes ou de droits de douanes, ici pour se protéger de l'acier chinois, là des poulets américains ! Drôle de guerre sur fond de désordres commerciaux, d'indiscipline financière, d'instabilité monétaire, et - qui sait demain ? - d'une nouvelle crise bancaire…

Pour éviter les grands carnages, le monde s'est doté d'institutions politiques, parfois impuissantes, mais qui, aux périodes les plus aiguës, ont imposé des compromis. Les rapports de force géopolitiques ont permis cet équilibre que personne - en dehors des foyers terroristes - ne songe à compromettre.

Par contre, et malgré deux années de crise qui auraient dû éveiller les consciences, la planète tarde à pacifier le grand désordre de son économie.

Derrière cette indiscipline, il y a des hommes. Les uns décident. D'autres corrompent. Et il y a aussi le « grand troupeau » des victimes. Combien de pays, notamment en Afrique, risquent de demeurer à l'écart de la croissance ? Combien de petites gens ruinées, expulsées de chez elles. De chômeurs. De précaires. De miséreux. Et d'affamés. C'est l'envers du G20, celui que dénoncaient dès hier les ONG, c'est le monde tel qu'il survit, loin des caméras, dans le malheur des tranchées.

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Publié le 11/11/2009 09:33 | La Dépêche du Midi

Les photos des Poilus sur Internet

Près de 19.000 portraits avec photos d'officiers, sous-officiers, soldats et infirmières, nés entre 1851 et 1899, décorés de la Médaille militaire ou de la Légion d'honneur sont désormais accessibles sur internet, a annoncé hier à la veille de l'armistice le site genealogie.com.

Qu'ils soient très connus ou citoyens anonymes, ces 19.000 hommes et femmes ont tous été cités à l'ordre de l'armée, nommés ou promus dans l'ordre de la Légion d'honneur ou décorés de la Médaille militaire pour leurs actions lors de la Première Guerre mondiale.

Chaque photo et le texte qui l'accompagne a été publié de 1915 à 1919 dans le Tableau d'honneur de la Grande Guerre de l'hebdomadaire L'Illustration.

Les internautes pourront visualiser sur leur ordinateur (à partir de 7 euros par mois en accès illimité sur le site genealogie.com) le document original du Tableau d'honneur de la Grande Guerre ainsi que la photo et le texte tels qu'ils ont été publiés par L'Illustration.

Outre les renseignements habituels (nom, prénom, grade, affectation, distinction, date et motif de décoration), des commentaires de l'époque relatant les exploits et les souffrances de chacun sont également visibles.

Parmi les personnages connus, on trouve les grands chefs militaires comme Foch ou Gallieni ou les pilotes de légende comme Georges Guynemer et Roland Garros, tués aux commandes de leur appareil.

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Publié le 11/11/2009 09:32 | Pierre Challier

Sireix (65) : Le dormeur du Val d'Azun

Hautes-Pyrénées : Le monument aux morts de Bun-Sireix renferme la terre des champs de bataille où sont tombés les poilus.

C'est un poilu… imberbe. Un gosse de 20 ans qui dort roulé dans son drapeau, mains croisées sur la poitrine. Bleu horizon verdi par le temps, couleurs passées au fil des saisons derrière la vitre de la maisonnette plantée au cœur du cimetière… Ce qui le rend sans doute encore plus émouvant, ce gisant de la Grande Guerre, à la pâleur de cire. Mais pas seulement… A bien le regarder, il est décidément singulier, ce monument aux morts du petit village de Bun, aux faux airs de chapelle. Parce que, chose rarissime, il réunit les disparus de deux communes, les noms de ceux de Sireix y étant inscrits aussi. Parce qu'un long poème y encadre un autre poilu agenouillé devant le Christ et qu'il s'y lit : « Des morts n'ont pas de croix/Des croix n'ont pas de noms/Songez à tant de morts/Broyés par les canons ».

Mais aussi parce qu'il y a cette urne au pied de la statue. Cette urne qui a bouleversé le petit village du val d'Azun, l'an dernier, lorsque la municipalité a décidé de restaurer le monument.

« Tout le monde la connaissait mais personne ne savait ce qu'il y avait dedans. C'est en l'ouvrant, en septembre 2008, qu'on a découvert tous ces sachets », résume aujourd'hui Marcel Cazajous, maire de Bun.

L'émotion est encore palpable, un an après, lorsqu'il décrit ces douze sachets auxquels avait été soigneusement cousu un papier portant le nom d'un mort de Bun, d'un mort de Sireix et le champ de bataille où il était tombé. La terre de ce champ de bataille étant dans le sachet…

Dominique Hourques, le premier, le 17 septembre 1914, à Pontevert ; Jean-Marie Coues, quatre jours plus tard, à Ouiches ; Jean-Pierre Four-Pome en décembre, à Vassognes ; Joseph Patrie, disparu au combat ; Étienne Garcie, décédé de ses blessures… Toute l'horreur de « 14-18 », du sang versé, résumée là…

« Bien sûr que ça m'a causé une réelle émotion. Comme tout le monde au village, j'y avais aussi un parent, Jean-Pierre Four-Pome. Et puis, ce symbole de la terre, ça fait froid dans le dos, ça a un pouvoir évocateur très fort. Alors, dans ce moment-là, j'ai pensé qu'ils avaient beaucoup souffert pour nous et pour la liberté de la France », poursuit Marcel Cazajous, dont le grand-père, Marcelin, était également maire en « 14 », lorsqu'il a dû partir. Pour revenir au village, gazé, et y mourir en 1925.

Terre des paysans, terre qu'on défend, terre du sang versé, terre lourde de toute cette mémoire enfouie, soudain, à la main… mais terre arrivée là comment ?

« Pour nous, c'est toujours le grand mystère », constatent Bernard Peluhet, maire-adjoint et sa femme Maïté, passionnés d'histoire. Les douilles d'obus de 75 gravées d'un Verdun trônent sur leur cheminée… chez eux aussi, l'héritage de « 14 » est resté bien présent. « La seule chose que j'ai entendue, c'est une fille de mon âge que sa grand-mère emmenait se recueillir devant le monument en lui disant qu'il y avait là des cendres », pointe Maïté. En prenant le café, tous s'étonnent : « Pourquoi aucun des anciens combattants n'en a jamais parlé ? »

Bref, pourquoi ce secret ?

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Publié le 11/11/2009 09:31 | Martine Lecaudey.

Tarn : le souvenir des morts pour l'exemple

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Jacques Trouvé et la Grande Guerre. Photo DDM, J-M. Lamboley. DDM

C'est dans le regard d'un artiste tarnais sur un souvenir d'enfance qu'est née Mauvaise nouvelle, une exposition-spectacle, ou l'inverse, sur ces morts évitables de 14 -18. Jacques Trouvé, plasticien de 60 ans, avait 10 ans quand dans le grenier de sa grand-mère Marie, il a trouvé un petit livre sur les fusillés de Vingré. Six poilus du 298e RI, fusillés pour l'exemple dans l'Aisne, le 4 décembre 1914. Le petit garçon fasciné par l'histoire, descend en courant du grenier, livre en main, pour interroger sa grand-mère, et sa mère. La réaction des deux femmes est si intense, presque violente, lui arrachant le livre des mains, refusant la moindre question, que dans le jeune esprit va naître une histoire non-dite. Des questions qui le poursuivront longtemps, sur la guerre et sur son grand-père, Alexandre Coudert, libre penseur, incorporé en 14 au 298e RI.

« Je me souviens qu'à ce moment-là, je pensais que comme nos grands-pères en 14-18, comme nos pères en 39, on aurait notre guerre et que peut-être on y resterait. Et je me demandais ce qui se passe dans ta tête quand ce n'est pas l'ennemi mais les copains qui te fusillent ». Quarante ans plus tard, l'artiste tarnais pense toujours aux plus de 500 poilus fusillés pour l'exemple pendant les premiers mois de la guerre, dont moins de 50 ont été réhabilités. Des dernières lettres que chaque martyr de Vingré a été autorisé écrire, Jacques Trouvé, l'auteur, a tiré un monologue déchirant que récite l'un des acteurs, bandeau de condamné sur les yeux. Des photos des six fusillés trouvés sur un monument du souvenir élevé à Vingré, Jacques Trouvé, le plasticien, a composé un jeu de cubes, que les spectateurs retrouvent au milieu d'objets d'époque patiemment collectés. Les tableaux rouge vif des poilus alignés, les portraits d'ombres noires des femmes qu'ils ne verront plus, le jour et l'heure de leur mort écrits au tableau noir… Les objets de la vie d'antan racontent la guerre en redessinant ses morts. La petite histoire fait mouche à l'heure de commémorer la grande. Le spectacle sera ce soir à la Menuiserie de Rodez, avant de revenir tourner dans le Tarn.

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Publié le 12/11/2009 14:55 | R.R.

Albi : Une célébration sous les yeux du consul US

Les Albigeois étaient nombreux hier matin pour assister à la cérémonie du 11 novembre qui s'est traditionnellement conclue par un lâcher de pigeons. Photo DDM,R.R DDM

Si Paris accueillait hier matin la chancelière allemande Angéla Merkel, à un degré moindre le chef-lieu du département recevait la visite de David Brown, consul des États-Unis. « Une première », selon Pierre Costes, ministre albigeois des anciens combattants. « D'ordinaire je participe aux cérémonies à Toulouse, précisait David Brown, mais j'ai décidé d'étendre ma mission de représenter les Américains de Midi-Pyrénées en me rendant dans les divers départements ». Et pour l'occasion, à l'image des anciens soldats et personnalités qui le précédaient, le consul US a eu droit à son dépôt de gerbe sous le monument aux morts.

Hier matin, la cérémonie du 91e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale a débuté par la remise de décorations à six soldats du 8e RPIMa de Castres, lesquels se sont illustrés dernièrement en Afghanistan.

Étonnement ensuite lorsqu'à la fin de la lecture du message du ministre des anciens combattants Hubert Falco, par la préfète Marcelle Pierrot, quelques applaudissements se firent entendre. Peut-être voulaient-ils saluer la dernière phrase : « Le plus bel hommage que nous puissions rendre aujourd'hui aux morts de la Première Guerre mondiale, c'est de construire ce qu'ils espéraient et qu'ils n'ont pas connu : l'Europe de la réconciliation, l'Europe de la paix ».

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Publié le 11/11/2008 10:22 | La Dépêche du Midi

Commémoration : 14-18 sur le front des collections

Jean Rubia collectionne les médailles, les documents et veut léguer sa collection au musée de Verdun plus tard. PhotoDDM.

Quatre-vingt-dix ans après la signature de l'Armistice que l'on commémore aujourd'hui, la guerre de 14-18 passionne toujours autant les collectionneurs. Pour preuve le succès des bourses d'échanges, comme « Cartomania », avec ses 2 500 visiteurs tous les ans. Cette année, la manifestation se tient le dimanche 16 novembre à la salle du Ramier à Blagnac. Elle est organisée par le club des Cartophiles de Midi-Pyrénées et quelque 500 documents y seront présentés à travers une exposition intitulée « La guerre de 1914-1918 en pays toulousain ». On y verra en particulier des agrandissements de cartes postales qui relatent la vie de l'époque loin du front.

Entre huit et 9 000 cartes postales

Aujourd'hui, parmi les collectionneurs de carte postales spécialisés dans la Der des ders, on peut citer René Toussaint, chargé de la formation des équipages chez Airbus. Il est aussi président du Club cartophiles de Midi-Pyrénées et celui-ci s'est focalisé sur les avions « parce que c'est mon métier et ma passion », dit-il en ajoutant : « Chez les collectionneurs chacun à son créneau. »

René possède entre 8 000 et 9 000 cartes postales de la guerre de 14-18 ou de 39-45. Sur le marché, signale-t-il, « les cartes postales les plus chères mettent en scène des groupes de gens ».

Un autre membre du club Cartophile, Robert Espanol, s'est spécialisé dans les témoignages des hôpitaux militaires. Trente ans plus tard, une bonne partie de sa collection a servi à illustrer le catalogue « Toulouse 14-18 cartes postales et photographies » qui vient de sortir.

Sur le front des collectionneurs, les ventes sur internet concurrencent désormais les bourses d'échanges. On vend ou on achète sur le site d'enchères « e-Bay ».

Mais Robert Espanol avertit : « rien ne vaut le déplacement car il existe beaucoup de copies et moi je préfère voir de mes propres yeux. »

Justement, pour constituer sa collection (500 pièces uniques sur la période 14-18), Jean Rubia, un ancien para a franchi plusieurs fois la Ligne Bleue des Vosges. Cet antiquaire toulousain spécialisé dans les médailles militaires se souvient comme si c'était hier de ses expéditions à Prague, Belgrade et Sofia. « J'ai trouvé l'uniforme et le brevet de pilote d'un officier français en Tchécoslovaquie. C'était il y a une vingtaine d'années et j'ai acheté l'ensemble 1 000 dollars. En franc, cela représentait une jolie somme, entre 6 000 et 7 000 francs, c'est-à-dire l'équivalent d'un salaire de cadre ». Il raconte aussi son premier coup de cœur : « le carnet d'un descendant de la branche française de Garribaldi.

Il s'était engagé et il occupait un poste d'attaché de presse à l'armée. Il a noté pendant toute la guerre et réalisé des croquis et des aquarelles d'une grande qualité. »

Jean Rubia, alors jeune collectionneur, a échangé la précieuse trouvaille contre un uniforme de la guerre de 39-45. Quelques décades plus tard, le collectionneur est prêt à léguer toute sa collection au musée 14-18 de Verdun « lorsque je ne serai plus de ce monde », dit-il. En attendant, il prépare la prochaine bourse Militaria qui aura lieu au mois de mars dans la région.

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Publié le 11/11/2008 08:45 | Recueilli par Jean-Michel Dussol

11 novembre 1918 : «C'était un jour merveilleux»

« Quand on a vu tous ces taxis en bas de la maison, mon père qui était très curieux est descendu ; je l'ai suivi… c'était de jeunes soldats qui partaient au front… Ils étaient tristes et courageux. » De telles images Irène Henry-Barrié en fait ressurgir des milliers de sa mémoire qui a traversé tout le XXe siècle. À 108 ans, dans sa petite maison de Montréal-du-Gers, le visage est malicieux, le regard vif, espiègle même, mais respire la gentillesse et le bonheur de vivre. Pendant tout le premier conflit mondial, Irène vivait à Paris, porte de Vincennes. Tous les étés, elle descendait à Lauraët (32), chez ses grands-parents.

« Au début de la guerre, il y avait comme un grand élan de joie, les gens était très proches et s'aidaient… c'était une époque où l'on vivait intensément ». Elle parle aussi : « d'une société très vivante et très sincère ».

Du haut de ses 14 ans, Irène Henry-Barrié voit la guerre s'enliser progressivement. « J'entendais les adultes parler, le conflit était mal mené, des milliers de vies étaient perdues inutilement, j'ai entendu prononcer le mot de boucherie ».

Même à Paris, Irène Henry-Barrié était très proche de la guerre. Son père, musicien et artiste de variétés organisait de nombreux concerts au profit des soldats. « Un jour, le maire du XIIe m'a demandé de participer à des quêtes pour la Croix Rouge. J'ai frappé à des milliers de portes, les gens étaient généreux, ils donnaient. Rares aussi étaient ceux qui n'avaient pas un parent au front ». Mais certains jours c'était plus difficile et « il y avait des immeubles où les concierges nous chassaient à coup de balai. Il en fallait plus pour m'impressionner ! Le peuple vivait avec la guerre. Il participait beaucoup ». Un jour de 1915 : « Mon parrain Edmond Henry, de Lauraët, a été tué au front ». Dès lors, Irène a eu les yeux pleins de tristesse en voyant presque tous les jours les colonnes de soldats qui passaient Porte de Vincennes, pour gagner les lignes de front. Vers la fin du conflit, pour un défilé du 14 juillet les soldats portaient des uniformes sales et en loques…

Mais il y aura demain 90 ans… « Ce fut un jour merveilleux, il y avait de la liesse et de la joie… les gens dansaient dans la rue, tout le monde s'embrassait et je crois que les messieurs en profitait pour serrer les filles d'un peu près… Quelle belle journée, j'y pense souvent quand je m'ennuie ».

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Publié le 11/11/2008 08:43 - Modifié le 11/11/2008 à 08:48 | E. D.

Le souvenir de 14-18 est encore très présent 90 ans après…

La Grande Guerre est toujours présente dans les archives de nombreuses familles. Ces instants de vie au front ont marqué à jamais des millions d'hommes. La plupart ne reviendront jamais. Ci-dessous, un monument aux morts éphémère place du Capitole à Toulouse

Elle est gravée dans le marbre de l'Histoire, avec ses Poilus couverts de boue, de vermine et de sang, avec ses tranchées où couraient les rats et les gaz mortels, avec ses taxis de la Marne et ses pantalons garance…

Mais la guerre de 14-18, même perchée du haut de ses 90 années, est encore là, présente, vivante, dans le témoignage des anciens. Nous avons perdu l'an passé les derniers Poilus ? Il reste encore bien des centenaires capables de nous parler de cette Grande Guerre, tatouée au plus profond de la chair du peuple de France. Bien sûr, il y a encore les témoins exceptionnels, comme Irène, qui raconte (lire ci-dessous) ses quêtes pour les soldats lorsqu'elle était adolescente. Mais la plupart d'entre nous avons un grand-père, un arrière grand-père qui a vécu l'enfer des tranchées. Nombreux sont ceux qui ont écouté les récits hallucinés de ces survivants de l'horreur. Nombreuses sont les familles où l'on garde précieusement les cahiers de guerre d'un ancêtre, le casque bosselé rapporté de Verdun, la culasse d'obus transformée en vase. Aujourd'hui, on pensera à tous ces grands gosses ou pères de famille qui ont défendu jusqu'à la mort un tas de boue ou une cote improbable, pendant quatre années interminables au son du canon.

Souvenirs : Des chaussettes pour les soldats

Jeanne Constans n'a jamais quitté le village de Couthuressur-Garonne (47) où elle est née le 9 octobre 1903. De la période 1914-1918, elle se remémore la mobilisation de son père : « Nous sommes restés pendant un mois sans nouvelles de lui. Nous l'avons cru mort. Le facteur ne nous portait plus de lettres. Mon père avait été blessé, il ne pouvait plus écrire. Il est rentré à la maison avant la fin de la guerre. J'avais 12 ans à la déclaration de guerre. À l'école, on nous faisait tricoter des chaussettes en laine pour les soldats. Je travaillais la terre avec ma mère et les vieux, restés au village, venaient nous aider. A la campagne, nous cultivions des topinambours et quelques légumes et élevions poulets et lapins, le pain rationné qu'on achetait était noir et pas très bon. On pensait que c'était la dernière guerre mais il y en eut une autre».

Les effets du soldat perdu découverts en Belgique …

On a retrouvé le soldat Auguste Galy

Dans le paisible bourg de Suc-et-Sentenac, en Ariège, on dénombre 65 noms sur le monument aux morts. L'effroi emplit alors le visiteur, qui imagine quel tribut ce village a payé à la guerre. « En 1911, il y avait 920 habitants. En 1926, on n'en comptait plus que 550 », résume la maire actuelle.

Parmi ces tués, Auguste Galy, le premier enfant du village à être tombé sous les balles allemandes. Son corps n'a jamais été retrouvé. Ni ses objets personnels et militaires. Jusqu'à ces jours derniers. En effet, il y a quelques semaines, des Belges en cherchant des champignons ont retrouvé une plaque militaire, une boucle de ceinturon et un petit tube renferment une vierge à l'enfant. « On retrouve encore beaucoup d'objets sur les champs de bataille de Belgique et du Nord de la France, notamment lors de travaux forestiers », explique Michel Florens, le président de l'association Mémoire des hommes, qui a retrouvé la trace d'Auguste Galy. Avec les registres militaires, il a appris que ce dernier habitait Suc-et-Sentenac. Il a contacté donc la maire pour essayer de retrouver les descendants du soldat. La première magistrate a donc interrogé les mémoires du village. A la maison de retraite de Tarascon, elle a trouvé Louisette Guinot, qui malgré ses 92 ans, a gardé une mémoire d'éléphant. Ses souvenirs ont permis à l'élue de retrouver un descendant d'Auguste, qui habite sur la commune d'Auzat. Prochainement, Michel Florens viendra lui remettre les objets de son grand-père.

Auguste Galy est né à Suc-et-Sentenac le 27 novembre 1885. Agriculteur, il s'est marié le 1er avril 1910 avec Marie-Louise Dandine. Faisant partie de la classe 1905, il est mobilisé en juillet 1914 dans le 59e régiment d'infanterie de Foix-Pamiers. Il sera tué en Belgique, le 22 août 1914, à la Bataille de Bertrix.

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Le 11/11/2011 à 06h00 | lindependant.fr

Fabrezan : 14-18, "Les récits de mon grand-père"

Une image du grand-père de Pierre Carreau dans la tranchée après alerte au gaz.

Étant à ce jour arrière-grand-père, il restera toujours dans la mémoire de Pierre Carreau, ce que lui racontait, le soir au coin du feu, le plus souvent en occitan , son grand-père sur les événements de la grande guerre 14-18. Pierre Carreau raconte : "À plusieurs reprises, il me citait son corps d'armée dans les Chasseurs Alpins, les Vosges, Gérardmer, où dans la boue des tranchées ils restaient parfois plus de 15 jours sans se déchausser, allant de temps à autre au combat. Ces derniers étaient souvent dramatiques, il en manquait souvent lorsque les tirs d'artillerie les pilonnaient. Il me racontait tout cela avec d'amples détails et avec l'esprit de mes 10 ans je me transportais virtuellement sur les lieux.

Un jour, me dit-il, après le combat, sautant dans la tranchée, j'entendis l'appel d'un de mes camarades de Moux "Pierrounet véni me quere" (Pierrounet était le diminutif du prénom de mon grand-père), "Viens me chercher". Celui-ci était blessé aux jambes, et malgré les coups de feu qui sifflaient de temps à autre, je réussis à le cramponner par le bras, le tirer jusqu'à la tranchée où je l'ai jeté tant bien que mal dans la boue. Gravement blessé, il fut évacué sur les lignes arrières. Pour lui la guerre était finie, il resta jusqu'à la fin de ses jours un grand invalide. En 1918, son fils, mon oncle (né en 1898) fut à son tour mobilisé et quelques mois après, fut prisonnier par les Allemands dans les mines de charbon, pour être libéré quelques jours après l'Armistice. De ses histoires, j'ai savouré tous les épisodes, les uns après les autres m'informant dans le temps de documents imagés de ce que fut cette guerre totale qui fut appelée la der des ders, qui a vu mourir plusieurs millions de soldats, de poilus français dans l'enfer des tranchées."

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11/11/2011, 10 h 43 | FRANÇOISE CONDOTTA midilibre.fr

Poilus morts pour la France, des hommes de guerre et de chair

Longue attente dans la tranchée avant l’assaut. (Collection JEAN-FRANÇOIS GALLIER)

Qu’ils soient universitaires ou simples descendants des soldats de la Grande Guerre, ils refusent l’oubli : ce serait enterrer une deuxième fois ces poilus "morts pour la France".

Un siècle plus tard, à Brouzet-lès-Alès, la Grande Guerre n’est pas qu’un lointain souvenir. "Ici, les petits-fils des poilus ne peuvent évoquer cette période de l’histoire sans émotion. On sent encore le traumatisme", témoigne Grégory Viguié, passionné et diplômé de généalogie.

Souvenirs

"La grande histoire a bouleversé la vie de ces familles rurales. Dans ce village qui comptait 450 habitants en 1914, la grande majorité des chefs de famille appelés sous les drapeaux étaient des cultivateurs : ils assuraient la survie du clan par leur travail. Leur départ a complètement bouleversé l’organisation familiale et leur retour, tragique pour vingt d’entre eux, dramatique pour les estropiés et les "gueules cassées", a engendré des deuils et des blessures dont les stigmates ne sont pas complètement effacés."

Des hommes du pays

Les plaques d’identité de métal ramenées aux familles sont gravées dans le marbre du monument aux morts de la commune. La tête tournée vers le ciel, le coq gaulois, symbole de la République, dominant cette stèle, rend hommage à ses "morts glorieux".

Des hommes du pays, âgés de 19 à 37 ans, cultivateurs, bergers, menuisiers, cochers de fiacre, dont Grégory Viguié a suivi les incorporations, les différentes affectations sur les champs de bataille, les souffrances dans les hôpitaux de campagne dont dix ne sont jamais sortis, à travers la lecture des archives départementales et militaires.

Léon, Henry, Marcel, Gustave et tous les autres...

Peu à peu, ces morts, simples matricules au départ des recherches, sont revenus de la poussière, les pages ont pris de la chair. Léon, Henry, Marcel, Gustave et les autres, rien que des hommes de troupe avec parmi eux un caporal, ont connu des destins identiques sans pouvoir partager la nostalgie des Cévennes : tous ont combattu dans des régiments différents, à 55 % dans l’infanterie. Un seul dans le génie.

"C’était très émouvant"

À travers les documents d’époque, ces poilus ont dit les batailles de la Somme, des Vosges. Ils ont raconté la prison où un refus d’obéissance les avait conduits. Ils ont livré leur état de santé fracassée par la vie dans les tranchées, les déluges de métal, l’air empoisonné par les gaz.

Le généalogiste est devenu un de leurs intimes, voire un membre de leurs familles qu’il a rencontrées. Ainsi, après avoir gagné l’adhésion des morts pour la France, Grégory Viguié a emporté celle des vivants. "Pendant que je faisais mes recherches dans la mairie de Brouzet, les gens de la commune sont venus me voir et me raconter les souvenirs familiaux. C’était très émouvant."

Tout comme le furent les retrouvailles des Viguié : le généalogiste, dont la famille est originaire de ce village des Cévennes, a rencontré là sa cousine au deuxième degré. Ainsi va l’histoire sans fin.

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11.11.11 : commémorations


Publié le 11/11/2011 13:44 | © 2011 AFP

Nicolas Sarkozy annonce un projet de loi pour commémorer "tous les morts pour la France" le 11 novembre

Les troupes au pied de l'Arc de Triomphe , le 11 novembre 2011 à Paris Laurent Cipriani AFP

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi lors des cérémonies à l'Arc de triomphe le dépôt dans les prochaines semaines d'un projet de loi faisant du 11 novembre "la date de commémoration de la Grande guerre et de tous les morts pour la France".

Pour autant aucune commémoration particulière ne sera supprimée.

Dans un discours chargé d'émotion, Nicolas Sarkozy a également évoqué l'Europe, "une entreprise de paix construite sur le sang versé dans trois guerres, dont deux mondiales", qu'il entend défendre "de toutes ses forces".

Cette Europe est "notre bien le plus précieux. Nous avons le devoir de le préserver à tout prix", a ajouté le président, alors que l'Union européenne traverse une crise économique et financière sans précédent.

"Le gouvernement déposera dans les semaines qui viennent un projet de loi qui fera de la date anniversaire de l'armistice de 18 la date de commémoration de la Grande guerre et de tous les morts pour la France", a déclaré M. Sarkozy.

Le gouvernement apportera par ailleurs "son soutien à la proposition de loi visant à rendre obligatoire l'inscription sur les monuments aux morts des noms des +morts pour la France+", a-t-il dit.

"Je pense en particulier à tous les morts en opérations extérieures. Ceux qui sont tombés en Indochine, à Suez, en Afrique du nord, mais aussi dans les Balkans, au Moyen Orient, au Tchad, en Côte d'ivoire, en Afghanistan, ont droit au respect et aux honneurs que la Nation réserve à ceux qui ont fait pour elle le sacrifice de leur vie", a affirmé M. Sarkozy.

"Qu'il soit bien clair qu'aucune autre commémoration ne sera supprimée", a-t-il précisé.

Le chef de l'Etat a rappelé que "c'est dans le même esprit que sera entrepris à Paris la construction d'un monument dédié aux soldats morts en opérations extérieures, sur lequel leurs noms seront inscrits".

"Depuis dix ans, 158 soldats ont perdu la vie et près de 1.500 ont été blessés dans ces opérations", a-t-il souligné.

En ce 11 novembre 2011, "je voudrais que nous ayons une pensée particulière pour les 24 soldats qui depuis un an sont morts en Afghanistan", a déclaré le chef de l'Etat, qui avait peu auparavant ravivé la flamme sur la tombe du soldat inconnu entouré de quatre enfants de soldats morts cette année en Afghanistan.

A l'issue des cérémonies, il a martelé qu'il défendrait l'Europe "de toutes ses forces". "Nous appartenons à un continent où on s'est affronté de façon barbare, cruelle, violente (...) Et l'Europe s'est construite sur l'amitié entre la France et l'Allemagne, sur le pardon, sur la paix, sur cette amitié", a-t-il affirmé.

"C'est l'héritage que nous avons reçu de nos grands-parents, et de nos parents. Cet héritage, nous n'avons pas le droit de le dilapider".

Les familles de militaires tués lors de ces opérations ont assisté très émues au discours du chef de l'Etat.

Rappelant qu'il devait se rendre dans l'après-midi sur la tombe de l'écrivain Charles Péguy, tué en 1914 lors de la bataille de la Marne, il a souligné: "nous ne devons pas simplement commémorer, nous devons communier".

Nicolas Sarkozy a également rappelé les mots du dernier soldat français de la guerre de 1914-18, Lazare Ponticelli, d'origine italienne, disparu en 2008 à l'âge de 110 : "Je voudrais rendre à la France ce qu'elle m'a donné".

Il devait inaugurer dans l'après-midi à Meaux le nouveau Musée de la Grande guerre, qui rassemble une exceptionnelle collection d'objets liés au conflit.

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Publié le 12/11/2011 08:10 | Pauline Croquet

Toulouse : Cérémonies du 11-Novembre sur fond de polémique

Une grande majorité d'élus locaux s'oppose à la proposition de Nicolas Sarkozy./Photo DDM, M. Labonne

En majorité, les élus présents et le monde combattant se sont indignés du discours de Nicolas Sarkozy et son projet de consacrer un jour de commémoration unique.

La cérémonie du 93e armistice de la Grande guerre, aux allées Verdier, s'est déroulée sur fond

Ils « n'ont pas refusé » de lire le discours de Nicolas Sarkozy au pied des monuments aux morts. « Question d'esprit républicain et de respect envers les soldats. » Mais les conseillers municipaux toulousains ont, à la place du point final, glissé un commentaire. Un message à l'unisson initié par Pierre Cohen dès la veille, à la réception de la lettre et qui exprime le désaccord de la ville avec le Président : « Non à l'allègement des commémorations. Non à l'allègement de la concurrence mémorielle. »

Car le chef de l'État a décidé d'annoncer un projet de loi pour faire des prochains 11-novembre, une date unique de commémoration de toutes les guerres.

« C'est une provocation inutile. Le message qui se veut d'habitude fédérateur est encore un sujet de division des élus et du monde combattant. De plus, cette décision, à quelques mois des élections, est choquante. Au mieux, c'est une maladresse, au pire, une faute politique », estime le député-maire Pierre Cohen présent à la cérémonie des allées Verdier hier matin. Jean-Jacques Mirassou, sénateur, et le député Gérard Bapt, tous deux du groupe socialiste, partagent le même doute. « On est en droit de se demander si ce n'est pas le candidat aux présidentielles qui s'exprime dans cette lettre. »

Devant l'arc de triomphe des allées Verdier, aux côtés du recueillement, une farouche opposition à cette idée de « memorial day à l'américaine », de journée unique du souvenir, enfle dans les gradins. Guy Darmanin, président national de la FNACA, bouillonne : « Comme pour le projet similaire déjà proposé en mars 2009, le monde combattant est en majorité hostile à une date unique de commémoration. » Pour Martin Malvy, président de la région, « c'est très soudain et maladroit que de faire cette annonce, au débotté, à six mois de l'élection présidentielle, et ce sans concertation avec les anciens combattants ». « On ne peut pas mélanger les morts, les guerres qui ont toutes des tenants et aboutissants différents, estime un vétéran de 1945 tout en rangeant son drapeau tricolore : c'est semer la confusion dans la tête des gens. » Une position soutenue par Jean-Jacques Mirassou : « Consacrer uniquement le 11 novembre reviendrait à mépriser les anciens combattants du 8 mai et du 19 mars, des soldats qui sont toujours en vie. C'est un manquement à leur dignité. »

Jean-Luc Moudenc, président de l'UMP 31 et ancien maire, présent aussi à la cérémonie, se veut plus nuancé : « Une journée unique est un projet réaliste à condition qu'on n'efface ni ne substitue la mémoire de l'une des guerres. »

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Publié le 12/11/2011 08:25 | P.M.

Alexis Jenni : "Le 11-Novembre, c'était un grand moment fondateur"

Hier, au pied du monument aux morts de Toulouse. / Photo DDM Michel Labonne

À l'occasion des cérémonies du 11- Novembre, le président de la République a proposé que cette date qui commémore la fin de la guerre 1914-1918 s'étende désormais au souvenir de « tous les morts pour la France ». Cette « extension » du 11-Novembre à d'autres guerres ou d'autres conflits a provoqué l'étonnement de certains élus ou responsables politiques, ainsi que de nombreux anciens combattants.

Récompensé la semaine dernière par le prix Goncourt pour son roman « L'Art français de la guerre », l'écrivain Alexis Jenni qui sera aujourd'hui à Toulouse donne son propre sentiment dans une interview à « La Dépêche du Midi ».

Votre livre parcourt 50 ans de guerres françaises ?

Ce n'est pas seulement ses guerres, mais c'est la France et l'empire français, avec tous ces pays qui en ont fait partie, et avec lesquels il y a un lien très fort, presque du cousinage. Les Algériens n'ont jamais été vraiment étrangers. Il reste de ces guerres un attachement, parfois une violence, des uns contre les autres. Comme au sein d'une famille. On ne s'aime et on ne se déchire jamais autant qu'au sein d'une famille.

Est-ce une bonne idée de faire du 11 novembre le jour de tous les « morts pour la France » ?

Le 11- Novembre a été tellement lié à cette guerre de 1914 dont il faut se souvenir que, politiquement, elle suscita un grand mouvement d'union nationale : la République ne fut définitivement installée qu'après elle. C'est un grand moment fondateur - même s'il y eut, bien sûr, d'autres retombées très négatives… Qu'en faire, maintenant qu'il n'y a plus de Poilus ? C'est sans doute un peu absurde de célébrer un moment si personnel, à l'époque de l'Europe. C'est la fête de la IIIe République, la célébration un peu morbide de la « France qui survit tout de même » ! Je pense que le sens va s'en trouver dilué. Peut-être que la date du 8 mai serait plus adaptée à cette célébration. En tout cas elle serait plus européenne.

On devine comme une fascination trouble pour les guerres, la violence…

Oui, bien sûr. Je viens d'une famille de classe moyenne : enseignants, diplômée, de gauche, antimilitariste par réflexe et par tradition, anti-Larzac, anti-nucléaire. Pourtant, je crois que la violence est présente chez chacun, on a ça en soi. C'est lié à la vie même. Certains regardent des films de guerre, d'autres se passionnent pour les arts martiaux… J'ai voulu me confronter à cette violence. Porter un regard sans complaisance, mais sans fausse pudeur, jeter un regard un peu froid là-dessus.

Comment avez-vous pris l'annonce du prix Goncourt ?

En fait, ce jour-là, je n'ai été stressé que de 12 h 30 à 12 h 45… Pour autant, je ne me suis pas dit « ça y est, je suis écrivain ». Ça, je me le suis dit lorsque j'ai vu le livre fabriqué, publié au sens de rendu public. Ça, c'était un immense plaisir. Puis, l'écho médiatique a grossi et les ventes ont décollé, ce qui est étonnant pour un premier roman.

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Publié le 12/11/2011 13:05 | La Dépêche du Midi

Albi : Un 11-Novembre pour tous

Le préfet Jean-Marc Falcone entouré d'enfants va déposer une gerbe sous le Monument aux morts./Photo DDM, J-M.Lamboley

D'ordinaire, c'est un message du secrétaire d'État aux anciens combattants qui lit le préfet lors de la commémoration du 11-Novembre. Pas hier. Le message était signé du Président de la République. Il voulait dire à la nation que désormais le 11-Novembre célébrerait le sacrifice de tous les morts pour la patrie, tous conflits confondus. Sans pour autant revenir sur les autres cérémonies patriotiques.

Hier à Albi, la cérémonie s'est déroulée à l'identique de ses devancières. Seule la douceur du climat paraissait presque déplacée.

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Publié le 13/11/2011 03:45 | La Dépêche du Midi

Graulhet : 11 novembre drapeaux au vent

Des jeunes ont pris part au cortège ou ont déposé des fleurs au pied du Monument aux Morts. /DDM.G.D.

Les drapeaux tricolores claquaient au vent de ce 11 novembre, quand la municipalité et les associations ont déposé les gerbes au Monument aux Morts, au pied du caveau des Maquisards et de la stèle honorant les soldats tombés sur les théâtres extérieurs. Robert Couzinié a lu le message de l'Union fédérale des anciens combattants et victimes de guerres. « Saluons le courage et l'abnégation de ces combattants face aux armes meurtrières. Un conflit qui a fait des millions de morts, de mutilés, de veuves et d'orphelins. L'Ufac doit s'employer à transmettre la mémoire des événements passés ».

Le maire Claude Fita lui a succédé et donné lecture du message de Nicolas Sarkozy. «Honorons le sacrifice de ces vies sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Un souvenir qui doit être un lien de filiation directe entre les générations». Avant d'y aller d'une annotation plus personnelle. «Reconnaissons le travail de toutes les personnes, au péril de leur vie, pour la paix et le respect des lois. Vivons pour construire ensemble, demain ». Après la cérémonie, tous les participants ont été invités au vin d'honneur à la mairie.

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Publié le 12/11/2011 10:55 | La Dépêche du Midi

Foix : Toutes les générations associées pour le11-Novembre

La «Marseillaise» a été chantée par des écoliers fuxéens. /Photo DDM Florent Raoul. Partager La cérémonie commémorative du 11-Novembre à Foix a pris un coup de jeune avec les enfants de l'école Lucien-Gorron qui ont chanté la «Marseillaise» devant les autorités civiles et militaires, et les drapeaux des anciens combattants. De nombreuses gerbes ont fleuri le monument aux morts de toutes les guerres.

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Publié le 12/11/2011 09:28 | La Dépêche du Midi

Carcassonne : Au nom de la mémoire

Les élèves de l'école d'Isly ont été associés aux cérémonie du 93e anniversaire de l'armistice./ Photo DDM, S.L.

Les différentes personnalités se sont rendues place Davilla pour déposer des gerbes et rendre hommage aux morts pour la France. Le cortège s'est rendu au square André-Chénier pour une prise d'armes où des militaires ont été décorés : médaille militaire pour le gendarme J.-P. Brethonnet, ordre national du mérite pour le lieutenant de Vaisseau Alain Auger, défense national or avec étoile de bronze pour le gendarme Dimitri Dhersin et pour le maréchal des logis-chef Fernando Lopez, ordre national du mérite, médecin-chef Marie-Dominique Colas.

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Publié le 12/11/2011 13:57 | La Dépêche du Midi

Cahors : Un hommage vibrant

Les enfants ont participé à la cérémonie./ Photo DDM, Marc Salvet

La cérémonie de célébration du 93e anniversaire du 11 novembre 1918 s'est déroulée hier en deux temps. Les autorités et les anciens combattants se sont d'abord rendus au cimetière de Cahors. Ils ont rendu hommage aux anciens d'Indochine, aux Français d'outre-mer, et de la guerre d'Algérie ; ont déposé des gerbes au carré militaire. Magistralement orchestrée, la cérémonie s'est poursuivie au monument aux morts, place Charles-de-Gaulle. Chaleur, émotion, un ancien combattant qui se trouvait dans la foule a été victime d'un malaise, sans gravité. Il a été immédiatement secouru par les sapeurs-pompiers qui se trouvaient sur place et par un médecin. À la fin de la cérémonie, Robert Couture et Lilian Lapisardie ont reçu la médaille militaire. Le lieutenant-colonel Robert Martel a été promu officier de l'ordre national du mérite.

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Publié le 12/11/2011 10:22 | B.D.

Auch : La nouvelle portée symbolique du 11-Novembre

Les enfants largement associés à la cérémonie présidée par le préfet./ Photo DDM, Nedir Debbiche

Beaucoup d'enfants des écoles auscitaines étaient associés au déroulement de la cérémonie commémorant les morts pour la France en 14-18 et lors des guerres suivantes.

Avec une centaine d'enfants, l'écolière vient de chanter La Marseillaise. Question à sa maman : « pourquoi on n'a pas été applaudis ? ». Il lui est répondu que « ça ne se fait pas autour d'un monument aux morts mais tout le monde trouve que vous avez bien chanté ». Le préfet Etienne Guépratte et les autres officiels (Franck Montaugé, maire d'Auch, Fatma Adda pour le conseil régional, Pierre Lasserre pour le conseil général) auprès desquels se tenaient le représentant du Comité gersois de la mémoire des anciens combattants, le lieutenant-colonel Laurent Liou délégué militaire départemental et l'archevêque Maurice Gardès, ont chaudement félicité les enfants et les enseignants pour cette interprétation.

En présence de nombreux porte-drapeaux et d'une délégation de soldats du 5e Régiment d'hélicoptères de combat de Pau, cette cérémonie du souvenir qu'avaient précédé un rassemblement au cimetière et une messe à la cathédrale, s'ouvrit par la lecture du message du président de la République. Maintenant que le dernier « poilu » de 14-18 a disparu (c'était le 12 mars 2008), il importe de « faire évoluer la portée symbolique » du 11-Novembre, affirme Nicolas Sarkozy. Aussi désormais « chaque 11-Novembre associe tous ceux qui ont donné la vie pour la France ». Avant le dépôt de huit gerbes dont celle des écoles privées de la ville et celle des écoles publiques, deux Gersois ont été médaillés. De l'Ordre national du mérite (chevalier) pour Philippe Moncassin, réserviste opérationnel à la délégation militaire. De la médaille de bronze du service de réserve volontaire pour Muriel Sous. L'Harmonie municipale et la fanfare des pompiers ont assuré la partie musicale de cette cérémonie à laquelle étaient associées la Croix Rouge et la Croix Blanche.

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Publié le 12/11/2011 11:55 | Hélène Dubarry

Tarbes : Cérémonie en présence d'un Poilu

Beaucoup d'enfants ont participé cette année aux cérémonies.

Pour la première fois, les célébrations du 11 -Novembre se sont déroulées en présence d'un Poilu, avec uniforme bleu horizon authentique. De très nombreux enfants ont également participé.

Les cérémonies du 11-Novembre se sont déroulées comme d'habitude au monument aux morts des allées Leclerc, puis au pied de la statue équestre du maréchal Foch. Comme d'habitude, à un « détail » près.

Un détail de taille : il y avait cette année un Poilu, dans son uniforme bleu horizon, debout près de la flamme du souvenir, tout au long de la cérémonie.

Un rappel vivant de tous ceux qui sont tombés au cours de cette gigantesque boucherie que fut la Grande Guerre. Rappel aussi, comme souligné dans le message présidentiel, aux morts pour la France de toutes les guerres, y compris modernes. Quel contraste entre les uniformes de notre époque et l'équipement assez dérisoire des soldats de 14-18, quand on imagine les conditions auxquelles ils ont dû faire face…

James Cruz, membre très actif de l'association des Arquebusiers de Bigorre, basée à Artagnan, a proposé spontanément sa participation à la mairie de Tarbes pour les cérémonies. Ouvrier agricole, James Cruz se passionne pour la Grande Guerre depuis qu'il est tout jeune. Il chine, fouine, fouille, collectionne, entasse et amasse tout ce qui a trait au premier conflit mondial : « Certains se passionnent pour les voitures, les papillons… Moi, c'est la Première Guerre. En plus, j'ai la chance d'avoir le 35e RAP pas loin. J'ai des affiches, des objets en pagaille, des documents. Je collectionne tout ce qui a trait à la Grande Guerre. »

Sur sa longue veste en laine bleue, dans les carrés rouges du col, un chiffre : 35 : « C'est le chiffre du régiment de Foch, c'est pour ça que je l'ai. » L'uniforme est authentique et appartenait à un soldat tarbais, dont James n'a malheureusement pas pu trouver le nom.

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Publié le 12/11/2011 13:22 | La Dépêche du Midi

Rodez : Le souvenir sous le signe de l'enfance

Les collègiens ont lu des témoignages émouvants de Poilus de la Grande guerre./ Photo DDM

La commémoration du 93e anniversaire de l'armistice de la Grande guerre s'est déroulée hier matin au Monument aux morts du jardin public.

La cérémonie a eu lieu en présence de la préfète, des élus et des représentants des corps constitués. À cette occasion, Maurice Cassagnes a reçu la médaille militaire, et le chef d'escadron de gendarmerie Gilles Didier a été décoré de l'ordre national du mérite.

Le temps fort de la cérémonie fut la lecture par les enfants de troisième du collège du Sacré-Cœur de témoignages de poilus. Tout d'abord du plus célèbre d'entre eux, le dernier survivant français, Lazare Ponticelli.

Puis le public fut invité à penser aux soldats au moment du départ, blessés au combat, lors de l'assaut ou à ses rares moments perdus.

Le comité d'entente des associations de combattants de Rodez a commenté que le monument « sans mentions ni dates gravées, se prêtera parfaitement à la journée unique du souvenir qui, à terme, s'imposera ».

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Publié le 12/11/2011 14:12 | Thierry Dupuy

Montauban : Toujours la même ferveur pour la cérémonie du 11 Novembre

Les militaires décorés lors de la cérémonie./Photos Chantal Longo.

Le 93e anniversaire de l'armistice qui a mis fin à la Grande Guerre de 1914-1918 s'est déroulé hier en fin de matinée sous une météo clémente.

Montauban a rendu hommage à ses poilus hier matin devant le monument aux morts du cours Foucault. Un hommage toujours suivi par autant d'autorités civiles et militaires, mais encore de membres d'associations d'anciens combattants et d'anonymes de tous les âges venus se placer derrière les barrières pour se souvenir de l'armistice du 11 novembre 1918. Mais si la cérémonie marque la fin du carnage de la Grande Guerre, à Montauban, personne n'a pu s'empêcher de penser à cette année 2011 particulièrement meurtrière qui s'achève pour le 17e RGP. En quelques mois, quatre de ses soldats ont péri en effet en Afghanistan.

Plusieurs unités de la base de défense de Montauban, placées sous l'autorité du colonel Hervé Temporel étaient alors à l'honneur : la 1ère compagnie d'encadrement du personnel militaire du groupement de soutien de la base de défense de Montauban ; la 3e compagnie de combat de génie du 17e RGP, un groupe cynophile du 9e Bataillon de soutien aéromobile, le 1er groupement du 9e Bataillon de soutien aéromobile et la 14e compagnie de maintenance largage parachutage du détachement du 3e Régiment du matériel de Montauban. Fabien Sudry, préfet de Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet, sénateur et président du conseil général, Dominique Salomon, vice-présidente du conseil régional,Monique Valat, conseillère municipale de Montauban, le colonel Temporel et Geoges Bergis, président de l'union départementale des associations d'anciens combattants ont déposé les gerbes au monument aux morts. Une délégation du conseil municipal des jeunes de Montauban s'est également avancée pour déposer des bleuets. Seule petite fausse note : les ratés de la sono.

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Publié le 12/11/2011 14:20 | Gauvain Peleau-Barreyre

Moissac : Au nom du père, du fils et du frère d'armes

Les élus (Jean-Paul Nunzi, Sylvia Pinel, Guy-Michel Empociello et Pierre Guillamat) et les officiels se sont recueillis au Monument aux Morts.

Le dernier Poilu est mort cette année mais ce n'est pas le dernier soldat à rejoindre ses frères d'armes. Les Moissagais, et tout particulièrement la famille Miloche, le savent mieux que personne. En ce jour d'Armistice de la Der des Ders, c'est avec une grande dignité et une force morale hors du commun que Paul le père et sa femme, Delphine la veuve et ses enfants, ont joint leurs cœurs et leurs âmes à cet être cher disparu au combat sur les lointaines terres d'Afghanistan, Thibault Miloche. Les lettres dorées au nom du major sont maintenant gravées dans le marbre du monument aux morts de la place du Moulin. « Une fierté », comme le rappelle Delphine, « une reconnaissance des actes accomplis et surtout le fait que l'on ne l'oublie pas, tout comme les vingt-cinq soldats français morts après lui », ajoutera-t-elle à l'issue de la cérémonie.

« Il a soigné un camarade blessé par la même attaque qui lui sera fatale »

Une fierté et un souvenir aussi vif que la blessure béante que seule peut provoquer la perte d'un être aimé et aimant. Le colonel Francis Contamin du 31e Régiment du génie a salué celui qui aura « servi ceux qui servent » en sa qualité d'infirmier. Celui pour qui le dévouement à ses frères de douleur sera son mot d'ordre, lui qui « a soigné son camarade blessé par la même attaque » qui lui sera fatale par la suite. Si les hommages au courage du major sont unanimes, ce sont les souvenirs de «cher Thibault » qui ont encore un peu plus honoré l'homme. Car Thibault était un père, un fils et un mari aimant. « Je me rappelle lors de nos voyages en train quand il me confiait qu'il était triste de quitter sa famille », souligne le colonel. Thibault Miloche est décédé au champ d'honneur dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 octobre 2010. C'était le cinquantième soldat français mort en Afghanistan.

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Publié le 12/11/2011 13:19 | La Dépêche du Midi

Espérausses (81) : Emotion et respect

Devant le Monument aux Morts, les sapeurs ont rendu hommage aux morts pour la patrie.

Dimanche 6 novembre 2011, lors du rassemblement au monument aux morts à 10 h 45, la musique des sapeurs pompiers du Tarn a, comme tous les ans, fait l'honneur d'animer la commémoration de l'armistice dans notre village. L'équipe du conseil municipal et beaucoup d'administrés s'étaient rassemblés autour du maire et de son adjoint. Le major Hernandez, commandant la brigade de gendarmerie de la communauté des communes des monts de Lacaune, le responsable de la Sécurité Civile et les représentants des associations des anciens combattants s'étaient déplacés pour cette cérémonie.

Après le discours du maire, deux jeunes espéraussais ont lu les noms des soldats morts au combat et inscrits sur le monument et, après le dépôt de gerbe, les pompiers ont joué la sonnerie aux morts, suivie de la Marseillaise. Avant de quitter la place du village, le groupe des musiciens n'a pas omis d'interpréter la Madelon, la fameuse chanson cocardière chantée en 1914.

Le temps pluvieux n'avait pas dissuadé les participants qui ont été invités à partager le verre de l'amitié.

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Publié le 16/11/2010 09:38 | La Dépêche du Midi

Peyrole (81) : Les enfants ont chanté la Marseillaise

Le maire de Peyrole, Sylvère Nivelais lisant le message du secrétaire d'Etat aux anciens combattants

Dimanche, la municipalité, la conseillère générale, les anciens combattants et prisonniers de guerre du canton et les sapeurs-pompiers volontaires de Lisle-sur-Tarn, ont invité la population à célébrer l'armistice de 1918 et rendre hommage aux « Poilus » et aux 25 Peyrolais morts pour la France, à la mémoire desquels une minute de silence fut observée. Après la lecture du message d'Hubert Falco, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, et le traditionnel dépôt de gerbes, les enfants du village ont chanté la Marseillaise a cappella. Pour profiter de l'été de la Saint-Martin, le vin d'honneur qui suivit fut servi sur la place du village.

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Publié le 13/11/2011 03:47 | La Dépêche du Midi

Laboutarié (81) : La relève de la mémoire

Les enfants ont porté et déposé la gerbe.

La présence des enfants est à souligner lors de la commémoration de l'Armistice.

Le maire Serge Bourrel a souhaité associer l'école à la cérémonie du vendredi 11 novembre à 11h. La directrice Brigitte Moulis a souscrit au devoir de mémoire. Durant la semaine, la guerre de 1914-1918 a été étudiée.

Les élèves ont préparé et lu à tour de rôle devant le monument aux morts une maxime sur la guerre et la paix. Ce monument a été édifié après le 2e guerre mondiale sous la municipalité Carme pour perpétuer le souvenir de 21 enfants de la commune morts au champ d'honneur. Il a été rénové en 2009.

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Publié le 13/11/2011 09:01 | La Dépêche du Midi

Saint-Caprais. (31) : Pour ne pas oublier

Les portes drapeaux pendant la cérémonie./Photo DDM, G. F.

Le hameau de Saint-Caprais, commune de Grenade a célébré l'armistice de la Grande Guerre. Guerre où sont tombés au champ d'honneur des jeunes gens dont les noms figurent sur le fronton du monument aux morts. Monsieur le maire de Grenade dans son allocution a tenu à saluer la participation des habitants de la localité venus en nombre et c'est réjoui de la présence d'un groupe d'écoliers. Après les discours des personnalités présentes, les participants ont été conviés à prendre le café qui a été servi par les élus dans les locaux de la mairie annexe.

L'Isle-Jourdain (32) : Le cortège à la sortie de l'église. /Photo DDM, S. B.

Page réalisée à partir du site ladepeche.fr
(+ lindependant.fr & midilibre.fr)

Scènes de guerre ordinaires saisies entre les affrontements : déplacement des troupes à pied, à vélo et en camion. (Collection JEAN-FRANÇOIS GALLIER)

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